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 Sujet du message : RP | Activités internes
Message Publié : Lun Août 29, 2016 2:59 pm 
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    Liste de RPs démarrés en 2031 :
  • « Nouer cravates et relations » (Principauté de Movopolis, Royaume de Forluno) : Après avoir jeté un pavé dans la mare en annonçant qu’il était le fils illégitime du Duc de Calchore, le Prince de Movopolis, Zénon Ier, s’est attiré les railleries du Roi de Forluno avec lequel les relations sont historiquement très tendues. Orgueilleux, le Prince de Movopolis refuse d’être la risée de l’Amarantie.

  • « Redevable » (République de Spongorie) : La Spongorie est un Etat éponge, un Etat fantoche contrôlé par la mafia grecophone Daktýlios. Pour mener à bien ses projets, ce réseau clandestin très influent a besoin d’avoir la mainmise sur le chancelier, c’est-à-dire une marionnette prête à lui accorder une entière confiance. À l’approche des élections parlementaires de février, la mafia Daktýlios jette son dévolu sur un jeune candidat social-démocrate naïf, sur lequel personne n’aurait parié. Le jeune homme, qui ne pouvait rêver d’un meilleur tremplin, accepte… et achète le soutien de la mafia au prix fort.


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 Sujet du message : Re: RP | Activités internes
Message Publié : Lun Août 29, 2016 3:00 pm 
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Nouer cravates et relations (1/2)
Principauté de Movopolis


Zénon II de Movopolis avait bien conscience qu’il n’avait pas l’autorité de son père ou tout du moins, celui qui était reconnu comme tel. Malgré l’immense respect qu’il avait pour lui, la vérité devait éclater. Ce moment avait été choisi deux ans après sa mort, ce qui représentait suffisamment de temps pour lui s’installer au trône, et pour que les sujets movopolitains fassent leur deuil en toute tranquillité. D’ailleurs, sa sortie médiatique n’avait pas été très bien acceptée par ses sujets mais il répétait que c’était pour leur bien : en s’accaparant du Duché de Calchore, il régnerait sur un véritable territoire, nécessaire pour asseoir son autorité. Les terres calchorines leur apporteraient la prospérité, et le moment était tout à fait propice car les finances de la principauté n’étaient pas des plus florissantes.

Zénon était un dépensier mais il ne le faisait guère pour la principauté, ni même pour son propre confort matériel. Il était dépensier pour s’acheter une légitimité, une autorité… pour faire taire l’opposition. Il en allait de la santé de la Principauté.


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Zénon avait ses habitudes dans un des plus fameux restaurants grecs de Movopolis car il entendait, au moins au niveau gustatif, faire honneur à ses origines et à celles de son père. Il y dînait généralement seul, dans une salle privative à l’étage, dans laquelle il pouvait venir quand il le voulait. Lorsque le Prince était là, tous les clients « communs » du rez-de-chaussée étaient méticuleusement fouillés au corps. Jamais aucun client ne s’était encore présenté avec une arme mais il ne pouvait pas faire d’économies sur ces quelques précautions. Ne sait-on jamais. Alors qu’il dégustait l’une de ces spécialités de fromage de chèvre dont il raffolait tant, Zénon lorgna encore une fois sur cet article de La Profanino dans lequel le roi de Forluno se payait sa tête et celle de son défunt père. Le fromage de chèvre n’avait pas de saveur ce soir-là, Zénon n’avait qu’un goût de rance dans la gorge. Il posa sa fourchette et son couteau et se leva de table. Instantanément, les gardes du corps se mettaient en position pour le suivre. Ils furent néanmoins surpris de le voir descendre les escaliers.

Garde du corps : « Sa Majesté souhaite-t-elle rentrer ? »

Zénon II de Movopolis : « Non, je me rends juste aux toilettes, je n’ai pas besoin d’être accompagné. »

Garde du corps : « Mais… Si je peux me permettre, n’est-il pas préférable pour Sa Majesté qu’elle utilise les toilettes privatives de cet étage ? Nous n’avons pas sécurisé celles du rez-de-chaussée. »

Zénon II de Movopolis : « J’ai besoin de me dégourdir les jambes. Ne faites pas dans l’excès de prudence, les menaces ont déjà été neutralisées à l’entrée des clients. Et à ce que je sache, on n’a recensé aucun serpent dans l’eau des toilettes movopolitaines. »

Les gardes du corps se regardaient entre eux, réitérant leurs mises en garde au Prince. Zénon, lui, n’en avait que faire et demanda de ne pas discuter sa décision. « Bien, votre Majesté » se contentaient de répondre les gardes, en regardant toutefois un œil attentif sur le parcours effectué par le Prince. Celui-ci franchit la porte des « toilettes du peuple » car, elles, au moins disposaient de ces installations populaires que l’on appelait « des urinoirs », les uns placés à côté des autres. En tant que monarque, le Prince ne pouvait se permettre de faire ses besoins à côté d’un tiers. Et c’est bien pour cela qu’il avait choisi un lieu aussi… populaire. Personne ne penserait à placer des micros dans un lieu que ne fréquentait pas le Prince et ceux qui penseraient voir le Prince dans les toilettes du peuple se diraient que c’est impossible et qu’il s’agit d’au mieux d’un sosie. Et puis, le Prince n’avait pas à trouver de prétexte. Il est le Prince, il fait ce qu’il veut. Et il avait envie d’aller là-bas.

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Il entra dans les toilettes et regarda autour de lui. Son rendez-vous ne devrait pas tarder. Il avait très exactement 286 secondes pour faire sa requête, avant de commencer à susciter l’inquiétude des gardes. Il se plaça devant l’un de ces appareils mais il refusait de jouer la comédie plus loin. Alors qu’il feignait de faire son affaire, son rendez-vous se pointa et s’installa sur l’urinoir voisin de droite. Páris sera son interlocuteur. Approchant la trentaine, le jeune homme n’a pas seulement un regard de tueur, il en est un aussi. Membre de la garde rapprochée de la mafia grecophone locale, qui domine le centre de l’île d’Alilée, il attendait un juteux contrat. Le Prince de Movopolis était l’un des principaux fournisseurs. Il avait toujours des occasions pour rendre justice. Placé à côté du Prince, le jeune homme feignit aussi d’uriner, ce qui agaça le monarque. L’échange se tient en grec :


Zénon II de Movopolis : « Urinez, ce sera plus naturel ! »

Páris : « Mais… Je n’en ai pas envie. »

Zénon II de Movopolis : « Urinez, je vous dis. Sinon, le contrat est rompu. »

Le jeune mafioso s’exécuta, un peu perplexe par la requête de son client. Mais le contrat valait une coquette somme. Très discrètement, le Prince profita de sa plus haute stature pour lorgner sur l’équipement du voisin de manière contemplative. Cela ne dura que quelques secondes mais suffisamment longtemps pour contenter le Prince.

Zénon II de Movopolis : « Le Prince de Forluno. »

Páris : « Le Prince de… C’est un très gros poisson que vous souhaitez attraper, là ! »

Il s’agissait l’un des quelques deux cents fils du roi de Forluno, le prince-héritier. Le Prince de Movopolis avait besoin d’infliger à son ennemi une sanction dont il ne se remettra jamais. Mais la proie était très difficile à atteindre : le prince de Forluno était paranoïaque, il ne sort jamais son revolver. Mais il avait un faible pour les blondes !

Páris : « Je peux vous mettre Vasílissa sur le coup. Mais nous vous facturerons la prise de risque et la première moitié dès aujourd’hui. »

Zénon II de Movopolis : « Ne vous occupez pas de mes finances, elles se portent à merveille quoi qu’en disent les journaux. Prenez le temps qu’il vous faut, je ne veux pas de la précipitation mais de la préparation. Vous acceptez le contrat ? »

Páris : « Vous pouvez toujours compter sur nous. »

Les deux hommes cessèrent d’uriner ou, pour le Prince, de le feindre. Ils se rendirent ensemble vers les vasques d’eau pour se laver les mains

Zénon II de Movopolis : « Le virement a déjà été effectué. Je vous ai proposé un petit extra, ne me décevez pas. »

Páris tendit sa main au Prince, pour l’invita à la serrer, comme le souhaitait le code d’honneur et l’officialisation de tout contrat.

Zénon II de Movopolis : « Lavez-vous les mains d’abord. »


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 Sujet du message : Re: RP | Activités internes
Message Publié : Mar Sep 06, 2016 5:21 pm 
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Redevable (1/4)
République de Spongorie
18 janvier 2031


La campagne électorale intéressait moyennement les Spongoriens, surtout dans cette région, au sud-ouest de la république, où les Grecophones constituaient une minorité visible. Amarantins de papier, Spongoriens d’appartenance, ils étaient avant tout Grecs de cœur et rien ne pouvait ébranler leur culture aussi enracinée. Ils avaient déjà marqué leur différence vis-à-vis des autres Amarantins en s’étant convertis à la religion du Christ, mais aussi en adoptant un mode de style plus proche des autres peuples latins. Moins homosexuels que la moyenne nationale, ils avaient choisi de se mettre en ménage avec une femme même si, en ne reconnaissait aucune forme d’union, la loi fondamentale amarantine contrariait leurs projets.

Être Spongorien, ça ne signifiait rien du tout. La République de Spongorie était une entité confédérée artificielle, dont le nom renvoyait aux étangs qui ont asséchés… « épongés ». Un certain nombre de terres avaient ainsi été gagnés sur des marécages, en-dessous du niveau de la mer. On pourrait penser que les Grecs auraient à cœur à soutenir le projet de la principauté de Movopolis, d’héritage grec mais le prince n’avait jamais porté le moindre intérêt à préserver la culture grecophone. Loin du faste de Movopolis, la Spongorie était une terre de gens simples, de vrais gens, où les traditions populaires avaient eu raison des pompeuses cérémonies. Où les conflits étaient résolus à force de coups de poings plutôt qu’à coup d’avocats et de débats ennuyeux. Les Spongoriens étaient peu nombreux à exercer leur devoir civique lors des élections mais ils avaient bien connaissance d’une loi en particulier, celle du talion. La Spongorie était terre de mafia, et d’une en particulier, la Daktýlios (« anneau » en grec). Au prix de nombreuses années, le Parrain avait réseau à tisser son réseau ici et à s’imposer comme un influent partenaire. Nul ne connaissait son identité, on avait juste en tête le visage de quelques-uns de ses gardes rapprochés. Derrière ses airs durs, le Parrain était un homme bon. La mafia avait pallié aux défaillances d’un Etat amarantin oligarchique, qui faisait payer au prix fort l’adhésion des entités au sein de la Ligue. Au prix de quelques libertés bradées, il avait contribué à assurer la sécurité dans les quartiers et avait su définitivement convaincre le peuple en investissant dans l’institution scolaire, dans un pays comme l’Amarantie où elle est primordiale et déterministe.

En vue desdites élections du mois prochain, la circonscription de Cornecejo allait être scrutée par les journaux locaux car le candidat conservateur, favori du scrutin, était également l’un des candidats à la chancellerie, c’est-à-dire au poste de chef de gouvernement. Crédité de 36 % des voix, il devançait de dix points le candidat nationaliste, qui stagne à 25 %, et l’outsider social-démocrate, qui n’a jamais dépassé les 17 %. En Spongorie, le candidat qui arrivait en tête à l’issue de l’unique tour l’emporte, c’est aussi simple que cela. Cela facilitait les choses pour le Parrain qui recherchait le successeur du chancelier, ce malheureux Monsieur Crotilo, victime d’un vieux chêne malade tombé sur lui alors qu’il se reposait dans son jardin. Quelle était la probabilité pour qu’il se trouvât exactement au pied de l’arbre à ce moment précis ? Inférieure 0.01 %. Monsieur Crotilo avait rendu bien des services au Parrain. Mais il avait oublié d’où il venait. Pour savoir où l’on va, il faut savoir d’où on vient. L’oublier, c’est la mort assurée, n’importe quel psychologue le dira. Le Parrain se moquait des idées politiques des prétendants à la chancellerie. Il préférait les personnalités aux idées. Gauche, droite, centre, extrême-droite, extrême-gauche… Peu importe le chemin que l’on souhaite suivre du moment qu’il mène à lui.

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Favori de l’élection, le conservateur Flavio Helvius arpentait depuis plusieurs mois sa circonscription. Il avait aujourd’hui rendez-vous dans une importante entreprise de prestations logistiques. Il était neuf heures et demi et les manutentionnaires profitaient de leur courte pause pour s’en griller une, pour croquer leur encas, en compagnie de leur contremaître. Après avoir souri et serré la main à tous ces braves hommes couverts de suie et de poussière, Flavio Helvius s’entretint avec le contremaître, Christophoros Psomas.


Flavio Helvius :
Candidat conservateur de la circonscription de Cornecejo
« Vous êtes sûr qu’ils vont suivre la consigne ? »

Christophoros Psomas :
Contremaître de Titan Logistics
« Ce sont de braves hommes, respectueux de l’autorité. Ils voteront ce que je leur conseille de voter, ne vous inquiétez pas. Votre profil est intéressant, vous dites que vous avez beaucoup voyagé par le passé ? »

Flavio Helvius :
Candidat conservateur de la circonscription de Cornecejo
« Fritzie, Vonalya, Skogurjördin, Yanlei et même Koudougou. Vous voyez le Koudougou négocier avec l’Amarantie ? Moi, je peux le faire au nom de la Spongorie. Les marchandises transiteront par chez vous, les marges seront si importantes qu’elles permettront à vos hommes d’être augmentés. Sur un plan politique, cette fois-ci, je souhaiterais mettre en place une mutuelle d’Etat qui permettra aux Spongoriens, à leurs enfants et à la mère de leurs enfants de bénéficier de la même couverture santé. J’ai beaucoup de respect pour la cellule familiale. »

Christophoros Psomas :
Contremaître de Titan Logistics
« Je suis heureux de savoir que nous avons les mêmes valeurs. Vous avez roulé votre bosse principalement à l’étranger, si j’ai bien compris… ? »

Flavio Helvius :
Candidat conservateur de la circonscription de Cornecejo
« Mes expériences à l’étranger ont été précieuses. Mais ma place est ici, en Amarantie et surtout, en Spongorie. À l’écoute de votre accent, je crois savoir que vous êtes un Grecophone. Sachez que j’ai un grand respect pour les peuples grecs. Lorsque je travaillais pour des prestataires étrangers, dès qu’en avais l’opportunité, je cooptais un Grec à un poste à responsabilités. Je peux facilement vous le prouver. »

Christophoros Psomas :
Contremaître de Titan Logistics
« Inutile, je vous crois. Si je fais vous confiance pour la chancellerie, vous devez aussi avoir confiance en moi. Je vois que vous êtes sincère, c’est une qualité si rare chez les politiciens… Surtout par ici, la mafia les corrompt tous. »

Flavio Helvius :
Candidat conservateur de la circonscription de Cornecejo
« Hum… Cessons de faire de la mafia notre préoccupation numéro un. En toute objectivité, même si je condamne les réseaux clandestins, je dois reconnaître que la Daktýlios a su répondre aux carences de la République de Spongorie. Si je suis chancelier, j’en ferai non pas une ennemie à abattre mais un interlocuteur. »

Christophoros Psomas était heureux d’entendre cela. Les deux hommes se serrèrent chaleureusement la main. Celle du contremaître portait un anneau mais visiblement, le candidat n’a guère fait le rapprochement avec l’autre anneau, informel, la Daktýlios. Christophoros en était membre depuis quelques temps déjà et avant d’accorder son soutien, il tenait à cuisiner le candidat. Celui-ci lui avait fait plutôt bonne impression. Quand il s’agissait de flatter quelqu’un, Christophoros disait le fond de sa pensée et ce Flavio Helvius était un homme honnête, intègre, qui avait une réelle estime pour les peuples grecs, Christophoros l’a bien vu dans ses yeux.

Après qu’il eût terminé sa journée de travail, il fit une escale sur le chemin de retour, dans un café de la région où l’attendrait Páris, un des principaux lieutenants du Parrain. Christophoros, lui, n’était qu’un « éclaireur ». Les deux hommes s’attablèrent au fond de l’établissement.


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Páris Hatzis
Lieutenant du Parrain de la mafia Daktýlios


Páris Hatzis :
Lieutenant du Parrain de la mafia Daktýlios
« Alors, qu’en est-il ? »

Christophoros Psomas :
Contremaître de Titan Logistics et éclaireur de la mafia Daktýlios
« Il n’a rien menti sur son passé, il s’est effectivement consolidé un bon carnet d’adresses. Des hommes politiques, des industriels, des banquiers, des juges, des avocats, même quelques stars du showbiz… »

Páris Hatzis :
Lieutenant du Parrain de la mafia Daktýlios
« Très bien. Ses liens avec la Spongorie et notre peuple ? »

Christophoros Psomas :
Contremaître de Titan Logistics et éclaireur de la mafia Daktýlios
« Il semble ouvert à la discussion. Il nous voie davantage comme des partenaires que comme des adversaires. Je pense qu’il a un très gros potentiel. »

Páris Hatzis :
Lieutenant du Parrain de la mafia Daktýlios
« Parfait. »

Páris resta silencieux quelques secondes et but une gorgée de son café, avant de reprendre :

Páris Hatzis :
Lieutenant du Parrain de la mafia Daktýlios
« Il n’est pas du tout fait pour nous. »

Christophoros manqua de s’étouffer quand il but sa propre gorgée. « Pas du tout fait pour nous » ? Il avait servi au lieutenant le poisson idéal, capable de servir les intérêts de la mafia, bénéficiant d’un réseau notable… et celui-ci ne lui convenait pas ?

Christophoros Psomas :
Contremaître de Titan Logistics et éclaireur de la mafia Daktýlios
« Sauf votre respect, Monsieur, tous les éléments plaident en sa faveur. S’il devenait chancelier, il pourrait beaucoup nous apporter. Si vous m’avez chargé d’être éclaireur, c’est avant tout parce que je sais reconnaître les hypocrites et croyez-en mon expérience, cet homme est sincère. »

Páris Hatzis :
Lieutenant du Parrain de la mafia Daktýlios
« Je n’en doute pas. Tu es très bon et je te fais entièrement confiance à ce niveau. Ton rôle consiste à juger de la sincérité de nos candidats. Pas de savoir ce qui est dans l’intérêt de notre famille, de notre peuple. Si je te dis qu’il n’est pas du tout fait pour nous, je sais de quoi je parle. Qui d’autre avons-nous ? »

Christophoros Psomas :
Contremaître de Titan Logistics et éclaireur de la mafia Daktýlios
« Euh… Et bien, son adversaire nationaliste est son principal concurrent mais vous connaissez la position des nationalistes sur notre sujet, ils veulent notre peau. Ensuite, il y a un jeune candidat social-démocrate inexpérimenté mais il est à peine crédité de 17 % contre 36 pour Helvius… Si je peux me permettre, Monsieur, pourquoi l’écartez-vous ? »

Páris Hatzis :
Lieutenant du Parrain de la mafia Daktýlios
« Je t’ai dit que ton rôle n’est pas de penser aux intérêts de notre famille. Mais puisque tu insistes… Cet homme que tu as rencontré, Helvius, s’est construit tout seul, il a fait sa carrière à l’étranger. Je suis sûr qu’il est très brave, très poli, très ouvert. Mais il n’a pas eu besoin de nous pour se construire. Nous avons besoin de quelqu’un qui nous sera… redevable. Pas juste un simple « merci ». Redevable pour l’éternité. Parle-moi de ce jeune… « social-démocrate »… »

Christophoros Psomas :
Contremaître de Titan Logistics et éclaireur de la mafia Daktýlios
« Et bien, il s’agit d’un jeune militant fidèle au poste, à qui on a donné l’investiture de cette circonscription en sachant très bien qu’elle serait perdue d’avance pour les sociaux-démocrates. De toute manière, les sociaux-démocrates ne s’imaginent pas un seul instant gouverner la Spongorie, ce sont des outsiders. L’élection se jouera entre les conservateurs et les nationalistes, peut-être même ensemble. »

Páris Hatzis :
Lieutenant du Parrain de la mafia Daktýlios
« Je t’arrête tout de suite. C’est le candidat qu’il nous faut. Nous n’avons pas besoin d’un bouffon qui a voyagé partout à l’étranger, nous avons besoin de quelqu’un d’une infaillible loyauté. Son parti n’osera pas contester sa candidature à la chancellerie s’il était le mieux élu de toute la Spongorie, d'autant que les sociaux-démocrates dont tu parles ne sont pas du tout pressentis et donc préparés pour la chancellerie. Ce sera une surprise pour eux, ils réagiront sous l'émotion. Au diable les sondages ! L’élection, c’est nous, l’Etat c’est nous. Rapprochez-vous de ce jeune homme, présentez-lui cette opportunité qu’il ne pourra pas refuser. Et surtout : testez son infaillible loyauté. Nous n’accorderons pas notre confiance tant que nous ne l’aurons pas testé… jusqu’à épuisement. »


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 Sujet du message : Re: RP | Activités internes
Message Publié : Sam Sep 10, 2016 5:09 pm 
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République de Spongorie
25 janvier 2031


Christophoros Psomas : (au téléphone)
Contremaître de Titan Logistics et éclaireur de la mafia Daktýlios
« Monsieur, si je peux me permettre, c’est vraiment un mauvais choix… Il… Enfin, vous ne l’avez pas vu ! On ne peut pas soutenir une tête pareille ! »

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Páris Hatzis
Lieutenant du Parrain de la mafia Daktýlios


Páris Hatzis : (au téléphone)
Lieutenant du Parrain de la mafia Daktýlios
« Quelle médisance, Chrostophoros. Ne t’a-t-on jamais dit que c’est la beauté intérieure qui compte ? Si tu ne te sens pas d’attaque à le faire, je demanderai à un autre éclaireur. Tu n’es pas irremplaçable… »

Christophoros Psomas : (au téléphone)
Contremaître de Titan Logistics et éclaireur de la mafia Daktýlios
« Non, non, monsieur. Je vais le faire. Je vous tiens au courant. »

L’éclaireur raccrocha et regarda au loin la personne qu’il devait rencontrer. Il soupira. Il n’était pas mais alors vraiment pas en accord avec ce plan décidé en haut-lieu mais il devait bien se garder de commentaires, le Parrain n’aimait pas être contredit par un subordonné. Critiquer pouvait lui coûter au mieux sa place, au pire sa vie. Comme il tenait à peu près autant à l’une et à l’autre, Christophoros s’exécuta, comme un bon soldat de la Mafia Daktýlios. Le rendez-vous avait été pris dans un café populaire des environs de Cornecejo.

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Christophoros avait rendez-vous avec le candidat social-démocrate de la circonscription. Un jeune inconnu de 24 ans, répondant au nom de Ioustínos Petrakis, sans la moindre expérience politique, que l’on avait parachuté ici pour pouvoir présenter un candidat dans chaque circonscription. Petrakis était l’inverse du candidat conservateur que Christophoros avait rencontré il y a quelques jours : il manquait d’assurance, il était fébrile. Le mafioso observait sa cible au loin : le jeune candidat avait amené un dossier aussi épais qu’une brique, où il entassait pêle-mêle une série de chiffres, de statistiques, de mots, de données importantes pour la campagne. Petrakis était arrivé trois quarts d’heure en avance au café. Arriver en retard, c’était le luxe des requins. Les proies, elles, arrivaient toujours en avance. Finalement, Páris avait-il peut-être raison ? Il fallait dépasser ce physique… disgracieux et regarder ce qu’il avait dans le ventre. Christophoros s’avança enfin à la tête de son rendez-vous…

Christophoros Psomas :
Contremaître de Titan Logistics et éclaireur de la mafia Daktýlios
« Monsieur Petrakis, c’est bien cela ? »

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Ioustínos Petrakis
Candidat social-démocrate de la circonscription de Cornecejo


Ioustínos Petrakis:
Candidat social-démocrate de la circonscription de Cornecejo
« Euh… oui, c’est bien moi. Enchanté de faire votre connaissance. »

Les deux hommes se serrèrent la main. Celle du candidat était toute moite. Christophoros détestait par-dessus tout serrer une main moite et après l’avoir serrée, il frotta discrètement sa main contre son pantalon. Ils s’assirent à la table, un serveur accosta Christophoros pour prendre sa commande. Un café noir. « Bien, monsieur ». Le serveur s’éclipsa, l’entretien d’embauche pouvait commencer.

Ioustínos Petrakis:
Candidat social-démocrate de la circonscription de Cornecejo
« Je dois vous avouer que j’ai été agréablement surpris de votre invitation. Depuis mon entrée en campagne, vous êtes le premier industriel à vous intéresser personnellement à ma campagne. En effet, pour redynamiser l’industrie en Spongorie, je propose que… »

Christophoros Psomas :
Contremaître de Titan Logistics et éclaireur de la mafia Daktýlios
« Allons, Monsieur Petrakis, vous êtes bien gentil mais n’allez pas penser qu’un industriel irait s’intéresser à un jeune homme comme vous… »

Le jeune homme resta bouche bée, comme s’il venait d’être poignardé. En tout cas, l’effet était le même pour le jeune en manque d’assurance, dont le visage tourna au rouge écarlate.

Christophoros Psomas :
Contremaître de Titan Logistics et éclaireur de la mafia Daktýlios
« Mon entrée en matière est un peu rude mais je n’ai pas beaucoup de temps. On vous a choisi pour défendre nos intérêts car vous nous êtes sympathique. Vous nous semblez ouverts à toute coopération. Voulez-vous être chancelier, Monsieur Petrakis ? »

Ioustínos Petrakis:
Candidat social-démocrate de la circonscription de Cornecejo
« Je… Euh… Je ne sais pas quoi dire… Je ne m’imagine pas du tout à la chancellerie pour le moment. J’ai déjà fort à faire ici. Je ne suis qu’à 17 % d’intentions de vote, je ne suis pas sûr d’être élu député, alors chancelier… »

Christophoros Psomas :
Contremaître de Titan Logistics et éclaireur de la mafia Daktýlios
« Vous serez élu député, Monsieur Petrakis. »

Ioustínos Petrakis:
Candidat social-démocrate de la circonscription de Cornecejo
« Mais… Comment pouvez-vous en être aussi sûr ? »

Christophoros Psomas :
Contremaître de Titan Logistics et éclaireur de la mafia Daktýlios
« Car personne n’a autant d’assise sur le Spongorie que nous. Êtes-vous avec nous, monsieur Petrakis ou dois-je demander à l’un de nos adversaires ? »

Ioustínos Petrakis:
Candidat social-démocrate de la circonscription de Cornecejo
« Je… Je… Je veux bien vous suivre mais pouvez-vous me dire qui vous représentez ? »

Christophoros Psomas :
Contremaître de Titan Logistics et éclaireur de la mafia Daktýlios
« Qu’importe. Lorsque la maison est en train de brûler, on ne demande son identité au pompier qui nous sauve. Vous serez élu, votre adversaire battu à plate couture et nous vous donnerons tous les moyens pour briguer la chancellerie. Personne ne pourra s’opposer à votre candidature, vous serez une machine de guerre et ils seront de petits chatons. Mais ce ne sera pas gratuit. Vous devez nous faire confiance. Une infaillible confiance. Nous avons les moyens de vous porter jusqu’au pouvoir suprême mais nous avons également les moyens de vous détruire en quelques instants. Si vous décidez de nous accorder votre confiance, vous ne pourrez plus discuter nos requêtes, la confiance devra être pleine et entière. Vous avez le droit de refuser ce contrat mais c’est maintenant et jamais. Si vous refusez maintenant, vous n’entendrez plus jamais parler de nous et vous serez livré à vous-même pour cette élection que vous perdrez. Ma question est donc simple : voulez-vous être chancelier, monsieur Petrakis ? »

Ioustínos Petrakis:
Candidat social-démocrate de la circonscription de Cornecejo
« Est-ce que… je peux y réfléchir ? »

Christophoros Psomas :
Contremaître de Titan Logistics et éclaireur de la mafia Daktýlios
« L’élection est dans un mois, monsieur Petrakis. Nous n’avons pas de temps à perdre avec des hésitations et des réflexions. Nous avons élaboré depuis plusieurs mois un plan. Soit vous souhaitez devenir un homme, soit vous souhaitez rester un garçon. Dans d’autres termes : souhaitez-vous d’être chancelier ou non ? C’est la dernière fois que je pose cette question. »

Ioustínos Petrakis:
Candidat social-démocrate de la circonscription de Cornecejo
« Oui mais… Enfin, oui, je veux dire. Je veux être chancelier. Comment puis-je gagner votre confiance ? »

Christophoros arbora un large sourire et, silencieusement, il déplia une feuille rangée dans la poche intérieure de sa veste qu’il transmit au candidat.

Christophoros Psomas :
Contremaître de Titan Logistics et éclaireur de la mafia Daktýlios
« Vous devez placer ces cinq mots durant le débat télévisé de ce soir, auquel vous êtes invité… Oui, nous connaissons votre agenda médiatique car c’est nous qui l’avons établi. »

Le candidat scruta la liste du mafioso, avec un certain étonnement :

Ioustínos Petrakis:
Candidat social-démocrate de la circonscription de Cornecejo
« Machine à laver, joint de culasse, fantôme, fougère, triskadé… »

Christophoros Psomas :
Contremaître de Titan Logistics et éclaireur de la mafia Daktýlios
« Triskaïdékaphobe. Avoir peur du nombre 13. Réfléchissez à une manière de placer ces mots de manière cohérente. »

Ioustínos Petrakis:
Candidat social-démocrate de la circonscription de Cornecejo
« Je ne sais pas ce que c’est, un joint de culasse… »

Christophoros Psomas :
Contremaître de Titan Logistics et éclaireur de la mafia Daktýlios
« Vous l’apprendrez en faisant des recherches avant votre débat. Tout est clair, non ? Si ça ne l’est pas, je peux toujours demander à un de vos adversaires…

Evidemment, tout était clair pour le jeune homme, déconcerté par cette rencontre. Ce café semblait avoir un goût de cyanure pour Ioustínos alors qu’il rentrait chez lui étudier la proposition… Pouvait-il seulement revenir en arrière ? Prononcer ces 5 mots n’était pas très engageant… Au pire, il serait couvert de ridicule à la télévision locale mais qu’avait-il à perdre au fond ? La victoire lui semblait inatteignable.

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Le soir venu, Christophoros était invité par Páris à suivre ce « débat » d’un quart d’heure à peine, diffusé après vingt-trois heures sur une chaîne locale. Ioustínos n’avait pas encore prononcé les cinq mots magiques, ce qui inquiéta Christophoros :

Páris Hatzis :
Lieutenant du Parrain de la mafia Daktýlios
« Je vois que tu ne t’es pas montré assez persuasif. On te paie pour être nos yeux et nos oreilles et tu n’es pas capable de convaincre un gamin sans avenir. »

Alors que Christophoros sentait, au fil des mots de Páris, une corde imaginaire lui serrer le cou, le présentateur du débat fit un dernier tour de table des candidats : « une conclusion, monsieur Petrakis ? ».

Ioustínos Petrakis: (à la télévision)
Candidat social-démocrate de la circonscription de Cornecejo
« Non… Enfin, si. Je souhaiterais dire à tous les habitants de Cornecejo que si je suis élu député, ma première action sera de lutter contre l’obsolescence programmée, en portant à cinq ans la durée de la garantie minimale d’un appareil d’électroménager… une machine à laver, par exemple. Mais aussi les voitures. Pour l’anecdote, le dernier lundi 13 du mois, lorsque j’ai pris ma voiture, j’ai cru que ma dernière heure allait arriver. D’habitude, je ne prends jamais la route le 13 du mois car je suis tris-kaï-dé-ka-phobe mais campagne oblige, j’ai dû la prendre. Alors que je conduisais, le moteur a chauffé anormalement et le joint de culasse a lâché et les roues se sont prises dans un entrelacs de fougères. J’ai vraiment cru que ma dernière heure était arrivée, je voyais déjà mon propre fantôme… Les réparations m’ont coûté 1000 lires car la voiture n’était plus garantie depuis à peine trois mois. En élevant la durée minimale de garantie à 5 ans, je souhaite ainsi mettre les industriels devant leurs responsabilités car derrière leurs choix, des vies peuvent être sauvées ou détruites… »

Silence dans le studio. Les autres candidats se regardent entre eux, chuchotent. Mais qu’est-ce qu’il a fumé, le social-démocrate ? Ioustínos, lui, gardait le sourire, le sentiment du devoir accompli… Au quartier général de la mafia, Páris éteignit la télévision.

Páris Hatzis :
Lieutenant du Parrain de la mafia Daktýlios
« À défaut de lui rembourser sa note de garagiste, nous lui financerons sa campagne. Merci pour cette amusante entrée en matière, Christophoros. Mais cinq mots ne sont pas suffisants pour tester sa confiance. Je m’occuperai personnellement de la suite des opérations. »


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Message Publié : Dim Sep 18, 2016 9:41 pm 
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République de Spongorie
4 février 2031

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Intérieur d’une mine du Sud de la Spongorie
Maillon de l’empire économique de la mafia Daktýlios


Sous le soleil hivernal, le même rythme incessant ébranlait les mines du sud de la République de Spongorie : des ouvriers, parfois même des ouvrières, couverts de suie et transpiration, alternaient leur journée de travail sous et sur terre, toujours avec une pioche à la main. En été, on autorise ces messieurs à travailler torse nu tandis que ces dames pouvaient porter des tenues légères pour supporter la chaleur assassine. Le thermomètre affichait 15°C mais sous terre, cela n’avait guère d’importance : la chaleur était fonction du labeur. La compagnie Sudrokoj – contraction de « Suda Rokoj », les « roches du Sud » - exploitait l’unique carrière d’argent métal de l’Amarantie. Certes, les membres du Conseil exécutif ne cesseront de dire à d’autres diplomates que leur pays est pauvre en ressources naturelles mais c’était évidemment mensonger. C’est que Sudrokoj n’appartenait pas à l’Etat amarantin mais à la mafia Daktýlios, qui l’utilisait notamment pour blanchir leur argent.

Les mineurs de Sudrokoj travaillaient dans de difficiles conditions mais bénéficiaient d’une série d’avantages en guise de compensations : leur logement était financé partiellement ou en totalité par leur employeur, ils bénéficiaient d’une mutuelle les protégeant de tous risques et surtout, c’était l’une des très rares entreprises amarantines à appliquer l’égalité de salaires entre hommes et femmes. Non pas que la mafia Daktýlios avait des penchants féministes mais elle contestait l’ordre établi par les pédérastes misogynes qui avaient la mainmise sur la Ligue. On comprend mieux pourquoi la diplomatie amarantine se gardait bien de vendre son argent métal à des pays étrangers et qu’elle préférait même en importer, à prix fort ! Il était hors de question d’enrichir encore davantage les grecophones de Daktýlios, qui constituaient les principaux ennemis de la Ligue.

Lui n’était pas en habillé en bleu de travail. Marchant les mains dans les poches de son costume-cravate, Páris Hatzis observait l’activité et saluait de tête les ouvriers qu’ils reconnaissaient. De braves hommes, de braves femmes. La production était stable mais il arrivait que la direction demandât à sa main-d’œuvre de réduire volontairement la cadence, afin de jouer sur le prix du marché. La compagnie Sudrokoj avait ce pouvoir car elle était en situation de monopole. En fait, Sudrokoj n’était qu’un des principaux maillons d’un empire économique bien rodé, qui permettait de financer les actions de la mafia. Páris entra dans ce bâtiment en préfabriqué, à proximité des mines, où les contremaîtres disposaient chacun d’un modeste bureau personnel et où ils prenaient leur café. La direction, bien sûr, était située à des dizaines de kilomètres de là, dans un environnement plus harmonieux. Le lieutenant du Parrain s’adressa à l’un des contremaîtres :


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Páris Hatzis
Lieutenant du Parrain de la mafia Daktýlios


Páris Hatzis :
Lieutenant du Parrain de la mafia Daktýlios
« Tout se passe bien ? Aucun accident ? »

Contremaître des mines de Sudrokoj :
« Tout roule pour le mieux, monsieur Hatzis ! Les ouvriers ont été très productifs au mois de janvier, ils ont extrait 7 % de minerais d’argent de plus que le mois précédent. »

Páris Hatzis :
Lieutenant du Parrain de la mafia Daktýlios
« Dites-leur que ça suffit. Nous avons déjà des stocks à ne plus quoi en faire. Remerciez-les en leur accordant un ou deux jours de congés payés, ils l’ont bien mérité. » [Le téléphone mobile de Páris sonne] « Je reviens »

Le lieutenant s’enferma dans l’un des petits bureaux exigus réservés aux contremaîtres pour prendre l’appel. L’appelant était le directeur du Crédit du Zénith (Kredito Zenito, KZ), un autre maillon qui appartenait à l’empire de la mafia Daktýlios.




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Kredito Zenito, banque bien installée en Spongorie
Maillon de l’empire économique de la mafia Daktýlios

Castor Barberis :
Directeur de la banque Zenito Kredito
« Bonjour monsieur Hatzis. Comme vous me l’avez demandé, j’ai fait signer à votre client un PAC. Il vient de sortir de l’établissement. »


Páris Hatzis :
Lieutenant du Parrain de la mafia Daktýlios
« Il ne s’est douté de rien ? »

Castor Barberis :
Directeur de la banque Zenito Kredito
« Oh non, vous ne vous êtes pas trompé, il est d’une crédulité déconcertante. Il s’est dit très enchanté de reverser une partie de ses intérêts à « ce fleuron de l’économie locale » que représente la compagnie minière de Sudrokoj. Il est à vous maintenant. »

Un « PAC » était un « Prêt d’Appui aux Candidats », un crédit accordé par la banque à tous ceux qui souhaitent briguer la députation ou un mandat local en Spongorie. Mais « PAC » signifiait surtout « Piège à Cons » : il s’agissait en réalité d’un prêt à taux variable, indexé sur plusieurs valeurs sur lesquelles la mafia Daktýlios avait une influence directe… comme le cours d’argent métal. Le prêt démarre à un taux attractif, qui peut facilement être modulé… au bon vouloir de la mafia. Ce n’était bien sûr pas la première fois que la mafia finançait la campagne d’un candidat et ces « prêts d’appuis aux candidats » étaient une manière de garder une assise sur eux, s’ils divergeaient trop des objectifs fixés par Daktýlios. Le cas échéant, Daktýlios pourrait stopper son activité minière et faire monter le cours de l’argent… et donc le taux du crédit. Par le passé, ce « piège à cons » s’était renfermé sur plus d’un candidat qui avait manqué de… subordination à la mafia. Plutôt que de se fatiguer à les tuer, il suffisait de les asphyxier financièrement et les déposséder de tous leurs biens.




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Confessionnal de l’Eglise Saint-Martin de Cornecejo


Ioustínos Petrakis, lui, n’avait guère eu l’impression d’être tombé dans un piège à cons mais plutôt sur une bonne affaire. De toute façon, Monsieur Hatzis avait posé cette souscription à ce prêt comme condition sine qua non pour que la mafia Daktýlios lui accorde son soutien et sa confiance ; Ioustínos était donc dans l’obligation de le signer s’il souhaitait briguer la députation, voire même la chancellerie. S’il ignorait avoir souscrit un prêt toxique, il savait que ce prêt l’engagerait dorénavant. Un peu perturbé par la rapidité des évènements, le jeune homme, catholique à la pratique occasionnelle, eut le besoin de se confier auprès d’un prêtre. « Lui, au moins, serait tenu au secret » pensait-il. Il se rendit dans la plus grande église de Cornecejo. Dans cette partie de la Spongorie, résidait encore une communauté catholique, majoritairement grecophone, qui avait résisté à la paganisation des esprits. C’est dans l’Eglise Saint-Martin que Ioustínos trouva refuge…

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Ioustínos Petrakis
Candidat social-démocrate de la circonscription de Cornecejo


Ioustínos Petrakis:
Candidat social-démocrate de la circonscription de Cornecejo
« Bénissez-moi, mon Père, parce que j'ai péché. »

Quelques secondes de silence. Le Père Sebastianós observa discrètement le pénitent à travers le grillage.

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Père Sebastianós
Prêtre de l’Eglise Saint-Martin de Cornecejo


Père Sebastianós :
Prêtre de l’Eglise Saint-Martin de Cornecejo
« Que l’Esprit Saint vous éclaire pour trouver confiance dans la miséricorde de Dieu et vous reconnaitre pécheur. »

Après avoir fait leur signe de croix, le Père Sebastianós invita le pénitent à se confesser.

Ioustínos Petrakis:
Candidat social-démocrate de la circonscription de Cornecejo
« Mon père, je crains avoir péché par orgueil… Je crains que mon jugement ne soit affecté par une soif de pouvoir. »

Père Sebastianós :
Prêtre de l’Eglise Saint-Martin de Cornecejo
« Cette soif de pouvoir qui vous anime… La mettez-vous à bon profit ? »

Ioustínos Petrakis:
Candidat social-démocrate de la circonscription de Cornecejo
« Non, mon père, c’est de l’ambition personnelle… Je souhaiterais appliquer mes idées, ma vision. Et pour cela, je me suis rapproché de gens… peu recommandables… »

Père Sebastianós :
Prêtre de l’Eglise Saint-Martin de Cornecejo
« Que profiterait-il à un homme de gagner tout le monde, s'il fait la perte de son âme ? »

Ioustínos Petrakis:
Candidat social-démocrate de la circonscription de Cornecejo
« Pardon ? »

Père Sebastianós :
Prêtre de l’Eglise Saint-Martin de Cornecejo
« Je vous renvoie à l’Evangile selon Marc. Vous devez mettre un terme à votre collaboration avec ces individus s’ils vous mènent vers le mauvais chemin. Nombreux sont les faux-prophètes, qui flatteront votre orgueil et se joueront de vos faiblesses pour vous mener à leurs propres fins. Nul ne peut être plus digne de confiance que le Seigneur… »

Le prêtre imposa une pénitence à Ioustínos avant de prononcer les paroles de l’absolution. Pensant sortir de l’église avec la réponse à ses questions, Ioustínos était plus que jamais en doute. Abandonner la campagne ? Si près du but ?


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Message Publié : Lun Sep 19, 2016 10:27 pm 
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République de Spongorie
7 février 2031


La mafia Daktýlios ne s’était pas seulement consolidé un immense empire commercial, elle bénéficiait d’une certaine sympathie populaire. Nul ne pouvait mettre en cause les apports de Daktýlios dans la région : ce réseau clandestin restait le premier pourvoyeur d’emplois en Spongorie et il traitait plutôt bien ses travailleurs. L’Etat, à l’inverse, était inique et ne parvenait pas à gagner les cœurs de la populace. Le peuple reprochait à la République de Spongorie d’être corrompue. Ce qui était une réalité : elle était corrompue… par Daktýlios. C’est la raison pour laquelle Daktýlios a toujours veillé à rester en dehors du pouvoir : sa mission était de mener des projets sans qu’aucune autorité n’ait conscience qu’elle usait des fonds publics. Daktýlios était vue comme une organisation privée et non comme un gaspilleur des deniers publics… même s’il lui arrivait de gaspiller des fonds publics détournés. Mais l’exécutif, « démocratiquement élu », était là pour servir de punching-ball pour cela.

C’est pourquoi la mafia tenait à tester son candidat à la chancellerie depuis quelques semaines. Ioustínos Petrakis se pliait à l’exercice et avant d’être officiellement investi par Daktýlios, il devait remplir une dernière mission. Le jeune homme était anxieux à l’idée de la réaliser. Sur la table était disposés une seringue, une cuillère, un briquet, un garrot… et un peu de poudre blanche. Les champs de pavot, eux aussi sous la mainmise de la mafia, fournissaient la précieuse marchandise. Pour faire honneur à cette production locale, Ioustínos Petrakis devait accomplir cet acte… héroïque. Un sous-fifre était présent pour aider le candidat à la chancellerie à poser correctement le garrot et à s’injecter la dose. Avec une grande inspiration, il ferma les yeux et laissa l’infirmier réaliser sa tâche.


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En un instant, l’anxiété de Ioustínos s’envola et lui-même eut l’impression de s’envoler de son propre corps, transi d’incroyables sensations. Un sourire benêt arbora son visage poupin, alors que l’infirmier mafieux débarrassa ses instruments de la table. Il envoya, grâce à son smartphone, un bref message : « C’est fait » avant de s’enfoncer dans un fauteuil à proximité, pour anticiper tout effet indésirable. Les vomissements étaient fréquents et l’infirmier devait bien veiller à ce que le candidat ne s’étouffe pas dans son vomi. Pas à quelques semaines du scrutin.




Au quartier général de Daktýlios, on attendait l’arrivée du Parrain, qui ne devrait tarder. Lui seul était habileté à accorder la confiance de l’alliance au jeune candidat. Il s’était montré prudent en exigeant de lui plusieurs garanties : tout d’abord, une garantie financière en lui demandant de souscrire un prêt toxique dont Daktýlios était le créancier ; puis en lui administrant cette dose suffisante pour créer la dépendance. La mafia avait la mainmise sur le marché de l’opium spongorien. Un chancelier en manque était un chancelier prêt à tout en échange d’une nouvelle dose.

Sous-fifre de la mafia Daktýlios : « À 50 $ le gramme, est-ce une bonne idée ? Tester sa confiance commence à nous coûter cher… »

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Páris Hatzis
Lieutenant du Parrain de la mafia Daktýlios


Páris Hatzis :
Lieutenant du Parrain de la mafia Daktýlios
« Qui t’a autorisé à discuter les ordres du Parrain ? Il est évident qu’on ne va pas le lui faire cadeau. La dose d’aujourd’hui suffira à lui créer une dépendance. Les prochaines fois, il recevra un… placebo. Du bicarbonate de sodium suffit. Ca ne peut pas lui faire de mal. »

Sous-fifre de la mafia Daktýlios : « Mais ça ne calmera pas sa dépendance… »

Páris Hatzis :
Lieutenant du Parrain de la mafia Daktýlios
« Bien sûr que si. Au moins partiellement. Et… Il arrive. »

« Il », c’était le Parrain. Du haut de son mètre quatre-vingt-douze, les cheveux châtain clair tirant sur le grisonnant, le Parrain rehaussait ses lunettes. L’audience était complètement silencieuse : le Parrain n’était pas du genre à autoriser le moindre écart. Nul ne pouvait parler dans la salle en sa présence tant qu’il n’en avait pas donné la permission. Il s’assit sur son trône et après un bref moment de mutisme. Le futur chancelier n’avait encore jamais vu son visage mais il connaissait déjà à coup sûr son timbre de voix :

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Père Sebastianós
Prêtre de l’Eglise Saint-Martin de Cornecejo
Parrain de la mafia Daktýlios


Père Sebastianós :
Prêtre de l’Eglise Saint-Martin de Cornecejo et Parrain de la mafia Daktýlios
« Il est digne de confiance. Mettez tout en œuvre pour le faire élire à la chancellerie. »

Le faire élire ne sera qu’une formalité. De la même manière que la mafia s’était consolidé un immense empire commercial, elle avait tissé un précieux réseau populaire d’électeurs. Les membres présents dans la salle s’inclinèrent tous légèrement face au Parrain avant de partir exécuter les ordres. Ainsi se déroulait la politique en Spongorie, bâtie par des créanciers et des... redevables…


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Message Publié : Mer Jan 04, 2017 3:57 pm 
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Nouer cravates et relations (2/2)
Royaume de Forluno
10 janvier 2032


Vasílissa avait mis plus d’un an à obtenir un rendez-vous avec le prince héritier du Royaume de Forluno, un fougueux personnage de 34 ans, qui honorait la tradition royale de son aïeul. Il était l’un des centaines de fils de Scipiono Ier, l’actuel régent, mais certainement le plus connu de l’intéressé. Scipiono avait mobilisé toute l’administration du royaume pour qu’il transmette sa semence aux meilleures donzelles. Constitutionnellement, le trône de Forluno revenait à l’homme qui atteste le maximum d’enfants… mais en pratique, personne ne pouvait rivaliser avec les moyens du Royaume, qui déboursait plusieurs millions de lires par an pour que la dynastie Nistor se perpétue. Un contrat avait été conclu sur la tête du Prince héritier.

Le Prince de Movopolis qui haïssait le Roi de Forluno avait glissé une énorme enveloppe à la mafia grecophone Daktýlios pour cette besogne. Les membres de Daktýlios ne faisaient pas de politique et ne s’intéressaient guère à ces bisbilles : ni le Movopolis ni le Forluno n’étaient leur terrain d’influence. Et ils pourraient très bien travailler pour le compte du Forluno si le royaume le souhaitait. Une fois la besogne réalisée, ils retourneraient en Spongorie, située entre les deux camps ennemis.

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Rendez-vous a été pris dans un luxueux hôtel de la périphérie de Patrioso


Homero Nistor, le Prince héritier, était une cible difficile. Paranoïaque, le jeune homme n’allait nulle part sans un revolver. Vasílissa avait eu un mal fou pour obtenir ce rendez-vous, dans un hôtel luxueux de la périphérie de Patrosio, capitale du royaume, mais entendait jouer sur une faiblesse du Prince : les femmes blondes. La mafia Daktýlios avait une organisation très éloignée des institutions amarantines puisqu’en son sein, on ne faisait guère de distinction entre les hommes et les femmes – même si la direction était dominée par la gente masculine – et les femmes pouvaient jouir de postes à responsabilité. Vasílissa était l’une d’entre elles. Elle était le second lieutenant du Parrain. D’habitude, on envoyait des novices faire leurs preuves dans ces opérations risquées mais le Prince Homero était un gros poisson. Seule une femme expérimentée, capable de torturer et tuer de sang-froid un innocent, parfaitement rodée aux techniques d’autodéfense, pouvait s’y adonner. Vasílissa n’était guère blonde mais la teinture blonde lui allait mieux qu’à n’importe quelle femme soldat de Daktýlios. Elle avait adopté le look « femme d’affaires », en tailleur, les cheveux plaqués et avait opté pour la cravate.


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Vasílissa
Seconde Lieutenante de la mafia Daktýlios


Vasílissa :
Seconde Lieutenante de la mafia Daktýlios
« J’ai rendez-vous avec sa Majesté Princière. »

L’hôtel était quadrillé par une armada de gardes royaux. Vasílissa avait donc dû faire preuve d’ingéniosité pour porter son arme. Son sac à main était intégralement fouillé par deux agents, tandis qu’elle était elle-même palpée par deux autres. En Amarantie, et à plus forte raison en Amarantie, les gardes ne prenaient pas de gants pour effectuer ce genre de vérifications sur des femmes, n’hésitant pas à palper leurs parties les plus intimes. Vasílissa restait de marbre : aurait-on pu en dire autant d’une novice ? Une fois le contrôle terminé, l’un des gardes la prit par le bras, sans aucune délicatesse, pour la mener jusqu’à la suite du Prince. Le tintement de l’ascenseur à chaque étage de l’hôtel s’arrêta au dixième. La suite était située au dernier étage… en réalité tout le dernier étage (sinon l’hôtel) était réservé. Le Prince était apparemment le seul client. Le garde toqua à l’une des nombreuses portes et le Prince lui répondit par l’affirmative. Vasílissa pénétra dans les lieux.

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Homero Nistor
Prince Héritier du Royaume de Forluno


Prince Homero :
Prince Héritier du Roi de Forluno
« Ah… Voilà ma princesse pour la soirée. C’est quoi ton nom, bébé ? »

Affalé sur un fauteuil en cuir, le Prince n’avait pas la prestance et la tenue de son père. Question de génération, sans doute. La chaîne stéréo crachait des morceaux de rap amarantins particulièrement crus, tandis que le Roi Scipiono Ier préférait les morceaux plus sensuels. Au lieu du verre de vin rouge de son père, le Prince préférait visiblement une vodka… conservée dans une bouteille en plastique. Sous sa main, il gardait son revolver.

Vasílissa :
Seconde Lieutenante de la mafia Daktýlios
« Valeriana. »

Prince Homero :
Prince Héritier du Roi de Forluno
« C’est quoi cet accent ? »

Vasílissa :
Seconde Lieutenante de la mafia Daktýlios
« Je suis d’origine montalvéenne, de l’autre côté de la frontière de l’Alilée… J’espère que ça ne vous dérange pas. »

Prince Homero :
Prince Héritier du Roi de Forluno
« Non, au contraire. J’ai toujours souhaité que l’Alilée montalvéenne soit une province de mon royaume. Tu es une vraie blonde ? »

L'accent spongorien était assez semblable à l'accent montalvéen.

Vasílissa :
Seconde Lieutenante de la mafia Daktýlios
« Bien sûr. »

Prince Homero :
Prince Héritier du Roi de Forluno
« Prouve-le. »

Vasílissa :
Seconde Lieutenante de la mafia Daktýlios
« Quoi ? »

Prince Homero :
Prince Héritier du Roi de Forluno
« Allez, déshabille-toi. »

Vasílissa :
Seconde Lieutenante de la mafia Daktýlios
« Je crois que j’ai fait une erreur… Ce n’est pas du tout ce à quoi je m’attendais. »

La mine vexée, Vasílissa prit son sac à main et se dirigea vers la porte de sortie de la suite royale. C’était une pure tactique : nullement vexée, elle voulait juste montrer que sa venue ici était totalement dénuée d’arrière-pensée et qu’elle peut partir au moindre dérapage. Tactique risquée car le Prince pouvait rester indifférent face à ces menaces. Seulement après quelques secondes, le Prince retint sa « Princesse » :

Prince Homero :
Prince Héritier du Roi de Forluno
« Attend. »

Le mot magique. Vasílissa se figea mais se retint bien de sourire. Elle garda une mine timide et vexée.

Prince Homero :
Prince Héritier du Roi de Forluno
« Excuse-moi, Princesse… Je ne voulais pas te vexer… Mais j’aimerais bien que tu me montres. Tu n’es pas obligée. »

Vasílissa s’exécuta et retira ses chaussures, plus son pantalon, puis ses dessous, pour montrer ses parties intimes, entièrement glabres.

Vasílissa :
Seconde Lieutenante de la mafia Daktýlios
« Comme tu peux le voir, je ne peux rien te prouver à ce niveau-là, il faut me croire sur parole. »

Prince Homero :
Prince Héritier du Roi de Forluno
« Tu me rassures, je n’ai pas envie de partir en excursion en forêt tropicale. »

Les deux amants d’un soir s’adonnèrent assez rapidement aux plaisirs de la chair. Officiellement, Vasílissa était là pour recevoir la semence princière, elle devait donc se plier au jeu, même si la besogne la répugnait assez, tant son partenaire était détestable. Même durant le rapport, ce dernier garda une main discrète sur le revolver. Se montrant mal à l’aise, Vasílissa lui convainc toutefois de pousser le revolver hors du lit. La relation s’éternisa : le Prince n’avait pas la vigueur et la productivité du père… Plus d’une heure plus tard, le Prince libéra sa semence. Enfin. Epuisés, les amants restèrent dans le lit quelques minutes…

Vasílissa :
Seconde Lieutenante de la mafia Daktýlios
« Mon Prince… Tu ne voudrais pas célébrer ça par un verre de champagne ? C’est la dernière fois que je peux en profiter, je porte notre enfant désormais… »

Le Prince s’exécuta : il se leva et demanda à l’interphone situé près du monte-charges le champagne commandé. Profitant qu’il ait le dos tourné, Vasílissa poussa le revolver, qui était au sol, bien en-dessous du lit, de telle sorte à ce que personne ne puisse le saisir. Elle commença à s’habiller, comme si de rien n’était tandis que le Prince s’avançait vers elle, tout enjoué.

Prince Homero :
Prince Héritier du Roi de Forluno
« Tu veux autre chose, ma Princesse ? »

Vasílissa :
Seconde Lieutenante de la mafia Daktýlios
« Euh… Oui. Au moment de partir, je ne voudrais pas être accompagnée. L’un de tes gardes m’a serré le bras, il m’a fait mal… »

Prince Homero :
Prince Héritier du Roi de Forluno
« Ne t’inquiète pas, ils n’oseront pas toucher l’une des femmes qui porte l’enfant du futur Roi de Forluno… Allez, viens dans le lit, le champagne est arrivé. »

Le Prince se dirigea vers le monte-charges tandis que Vasílissa commençait à nouer sa cravate…

Vasílissa :
Seconde Lieutenante de la mafia Daktýlios
« Une dernière chose, mon Prince… »

La cravate nouée dans la main, elle l’enroula autour du cou du Prince et la serra de toutes ses forces. Surpris, le Prince ne put prononcer plus aucun mot, la soie de la cravate noire de Vasílissa étreignait son pharynx. Il tenta désespérément de s’en débarrasser, tout en essayant d’adresser des coups à sa partenaire. Il la toucha à la jambe et au visage mais Vasílissa se mordit la langue pour ne pas crier de douleur et ainsi éveiller les soupçons des gardes qui ne devaient pas être très loin. Difficilement, la mafiosa traîna le Prince, au sol, jusque dans la luxueuse salle de bains, tandis qu’il continuait à se débattre. Un seul mot, dont le son était étouffé, put sortir de sa bouche : « salope ».

Elle ferma la porte et glissa la cravate en bas de celle-ci. Se servant de la porte comme un bouclier, elle tira de toutes ses forces sur la cravate du Prince, enfermé de l’autre côté, dans la salle de bains. Elle fit durer ce moment pendant près de dix minutes, pour s’assurer de la mort de sa victime. Au bout de ce laps de temps, elle ouvrit la porte et le corps du Prince tomba de manière nonchalante, en arrière, la bouche ouverte, le visage encore écarlate, les yeux baignés de larmes et de sang.

Les bras tétanisés par cet exercice, Vasílissa se leva et se prépara à sortir de la suite. Certes, elle avait gagné la bataille mais elle était maintenant couverte d’hématomes qu’il convenait de maquiller avec du fond de teint. Le corps du Prince gisant à terre, la mafiosa se remaquilla face au miroir de la salle de bains et se peignit les cheveux. Au passage, elle but une gorgée de champagne, levant son verre au Prince. Comme la tradition le voulait, lorsqu’un innocent devait mourir dans l’intérêt de l’organisation, chaque membre de Daktýlios devait se confesser au Père Sebastianós… qui était également son patron.





Comme prévu, Vasílissa put sortir de l’hôtel sans encombre. Ce n’est qu’au bout de quelques heures plus tard que le corps du Prince fut découvert. À Patrosio, le Roi de Forluno accueillit la nouvelle par l’un de ses servants :

Servant : « Votre Majesté, j’ai une terrible nouvelle à vous annoncer. Le fils de Sa Majesté a été retrouvé mort, il y a quelques heures. »

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Sa Majesté Scipiono Nistor dit « Scipiono Ier de Forluno »
Roi de Forluno
Membre du Conseil exécutif de la Ligue Amarantine


Scipiono Ier :
Roi de Forluno et membre du Conseil exécutif de la Ligue Amarantine
« Lequel ? »


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 Sujet du message : Re: RP | Activités internes
Message Publié : Ven Jan 13, 2017 11:52 pm 
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11 janvier 2032


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La cérémonie était parfaite et les demoiselles resplendissantes. Rien, absolument rien n’aurait pu troubler le bon déroulement de cette grand-messe cathodique, où les sourires et applaudissements des candidates travestissaient leur redoutable concurrence, leurs caprices et crêpages de chignons. Miss Dentegorie, Miss Spongorie, Miss Haute-Alilée, Miss Sceptrie… Ces charmantes princesses âgées de 18 à 25 ans s’avançaient chacune leur tour sur le podium pour le défilé final. Aucun écart n’était admis, d’autant que l’enjeu était grand : la gagnante sera cernée de la couronne de Miss Amarantie 2032. À vingt-trois heures, le processus d’écrémage était bien entame et il ne restait plus que trois prétendantes. L’impitoyable verdit démocratique des téléspectateurs, appelés à voter pour leur candidate préférée, allait tomber de manière imminente :


Maître de cérémonie : « Miss Amarantie 2032 est… Miss Melgares ! »

L’heureuse élue fondit en larmes comme le voulait la tradition, sous les applaudissements amers de ses deux dauphines qui se devaient de continuer à faire bonne figure pour les beaux yeux des sponsors. Quelques minutes après, la nouvelle Miss livra ses premières réactions :

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Ariana Magnor
Miss Amarantie 2032


Ariana Magnor :
Miss Amarantie 2032
« Je… Je tenais à remercier tous ceux qui m’ont soutenue… Mes amis, mon équipe, la Communauté des Melgares… Ma mère… Désolé, je suis encore émue... »

Cernée de sa nouvelle couronne et par les sourires hypocrites, la timide Ariana Magnor savourait sa victoire de manière tout à fait modeste. Pendant un an, elle aura le privilège de donner un visage de beauté féminine à la Ligue Amarantine.


9 février 2032


Ariana remplissait son rôle à merveille depuis maintenant plusieurs semaines. Sortant d’une séance de photographes, cette nouvelle égérie publicitaire avait maintenant rendez-vous dans un orphelinat au nord de la République de Dentegorie. Quelques images attendrissantes de la nouvelle Miss, étreignant ces pauvres enfants, feront à coup sûr pleurer dans toute chaumière qui se respecte. Quelque soit la circonstance, Ariana devait garder le sourire, parfois en montrant ses dents, parfois sans. Tout dépendait de son conseiller en communication. Après cet exercice larmoyant, la jeune femme avait un peu de répit avant de ré-attaquer le lendemain avec de nouvelles rencontres. Pour l’heure, Ariana prenait la direction de la banlieue d’Ortubo, capitale de la Communauté des Melgares. Loin des caméras, elle avait rendez-vous dans une maternité, à l’abri des regards, des journalistes. Là, une femme l’y attendait et même les plus féroces de ses concurrentes au concours de beauté ne pouvaient lui arriver à la cheville. Ariana prit une longue inspiration et c’est le ventre nouée qu’elle vint à sa rencontre, sans l’un des couloirs de la maternité :


Ariana Magnor :
Miss Amarantie 2032
« J’ai fait aussi vite que j’ai pu. »

La reine de beauté s’adressait à une femme d’une cinquantaine d’années, qui lui tournant le dos, regardait à travers la vitre les beaux bébés de la pouponnière. Cette dernière, sans se retourner, sortit de son sac à main un paquet de cigarettes pour en extraire une, et répondit avec une voix rauque :

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Kleopatra Magnor
Mère d’Ariana Magnor


Kleopatra Magnor :
Mère d’Ariana Magnor
« C’est gentil d’avoir remercié ta mère… même si elle passe après tes amis, ton équipe et la Communauté des Melgares. Par contre, les larmes étaient de trop, tu t’es ridiculisée. »

Kleopatra Magnor était la mère de la nouvelle Miss mais les rapports mère-fille n’étaient pas les plus cordiaux. La quinquagénaire se retourna vers sa fille, le visage fermé et le regard inquisiteur. Sans un mot, elle prit un briquet et alluma la cigarette, en plein intérieur de la maternité, sous les caméras de surveillance. Elle ne cessa de fixer la jeune Ariana, qui se montrait de moins en moins à l’aise.

Kleopatra Magnor :
Mère d’Ariana Magnor
« Pourtant, ce n’est ni tes amis, ni ton équipe, ni la Communauté qui t’ont fait gagner cette foutue couronne, c’est ta mère et rien qu’elle. Honnêtement, tu ne méritais pas de gagner, tes dauphines étaient bien plus belles que toi. »

Kleopatra s’avança vers sa fille, toujours en la fixant. Ariana, elle, baissa les yeux vers le sol, gênée par la situation et blessée par les propos de sa mère.

Kleopatra Magnor :
Mère d’Ariana Magnor
« Viens, je vais te montrer quelque chose. »

Par un signe de tête, Kleopatra demanda à sa fille de la suivre à l’intérieur de la pouponnière, toujours la cigarette entre les doigts, prenant de temps à autres une bouffée de nicotine. À peine entrée dans la pouponnière, elle fut interpellée par une infirmière :

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Infirmière :
« Mesdames, l’accès est intérieur aux personnes extérieures au personnel… et il est strictement interdit de fumer ici ! »

Très calmement, Kleopatra fit quelques pas vers l’infirmière et la fixa avec le même regard inquisiteur.

Infirmière :
« Oh, excusez-moi, Madame Magnor, je ne vous avais pas reconnue… »

Totalement décontenancée, l’infirmière rebroussa chemin vers la salle de service, laissant les deux mère et fille contempler les dizaines de nouveau-nés dormir paisiblement, dans cette pièce plongée dans la pénombre. La douce mélodie de la berceuse se faisait à peine entendre. Kleopatra s’adressa à sa fille :


Kleopatra Magnor :
Mère d’Ariana Magnor
« Les affaires ne sont pas au mieux, la douane a renforcé ses contrôles, nous ne pouvons plus écouler la marchandise aussi facilement qu’avant et nous manquons de mules… À moins que… »

Kleopatra fit un geste qui traduisait exactement sa pensée : elle comptait utiliser des nouveau-nés comme mules. Choquée par l’idée, Miss Amarantie 2032 ne put se retenir :

Ariana Magnor :
Miss Amarantie 2032
« Des enfants ?! Tu veux utiliser des enfants comme mules ? Mais c’est ignoble ! Et puis, comment tu leur feras avaler les doses ? »

Kleopatra gifla sa fille en un quart de seconde.

Kleopatra Magnor :
Mère d’Ariana Magnor
« Ne manque pas de respect à ta mère, sale petite pétasse ! Ton impertinence me met hors de moi. Déjà, qui t’a dit de les faire avaler ? Je ne suis pas une monstre, je ne ferai jamais tuer d’enfants… mais les morts subites ne sont pas rares. Sais-tu que le corps d’un bébé pourrait contenir jusqu’à cinquante sacs de poudre standards ? Il suffit de bien recoudre. Et aucun policier n’ira troubler une femme qui porte son enfant endormi. Nous avons de nombreuses volontaires pour le faire passer à travers la frontière. »

Encore déboussolée par la gifle qu’elle a reçue, Ariana reprit peu à peu ses esprits. Sans doute, aurait-elle préféré elle aussi se faire sacrifier au stade de nouveau-née que d’avoir été élevée par une mère aussi autoritaire et mesquine, baronne de la principale organisation mafieuse des Melgares.

Ariana Magnor :
Miss Amarantie 2032
« Mais… En quoi tes affaires me concernent-elles ? Je n’ai pas envie de m’en mêler, j’ai un titre public maintenant et j’entends l’honorer du mieux possible. »

Kleopatra Magnor :
Mère d’Ariana Magnor
Baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)

« Allons, cesse de faire ta petite cruche naïve, tu as 24 ans maintenant. Sans moi, tu n’aurais même pas été élue comme déléguée de classe. J’ai mobilisé tout le monde dans mon réseau pour que le titre te revienne. De toute façon, tu ne seras pas mêlée à ces affaires. Tu es nulle en commerce, ton rôle consistera juste à nous donner une couverture. Personne ne se penchera sur les affaires de ta mère. Tu dois te présenter au concours Miss Univers dorénavant. »

Ariana Magnor :
Miss Amarantie 2032
« Je sais que ton réseau est grand, Kleo… maman. Mais tu n’auras pas les bras assez longs pour me faire élire. Je suis désolée mais je ne peux pas accepter ! »

Kleopatra Magnor :
Mère d’Ariana Magnor
Baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)

« Je me suis mal fait comprendre : ce n’était pas une proposition. »

Kleopatra écrasa son mégot à même le sol et s’approcha une nouvelle fois de sa fille. Elle posa ses mains sur les seins de cette dernière, non sans de nouveau la mettre mal à l’aise :

Ariana Magnor :
Miss Amarantie 2032
« Ma fille, à ton âge j’avais une poitrine bien plus généreuse. Tu crois que j’aurais pu rencontrer ton père en me contenant de ça ? »

Ariana était l’une des innombrables filles de l’actuel roi de Forluno… lequel avait gardé un souvenir bien ancré de cette dure-à-cuire de Kleopatra.

Kleopatra Magnor :
Mère d’Ariana Magnor
Baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)

« J’ai assuré tes arrières, tu as du sang royal qui coule dans tes veines maintenant et ce sera une garantie quand tu me succèderas à la tête de « la Fratinoja ». Les hommes pensent nous dominer, mais ce sont nous, les mamelles du monde, ne l’oublie jamais ! »

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