SimPolitique - Jeu de Simulation Politique

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 Sujet du message : RP - Activités internes
Message Publié : Mar Août 30, 2016 12:46 am 
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ACTIVITÉS INTERNES



Les activités internes se déroulent au sein de l'Empire Luciférien d'Algarbe. Qu'il s'agisse de situations de la vie de tous les jours ou de discussions au sommet du pouvoir, elles vous donneront un aperçu du fonctionnement interne de l'Empire et de la vie quotidienne de ses habitants.

Que le Porteur de Lumière veille sur vous

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« Ce n’est pas possible, m’écrivez-vous : cela n’est pas français. » Napoléon Ier, Empereur des Français
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 Sujet du message : Re: RP - Activités internes
Message Publié : Mar Août 30, 2016 6:49 pm 
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ROYAUME DE HYPTATIE



La visite du marchand


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Le Nedjet est la source de vie des Hyptates. Issu de la confluence du Nedjet Jaune, prenant sa source dans les Monts de Ratep au nord, et du Nedjet Vert, issu du Massif kalunais au sud, ce fleuve accueille sur ses rives l'essentiel des activités de Hyptatie. Bien que les espaces les plus verts ne soient accessibles qu'à la noblesse fortunée, la populace tend elle aussi à s'en approcher le plus possible. C'est pour elle l'unique moyen de bénéficier d'un approvisionnement en eau, pourtant vital, ainsi que d'échapper aux hordes de brigands et de maraudeurs patrouillant sans cesse dans les terres arides du Désert Hyptate, afin d'y piller les villages et de détrousser les pauvres habitants.

La capitale royale, ville dorée bâtie il y a plusieurs millénaires sur les berges du Nedjet, est bien éloignée des soucis des paysans du Royaume. Pourtant, c'est ici qu'a été érigé le Palais Royal, ou réside celui qui est considéré comme un dieu vivant par ses sujets. Il s'agit bien entendu du Pharaon. À la fois incarnation terrestre de Horus, et divinité à part entière, le souverain hyptate règne en maître absolu. Disposant du droit de vie ou de mort sur ses sujets, il continue de suivre les anciens rituels issus de la mythologie hyptate. Non pas que sa foi luciférienne ne soit qu'apparence, mais le respect des anciennes coutumes est pour lui le seul moyen de conserver son emprise sur un peuple encore bien peu conquis par la religion officielle. Cela, les Pharaons le savent depuis plusieurs siècles, et se l'enseignent depuis lors entre les règnes successifs. Il n'y en a qu'un qui commence tout juste à le comprendre, c'est Aménophis Ier, l'actuel Pharaon. Âgé de huit ans, celui-ci n'a pas encore encore la maturité suffisante pour régner, et devra vivre sous la régence de sa mère, la Reine Néfertiya IV, pendant encore neuf longues années.

On pourrait penser que la pauvre femme a fort à faire. Le Royaume, dont le territoire est l'un des plus vastes de l'Empire, est tenaillé par une famine dévorant la population des campagnes, que les raids des brigands nomades venus du désert ne manquent pas d'achever. Pourtant, la régente ne semble pas le moins du monde troublée par la situation qui, somme toute, n'a pas vraiment évolué depuis plusieurs siècles. Il faut dire que les ventres vides sont beaucoup plus faciles à mater en cas de révolte qu'une population bien nourrie. Une telle politique, tout cynisme mis à part, a jusqu'alors plutôt bien su démontrer son efficacité, surtout lorsque la baisse de productivité engendrée est compensée par une noblesse zélée, bien trop occupée par sa conquête du pouvoir pour se soucier du sort de ses concitoyens, ou même pour songer à la fomentation de sa propre révolte.

La paix relative régnant au sein du Royaume permet donc à la Reine de se consacrer à ses loisirs, sans trop avoir à se préoccuper des affaires d’État, qui sont, de toute manière, généralement réglées par le Grand Vizir.



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Néfertiya IV, Reine de Hyptatie - Arsinoé, Gouverneure de Kheperos


Nous sommes l'après-midi du 28 décembre 2030, jour que bon nombre de Hyptates préfèreraient nommer le 13 du mois de Mechir, la majorité d'entre eux n'ayant pas encore adopté le calendrier grégorien venu de Dytolie, et employé par les autres Lucifériens. Ce jour-là, le temps n'était pas propice aux activités extérieures. Bien entendu, la plupart des gens auraient trouvé la température de 20°C très douce, surtout en comparaison des chaleurs extrêmes régnant dans le désert le jour, et des gelées se produisant la nuit. Peut-être la vie citadine avait-elle rendu la noblesse hyptate frileuse, ou bien que l'influence dytolienne avait l'avait rendue davantage compatible avec le climat du nord, qui sait... Quoiqu'il en soit, devant la légère fraicheur qui imprégnait l'air extérieur, la Reine avait préféré rester à l'intérieur du Palais.

Allongée sur un divan, Néfertiya IV déplaçait des pions en ivoire sur un plateau de Senet. Le jeu était posé sur une table en ébène recouverte d'une fine feuille d'or. Sur le divan d'en face se trouvait Arsinoé, Gouverneure se la Province de Kheperos. Le titre de la jeune femme n'avait bien entendu qu'une valeur honorifique, la fonction de Gouverneur étant assurée par son mari Djoser. Celle-ci aurait par ailleurs dû se trouver auprès de son mari, à la maison gouvernorale de Kheperos. Il aurait cependant été bien mal avisé de la part du Gouverneur de refuser l'invitation que la Reine avait adressée à sa meilleure amie, alors même que Djoser devait justement sa fonction si prestigieuse à l'influence de son épouse. L'amitié qui liait Arsinoé et Néfertiya IV était au contraire un atout majeur pour le haut fonctionnaire, lui assurant la conservation d'un poste qui, en temps normal, aurait changé de main à la première contrariété.

La Gouverneure déplaçait des pièces à tête de chacal sur le plateau de bois, s'opposant aux faucons d'ivoire de la Reine. Les deux femmes discutaient et riaient bruyamment, tout en lançant les bâtonnets qui leur servaient de dés.


« Dis-moi, tu t'es encore une fois superbement parée pour venir me voir, Arsinoé. »

« Je te remercie pour le compliment, mais il me semble porter un nombre tout à fait raisonnable de bijoux. Je pense que c'est plutôt toi qui te vêtis avec une surprenante sobriété. »

« Tu sais bien que je n'ai jamais ressenti un engouement particulier pour les pierreries... »

« Peut-être, mais si tu continues sur cette voie, tu deviendras bientôt l'Impératrice Luciférienne d'Algarbe la plus sobre de l'Histoire. »

« Impératrice de... que veux-tu dire ? »

« Voyons, N'es-tu pas au fait des dernières rumeurs ? Le bruit court au sein de la noblesse que le Roi d'Orlanie Adrien II commence à se faire vieux. Le trône impérial va peut-être bientôt se retrouver vacant, et, avec le soutien de Kaluna, tu as de bonnes chances de devenir la nouvelle Impératrice. »

« De bonnes chances... Tout est relatif. L'héritier d'Orlanie continue de bénéficier de bien davantage de soutiens que moi. »

« Il peut certes compter sur l'appui de Mélogne et des chiens du Tyronar, mais il lui manque le plus important. »

« Tu suggèrerais que je tente de gagner l'appui de la Grande Prêtresse ? Ce ne serait que pure folie. D'autant plus que je ne profiterais pas de la dignité impériale bien longtemps, mon fils étant sur le point de prendre le pouvoir d'ici une dizaine d'années... »

« Je t'arrête sur ce point. La loi impériale est très claire à ce sujet : le titre d'Empereur ne se transmet par le vote qu'à la mort de son tenant. Ainsi, quand bien même ton fils te succèderait à la tête du Royaume, tu resterais Impératrice Luciférienne d'Algarbe. »

Néfertiya IV écarta ses lèvres pour répondre, mais n'en eut guère le temps. L'une de ses suivantes s'approcha et, la tête inclinée et les yeux fixant le sol, coupa court à la conversation.

« Pardonne-moi, ma Reine. »

« Qu'y a-t-il ? »

« Le marchand de tapisseries a annoncé son arrivée au Palais. Il demande audience. »

La Reine afficha un large sourire de satisfaction.

« Ah, je l'attendais avec impatience. Fais-le entrer. »

« Encore ces toiles affreuses tissées par des Blancs emplis de haine. Décidément, tu as vraiment des goûts atypiques, Néfertiya ! »

La manière dont la Gouverneure s'adressait à la Reine de Hyptatie peut paraitre surprenante, mais c'est justement cette franchise qui faisait que la régente appréciait la compagnie d'Arsinoé depuis son enfance. Cette attitude la changeait des tromperies du reste de la noblesse.


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Izmar, « marchand de tapisseries »


Lorsque les deux soldats de la Garde Pharaonique ouvrirent la grande porte qui gardait l'entrée de la pièce, Izmar pénétra dans le petit salon. Connu au sein de la haute noblesse hyptate comme un marchand de tapisseries venues du Tyronar, ce brigand tirait la majorité de ses revenus de la vente d'esclaves hyptates auprès des commerçants tyronaris. La classe dirigeante du Royaume connaissait parfaitement bien la nature de son petit business, mais feignait de l'ignorer. Après tout, les tapisseries occidentales qu'il livrait, à l'aide desquelles la Reine Néfertiya IV prenait tant de plaisir à orner ses appartements, valaient bien la perte de quelques paysans de temps à autres. De toute façon, les malheureux auraient fini par mourir de faim, donc quelle différence cela pouvait-il faire ? Ce commerce avait même un fond de mission sociale, offrant aux individus échangés de meilleures conditions de vie auprès de leurs nouveaux maîtres au Tyronar...

Izmar avança vers la Reine, le dos inclinée. Une fois arrivé à deux mètres d'elle, il s'agenouilla et baisa le sol devant ses pieds. Ce n'est que lorsqu'elle lui ordonna de lui présenter sa marchandise que le brigand se redressa et se tourna vers son chameau, qu'un garde venait de lui apporter. Des sacs en toile pendaient sur chacun des deux flancs de la bête. Izmar en sortit une douzaine de tapisseries enroulées et, sur ordre de la Reine, les étala sur le sol, toujours sans jeter le moindre regard sur la régente.


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Néfertiya IV se pencha légèrement afin de mieux contempler la marchandise qui recouvrait le sol. Izmar, agenouillé, attendait l'avis de la Reine.
Arsinoé, répugnée par les ornements tyronaris, ne put étouffer un murmure de critique. Cependant, la Reine n'en prit pas compte et s'adressa au marchand.


« Par Osiris, que c'est laid ! »

« La qualité de ta marchandise ne faiblit pas, marchand. Je t'achète tout ce que tu m'as apporté. Quel est ton prix ? »

Izmar, continuant de fixer le sol, répondit à Néfertiya.

« Je t'en demanderais quatre esclaves, si ce prix te convient, ô ma Reine. »

« Je t'en accorde six. Maintenant, va. Mon intendant te donnera les documents nécessaires. »

« Tu est trop bonne, ma Reine. »

Néfertiya, agacée que le marchand ne soit pas déjà parti, agita la main afin de lui faire signe de déguerpir.

« Allez, bzzzz ! »

Izmar se retira de la pièce à reculons, sans tourner le dos à la Reine, et en continuant de fixer le sol. Son chameau fut guidé vers l'extérieur par deux gardes.
La régente se retourna vers son amie et anticipa une énième réflexion concernant la laideur de ses tapisseries nouvellement acquises, alors que de semblables ornaient déjà la plupart des pièces du Palais. Elle décida d'engager la conversation avant qu'Arsinoé n'ait le temps de formuler une énième critique. Faisant mine de réfléchir face au plateau de jeu, elle saisit les bâtonnets de bois.


« Bon, à qui le tour, à présent ? »

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 Sujet du message : Re: RP - Activités internes
Message Publié : Mar Août 30, 2016 10:53 pm 
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ROYAUME DE TYRONAR



Affaires de famille


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Installée en pleine campagne, la ferme de Lucien Girard se trouvait à quelques kilomètres du Château de Montfaucon, demeure du Comte possédant le fief. Lucien n'était pas un serf. Il n'appartenait pas au Comte de Montfaucon, et était propriétaire de sa ferme. Il possédait même une demi-douzaine d'esclaves nègres, qui l'assistaient dans l'entretien de son exploitation. Cependant, le vilain ne menait pas une vie de privilégié. Les charges seigneuriales étaient difficiles à supporter pour ce petit exploitant, qui voyait chaque année une partie non négligeable de sa récolte être livrée au château du compte. À cela s'ajoutaient les impôts religieux, qui le privaient d'une part importante des revenus qu'il pouvait tirer des denrées qu'il n'avait pas gardé pour sa consommation personnelle. Lucien ne pouvait donc se permettre la moindre baisse de productivité, s'il voulait continuer de mener une vie décente.
Cependant, le pire arriva.

En cette matinée du 31 décembre 2030, lorsque la paysan pénétra dans sa longère afin d'ordonner à ses Nègres de l'assister dans l'abattage des porcs, il en trouva trois assis sur le sol, au chevet d'un quatrième allongé sur un tas de foin. L'esclave était visiblement souffrant. En y regardant de plus près, Lucien vit que le corps du malheureux était recouvert de bubons noirs. Il ordonna aux trois autres Nègres de porter le malade, et d'aller le déposer dans une cabane, aux côtés de deux autres de ses congénères dans le même état.

Après avoir procédé à l'abattage d'un porc, Lucien le vida. Le paysan et ses esclaves découpèrent ensuite la bête et en séparèrent les différents morceaux comestibles. Une fois la besogne achevée, l'exploitant confia les pieds arrières de l'animal ainsi que sa carcasse aux Nègres, et emporta le reste de la viande dans sa maison. Il commença immédiatement à préparer le repas, attendant la visite son fils, propriétaire d'une ferme à trois kilomètres de là.


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Lucien Girard - Gaston Girard


Gaston mangeait la potée que lui avait préparé son père avec appétit. Seul le plat de côtes du porc avait été utilisé, le reste de la viande étant destiné à la vente. Voyant que Lucien boudait le plat qu'il avait lui-même préparé, son fils cessa les va-et-vient qu'il faisait faire à sa fourchette entre son assiette et sa bouche.


« Eh bien, tu ne manges pas ? Tu as l'air soucieux. »

Lucien, jouant avec un bouchon de liège posé sur la table, répondit à Gaston d'une voix chevrotante.

« Effectivement, je viens de voir qu'un autre de mes Nègres était atteint de la peste de ce matin. »

« Encore ? C'est le troisième ce mois-ci, non ? »

« Oui. Je me demande comment je vais faire pour tenir la saison prochaine... »

« Mais la peste noire est extrêmement contagieuse. Tu es sûr de ne pas l'avoir attrapée ? »

« Ne t'inquiète pas pour moi. J'ai été voir l'apothicaire du château, et il m'a prescrit un vaccin. »

« Et tu ne pourrais pas administrer ce même vaccin à tes Nègres ? »

« Tu es fou ? Au prix où cela coûte, ça me reviendrait à moins cher d'acheter des Nègres neufs. »

« Alors qu'attends-tu ? »

« L'ennui est que mes finances ne sont pas au plus haut. Entre ce que me demande le Comte pour rester sur ses terres, et les impôts du temple, j'arrive tout juste à subvenir à mes besoins. Je n'ai absolument pas les moyens d'acheter de nouveaux esclaves. Cette épidémie tombe vraiment au plus mal. »

Gaston, tout en écoutant son père, continuait d'avaler goulument sa potée.

« J'ai peut-être une solution pour toi. Il y a un marchand d'esclave à Montfaucon, du nom de Foucault. Il parait qu'il a reçu un chargement de Berbères de premier choix assez récemment. »

« Des Berbères ? Voyons, l'achat d'esclaves est un investissement durable. Ces Berbères n'auront jamais la force physique de mes Nègres ! »

« Peut-être, mais as-tu vraiment le choix ? On m'a dit que les prix de ce Foucault étaient très intéressants. Tu n'as rien à perdre à aller y jeter un coup d’œil. »

« Tu as sûrement raison. Cependant, si je me procure effectivement ces Berbères, les Nègres que je possède risquent de leur transmettre leur peste, et j'aurais dépensé mon argent pour rien. »

« C'est simple, abats les Nègres malades et brûle leurs corps. Et si tu reviens de Montfaucon avec des Berbères, je te conseille d'abattre également tes Nègres sains, car ils pourraient être porteur de la maladie sans en avoir l'air. »

« Bonne idée. Je ferais d'ailleurs mieux d'abattre les malades immédiatement. Cela évitera que la peste se propage au reste du troupeau. »

Laissant son fis terminer seul sa potée, Lucien se leva de table. Il sortit ensuite de la maison, après avoir décroché la hache suspendue au-dessus de la porte d'entrée.

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 Sujet du message : Re: RP - Activités internes
Message Publié : Mer Août 31, 2016 2:21 am 
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ROYAUME D'ORLANIE



Qui va à la chasse perd sa place


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Adrien II, Roi d'Orlanie - Duc Albert de Montfaucon - Hector Ier, Roi de Tyronar - Adrien, Prince héritier d'Orlanie


À l'entrée de la forêt domaniale du Roi d'Orlanie, la foule était en ébullition. Au sein de la soixantaine d'hommes qui la composaient, la moitié étaient des membres des hautes noblesses orlane et tyronari, et l'autre moitié leurs écuyers. Les comtes, princes et rois se munissaient de leurs armes, tandis que leurs serviteurs préparaient leur monture. Très vite, tout fut enfin prêt afin que la grande chasse donnée par le Roi d'Orlanie pour célébrer l'union de son fils et de la Duchesse de Montfaucon puisse commencer. Une meute d'une centaine de poitevins, dont le flair légendaire est capable de renifler n'importe quelle proie, était tenue en laisse par plusieurs maîtres chiens. Comme le veut la tradition orlane, c'était au Roi Adrien II, en tant qu'hôte, de sonner au cor le coup d'envoi de la chasse. Alors que le souverain orlan portait l'instrument à sa bouche, son fils l'arrêta.

« Il n'est pas trop tard pour renoncer, tu sais. Beaucoup sont persuadés qu'à ton âge, le plus raisonnable serait que tu restes au château. »

« Voyons, ce n'est pas ma première chasse, et je ne vais quand même pas manquer la célébration de l'Union de mon héritier ! »

Le Roi Adrien II était bien résolu à participer à la chasse qu'il avait organisée. Se toute manière, il ne craignait pas l'accident. Son héritier étant à présent uni à celle qui donnera naissance au prochain successeur, le vieil homme, du haut de ses 93 ans, pouvait partir tranquillement. Et quoi de plus alléchant que de terminer sa vie en se livrant à l'activité la plus excitante qui soit !

Le Prince, de son côté, n'était pas rassuré. Il alla faire part de l'entêtement du souverain orlan à son beau-père. Le Duc de Montfaucon était un homme sage, et avait compris ce qui animait le Roi d'Orlanie.


« Je pense qu'à son âge, ton père a appris à ne plus craindre la mort. »

Le Roi de Tyronar, qui n'était pas venu pour rien, en profita pour s'incruster dans la conversation et aborder le sujet qui avait motivé sa venue.

« Il va sûrement falloir que tu te fasses à l'idée que ton arrivée sur le trône pourrait se faire plus vite que tu ne le penses. »

À l'écoute de la réflexion d'Héctor Ier, le Prince Adrien fut mi-inquiet, mi-satisfait. La perspective de la disparition de son père le terrifiait, bien entendu, mais le fait que le Roi de Tyronar n'ait pas spécifié de quel trône il parlait pouvait laisser penser qu'il n'excluait pas la possibilité de lui accorder sa voix lors des prochaines élections impériales.
Adrien fut rapidement tiré de ses pensées par le son du cor, qui marquait le début de la chasse.
Immédiatement, les maitre-chiens lâchèrent la horde de poitevins, qui foncèrent vers la lisière de la forêt, suivis par une trentaine de cavaliers lancés au galop.

Dans un premier temps, la chasse fut fructueuse. Le Roi Adrien II, accompagné par son fils, le Roi de Tyronar et le Duc de Montfaucon, qui ne l'avaient pas quitté, mit la main sur une biche, dont le corps fut ramassé par son écuyer. Continuant de suivre les chiens, les quatre hommes slalomaient entre les arbres sur une monture galopante. Au bout d'un moment, la horde de chiens disparut dans un épais buisson, planté le long d'une pente. Les quatre cavaliers stoppèrent net. Le Prince Adrien s'adressa aux trois souverains présents.


« Le chemin m'a l'air pentu, le descendre serait risqué. »

Son père se pencha au-dessus du buisson avant de répliquer.

« Allons, ça ne me semble pas si terrible que ça. Tenez, je vous mets au défi de me suivre, mes amis. »

Le vieil homme s'élança au galop et disparut à son tour dans les buissons, les pas de sa monture couverts par les cris des chiens.

« Père, non ! »

« Majesté ! »

« Adrien ! »

Au bout de quelques secondes, le son produit par le galop des chevaux et les aboiements des poitevins, se faisant de plus en plus lointain, s'était complètement estompé. Seul le bruissement des feuilles rompait le silence.
Le Duc de Montfaucon et son suzerain Hector Ier s'échanger un regard, sans échanger le moindre mot, tandis que le Prince Adrien, de plus en plus inquiet, se penchait vers le buisson.


« Père ? »

« Adrien, attends ! »

Il était trop tard lorsque le Duc de Montfaucon réagit. Le Prince avait déjà disparu à son tour dans les buissons, à la recherche du Roi. Au fur et à mesure qu'il avançait, la pente était de plus en plus rude, et les obstacles de moins en moins visibles du fait de l'épaisseur de la végétation. Au bout d'une vingtaine de seconde, la monture d'Adrien trébucha, et il s'étala de tout son long sur le sol. Par chance, l'héritier orlan n'eut que de légères égratignures, et se releva sans mal afin de voir quel était l'obstacle qui l'avait fait chuter. À sa grande stupeur, il vit le cheval de son père étendu sur le sol. Le Roi Adrien II se trouvait juste en dessous, la jambe écrasée sous le poids de l'animal.

« Père ! »

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 Sujet du message : Re: RP - Activités internes
Message Publié : Mar Oct 25, 2016 5:56 pm 
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La chasse à l'homme


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Comme à l'accoutumée, le désert hyptate était inondé par les rayons d'un soleil ardent. La terre était désespérément sèche, et les cultures mourraient à vue d’œil. Chaque année, les paysans devaient trouver le juste équilibre entre leurs propres besoins en eau et l'irrigation de leurs cultures. Bien entendu, les terres bordant le Nedjet étaient bien plus humides, et il était facile d'y abreuver les plantations. Mais c'est aussi pour cette raison que seuls les Nobles, les bourgeois et les paysans les plus riches pouvaient s'y installer. Comme la majorité de la population hyptate, Hiza et son père Atos, pauvres paysans, n'avaient d'autre choix que de rester dans le désert, tentant tant bien que mal de cultiver de quoi vivre et payer leurs taxes nobiliaires à l'aide des faibles ressources du puits.

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Hiza


À son lever, constatant que le vase d'argile posé sur la table était vide, Hiza résolut de sortir afin d'aller le remplir au puits. Usant de toute sa force, la jeune femme parvint à enrouler totalement la corde pour faire remonter un seau de fer, au fond duquel elle put récolter un demi litre d'eau maronnasse.

La contemplant au loin, Izmar trouva bien dommage qu'une femme d'une telle beauté s'abîme ainsi les mains, en accomplissant ce qui devait être un travail d'homme. Scrutant les alentours du campement, le trafiquant faisait son choix. La Reine Néfertiya IV lui avait accordé six esclaves en échange d'une poignée d tapisseries tyronaris. Il se devait de bien les choisir, avant de prendre la route du Tyronar pour les revendre. Lui et ses associés avaient besoin de se refaire, après que plusieurs de ses frères avaient été arrêtés en Bédrétangasie.

Il repéra un petit groupe de travailleurs au sud. Il s'agissait d'un paysan et de ses trois fils, qui labouraient la terre. Le père était presque un vieillard, mais ses trois fils étaient bien bâtis, et leur musculature était le témoin d'une robustesse qui aurait assurément contenté les acheteurs tyronaris. Portant son regard plus au nord, Izmar posa les yeux sur un groupe d'enfants jouant aux billes avec une poignée de cailloux. Cette marchandise aurait sûrement peu intéressé les Tyronaris, mais les riches couples orlans étaient parfois prêts à dépenser de fortes sommes, lorsque la nature ne leur permettait pas de concevoir eux-mêmes leurs progéniture.


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Izmar, trafiquant d'esclaves


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Après avoir fait son choix, Izmar indiqua les cibles à ses associés. Une fois en position, la horde de bandits se lança à l'assaut afin de capturer les esclaves désignés. Sur leurs chevaux noirs élancés au galop, la demi-douzaine de trafiquants commença par lancer des torches enflammées sur les toits des maisons, afin d'éviter que leurs cibles ne s'y réfugient. Dans la panique générale, les habitants commencèrent à fuir dans toutes les directions. Izmar, afin d'éviter que ses hommes ne s'éparpillent, leur donna des ordres précis.

« Vous deux, occupez-vous des enfants. Vous, vous vous chargez des trois hommes. Et toi, tu viens avec moi. Allez ! »

Voyant Izmar, suivi par l'un de ses associés, fondre sur elle, Hiza lâcha son vase et courut aussi vite qu'elle put vers la maison de son père.

« À l'aide ! Papa ! »

Atos, brutalement réveillé par le raffut causé par l'assaut des trafiquants, sortit en entendant les cris de sa fille.

« Qu'est-ce qu'il se... »

Le vieux paysan se tut en voyant un bandit et sa monture fondre sur lui, sabre au clair. Il n'eut pas le temps de réagir que déjà, le trafiquant, parvenu à sa hauteur, l'avait sabré avant de continuer sa course.

Hiza vit la scène mais, sans même comprendre comment ses jambes pouvaient encore la tenir, continua sa course sans s'arrêter. Izmar, après s'être approché assez prêt, brandit un filet aux mailles épaisses. Son associé le rejoignit et rangea son sabre dans son fourreau pour en saisir l'autre extrémité. Hiza, sans même comprendre ce qui lui arrivait, fut soudainement soulevée au-dessus du sol, prisonnière de l'outil déployé par les deux bandits.

Une fois leur marchandise récupérée, Izmar et ses associés s'éloignèrent du campement de paysans, et se rejoignirent à environ un kilomètre de là. Deux de leurs associés les y attendaient, gardant un convoi de chevaux et de dromadaires sur lesquels étaient harnachés plusieurs charrettes portant de grandes cages de fer. La horde de trafiquant enferma son butin dans les geôles, puis commença son périple vers l'est, avec l'objectif de faire le plus de chemin possible avant que les rayons du soleil ne deviennent trop pénibles à supporter.

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ROYAUME DE TYRONAR



Un nouvel arrivage


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Le fameux marché de Montfaucon... Chaque habitant du Comté s'y était déjà forcément rendu au moins une fois. Et pour cause, on y trouvait quasiment tout ce que l'on pouvait y chercher : provisions fraîches, vêtements, draperies, matériel agricole, esclaves... Cet événement hebdomadaire organisé sur la place principale de la capitale du fief du Comte Albert avait même une renommée nationale, voir impériale. Réputé pour son caractère pittoresque, le marché attirait de temps à autres des visiteurs orlans, désireux voir à quoi pouvait bien ressembler un étalage d'esclaves, ou bien de se procurer des articles introuvables dans leur pays d'origine...

Tentant tant bien que mal de se frayer un chemin au milieu de la foule, un homme encapuchonné guettait le moindre espace dans lequel il pouvait se faufiler afin d'atteindre son objectif. Il se devait cependant de prendre garde à ce que sa marchandise ne lui soit pas dérobée. Il était en effet suivi par une demi-douzaine d'esclaves marchant en file indienne, reliés les uns aux autres par une lourde chaîne de fer. L'homme n'était autre qu'Izmar, trafiquant d'esclaves hyptate, revenant du désert du nord avec sa marchandise prête à être revendue. Son soulagement fut grand lorsqu'il parvint enfin jusqu'à l'étalage qu'il recherchait. La grande estrade, sur laquelle il était inscrit en lettres gothiques
"Chez Foucault - esclaves agricoles et domestiques", semblait bien vide. Seule une demi-douzaine de Nègres enchaînés attendait patiemment d'être vendue, sans vraiment savoir ce qui l'attendait. Izmar, tout en serrant fermement la poignée de l'entrave qui évitait que sa marchandise ne s'échappe, interrompit le jeune vendeur qui, debout devant l'estrade, apostrophait les passants, de la même manière que les autres marchands de la place.

"Ils sont robustes nos Nègres, ils sont robustes !"

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Izmar


"Excusez-moi."

"Bonjour cher Monsieur. Souhaitez-vous inspecter l'un de nos articles ?"

"Non merci. Je ne viens pas pour acheter, mais pour vendre."

"Ah, je vous prie de m'excuser. Je n'avais pas remarqué la marchandise que vous transportiez. Je vous suggère de voir cela directement avec Monsieur Foucault, à l'intérieur de la boutique."

Izmar suivit le jeune commerçant, qui le conduisit dans le bâtiment situé derrière l'estrade. Celui-ci indiqua à Izmar un siège, avant de s’éclipser derrière une porte portant l'inscription "Direction".

"Je vous en prie, installez-vous pour patienter pendant que je préviens Monsieur Foucault de votre arrivée."

Izmar avait beau avoir l'habitude de traiter avec les Tyronaris, la politesse dont faisaient preuve les marchands à son égard le surprenait toujours. Les manières des bourgeois n'avaient décidément rien à avoir avec celles des paysans qu'il avait croisé sur sa route.
Après quelques dizaines de secondes, le jeune vendeur réapparut, suivi par un homme d'une cinquantaine d'années. Vêtu d'un long manteau de cuir, Monsieur Foucault avançait vers son invité d'une démarche boitillante. Izmar se leva afin de saluer son futur client par une poignée de main polie.


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Monsieur Foucault


"Cela faisait un moment que j'attendais votre visite, mon cher Izmar. Comme vous avez sûrement pu le voir, mes stocks sont presque vides, et les Nègres, bien qu'indispensables au travail de la terre, ne sont hélas pas les articles qui contentent le plus ma clientèle habituelle."

"Je vous prie d'excuser mon retard. Nous avons, hélas, été confrontés à quelques malencontreux incidents qui ont quelques peu ralenti nos affaires. Mais je ferai tout mon possible pour que cela ne se reproduise plus."

"Je l'espère. Il est certain que je serais navré de devoir me trouver un autre fournisseur... Enfin, trêve d’amabilités je vous prie, voyons donc ce que vous m'avez apporté."

Foucault se déplaça pour aller inspecter les esclaves. Il commença par tâter les muscles des trois premiers hommes attachés en file indienne.

"Ces Berbères me semblent bien robustes. Excellent pour l'accomplissement de travaux d'extérieur auprès de clients désirant un minimum de distinction, ou pour le divertissement de quelques femmes fortunées ne supportant plus le veuvage."

Le marchand d'esclaves parcourut la suite du cortège d'esclaves, formé par deux jeunes enfants.

"Nous trouverons bien quelqu'un pour les adopter. Les critères d'adoption sont tellement contraignants en Orlanie..."

Son regard se porta ensuite sur le dernier esclave que transportait Izmar. Il s'agissait d'une jeune femme nommée Hiza.

"Celle-ci est d'une beauté incroyable. Il s'agit assurément du meilleur article de ce lot. Combien veux-tu pour l'ensemble ?"

"Votre prix sera le mien, Monsieur."

"Je vous reconnais bien là, mon cher. Je vous donne vingt mille livres pour les trois hommes, vingt mille autres pour les deux enfants, et... cinquante mille pour la jeune femme, ce qui nous porte à un total de quatre-vingt-dix mille livres."

"Quatre-vingt-huit mille, en guise d'excuse pour le retard."

"Décidément, Izmar, vous ne perdrez jamais votre sens du commerce. Tenez, je vous offre un verre pour conclure cette affaire."

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Message Publié : Dim Juin 18, 2017 10:41 pm 
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La famille s'agrandit


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Dans une salle privée du Casino Royal de Colnade, l'établissement le plus prestigieux de la capitale orlane, une demi-douzaine d'hommes étaient assis en cercle autour d'une table, s'adonnant à une partie de poker. La fumée opaque émanant de la pointe de leurs cigares leur permettait à peine de discerner les symboles inscrits sur les cartes. Cela ne dérangeait pas les participants, bien plus intéressés par leur conversation que par le jeu en lui-même. Il faut dire que cette partie n'était qu'une formalité pour les six mafiosi, qui se réunissaient avant tout afin de parler de leurs affaires. Celles-ci leur rapportaient tellement d'argent que les principaux ténors de la Famille, la plus puissante mafia de tout l'Empire Luciférien, pouvaient miser ce qu'ils voulaient sans véritablement s'interroger sur les conséquences.

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Charles Creuset


« J'espère que cette histoire de détroit va être rapidement réglée. Les récoltes de cannabis kalunais doivent transiter par le Tyronar pour être livrées jusqu'en Amarantie, et cela commence à coûter cher. »

L'homme qui venait de prendre la parole était Charles Creuset, le bras droit d'Eric Bertaud et numéro deux de la Famille. Son supérieur l'avait chargé d'administrer les activités de la mafia en Algarbe pendant que lui-même se chargeait de trouver de nouveaux marchés en Amarantie. C'est lui qui avait convoqué ses propres lieutenants au casino - qui lui appartenait - afin de faire un compte-rendu de l'ensemble de leurs activités.

« Ne parle pas trop vite. Il paraît qu'un accord s'apprête à être signé, prévoyant des contrôles aléatoires dans le détroit. Autant te dire qu'on va être obligé de commercer avec l'Amarantie de cette façon si on ne veut pas que notre marchandise soit saisie par la marine aminienne ou lucanienne. »

« Mais le patron n'a pas passé un accord pour pouvoir cultiver sa came directement en Amarantie ? »

« Il s'agit uniquement des pavots, afin de ne pas avoir de problème avec la douane movopolitaine. Mais le cannabis doit être cultivé à Kaluna, sinon quoi la qualité ne sera pas au rendez-vous. Et cette histoire de détroit nous oblige à emprunter des routes de merde au milieu du Tyronar pour apporter notre came jusqu'au port de Tyron. »

Afin de manifester son énervement, Creuset venait de jeter ses cartes sur la table. C'était signe qu'il se couchait, sa main n'étant pas assez bonne.

« Bon allez les gars, on arrête. Vous m'avez assez plumé comme ça pour ce soir. D'ici la prochaine fois qu'on se voit, essayez de trouver des solutions à ce problème de transport. S'il y en a... »

Les six hommes se levèrent et échangèrent quelques poignées de main pour se saluer, avant de quitter la pièce. Charles Creuset, accompagné par ses deux gardes du corps, prit lui aussi la direction de la sortie pour aller rejoindre la limousine qui l'attendait en bas du casino. Il s'installa à l'arrière du véhicule, à l'instar des deux hommes en costume noir qui l'escortaient.

« Roule, Nestor. On rentre. »

Le chauffeur s'exécuta et prit la direction de la résidence que le mafioso occupait à Colnade. Charles Creuset, quand à lui, ôta sa veste et sortit une bouteille de whisky du minibar qui se trouvait face à lui. Il s'en servit un verre et le dégusta, tout en écoutant la musique dont il avait lancé la lecture à l'aide d'une télécommande. Tout se passait pour le mieux, lorsque la voix de son chauffeur interrompit sa rêverie.

« Monsieur. »

« Qu'est-ce qu'il y a ? »

« Je crois que nous sommes suivis. »

Creuset et ses deux gardes se retournèrent pour jeter un coup d’œil à travers la vitre arrière.

« Tu en es sûr ? »

« Ce ne serait pas la première fois. »

Le mafioso se renfonça dans son siège et saisit la télécommande de sa chaîne pour augmenter le son de sa musique.

« Bon, fais ce que tu as à faire. »

Le chauffeur appuya un grand coup sur l'accélérateur et parcourut les rues de la capitale à plus de 90 km/h. La limousine slalomait à toute vitesse en pleine nuit entre les véhicules, manquant plusieurs fois de provoquer un accident. Depuis la banquette arrière, Charles Creuset voyait les ombres causées par les lampadaires et les phares des autres voitures passer à toute vitesse sur les sièges. Cependant, leur poursuivant n'en démordait pas, et les suivait toujours une fois parvenus dans les banlieues pavillonnaires.

« Accélère encore. »

« Ce ne serait pas très prud... »

Le chauffeur n'avait pas eu le temps de finir sa phrase lorsqu'une voiture noire venue d'une rue adjacente apparut sans prévenir devant lui. Il freina de toutes ses forces pour arrêter la limousine, laquelle pivota horizontalement de 90° avant de s'immobiliser à seulement cinquante centimètres du véhicule qui s'était arrêté juste en face. Immédiatement, les gardes du corps quittèrent la limousine et saisirent Creuset par le bras afin de l'exfiltrer. Mais il était trop tard. Le trio était déjà encerclé par une douzaine d'hommes armés de pistolets-mitrailleurs et équipés de casques et de gilets pare-balles. Les gardes du corps n'osèrent pas opposer de résistance lorsque leurs assaillant, qui appartenaient vraisemblablement aux forces spéciales de la police ou de l'armée, vinrent passer les menottes à leur employeur, pour le conduire à l'arrière du véhicule qui le poursuivait depuis le casino.
Assis sur la banquette arrière, menotté et les yeux bandés, Charles Creuset n'osa dire mot de tout le trajet, ignorant qui étaient ses ravisseurs. Au bout d'une heure de route, le véhicule s'arrêta et le mafioso fut emmené hors de celui-ci, puis guidé à travers les couloirs d'un bâtiment dont il ne pouvait deviner l'apparence. Son chemin s'arrêta dans un bureau. Les militaires qui l'escortaient ôtèrent le tissu qui recouvraient ses yeux et détachèrent ses menottes avant de quitter la pièce. Il fallut un moment à Creuset pour retrouver une vision nette, ses cristallins ayant été déformés par la pression du bandeau. Après un instant passé à cligner inlassablement des paupières, il put enfin apercevoir la personne qui se trouvait en face de lui.


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« Vous ? »

« Oui, moi. »

Charles Creuset se trouvait dans le bureau de la Générale Marie-Claire Boyer, à la Direction Générale des Services de Sécurité Impériaux. La présidente du RPN lui adressait un regard sévère. Sans demander de permission, comprenant que c'était ce qu'il était censé faire, le mafioso s'installa dans le fauteuil situé de l'autre côté du bureau. Il adoptait une posture décontractée, n'hésitant pas à poser son coude sur le dossier, et regardait la Générale avec un léger sourire en coin.

« Ainsi donc, vous avez trouvé un chef d'inculpation contre moi. »

« Même pas. »

« Donc vous m'arrêtez sans mandat ? »

La Générale afficha un sourire narquois.

« Essayez de porter plainte, qu'on rigole. »

Creuset pouffa légèrement avant de se reprendre.

« Dans ce cas, qu'est-ce que vous me voulez ? »

« Je vais avoir besoin de vous. »

« De moi ? Je ne vois pas bien ce que je peux faire pour vous. »

« Voyons, ne faîtes pas le modeste, Monsieur Creuset. Vous et votre patron avez des amis dans pratiquement chaque branche d'activité de l'Empire. Votre soutien pendant la campagne éectorale à venir pourrait nous donner un avantage décisif. »

« Vous rigolez, Madame Centralisation ? Vous croyez vraiment que l'on pourrait avoir envie de vous soutenir vous ? Ce n'est certainement pas en renforçant l'administration que vous allez aider nos affaires. Je vous verrais mieux en train d'essayer de vous faire mousser auprès de vos électeurs en déclarant "la guerre à la mafia". »

« Détrompez-vous. Votre activité contribue à exploiter des ressources que nous ne pouvons nous permettre d'utiliser légalement sans nous attirer les foudres des nations étrangères. Quoiqu'on en dise, vous contribuez à la prospérité économique de ce pays, et, pour cela, je n'ai nullement l'intention de vous entraver. Au contraire, je peux vous aider à développer vos activités. »

« Comment ? »

« Vous savez très bien comment. Comment va votre commerce avec l'Amarantie, depuis le blocage du détroit ? Cela doit être difficile de transporter votre héroïne dans des navires fouillés par l'Aminavie. Espérons que Madame la Renarde-de-Feu obtienne des récoltes satisfaisantes. »

« Comment savez-vous tout cela ? »

« Mais je sais tout, mon cher. Vos amis ne sont pas aussi fiables que vous le pensez. Alors, que diriez-vous d'avoir au pouvoir quelqu'un qui vous aide en améliorant les voies de communication entre Kaluna et le Tyronar, au lieu d'utiliser toutes les cartes qu'il a en main pour ruiner toutes vos petites affaires une fois pour toute ? »

« Ça demande réflexion... »

« Désolée, le temps est écoulé. »

Charles Creuset fouilla dans la poche intérieure de sa veste et en sortit un cigare. Il le porta à sa bouche, l'alluma à l'aide d'un briquet, et avala une bouffée de fumée qu'il recracha en faisant plusieurs ronds.

« Marché conclu. »

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Message Publié : Jeu Juin 22, 2017 1:22 am 
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Le grand chantier


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Au beau milieu de la journée, à l'extrême-nord du Désert Hyptate, les rayons du soleil venaient,tels de longues flèches d'or, transpercer les ouvriers qui s'affairaient à la construction de la Ligne Hyptep. Usbek, jeune paysan réquisitionné de force, à l'instar de milliers d'autres, frappait inlassablement le sol à l'aide de sa pelle puis déjà plusieurs heures. Au rythme du claquement des fouets que les militaires faisaient s'abattre sur le dos endolori des ouvriers, le paysan jetait frénétiquement ses pelletées de sable de l'autre côté de la tranchée. Le porteur d'eau ne passant qu'une fois toutes les heures, Usbek aurait bien essayé d'économiser ses forces entre chaque rasade. Malheureusement, si son rythme venait à ralentir, les soldats ne manquaient pas de venir le flageller afin de le rappeler à ses obligations.

De tous ceux qui œuvraient à la construction de la ligne défensive le long de la frontière aminienne, Usbek n'était pas le plus à plaindre. Premièrement, la tâche des porteurs d'eau était ardue. Les malheureux devaient en effet transporter leur bonbonne sans la moindre interruption, tout en regardant leurs compagnons de labeur se désaltérer, tandis qu'eux mêmes ne pouvaient goûter au contenu du fardeau qui pesait sur leurs épaules. Mais cette tâche n'était pas la pire.

Parmi tous les ouvriers se trouvait un petit groupe que l'on avait élégamment choisi de nommer "les porteurs d'Anubis". Loin de constituer une élite, ceux-ci étaient confrontés à une épreuve morbide, consistant à ramasser les corps de leurs camarades que le Dieu des Morts avait appelé à ses côtés. Les causes de décès étaient multiples sur le chantier. Certains ouvriers - principalement ceux réquisitionnés depuis les oasis ou les berges du Nedjet - n'étaient pas coutumiers de telles restrictions d'eau, et expiraient avant de recevoir leur rasade horaire. D'autres n'avaient simplement pas la constitution physique nécessaire pour remplir les quotas de production imposés. Les militaires tentaient alors de les y aider, en palliant leur faiblesse corporelle par un surcroit de motivation. Pour ce faire, le fouet semblait tout indiqué. Néanmoins, le soutien médical manquait cruellement dans ce secteur, et n'était, de toute manière, pas destiné aux ouvriers. De ce fait, il arrivait qu'une lacération excessive soit suive de complications qui, faute de soins, provoquaient le trépas de ce qui en étaient sujet.

Alors qu'il était plongé dans ses pensées, tout en creusant frénétiquement, Usbek fut surpris par l'arrivée du porteur d'eau, qui le fit sursauter en touchant son épaule. Immédiatement, le jeune paysan lâcha sa pelle et saisit la gourde qui lui était tendue. Cela faisait une heure qu'il n'avait rien bu et il était assoiffé. Après avoir bu la moitié de la gourde, Usbek essuya sa bouche à l'aide de son avant-bras, et constata alors que le porteur n'était pas encore parti. Celui-ci se pencha en avant et porta sa bouche au niveau de l'oreille de l'ouvrier.


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« Retrouve-moi dans ma tente cette nuit à une heure, camarade. Tu la reconnaitras facilement, un lampion sera allumé juste devant elle. »

Un militaire hyptate surgit alors et asséna un coup de fouet sur le dos du porteur.

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« Du nerf, feignasse ! Tu as encore deux kilomètres de tranchée à abreuver ! »

Usbek regarda son camarade s'éloigner.

« Qu'est-ce que tu as à rêvasser, toi ? Tu crois que la tranchée va se creuser toute seule ? »

Le jeune paysan ne put s'empêcher de gémir de douleur lorsque le fouet toucha son dos, y laissa une longue marque sanguinolente. Aussitôt, Usbek se pencha pour ramasser sa pelle et se remit à creuser de plus belle.

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 Sujet du message : Re: RP - Activités internes
Message Publié : Ven Juin 23, 2017 1:49 am 
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Le chiffon rouge
Suite directe du RP précédent


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Allongé sur le sol de sa tente, Usbek ne dormait pas. Le jeune paysan savait seulement qu'il s'était passé plusieurs heures depuis le moment où les militaires avaient ordonné l'extinction des feux, mais il ne connaissait pas l'heure exacte. Il était seulement certain qu'il se faisait déjà tard, et que ses camarades de tente étaient tous endormis. Il entreprit donc de se lever délicatement, en faisant le moins de bruit possible, pour aller se rapprocher de l'un des ouvriers ensommeillés. Le dormeur en question était un artisan originaire de Berynos, et le seul occupant de la tente à posséder une montre. Par chance, le poignet qui portait l'engin était apparent. Il suffit donc à Usbek de se pencher légèrement pour constater qu'il était minuit et demi. Le moment était ainsi venu pour lui de se rendre au rendez-vous que lui avait fixé le porteur d'eau dans la journée.

Usbek passa sa tête entre les grands morceaux de toile qui gardaient l'entrée de la tente. Par chance, l'allée qui se dessinait devant ses yeux était vide de toute patrouille. Il faut dire que la plupart des militaires dormaient à cette heure ci. Mais la prudence était tout de même de mise, la transgression du couvre-feu nocturne par un ouvrier étant généralement punie par le fouet. Usbek quitta sa tente et fit rapidement le tour du campement, cherchant des yeux le fameux lampion. Comme prévu, il trouva celui-ci au bout de quelques minutes, posé devant l'entrée d'une autre tente. Après avoir vérifié une dernière fois que la voix était libre, le jeune paysan se précipita pour franchir l'entrée de l'édifice de toile. Une fois à l'intérieur, il sentit à sa grande surprise son bras être saisi par une personne dotée d'une grande force. Cependant, il ne put se retourner pour voir de qui il s'agissait, la douleur infligée par la clé de bras qui lui était assénée étant trop forte.


« Qui es-tu ? Que fais-tu ici ? »

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« Lâche-le, camarade. Il s'agit d'un ouvrier que j'ai invité ce jour à nous rejoindre. »

Usbek reconnut la voix de celui qui était intervenu pour justifier sa présence. Il s'agissait du porteur d'eau. Après que l'homme qui se trouvait derrière lui eut lâché le bras, le jeune paysan se releva.

« Je suis très heureux que tu aies pu nous rejoindre, camarade. Sois le bienvenue à notre réunion. »

Usbek ignorait pourquoi il était ici. Il interrogea donc son hôte.

« Quelle réunion ? Pourquoi sommes-nous ici ? »

« Sois patient, camarade. Ptahet s'apprête à prendre la parole. Son discours répondra sûrement à toutes tes questions. »

À l'instar de la trentaine d'hommes présents dans la tente, Usbek et le porteur d'eau s’essayèrent sur le sol, complétant ainsi le cercle formé par les autres participants à la réunion. Quelques instants plus tard, un homme vêtu d'une coiffe de toile rouge pénétra dans le chapiteau et se plaça en son centre, tandis que les autres personnes présentes scandaient son nom.

« Ptahet ! Ptahet ! Ptahet ! »

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Ptahet


« Silence, camarades ! Silence ! Bien qu'il se fasse tard, évitons tout de même d'attirer l'attention. »

La voix rocailleuse de Ptahet exprimait une telle autorité que tous s'étaient tus en l'entendant. Usbek ignorait qui était cet homme au visage marqué par les ans, mais il commençait à comprendre pourquoi il inspirait tant de respect à ceux qui le connaissaient.

« Tout d'abord, je tiens à souhaiter la bienvenue à ceux qui ne nous rejoignent que ce soir. J'ai appris que vous étiez parvenus à rallier de nouveaux camarades à notre cause, et je vous en félicite. Quant à ceux d'entre vous qui ne savent pas encore pourquoi ils sont ici, qu'ils se rassurent. Tout leur sera expliqué dès cette nuit. »

Les yeux rivés sur le vieil homme, tous buvaient ses paroles avec attention.

« Tous ici, vous êtes des artisans, des ouvriers, des paysans. Tous ici, vous avez été réquisitionnés de force par le pouvoir royal tyrannique pour vous tuer à la tâche en plein désert. Tous ici, vous avez vu vos compagnons de labeur succomber au baiser brûlant du soleil, ou aux coups de fouet des agents de la tyrannie. Comme vous, je pense que cette situation n'est pas normale, et qu'il est temps d'y mettre fin ! »

L'assemblée laissa s'échapper quelques acclamations, que Ptahet étouffa immédiatement d'un signe de main.

« Cela peut vous paraitre impensable. Comme vous camarades, il fut un temps, j'étais impressionné par la puissance de nos maîtres. Mais comme l'a dit un fameux penseur orlan, les tyrans ne sont grands que parce que nous sommes à genoux. Qui pourrait donc nous empêcher de nous libérer des chaînes avec lesquelles ils nous aliènent ? Serait-ce leur richesse, qui n'est que le fruit de notre propre sueur ? Serait-ce leur armée, qui n'est formée que d'hommes eux-aussi opprimés ? Cessons de les servir, et ils n'auront plus rien ! Les nobles, comme les bourgeois, ce sont eux les véritables ennemis des prolétaires que nous sommes. Une fois que nous et nos camarades auront pris conscience de cela, il ne nous restera qu'à tendre la main pour prendre notre liberté, et hisser les têtes de nos anciens oppresseurs au sommet des Grandes Pyramides ! »

Une clameur se fit à nouveau entendre dans la tente.

« Bien entendu, la révolution ne consistera pas simplement à reprendre notre liberté des mains que ceux qui nous l'on ôté. Il nous faudra bâtir un nouveau monde, un monde meilleur, où jamais plus personne ne pourra bénéficier de la souffrance d'un autre. Les moyens de production devront être placés au service de la collectivité, et l'ensemble des biens mis en commun. Seule la dictature du prolétariat permettra l'émergence d'un ordre nouveau et juste, qui devra être propagé au-delà des frontières de la simple Hyptatie. Un jour, camarades, tout cela arrivera. Au cours mes voyages, j'ai pu ressentir la colère des prolétaires ne supportant plus la tyrannie bourgeoise et nobiliaire. Partout en Hyptatie, des cellules révolutionnaires comme la nôtre se constituent afin de préparer la Révolution à venir. Cependant, nous aurons besoin de toutes nos forces pour y parvenir. De ce fait, mes amis, il vous faudra rester patients. Très bientôt, la lutte des classes s'achèvera par la victoire du prolétariat, et alors jamais plus nous n'aurons à souffrir la vision d'un camarade trépassant sous le fouet. »

Ptahet brandit un morceau de tissu rouge et l'attacha sur son torse à l'aide d'une épingle.

« Le chiffon rouge sera le symbole de notre combat. Il représente le sang versé par nos camarades au cours de leur lutte, ou celui des victimes de la tyrannie à laquelle nous faisons face. Par ailleurs, n'oubliez pas notre chanson. La siffler sur le chantier vous permettra de reconnaitre vos compagnons de combat. »

Le vieil homme commença à entonner Le Chiffon Rouge, rapidement rejoint par le reste de l'assemblée.

« Accroche à ton cœur un morceau de chiffon rouge
Une fleur couleur de sang
Si tu veux vraiment que ça change que ça bouge
Lève-toi car il est temps

Allons droit devant vers la lumière
En levant le poing et en serrant les dents
Nous réveillerons la terre entière
Et demain, nos matins chanteront

Compagnon de colère, compagnon de combat
Toi que l'on faisait taire, toi qui ne comptais pas
Tu vas pouvoir enfin le porter
Le chiffon rouge de la liberté
Car le monde sera ce que tu le feras
Plein d'amour de justice et de joie
»

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 Sujet du message : Re: RP - Activités internes
Message Publié : Dim Juin 25, 2017 4:00 pm 
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Inquisition champêtre (1/3)


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Au fin fond des campagnes du Comté de Ciraphonde, dans le nord du Duché de Beaufer, se trouvait un minuscule hameau. Baptisé Verchamps par ses habitants, celui-ci ne comptait que trois fermes. La première, quasiment en ruines, était occupée par un homme âgé de soixante-trois ans lors de sa dernière apparition. Le vieillard ne sortait quasiment jamais de chez lui, si bien que l'on ne savait pas vraiment s'il était toujours en vie. La seconde ferme était la propriété d'une vieille femme de soixante-treize ans nommé Édith. Veuve depuis vingt ans déjà, elle assurait seule l'entretien du corps de ferme dont devait hériter son fils à sa mort. Celui-ci avait quitté le foyer familial très tôt pour aller travailler en ville, le commerce d'esclaves étant bien plus rentable que le travail agricole. Fort heureusement, la vieille mère pouvait compter sur l'aide de sa voisine Nora dans les tâches les plus difficiles.

Nora était la propriétaire de la troisième ferme. Bien qu'âgée de seulement trente-et-un ans, la jeune femme était veuve elle aussi. Son mari était mort l'an passé après que son crâne avait heurté une poutre de bois, en pénétrant dans l'une de ses longères en pleine nuit. Le jeune homme s'était éteint après une agonie de trois jours, laissant sa femme seule avec leur nouveau né. Nora et Édith, seules dans leur veuvage, avaient alors noué une solide amitié. La différence d'âge qui séparait les deux femmes ne les empêchait pas de s'accorder mutuellement toute leur confiance, si bien qu'un jour, Nora proposa à sa voisine, au détour d'une conversation, de lui montrer son secret le mieux gardé.


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Nora

« C'est quelque chose que ma famille possède depuis des générations, bien avant que nous soit enseignée la parole de Lucifer. Je peux te jurer que tu n'auras pas l'occasion de voir ça deux fois dans ta vie. »

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Édith

« Je suis impatiente de voir ce que c'est. »

« Cependant, ce ne sont pas des choses que l'on est censé avoir chez soi. Tu peux me promettre que tu ne diras rien à personne ? »

« Voyons, Nora, tu me connais depuis longtemps. Tu sais très bien que tu peux me faire confiance. »

La jeune femme se sentait mal d'avoir ainsi mis en doute l'honnêteté de son amie. Édith avait toujours été si sympathique avec elle...

« C'est vrai, excuse-moi. »

Nora ouvrit l'un des tiroirs du meuble en bois massif qui était adossé contre le mur de son salon. Après avoir soulevé plusieurs draps pliés, elle en sortit une boîte en métal qu'elle vint poser sur la table à manger.

« C'est à l'intérieur ? »

« Oui. Mais je suis toujours un peu nerveuse lorsqu'il s'agit de l'ouvrir. »

Édith tira la boîte vers elle et souleva son couvercle. L'objet qu'elle contenait était caché par un morceau de tissu léger, dont les plis laissaient cependant deviner la forme de ce qu'il recouvrait. La vieille femme adressa un regard troublé à son amie.

« Serait-ce... ? »

N'osant prononcer le moindre mot, la jeune paysanne avala bruyamment sa salive. D'épaisses gouttes de sueur perlaient sur son front. Sa voisine regarda à nouveau l'intérieur de la boîte, et souleva le morceau de tissu d'un coup de sec. Elle ne put s'empêcher de se lever d'un bond en voyant ce qu'il recouvrait, provoquant la chute de la chaise sur laquelle elle était assise, laquelle s'écroula sur le sol dans un fracas assourdissant.

« Par tous les feux de l'Enfer ! Est-ce... est-ce une croix chrétienne ? Sur laquelle est clouée une idole à l'effigie du Corrupteur ! »

Nora laissa s'échapper quelques larmes.

« Oh ! Pardonne-moi, Édith. Je n'aurais jamais dû d'infliger ça. Mais c'est tout ce qu'il me reste de mon père, tu comprends ? »

« Ton père vénérait le Corrupteur ? »

« Non, bien sûr que non ! Mais il tenait cette croix de son père, lequel la tenait lui-même du sien. Nous n'avons jamais osé la jeter, de peur d'attirer de mauvais esprits sur nous. »

« Range vite cet objet de malheur ! Personne ne doit nous voir avec. »

« Dis-moi, tu ne diras rien à personne, n'est-ce pas ? »

Édith afficha un léger sourire et prit la main de la jeune femme en pleurs.

« Bien sûr que non, voyons. Je suis ton amie et je le resterai. »

Nora, soulagée, sourit à son tour, puis retourna cacher le fardeau familial au fond de son tiroir de bois.

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 Sujet du message : Re: RP - Activités internes
Message Publié : Lun Juin 26, 2017 12:49 am 
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Inquisition champêtre (2/3)


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Une semaine avait passé depuis que Nora avait dévoilé son secret le mieux caché à sa voisine. Les deux femmes n'avaient plus reparlé de l'incident depuis lors, tout en continuant de se fréquenter et de s'entraider fréquemment. Pas plus tard que le lendemain, la jeune paysanne avait gardé le poulailler de son amie pendant que celle-ci était partie en ville chercher de nouvelles nappes. Édith lui avait d'ailleurs ramené quelques draps neufs à cette occasion.

Quelques jours plus tard, alors qu'elle étendait du linge devant sa ferme, Nora perçut au loin un son qu'elle n'avait pas entendu depuis plusieurs années. Elle tendit l'oreille afin d'en être sûre, et eut la confirmation qu'il s'agissait bien d'un bruit de moteur. Le vieil homme qui habitait à côté utilisait parfois un tracteur du temps où il sortait encore de chez lui, mais on ne l'avait pas vu depuis un certain temps. De toute manière, le bruit était trop lointain pour provenir de la ferme voisine, et il semblait se rapprocher depuis l'horizon. Après quelques minutes, Nora vit un nuage de poussière se former au bout du chemin de terre qui reliait le hameau de Verchamps à la ville. Le véhicule qui s'approchait était un vieux camion kaki de modèle militaire, à l'arrière duquel étaient assis plusieurs hommes. La paysanne ne pouvait voir de qui il s'agissait à la distance où ils se trouvaient lorsqu'elle les aperçut pour la première fois. Elle y vit en revanche beaucoup plus clair lorsque le camion s'arrêta juste devant sa ferme. La douzaine de chevaliers en armure qui se trouvaient dans la remorque descendirent et se mirent en rang, attendant les ordres d'un homme à l'accoutrement encore plus imposant. Celui-ci, qui n'était autre que le Comte d'Istrule, Grand-Seigneur de l'Ordre de l'Inquisition, mit à son tour pied à terre pour aller ouvrir la portière du camion côté passager. Un prêtre vêtu d'une soutane noire descendit le marche-pied et commença à s'avancer vers Nora, suivi par les chevaliers. Le Comte fut le premier à s'adresser à Nora.


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Comte Asmodée d'Istrule, Grand-Seigneur de l'Ordre de l'Inquisition

« Êtes-vous Nora Cigent ? »

Nora hésita quelques secondes avant de répondre. Elle se doutait que ces hommes n'avaient pas d'intention pacifique à son égard, mais le hameau était bien trop petit pour qu'elle puisse dissimuler son identité.

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Nora

« Ou-Oui, c'est... c'est moi. »

L'Inquisiteur pointa immédiatement son index vers elle.

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Inquisiteur


« Je t’arrête ! »

Quatre des chevaliers de l'Ordre de l'Inquisition coururent vers Nora, leurs armures s'entrechoquant dans un fracas assourdissant. Ils attrapèrent ses bras avec brutalité et lui frappèrent les jambes pour qu'elle tombe à genoux sur le sol.

« Fouillez cette ferme de fond en comble, et ramenez les idoles du Corrupteur qui y sont dissimulées ! »

Les huit chevaliers restants se précipitèrent dans la maison et commencèrent à remuer tous les meubles qui s'y trouvaient afin de mettre la main sur l'objet qui leur avait été signalé. Après quelques minutes, les cris d'un nouveau né commencèrent à percer le fracas provoqué par la mise à sac de la chaumière. Nora, toujours immobilisée, hurlait tout en pleurant à chaudes larmes.

« Mon bébé ! Ne touchez pas à mon bébé ! »

Le Comte d'Istrule la fit taire en lui assénant une violente gifle avec le revers de sa main. La jeune paysanne, la joue à moitié arrachée par le gantelet de fer du Comte, s’écroula sur le sol. Heureusement pour elle, son inconscience lui évita de voir le corps de son enfant traverser à toute vitesse la vitre de la salle à manger et rouler sur les graviers qui recouvraient la cour.

« Je l'ai trouvée, Monsieur le Comte ! »

L'un des chevaliers venait de quitter la maison, portant la boîte en métal que Nora avait montré à son amie une semaine auparavant. Il la tendit au Comte d'Istrule qui l'ouvrit avant de montrer son contenu à l'Inquisiteur.

« Hors de ma vue ! Cette horreur doit brûler dans les flammes du brasier sacré de Tyron ! »

« Et que fait-on de la femme ? »

« Elle s'est rendue coupable d'un péché inexpiable. Son âme doit être purifiée par Lucifer lui-même ! »

Une heure plus tard, Nora reprit ses esprits. La douleur que lui infligeait sa blessure à la joue l'empêcha un instant de prendre conscience de l'endroit dans lequel elle se trouvait. Elle fut totalement réveillée lorsqu'un saut rempli d'essence fut vidé sur son visage.

« Qu'est ce que... Par tous les feux ! »

La jeune paysanne était debout sur un tas de bois, ligotée à un mât dont elle ne pouvait se défaire. Face à elle, l'Inquisiteur, le Livre de Lucifer à la main, prononçait son jugement.

« Ton âme a été souillée par tous les péchés du monde à cause de cette idole corruptrice que tu as conservé dans ton foyer. Elle ne pourra être purifiée qu'au sein du lumineux royaume de Lucifer, où les flammes éternelles la consumeront durant six cent soixante-six années. Ce n'est qu'alors que ton âme purifiée, et celle de ton enfant, pourront connaître la félicité. »

Nora réalisa qu'elle ne savait toujours pas ce qu'il était advenu de son fils.

« Mon bébé ! Où est mon bébé ? »

Ignorant les cris de la jeune femme, le Comte d'Istrule jeta une torche enflammée sur le bûcher. Alors que de hautes flammes rouges commençaient à se répandre autour d'elle, Nora continuait de demander où se trouvait son fils. Mais, très vite, ses paroles devinrent intelligibles, pour finalement se muer en d'affreux cris de douleur...

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Message Publié : Lun Juin 26, 2017 2:24 pm 
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Inquisition champêtre (3/3)


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Alors que les flammes se propageaient autour d'elle, la dernière image que Nora emporta avec elle fut celle du visage de son amie, dépassant dans l’entrebâillement de la porte de la ferme d'en face. La vieille femme avait assisté à la scène depuis sa propre maison, sans oser se montrer entièrement. Alors que sa voisine brûlait sur le bûcher, Édith avait fermé les yeux en entendant jaillir les premiers cris de douleurs. La terrible agonie de Nora avait bien duré deux minutes, avant que les gaz toxiques présents dans la fumée noire ne l'asphyxient pour de bon. Les chevaliers de l'Ordre de l'Inquisition restèrent quelques minutes devant le bûcher après que le feu se soit éteint, priant pour que Lucifer accueille l'âme de la paysanne défunte dans son royaume de lumière. Après cela, ils remontèrent à bord de leur camion pour quitter le hameau.

Édith, qui s'était recroquevillée derrière sa porte, se leva d'un bond en entendant le moteur du véhicule s'allumer. Elle se précipita dans la cour et, voyant le camion s'éloigner, commença à lui courir après en hurlant.


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Édith

« Attendez ! Attendez ! Arrêtez-vous ! »

Le fracas du vieux moteur couvrait complètement les cris de la vieille femme, et le nuage de poussière qui suivait le camion empêchait les chevaliers de la voir. Bien que ses articulations la faisaient énormément souffrir, et que la poussière commençait à la faire tousser, Édith ne s'arrêtait pas de poursuivre le véhicule. Sa course s'arrêta lorsqu'elle trébucha sur un objet qu'elle n'avait pas vu. Elle s'étala de tout son long sur le sol, et eut tout juste le temps de lever la tête pour voir le camion disparaître à l'horizon.

Avait-elle donc fait tout cela pour rien ? Depuis toujours, on lui avait raconté que ceux qui aidaient le travail des Inquisiteurs étaient richement récompensés par le Comte. Avec la prime obtenue pour la dénonciation de sa voisine, elle espérait avoir suffisamment d'argent pour quitter le hameau et déménager en ville, afin de revoir enfin son fils. Mais elle n'avait rien reçu. Les chevaliers avaient quitté les lieux sans même tenir compte de sa présence, et elle se retrouvait seule dans le hameau. Sans mari, sans enfant... et sans amie.

Elle resta un moment allongée sur le sol, immobile, réfléchissant à son propre malheur. Qu'allait-elle devenir à présent ? Après un instant, elle songea à se retourner pour voir sur quoi elle avait trébuché, et ne put retenir un hurlement de frayeur en voyant de quoi il s'agissait. Le corps du fils de son ancienne amie était là, à moitié recouvert par la poussière. Du moins, c'était ce qu'il en restait, après que le camion qui transportait les chevaliers lui ait roulé dessus. Cette vision donna à Édith un puissant haut-le-cœur, qui la fit vomir juste à côté du cadavre déchiqueté du nouveau né. Après que son estomac se fut vidé sur le sol, la vieille femme se leva et commença à marcher, sans but, désirant seulement s'éloigner de ce lieu infâme. Très vite, elle se retrouva face au bûcher, que les chevaliers avaient laissé comme tel. Une fumée blanche s'élevait des braises encore rougeoyantes, et le corps carbonisé de Nora se trouvait encore attaché au mât. Édith s'effondra sur le sol et pleura à chaudes larmes son amie décédée. Pourquoi diable avait-elle fait cela ? Elle ne reverrait sûrement jamais son fils, qui ne reviendrait au hameau qu'à sa mort. Elle était à présent seule Verchamps, responsable du trépas de la seule amie qu'elle avait eu dans sa vie, ainsi que de son nouveau né.

Seule à Verchamps ? Elle n'en était pas certaine. Le vieillard qui habitait la ferme voisine était peut-être toujours là. Certes, on ne l'avait plus vu depuis quelques années, mais peut-être ne sortait-il seulement que très rarement. Craignant de mourir de solitude ou d'être rapidement atteinte par la folie, Édith décida d'en avoir le cœur net. Elle se rendit devant la maison du vieil homme et frappa à la porte. Comme elle pouvait s'y attendre, elle n'eut pas la moindre réponse, et personne ne vint lui ouvrir. Elle décida donc d'entrer afin de voir ce qu'il en était. Une aveuglante pénombre régnait à l'intérieur de la chaumière et, au fur et à mesure qu'elle avançait, le visage d’Édith était peu à peu recouvert de toiles d'araignées. Un éclat de lumière provenait tout de même du salon, dont l'une des fenêtres n'avait pas été barricadée. La vieille femme décida donc d'y pénétrer, et vit que la tête de quelqu'un dépassait en haut du dossier d'un fauteuil qui se trouvait dos à elle.


« Monsieur, vous m'entendez ? »

Édith s'avança davantage pour voir qui y était assis, et eu un nouveau haut le cœur en le voyant. Elle y trouva le corps d'un homme à moitié décomposé, vraisemblablement mort depuis quelques années. Il tenait un vieux fusil de chasse dans sa main droite, et son crâne semblait avoir à moitié explosé. Dans sa main gauche se trouvait une vieille photo jaunie. La vieille femme extirpa difficilement le cliché des doigts rigides qui le tenaient, afin de voir ce qu'il représentait. Il s'agissait d'une photographie prise au moins quinze ans auparavant, représentant la femme du défunt, elle-même morte de la rage une dizaine d'année avant que le vieil homme disparaisse. Édith s'intéressa ensuite au fusil de chasse que tenait l'ancien propriétaire des lieux. Il s'agissait d'un modèle à double canon. L'une des cartouches avait été tirée par le vieillard lorsqu'il avait mis fin à ses jours, mais l'autre se trouvait toujours à l'arrière de l'arme.

Après avoir songé un dernier instant à la situation qui était la sienne, la vieille paysanne plaça le bout du fusil sous son menton et mit un terme à l'existence du dernier habitant du hameau de Verchamps.

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 Sujet du message : Re: RP - Activités internes
Message Publié : Mar Juil 11, 2017 8:12 pm 
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Une vue générale sur l'Empire (1/5)


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La chaleur était particulièrement étouffante en cet après-midi du mois de juillet. Fendant l'air brûlant de ses deux ailes d'acier, un aéronef portant le sceau du Roi de Forluno se posa dans une zone reculée de l'aéroport international de Colnade, capitale orlane. La piste d'atterrissage était particulièrement courte, et le pilote amarantin avait dû freiner avec insistance pour éviter que son appareil vienne percuter la grille qui entourait l'aéroport. Heureusement, le chef de bord de l'avion personnel du Roi de Forluno bénéficiait d'une certaine expérience, et comptait parmi les meilleurs pilotes d'Amarantie. L'aéronef se posa doc sans encombre, bien que le souverain amarantin à son bord sentit passer le freinage, qui manqua de lui faire quitter son siège.


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Scipiono Ier de Forluno


Scipiono Nistor : « Vous y êtes allé un peu fort sur la fin, Dennis »

Pilote : « Pardonnez-moi, Majesté. J'ai fait de mon mieux, la piste était courte. »

Le Roi de Forluno ne releva pas. Il n'avait que faire des justifications de son pilote. Il était surtout impatient de quitter l'avion à bord duquel il était resté assis pendant plus de cinq heures. Sans plus tarder, le monarque amarantin se précipita à la porte de l'appareil aussitôt que le marche-pied fut déployé. À peine eut-il mis le nez dehors qu'il regretta déjà le système de climatisation qui avait rafraichi son air tout au long de son voyage. Il eut envie de remonter à bord de son avion, d'autant plus que les Orlans n'avaient envoyé personne pour l'accueillir à son arrivée. Diantre ! Mais quelle sorte d'hôtes étaient donc ces Lucifériens ? À mesure qu'il sentait la semelle de ses chaussures coller au goudron fondu qui recouvrait le tarmacadam, Scipiono Ier songeait de plus en plus sérieusement à regagner l'Amarantie pour mettre un terme à cette mauvaise blague. Fort heureusement, il vit approcher un véhicule au bout de quelques secondes. Il s'agissait d'une longue limousine noire aux vitre teintées - typiquement le genre de voiture dans lequel le Roi de Forluno avait l'habitude de se déplacer. Cependant, celle-ci n'arborait aucun drapeau, contrairement aux convois diplomatiques que le souverain forlunien avait déjà emprunté. Après que le véhicule se fut arrêté devant Scipiono Nistor, deux hommes vêtus de costumes noirs en sortirent et ouvrirent la porte arrière avant d'inviter le monarque amarantin à y pénétrer.

Mafioso : « Soyez le bienvenu à Colnade, Votre Majesté. Voici le véhicule qui vous conduira jusqu'au lieu de votre rendez-vous. Si vous voulez bien vous donner la peine d'entrer... »

Le Roi de Forluno remarqua que celui qui s'était adressé à lui avait le cou tatoué. Il se douta qu'il ne s'agissait pas d'agents gouvernementaux, mais de membres de la mafia luciférienne. Cela ne le surprit guère, dans la mesure où c'est en prenant contact avec Eric Bertaud qu'il avait pu mettre au point ce rendez-vous. Cependant, Scipiono Ier faisait preuve d'une grande méfiance à l'égard de toutes les organisations mafieuses depuis l'assassinat de son fils, dans lequel il était quasi certain que la mafia grecque amarantine était impliquée. Par mesure de sécurité, il fit donc signe à ses gardes du corps de l'accompagner à bord du véhicule. Les mafiosi lucifériens, qui n'avaient pas prévu cet intermède, se regardèrent un moment, ne sachant comment réagir. Ils finirent par hausser les épaules avant de regagner leurs propres places à bord de la limousine.

Mafioso : « Nous allons vous conduire dans un lieu plus reculé, en dehors de la ville. Le voyage devrait durer environ deux heures. N'hésitez pas à prendre vos aises. »

Deux heures plus tard, le véhicule atteint effectivement sa destination. Le chauffeur vint ouvrir la portière arrière pour laisser sortir le Roi de Forluno. Cependant, il fit signe à ses gardes du corps de rester à l'intérieur.

Mafioso : « Je suis navré, Votre Majesté, mais vos gardes du corps doivent rester ici. La Générale vous attend à l'intérieur. »

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La rencontre allait avoir lieu dans une maison de campagne située au sud de la capitale orlane. Il s'agissait de la résidence secondaire de la Première Ministre, laquelle avait choisi d'accueillir le Roi de Forluno en ce lieu éloigné des oreilles indiscrètes. Seuls Marie-Claire Boyer et quelques uns des hauts responsables de la mafia luciférienne étaient informés de l'entrevue qui, en dehors de cela, était totalement secrète.
La Générale vint accueillir Scipiono Ier sur la pelouse qui bordait la résidence, alors que la limousine s'éloignait.


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Marie-Claire Boyer


Marie-Claire Boyer : « Je suis honorée de vous accueillir en ces lieux, Majesté. Je ne vous cacherai pas que ma satisfaction fut grande lorsque le baron Eric Bertaud m'a confirmé votre venue. »

Le souverain forlunien fut immédiatement surpris par la beauté de la jeune femme. Il s'était attendu à toute autre chose, s'en tenant à la réputation de sévérité de la militaire orlane. La Générale avait d'ailleurs momentanément abandonné son uniforme pour revêtir une tenue plus informelle. Sa jupe et son pull en laine noisette s'accordaient parfaitement avec la couleur de ses cheveux. Le regard de Scipiono se perdit un moment dans le bleu ciel de ses yeux. Cependant, le premier procréateur d'Amarantie en avait déjà vu bien d'autres, et il se reprit vite avant de répondre.

Scipiono Nistor : « Tout l'honneur est pour moi. D'ailleurs, puisque je vois que nous nous trouvons dans un cadre informel, vous pouvez m'appeler Scipiono. »

Peut-être était-ce simplement dû à la réputation qui précédait le monarque amarantin, ou à l'élégance naturelle qui émanait de sa personne, en tout cas, la Première Ministre orlane n'était pas insensible au charme du Roi de Forluno. Elle lui sourit et l'invita à entrer dans sa résidence.

Marie-Claire Boyer : « Ce sera avec grand plaisir. Si vous voulez bien vous en donner la peine, je suggère que nous passions à l'intérieur. L'air y sera plus frais. »

En effet, aussitôt après avoir passé la porte de la maison, Scipiono eut l'impression d'entrer dans un réfrigérateur. Cela expliquait au moins la tenue que portait la Générale.

Marie-Claire Boyer : « J'espère que la fraîcheur des lieux ne vous dérange pas trop. Bien que nous soyons habitués aux fortes chaleurs en Algarbe, j'ai personnellement toujours du mal à les supporter. »

Le Roi de Forluno se revêtit de la veste qu'il avait enlevé en sortant de la limousine.

Scipiono Nistor : « Comme ça, ça devrait aller. »

La pièce d'entrée, qui était aussi la pièce de vie principale de la maison, était assez petite, à l'instar de la résidence elle-même. Elle était séparée entre un petit salon, formé par quelques fauteuils disposés autour d'une table basse, et un espace "salle à manger" consistant en une table tout juste assez grande pour accueillir quatre personnes. Marie-Claire indiqua l'un des fauteuils au souverain forlunien.

Marie-Claire Boyer : « N'hésitez pas à prendre vos aises. Souhaitez-vous un rafraîchissement ? »

Le Roi de Forluno n'avait pas besoin de rafraîchissement à proprement parler : l'air de la pièce était déjà suffisamment frais. Cependant, la chaleur extérieure avait suffi à le faire suer abondamment, et Scipiono sentait sa gorge s'assécher. Il accepta donc volontiers la boisson proposée par la Générale, laquelle s'absenta un court instant avant de revenir avec un verre qu'elle tendit à son invité. Elle-même s'installa dans le fauteuil qui se trouvait face au Roi, et avala une gorgée de son propre verre.

Scipiono Nistor : « Je suis impatient d'entendre votre proposition. »

Marie-Claire Boyer : « Que vous a dit Eric Bertaud, exactement ? »

Scipiono Nistor : « Pas grand chose, si ce n'est que vous aviez une suggestion intéressante à me faire, qui me permettrait à la fois de réduire l'influence de la mafia grecque qui sévit sur les terres de mon royaume, et d'obtenir de nouvelles opportunités diplomatiques en Algarbe. »

Marie-Claire Boyer : « Il n'a pas tort. Je vais prendre soin de vous expliquer la situation. Tout d'abord, comme vous le savez probablement, j'ai été nommée il y a peu à la tête du Royaume d'Orlanie avec l'objectif de mener des réformes centralisatrices au sein de l'Empire Luciférien. »

Le Roi de Forluno n'en savait rien. Il s'intéressait peu à la politique nord-algarbienne, à vrai dire. Cette région du monde semblait davantage être un foyer de conflits qu'autre chose, et son royaume recherchait des partenaires stables. Il se contenta d'acquiescer pour ne pas froisser la Générale, sans toutefois en dire davantage.

Marie-Claire Boyer : « Cependant, comme vous pouvez vous en douter, cette réforme risque d'être difficile à faire passer. En effet, elle doit être validée à la majorité par le Conseil Impérial, lequel est formé par les représentants légaux de chaque État-membre de l'Empire Luciférien. Or, il se trouve que je ne peux compter avec certitude que sur le soutien d'un seul autre État-membre, la Principauté de Mélogne, qui dépend du Royaume d'Orlanie afin d'assurer sa sécurité. Malheureusement, il s'avère que nos quatre autres partenaires seraient plutôt hostiles à la réforme. »

Scipiono Nistor : « Ce qui fait que vous avez besoin du soutien de deux autres États si vous souhaitez mener à bien votre réforme ? »

Marie-Claire Boyer : « C'est exact. Du moins, en théorie. Si tout se déroule comme prévu, un conflit devrait éclater d'ici peu au sein du Royaume de Tyronar, entre plusieurs duchés rivaux. Cette situation pourrait mener le Roi Hector Ier à perdre son trône, c'est pourquoi j'ai bon espoir qu'il se range à mes côtés. Je disposerai alors de trois votes au Conseil Impérial, ce qui signifie que j'aurai alors besoin, soit d'un vote favorable supplémentaire, soit d'un vote défavorable en moins... »

Le discours de la Première Ministre orlane rappelait à Scipiono Ier le fonctionnement interne de la Ligue Amarantine. La dernière phrase de la Générale l'avait fait se remémorer des épisodes de l'histoire amarantine, et il commençait à voir où son interlocutrice voulait en venir.

Marie-Claire Boyer : « Mon intention est d'empêcher la Reine de Hyptatie d'accéder au Palais Impérial au moment où le vote aura lieu. Je me suis déjà arrangée avec Monsieur Bertaud pour que cela soit fait. Cependant, il y a un risque que le Vizir Rekhmirê, en apprenant sa disparition, se précipite à Belphore pour la remplacer au Conseil. Il est le seul à en avoir le pouvoir. Afin d'éviter que cela ne se produise, j'aurais besoin que le Vizir soit en déplacement à l'étranger au moment où se tiendra la séance du Conseil. »

Scipiono Nistor : « C'est là que j'interviens, je présume ? »

Marie-Claire Boyer : « Exactement. Il faudrait que vous invitiez le Vizir à une rencontre diplomatique le jour du vote. Leur voix ne pourra alors pas s'exprimer, et la réforme passera aisément. Une fois que l'Empire Luciférien sera unifié, grâce à votre aide, vous pourrez considérer que le Royaume de Forluno dispose d'un nouvel allié de poids en Algarbe. Nous sommes la première puissance démographique et militaire du continent, et notre économie se dynamise. Par ailleurs, une fois que j'aurai pris le contrôle des institutions impériales, je pourrai aisément faciliter le trafic des marchandises de Monsieur Bertaud entre l'Algarbe et l'Amarantie. Cela devrait lui permettre de développer ses activités à Movopolis, et donc de nuire davantage à la mafia grecque sur place. »

Le Roi de Forluno resta un moment songeur. Il ne voyait pas encore bien comment tous ces effets allaient se concrétiser, mais le potentiel était indéniable. Par ailleurs, accepter de participer à cette opération ne l'engageait pas à une grande prise de risque. Il s'agissait seulement pour lui de recevoir un représentant étranger, et il était peu probable que quiconque le soupçonne d'être complice de l'enlèvement de la Reine de Hyptatie. Au contraire, le monarque forlunien avait tout à gagner.

Scipiono Nistor : « C'est une proposition intéressante, mais qui demande réflexion. Si vos bénéfices sont certains, ils sont moins évidents pour moi et mon royaume. »

Marie-Claire Boyer : « J'en conviens tout à fait. En attendant que vous ayez pris votre décision, peut-être pourrions-nous passer à table ? Il se fait tard et votre trajet vers l'aéroport sera tout aussi long que celui qui vous a mené ici, c'est pourquoi j'ai pensé que vous pourriez souhaiter rester dîner en ma compagnie avant de repartir. »

Le souverain amarantin n'avait pas prévu de rester dîner en ces lieux. Toutefois, le visage angélique de son interlocutrice et la profondeur de son regard rendaient la proposition difficile à refuser.

Scipiono Nistor : « Ce sera avec grand plaisir. Je me suis souvent demandé à quoi pouvait ressembler la cuisine luciférienne. »


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Scipiono Ier s'installa à une extrémité de la table de bois, tandis que Marie-Claire s'était éclipsée un instant pour aller chercher l'entrée en cuisine. Elle revint dans la salle à manger avec une assiette garnie de salade dans chaque main, et une bouteille de vin blanc sous le bras.

Marie-Claire Boyer : « La cuisine orlane est le résultat de diverses influences, venues aussi bien de Dytolie par le biais des colons, que des peuples natifs d'Algarbe. S'il y a bien une tradition héritée de métropole que nous avons conservé, c'est bien l'accompagnement de chaque plat avec un vin différent. »

La Première Ministre déboucha la bouteille de vin blanc d'un coup sec et en remplit le verre du Roi de Forluno, puis le sien même. Une fois n'était pas coutume, le monarque amarantin fit une nouvelle entorse à son régime et avala une gorgée du délicieux millésime. Pendant plus d'une heure et demi, les deux convives enchaînèrent les plats et les vins de toutes sorte. Il en fallait un pour l'entrée, un autre pour le plat, un suivant pour le fromage, et un dernier pour le dessert. Cela faisait longtemps que Scipiono n'avait pas autant bu, et il sentit rapidement sa tête commencer à tourner. Sa conversation avec Marie-Claire tournait autour de tout et de rien, et perdait, à mesure que les bouteilles défilaient, en profondeur et en retenue.

Scipiono Nistor : « Vraiment... c'était délicieux. »

Marie-Claire Boyer : « Merci. Mais avec tout ce que tu as bu, il vaudrait peut-être mieux que tu repartes demain, non ? »

Le Roi de Forluno fronça les sourcils, interloqué.

Scipiono Nistor : « Je ne vois pas le problème. Ce n'est pas moi qui vais conduire. »

Le sourire de la Générale s'effaça.

Marie-Claire Boyer : « Tu ne veux pas passer la nuit chez moi ? »

Le monarque forlunien n'en revenait pas. Il ne tenait décidément plus l'alcool. Tous ses réflexes de séduction semblaient s'être envolés. Pour seule réponse, Scipiono se leva de sa chaise, saisit la Première Ministre orlane par la taille, et l'embrassa langoureusement. Celle-ci se laissa faire un moment, avant de se dégager.

Marie-Claire Boyer : « Et... pour le Vizir ? »

Scipiono Nistor : « Qui ça ? Ah oui, bien sûr... Je l'appellerai. »

Sur ces dernières paroles, le Roi de Forluno approcha à nouveau ses lèvres de celles de Marie-Claire. Il ne quitta la maison de campagne que le lendemain.

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Message Publié : Dim Juil 23, 2017 8:00 am 
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Une vue générale sur l'Empire (2/5)
Ce déroule suite au RP précédent, et en même temps que ce RP


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Néfertiya IV, Reine de Hyptatie


Le jet de la Reine de Hyptatie se posa sur une piste d'atterrissage cernée d'herbe verte. Le Duché de Belphore ne comptait pas le moindre aéroport, et les chefs d’État lucifériens devant se rendre au Palais de Belphore avaient obligation de se poser dans l'un des aérodromes qui entouraient la capitale officielle de l'Empire Luciférien. La Reine Néfertiya IV n'avait guerre l'habitude quitter la capitale hyptate. La dernière fois qu'elle avait dû le faire, il s'agissait également de se rendre à Belphore pour voter un décret impérial, concernant la rupture de l'isolationnisme luciférien. Le décret qu'elle s'apprêtait à voter était par ailleurs susceptible d'apporter lui aussi un bouleversement majeur pour l'Empire Luciférien d'Algarbe. Proposée par la Première Ministre du Royaume d'Orlanie, cette réforme institutionnelle prévoyait de placer l'ensemble des forces armées de l'Empire sous les ordres d'une diplomatie unie et dirigée par un Empereur élu en dehors des souverains des État-membres. Néfertiya IV détestait devoir quitter son palais, et avait l'habitude d'envoyer le Vizir afin de la remplacer lorsque les décrets votés étaient de faible importance. Mais cette fois, l'enjeu était trop important et il fallait que la Reine montre que l'opposition farouche de la Hyptatie vis-à-vis de toute mesure de centralisation, qui ne ferait que renforcer l'Orlanie. Le Vizir étant par ailleurs retenu à l'étranger par une rencontre diplomatique avec le Roi de Forluno, la Reine n'avait d'autre choix que de faire le déplacement.

Une fois que son avion se fut posé, Néfertiya IV descendit les marches de la passerelle. Le véhicule préparé par les services du Palais l'attendait portes ouvertes sur le tarmacadam, et le chauffeur lui fit signe d'y entrer. La Reine de Hyptatie, soucieuse de ne pas perdre de temps, s'exécuta et s'installa à l'arrière de la voiture. Après avoir jeté un dernier coup d’œil autour de lui, le chauffeur ferma la portière et pénétra à son tour à l'intérieur du véhicule, à l'avant cette fois-ci. Il mit le contact et prit la route du Palais Impérial.

Du moins, c'est ce que Néfertiya IV pensa au cours des premières minutes du trajet. Bien que l'aérodrome se trouvait en dehors de Belphore, la capitale impériale n'était pas grande, et il ne fallait normalement pas plus d'une quinzaine de minutes pour atteindre le Palais. Au bout d'une demi-heure, la Reine commença à se demander pourquoi le trajet était si long.


« Dîtes-moi, j'ai l'habitude de faire ce trajet, et il me semble qu'il est beaucoup plus court d'habitude. Êtes-vous certain d'avoir pris la bonne direction ? »

Le chauffeur jeta un bref coup d’œil sur Néfertiya IV à l'aide du rétroviseur intérieur, mais ne répondit pas.

« Oh, vilain ! Je vous parle ! »

Le chauffeur lacha un soupir avant de prendre la parole.

« On est presque arrivé. Bouclez-la maintenant ! »

« Comment osez-vous vous adresser à moi sur ce ton ? J'exige que vous vous excusiez sur le champ ! »

À ces mots, le véhicule s'arrêta. Sans que la Reine ne comprenne ce qui se passait, le chauffeur sortit et vint ouvrir la porte arrière. Pensant qu'elle avait atteint sa destination, Néfertiya IV sortit, mais constata avec stupeur qu'elle se trouvait dans un coin de campagne reculé du Duché de Belphore.

« Mais que faisons-nous ic... »

Elle n'eut pas le temps de finir sa phrase. Le chauffeur, mafioso membre de la Famille qui avait infiltré les services du Palais Impérial, était passé derrière la Reine et avait plaqué un chiffon imbibé d'alcool sur sa bouche. Après quelques pénibles secondes passées à pousser des cris étouffés par le tissu, Néfertiya IV perdit connaissance.

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« La France ne peut être la France sans la grandeur. » Général Charles de Gaulle
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 Sujet du message : Re: RP - Activités internes
Message Publié : Lun Oct 30, 2017 11:16 am 
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Le fruit d'un labeur


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Allongée sur son lit d'hôpital, Marie-Claire Boyer venait de s'évanouir. Cela faisait déjà plus de six heures que son accouchement avait commencé, et la douleur était peu à peu devenue de plus en plus insupportable, au point que la jeune femme avait perdu connaissance. Elle ne put donc assister à la naissance de son second enfant, qui vit le jour une demi-heure après le premier. Tandis que les deux sage-femmes s'occupaient de réceptionner le nouveau-né, le médecin s'affairait à tenter de réveiller l'impératrice, qui reprit conscience après quelques minutes.

« Félicitations Votre Majesté. Vos deux fils sont à présent nés. »

Marie-Claire Boyer peinait à reprendre ses esprits. Un moment désorientée, elle ne répondit qu'après quelques secondes.

« Mes... Amenez-les moi. Je veux les voir. »

Le médecin, aidé par l'une des sages femmes, aida l'impératrice à se redresser. Une fois celle-ci adossée contre son oreiller, la seconde accoucheuse apporta les deux nourrissons et les posa dans les bras de la jeune mère, qui les observa attentivement. À ce stade, les deux enfants se ressemblaient tant que l'on aurait pu croire qu'il s'agissait de vrais jumeaux. Mais il n'en était rien. Le résultat de l'amniocentèse avait été formel : les deux nouveaux nés n'étaient pas issus d'une même cellule. Cela n'était de toute manière pas possible car les examens en avaient révélé davantage. En effet, bien qu'étant a fortiori les fils de la même mère, les deux garçons ne pouvaient avoir été conçus par le même père. Bien que s'agissant d'un phénomène très rare, il était toutefois possible : les deux jumeaux étaient issus de pères différents. Apprenant cela, l'impératrice avait tenu à ce que l'information ne soit pas divulguée, et avait tenu au secret son médecin. Personne n'avait donc été informé de ce détail, pas même l'empereur consort qui, en revanche, savait qu'il n'était pas le père des deux enfants, n'ayant rien fait qui put avoir mené à leur conception.

L'impératrice, pour sa part, connaissait l'identité des deux géniteurs. Cependant, il lui était impossible de déterminer lequel de ses fils avait été engendré par qui. Quoiqu'en observant plus attentivement la paire de nouveaux nés, elle en eut une vague idée. L'un d'entre eux possédait en effet un membre particulièrement proéminent, qui au premier abord semblait presque être une troisième jambe. Il s'agissait là d'un détail qui ne pouvait tromper. Son autre fils ne possédait pas de signe distinctif particulier pour le moment. Marie-Claire décida de lui donner le prénom de son père présumé : Charles. Quant au second, elle le nomma Léon, en hommage à son propre père. Il faut dire que "Scipiono" aurait probablement manqué de discrétion...

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