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 Sujet du message : Activités internes
Message Publié : Sam Déc 24, 2016 2:07 am 
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Localisation : IJndenland (Dytolie 112, 144, 49, 50)
Chantiers navals d'Eedorp, Duché de Driemeeren

Le soleil ne s'est pas encore levé sur les docks, mais les hommes en tenue orange réfléchissante sont déjà au travail, sous leurs lourds manteaux industriels d'hiver. Ils sont une vingtaine à s'agiter, à droite et à gauche, portant des choses et d'autres. Des véhicules passent, à allure réduite. Ils circulent selon le tracé au sol, à la peinture jaune épaisse. Leurs phares, faiblards, n'éclairent pas plus de quelques mètres devant eux. Une lourde brume pousse les conducteurs à ne pas dépasser la limitation de vitesse, fixée à 10 km/h par sécurité. Dans la pénombre d'une cale sèche s'élève le squelette de ce qui sera un jour un grand porte-conteneurs. Mais, pour l'instant, ce n'est rien de plus qu'une carcasse vide, comme un navire dont le cadavre aurait été dévoré par des rapaces gargantuesques. Bientôt, en même temps que le soleil, les bruits réapparaîtraient. Les ouvriers se mettraient au travail.

À l'heure où les boulangers du reste du pays se réveillent pour faire chauffer leurs fours, la ville de Eedorp est déjà debout. La bourgade, qui ne compte pas plus de 4 500 âmes, vit au rythme de la principale et quasi-unique activité locale : les chantiers navals de Maessen Shipyards. L'on est à 20 kilomètres à l'ouest de Driedrecht, mais l'on pourrait aussi bien en être à 200 tant le paysage est vide, reposant. Sitôt les maisons éparses derrière soi, tout est plat et vert ou bleu. Quelques bosquets ont poussé çà et là, mais l'essentiel de ce que l'on peut voir est un mélange de pâturages, de stolpboerderij, où dorment des vaches ou des moutons, et d'étroites rivières artificielles. Et lorsque l'on s'approche de la ville en voiture, la voie rapide met en valeur les larges docks et les cales sèches. L'opposition entre industrie et agriculture.

Eedorp est, malgré sa taille, un des symboles de l'IJndenland triomphant et moderne. C'est une de ces villes nouvelles, fondées après avoir gagné la terre sur laquelle elles se trouvent à la mer. C'est en 1922 que la Harderdijk fut achevée, après plusieurs années de travaux et de retards. Les premiers colons s'installèrent l'année suivante. Parmi eux se trouvait Koenraad et Roeland Maessen, deux frères, alors âgés de 8 et 10 ans. Leur père, fermier d'origine, espérait trouver dans cette ville nouvelle l'occasion de s'élever dans l'échelle sociale. Il aspirait à mieux pour ses fils. Élevés dans l'amour de la mer, de sa puissance tant que de sa dangerosité et de sa générosité, ils grandirent par la pêche, la voile et les promenades le long du littoral. Roeland quitta le domicile familial pour devenir peintre à Groenekerkedam ; il voulait peindre les petits ports d'IJndenland, leurs pêcheurs, leurs barques et autres couchers de soleil. Koenraad, à l'esprit plus pratique, aimait le modélisme. Fasciné par les bateaux et leur construction, il partit, à ses 16 ans, à Driedrecht, en tant qu'apprenti pour un artisan qui fabriquait des coques de barques et toutes sortes de petites embarcations. En 1946, son maître mourut, et Koenraad revint à Eedorp, alors que, dans le même temps, son père était alité. Roeland, dont le talent n'avait pas été reconnu à la capitale, était revenu également. Quelques mois plus tard, après avoir enterré leur père, les deux frères fondèrent, à Eedorp, un petit chantier naval de réparation plus que de construction, qu'ils nommèrent « Maessen Broers Schepen » (Navires des frères Maessen).

Quatre-vingt cinq ans plus tard, en 2031, Maessen Broers Schepen est devenu Maessen Shipyards, pour rendre le nom de l'entrperise plus compréhensible à l'international et ainsi s'adapter aux exigences de la mondialisation. Les deux frères sont décédés, Roeland en 1979 et Koenraad neuf ans plus tard. Mais le fils du second, Willem, puis son propre fils, Joost, reprirent l'entreprise à la mort de leur père. Joost Maessen est aujourd'hui âgé de 57 ans. Sa fortune le dispense de gérer lui-même l'entreprise, c'est donc un Directeur Général, élu par le Conseil d'Administration dont il est Président permanent, qui s'occupe des affaires courantes à sa place. Toutefois, Joost est souvent vu sur les quais, dans la petite ville d'Eedorp, discutant avec les ouvriers, donnant un conseil aux ingénieurs ou contemplant simplement les navires en construction et les flots auxquels ils sont destinés.

L'IJndenland est un pays empli de gens qui aiment innover mais aiment aussi à chérir ce qui était en place auparavant. Oui, la noblesse n'est plus aussi utile qu'auparavant ; mais elle apporte du charme, elle permet de voir au-delà de l'utilitarisme, du matériel. De la même manière qu'il est préférable de rénover un bateau en en conservant l'armature, les ijndenlandais aiment créer sur des bases anciennes. Joost, en tant que descendant de ses aïeuls est, en quelque sorte, une image du passé ; il apporte de la stabilité à une entreprise qui, par ailleurs, ne cesse d'innover et de s'étendre dans le monde. Maessen Shipyards est présent en Arovaquie, dans la Ligue de Motnalvo, en tant que gestionnaire du port de Daro-di-Suresisca. 550 personnes y sont employées, qui s'ajoutent aux 2000 travailleurs ijndenlandais. Le leader national de la construction navale est à la pointe de la technologie en termes de design et d'efficacité de ses navires ; mais les principes de base ont des millénaires. Les ijndenlandais ne font que perfectionner le même matériau, en permanence, sans relâche.

Le 11 décembre 2031, Roeland, Koenraad, Willem et Joost recevront le grade d'Officier de l'Ordre National du Mérite Industriel et Technologique ainsi que le titre de baron. Pour fêter cela, les employés, d'IJndenland comme du Montalvo, recevront une prime de fin d'année très généreuse. Pour montrer qu'au-delà d'une belle histoire de dirigeants, Maessen Shipyards ne serait rien sans ses ouvriers.


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 Sujet du message : Re: Activités internes
Message Publié : Lun Jan 09, 2017 2:30 pm 
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Localisation : IJndenland (Dytolie 112, 144, 49, 50)
Journée banale d'un étudiant groenekerkedamois
(Partie 1 : La geste cycliste de l'étudiant matinal)

Comme tous les matins, Geert se réveille trop tôt. À chaque fois, il se fait la remarque qu'il pourrait retarder son réveil, qu'il aurait ainsi plus de sommeil, et qu'il pourrait tout de même arriver à l'heure à l'université. Mais, comme toujours, il oublie cette bonne idée lorsqu'il s'endort, et poursuit ainsi, perpétuellement, ce cercle vicieux. Après s'être douché et avoir avalé, en tant que petit-déjeuner frugal, une grande tasse de thé et deux tranches d'IJdam jeune, fromage locale à pâte molle. Il quitte ensuite son appartement, ferme la porte à clé, et descend les escaliers en fer bruyant de la résidence étudiante. Lorsqu'il sort de l'enceinte, il aperçoit, du coin de l'œil, le large panneau titrant, en lettres vertes maniérées sur fond blanc « Jacob van Eyck studentenhuis » (résidence universitaire Jacob van Eyck). Il marche quelques mètres puis, au coin de la rue, il pousse le grillage d'un abri public à vélos ; une fois sa monture dénichée, il l'enfourche, et s'élance à travers les rues groenekerkedamoises, en direction de l'université.

Cela fait cinq ans que Geert habite dans la capitale ijndenlandaise. Ses parents, qui ont passé toute leur vie à Molendam, ont moyennement accepté que leur fils unique parte à la capitale faire des études plutôt que de reprendre l'exploitation agricole de son père ; il est parti sur un coup de tête, presque clandestinement, et leur a à peine dit au revoir. Pendant cinq ans, il a vécu par ses propres moyens, sans aucune aide financière, et s'est épanoui à Groenekerkedam. Pendant ses vingt minutes de pédalage, chaque matin, il pense à des choses et d'autres. Aujourd'hui ses parents, hier sa petite amie, avant-hier la guerre en Ashurdabad. Quoi que ce soit, tant qu'il ne pense pas aux cours ou aux examens qu'il aura dans la journée. En chemin, il rencontre un camarade, puis un deuxième, et c'est finalement une flotte d'une dizaine de vélos qui arrive en même temps à l'Université Érasme, les jeunes gens discutant et riant tout en pédalant.

Le Conseil municipal de Groenekerkedam a pris à cœur l'idée de rénover le réseau cycliste de la ville, depuis quelques années. Lorsqu'il est arrivé en 2026, il était obligé de se concentrer sur la route lorsqu'il utilisait son vélo, tant les pistes et voies cyclables étaient rares ; et les pistes existantes étaient souvent dans un piteux état, au point qu'il préférait parfois utiliser la route elle-même. Combien d'histoires avait-il entendu de camarades perdant l'équilibre et se retrouvant avec un membre foulé, incapables de de se rendre en cours pour quelques jours ! Lui qui avait redoublé sa deuxième année, il ne souhaitait pas que cela lui arrive, c'est pourquoi il apprécie le fait que le maire ait fait rénover le réseau cyclable. En vue des Jeux Olympiques, sûrement, où l'on prévoit une affluence exceptionnelle de bicyclettes, mais également, du moins Geert l'espérait-il, dans l'intérêt de la sécurité des citoyens.

Groenekerkedam (littéralement digue de l'église verte) est, à l'instar de la plupart du reste du pays, une ville plate. Bâtie sur un bras de mer asséché par la digue de l'église (Kerkedam), au XIIe siècle, elle fut longtemps en concurrence avec une autre cité, Wittekerkedam (digue de l'église blanche), fondée non loin par des éleveurs de moutons. Contrairement à la croyance populaire, toutefois, le nom des deux villes ne fut pas donné en référence à une quelconque couleur d'église. À leur fondation, les deux villages se nommaient Kerkedam ; mais, les marchands et autres voyageurs confondant souvent les deux bourgs, alors objectivement semblables en bien des points, les deux burgemeesters (bourgmestres, titre officiel, aujourd'hui encore, de ceux que tous nomment maires) s'accordèrent pour que chaque village ajoute à son nom une caractéristique permettant de les différencier. Ainsi naquit Groenekerkedam, renommée pour ses verts pâturages, et Wittekerkedam, renommée pour les moutons y paissant – ce qui prouve que les deux bourgs étaient bien peu différents. Petit à petit, et peut-être parce que Groenekerkedam était un brin mieux placée, plus proche de la mer que sa rivale, Witterkerkedam dépérit, jusqu'à ce qu'elle soit, au XVIIIe siècle, absorbée par la ville que les ijndenlandais appellent aujourd'hui, par convention tacite, Kerkedam – voire juste Dam pour les plus hipsters d'entre eux.

Devenue capitale d'IJndenland un peu par hasard, parce que le premier grand-duc en était originaire et que les Ducs ijndenlandais ayant fondé le Grand-duché, qui appréciaient Ysbrand, avaient souhaité lui faire plaisir – et que de toute façon personne n'avait de meilleure idée –, Groenekerkedam a très rapidement prospéré à partir du XVIIIe siècle. Y avaient leur siège la plupart des grandes compagnies commerciales du pays, ainsi que les grands diplomates étrangers. Bien vite, la ville, trop à l'étroit entre les murs épais et les canaux plus larges encore, dut s'agrandir, et sa population crût régulièrement jusqu'au déclin des compagnies commerciales. Stagnant aujourd'hui à 750 000 personnes, elle n'est plus la plus grande ville du pays. La plupart des bourgmestres élus depuis le XIXe siècle ont d'ailleurs fait campagne sur la nostalgie des groenekerkedamois, leur promettant de restaurer sa gloire d'antan à cette cité si particulière – bien évidemment, aucun n'a jamais vraiment réussi, ce qui a longtemps fait du conseil municipal de la capitale le plus instable de tous, le mandat des bourgmestres ayant une durée moyenne de 7 mois, la plupart étant forcés à démissionner rapidement, devant le mécontentement populaire et sous le regard impuissant du Duc de Groenekerkedam, qui nomme le bourgmestre parmi les élus.

Toujours est-il que l'actuel maire/bourgmestre, Maanfred Jaansing, qui est en poste depuis 2024 et a donc entamé son second mandat en 2030, a clairement mis l'accent, dans sa politique, sur la modernisation du centre-ville. Finissant tous ses discours par la désormais iconique devise « Het leven is leuk in Kerkedam » (« La vie est douce à Kerkedam »), il a notamment mis en place un plan sur cinq ans pour rétablir la prééminence du vélo sur les automobilistes. Achevé en 2031, au plus grand bonheur de Geert et de milliers de ses concitoyens, le plan était ambitieux, et a complètement remodelé le paysage urbain, mais fut largement soutenu par les électeurs et les entreprises, qui n'hésitèrent pas à mettre la main à la pâte pour le financer. Malgré des retards dus à quelques batailles juridiques que dut remporter la municipalité avant de pouvoir lancer les travaux, entre autres contre la Vereinigde Spoorwegstations Bedrijf (abrégée en VSB, entreprise privée qui détient le quasi-monopole sur les transports ferrés en IJndenland), qui n'accepta guère de se voir refuser un projet de ligne supplémentaire de métro sous prétexte qu'elle aurait, du fait d'un passage à niveau, gêné la circulation cycliste, la réalisation de ce vaste plan fut, globalement, une réussite, qui devrait être confirmée par une étude menée par le Duché, depuis 2031 et jusqu'en 2033, sur l'utilisation des bicyclettes à Groenekerkedam. En attendant, Geert peut se rendre sans danger jusqu'à l'université, et peut entreposer son vélo dans des abris publics gratuits sous vidéosurveillance pour la nuit ; il n'en demandait pas bien davantage.


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