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 Sujet du message : Encyclopédie du Sengaï
Message Publié : Ven Août 19, 2016 5:38 pm 
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Dénomination officielle : Royaume du Sengaï
Nom courant : Sengaï
Langues officielles : Thaï, Tibétain, Népalais
Capitale : Pan Ranong
Gentilé : Sengaïais, sengaïaise
Monnaie : La roupie sengaïaise (Rs)
Population totale : 90 101 236
Superficie : 1 056 204 km²
Densité de population : 85.3 hab/km²
Ressource en eaux : 3,5%
Les grandes villes (agglomération inclut) :
-Gyamda (9,2 millions d'habitant)
-Pan Ranong (9,1 millions d'habitant)
-Tingri (3,4 millions d'habitant)
-Choenglung (1,7 millions d'habitant)
-Aranamandou (1,3 millions d'habitant)
-Songyala (1,2 millions d'habitant)
-Siem Banlung (1 million d'habitant)

Forme de l'État : Monarchie constitutionnelle.
Chef de l'État : Sumalee Kongsuwan
Fête nationale : 1 janvier
Idéologie politique : Libéral-confucianisme

Système économique : Capitaliste
Produit Intérieur Brut : 40 milliards
P.I.B par habitant : 444 $/hab
I.D.H : N.C

Répartition ethnique de la population
-Thai : 12 614 173 (14%)
-Tibétains : 72 080 988 (80%)
-Népalais : 4 505 061 (5%)
-Ouïghours: 901 012 (1%)

Répartition religieuse de la population
-Bouddhisme tantrique : 77 000 000 (85%)
-Confucianisme : 12 000 000 (14%)
-Chrétiens orthodoxes : 900 000 (1%)

Habitat de la population (2023)
Citadins (Municipalité de plus de 5.000 habitants) : 30%
Ruraux (bourgs, villages et hameaux) : 70%

_________________
« Parce qu'ils n'aiment personne, ils croient qu'ils aiment Dieu »
Charles Péguy
« Toutes les circonstances de ma vie ont été comme des échelons que Dieu plaçait autour de moi pour me faire monter jusqu'à lui »
Saint-Martin

«-Que pensez-vous du communisme ?
-Je crois que l'Internationale est apparue à Babylone il y a trois mille ans.
»
L.Youzéfovitch

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 Sujet du message : Re: Encyclopédie du Sengaï
Message Publié : Ven Août 19, 2016 5:39 pm 
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Introduction générale

Le Royaume du Sengaï se situe au centre-Ouest du sous-continent de Wenlei (Ventélie). Il est un des rares pays qui relie la grande mer au Sud et la mer intérieure au Nord. Cet encadrement de deux étendues d’eau joue bien évidemment sur sa géographie physique, dont nous allons tracer ici un bref portrait. Ainsi, les vents marins froids du Nord peuvent balayer, bien qu’assez occasionnellement, les territoires des Népalais. Au Sud, les vents chauds qui survolent l’océan provoquent une saison des moussons, qui peut s’étendre sur plusieurs mois, avec de fortes précipitations, et parfois même de violentes tempêtes qui arrachent arbres et maisons. En revanche, l’intérieur du pays connaît d’importantes variations. A l’Ouest, les montagnes de Mae Hong induisent un climat très froid sur une grande partie de ses flancs. Des neiges éternelles ainsi que des hauts-plateaux froids se trouvent passés certaines altitudes. Très à l’Ouest, au creux des monts se situent une vallée : Tingri, extrêmement peuplée par l’ethnie tibétaine du Royaume. Le fleuve Sing-Buri qui l’a creusé au fil du temps présente de nombreux avantages : un débit extrêmement fort, une eau d’une grande pureté etc. Plus au Nord, les montagnes donnent naissance à un fleuve qui a façonné la société sengaïaise : l’Ang Thong, qui se déverse dans de vastes plaines et collines très humides, mais incroyablement bien maîtrisées par les hommes au fil du temps : là se trouvent les immenses rizières en écaille de poisson. De l’autre côté, changement de biome : le désert de Karavaï, barrière naturelle entre les Thaïs et les Népalais. Il n’y pleut pas, ou très peu, la biosphère y est assez réduite, et peu d’hommes y résident. Les montagnes forment une barrière naturelle aux nuages, et les vents très violents du désert chassent de toute manière la moindre perturbation climatique. Tout à l’Est, pour finir, autour du lac Sapiong, des forêts de feuillus sèches contrastent avec les forêts tropicales au Sud du désert.



Reliefs et hydrographie

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L’image d’Epinal des paysages du Sengaï se résume de la manière suivante : les plaines du Sud où vivent et prospèrent les Thaïs précèdent la jungle tropicale, cette dernière reposant au pied des immenses montagnes de neige et de glace qui cachent le désert sec du Karavaï. En dehors de la pointe Hmeong qui pénètre le Sud des terres, le relief y est assez peu variable, allant de 0 mètre à 600 mètres. Les deux deltas qui se jettent dans la mer et dans le golfe de Sabaïdi sont les bouches de deux immenses fleuves, le Mézong et le Koliang. Ces deux-là traversent la forêt tropicale en creusant de profondes vallées où, parfois, la brume s’élève doucement, donnant lieu à des images particulièrement somptueuses dont raffolent les touristes. Le fleuve N’ganong, quant à lui, plus à l’Ouest, sillonne les contrées où se terminent cette forêt. On y trouve alors des plaines avec un très grand nombre de petits cours d’eau, idéaux pour l’agriculture. Au-delà du mont Hmeong, qui culmine à 5600 mètres, se trouvent une forêt tropicale plus clairsemée, suivie de plaines variant entre 200 et 900 mètres d’altitude. Les hautes collines et les hauts-plateaux commencent alors, lieux de vie des éleveurs tibétains. Le lac Ping, au fond d’une cuvette creusée au fil des âges, regorge de poissons et offre des paysages magnifiques : il est considéré comme sacré par les bouddhistes. Entouré de monastères, il est un lieu très prisé et très fréquenté. Au Nord, les montagnes continuent, toujours plus hautes, jusqu’au mont Nong Khai, à 7 776 mètres et le mont Sarakham (5326 m). Les cours d’eau principaux dévalent les pics depuis les neiges éternelles : fleuve Sing-Buri et rivière Prakan, celle-ci se jetant dans le lac Cheow Lan. La vallée de Sing-Buri et les alentours du lac Cheow Lan sont aussi de grands lieux de populations. Au Nord, c’est le fleuve Ang Thong qui dessine le relief. Arrivé au pied des montagnes, il forme des petits lacs avant de multiplier les affluents, d’où sont surnoms : « le Dragon aux mille bras ». Près de 10 millions de personnes vivent à moins de 10 km de ce fleuve ou de l’un de ses affluents, preuve de son importance colossale. Le lac Hun, confluent de toutes ces eaux, a souvent été au cœur des conflits entre les Tibétains cultivateurs de riz et les Népalais éleveurs de lamas et de chèvres. Ceux-ci, en effet, sont grosso modo répartis autour du golfe de Songun, porte d’accès à la mer intérieure. Le désert de Karavaï, de l’autre côté du mont Sarakham, n’a une altitude que très peu variable, entre 50 et 200 mètres. Derrière, une portion de terre, vestige des conquêtes médiévales, appartient au Sengaï, il s’agit des alentours du lac Sapiong. Celui-ci, à la sortie du désert, a toujours été un enjeu stratégique de premier plan. Situé dans le cratère d’un volcan éteint depuis des milliers d’années, il est à 578 mètres d’altitude et présente un charme particulier. De nombreux canaux sont creusés et participent à son exploitation active par les cultivateurs de millets et de blé installés ici depuis des millénaires.



Données climato-pluviométriques

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Les principales régions géographiques du Royaume

- Les deltas du Sud –

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- Les forêts tropicales humides –

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- Les rizières du Nord –

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- Le désert de Karavaï –

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- Les forêts de feuillus sèches de l’Est -

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- Les montagnes et hauts plateaux du centre –

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- La vallée de Tingri -

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 Sujet du message : Re: Encyclopédie du Sengaï
Message Publié : Ven Août 19, 2016 5:39 pm 
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Carte des Phudin

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Muang-Baï Phudin signifie littéralement « Terres des Muang-Baï », et cela n’a aucun rapport avec la population qui y vit. Le Muang-Baï Phudin est une des cinq provinces du Sengaï et à l’heure actuelle la plus riche de toute. « Muang-Baï » est le nom du clan qui domine cette région, et en l’occurrence, il s’agit de la famille royale. Le roi lui-même est chargé de la gérer avec ses conseillers les plus proches. La province de Muang-Baï Phudin compte 12 millions d’habitants dont 9,1 millions dans la seule capitale Pan Ranong. Cette province a aussi la particularité d’être la seule avec un taux d’urbanisation largement supérieur aux autres (plus de 85%). Comme nous venons de le constater, une partie écrasante des provinciaux habite dans la capitale, qui s’étend tout le long de la côte. Cette géographie humaine très particulière peut s’expliquer par différents facteurs : historiques, tout d’abord. En effet, dès l’Antiquité, les nomades de l’intérieur des terres razziaient les côtes plus riches régulièrement. S’étaler le long des côtes permettait aux premiers Thaïs de minimiser les impacts et de donner à chacun un banc de mer plus large pour s’enfuir. Economiques, ensuite. Les Thaïs du Sengaï sont un peuple, fondamentalement, de marchands et de guerriers : la bourse et le glaive. Vivre sur les côtes est un atout inestimable pour le commerce, on en conviendra ici. Sociales, pour terminer ; plus on vit proche de la mer, plus on en a dans le porte-monnaie. Du moins, ainsi cela fonctionne dans l’esprit sengaïais. La population est majoritairement composée de Thaïs, à 99%. Ils ont toujours jalousement conservés ces terres comme les leurs, ne progressant qu’assez rarement dans les autres provinces, sinon lourdement armés. Les quelques Tibétains, vivant en Muang-Baï Phudin, sont dans des ghettos où ils sont tolérés, finalement assez peu surveillés, et sont là essentiellement pour des raisons de représentation politique ou encore pour des voyages ou des présentations de compte-rendu. La population de cette province, concrètement, est assez bien répartie : il y a peu de personnes de plus de 65 ans et la pyramide des âges reste cohérente avec une région en bonne santé. Le nombre d’enfants par femme est aux alentours de 2,3.
Au sein du Royaume de Sengaï, inutile de préciser que Muang-Baï Phudin est la province la plus riche : Pan Ranong est le seul endroit du royaume où le PIB/habitant dépasse les 100$/hab pour plus de deux tiers de la population. Initialement, à quelques kilomètres des côtes, c’est les cultures de blé et de millets qui ont fait la fortune du pays, alors que la pêche occupait les pauvres côtiers. Aujourd’hui, ces activités ne rapportent plus grand-chose et Pan Ranong & Co s’est largement reconverti : la ville regorge de banques, de croisettes, de promenades, de casinos, de bars de pole-dance ou encore de boîtes de nuit chics, non loin des villas…


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Chasombat Phudin, comme son nom l’indique, est la terre des Chasombat. Au Moyen Âge, les Chasombat était les cadets de la famille royale. Aujourd’hui, les changements dynastiques font qu’ils n’ont plus aucun lien de parenté avec le roi actuel Rama Panom IV. Chasombat Phudin est une « région tampon » créée par la force de l’histoire. Les raids du Nord agaçant les Thaïs, ceux-ci ont progressé violemment au Nord, ont soumis la forêt tropicale à leurs désirs, ont défriché, asséché et combattu, pour faire de cette zone un amortisseur de choc. Stratégie payante, encore aujourd’hui. C’est dans cette zone que se situent les principales bases militaires sengaïaises. Fixes, elles sont souvent le centre de petites communautés plus ou moins rurales avec des champs qui font vivre les habitants, souvent Tibétains, et les militaires. La capitale, Songyala, est située au pied des montagnes, et c’est principalement là que le « commandement de la province » s’organise. 1,2 millions d’habitants, ce n’est pas grand-chose par rapport à Pan Ranong, mais à mettre en perspective, rappelons que parmi les 19 millions d’habitants de Chasombat Phudin, 4% seulement sont Thaïs et sont tous en rapport avec l’armée, soit militaires directement, soit dans l’administration à différents degrés. Les autres villes de la province, en revanche, sont principalement composées de Tibétains. Leur histoire est particulière : descendus des montagnes du Nord que nous verrons tout à l’heure, ils se sont installés ici il y a fort longtemps et ont été les raideurs médiévaux. Les actuels Tibétains sont les descendants de ces raideurs. Cependant, leur pacifisme n’est plus à démontrer : ils se font continuellement cogner, parfois même physiquement, par les militaires Thaïs, sans broncher, sur ordre du roi. Ils élèvent des yacks, des vaches, des chèvres et des buffles sur les pans des montagnes ainsi que dans les plaines de Chasombat Phudin. A l’Ouest, le fleuve N’ganong est un centre de concentration des populations : le blé est très cultivé sur ses rives, et des travaux de canalisation sont perpétuellement en cours. Plus au Sud, la forêt tropicale forme une frontière naturelle avec le Sud Thaï du pays. Elle est toutefois une source de bois absolument phénoménale. Les méthodes d’abattage sont encore assez rudimentaires, si bien que le bois pousse souvent plus vite que les bûcherons ne travaillent ! Tout comme le Sud du pays, la pyramide des âges est bien équilibrée et le nombre d’enfants par femme varie entre 2,1 et 2,5. On notera cependant une mortalité infantile plus forte (de quelques % seulement, rien d’extraordinaire) et bien évidemment un niveau de vie beaucoup plus faible.
Au sein du Royaume de Sengaï, Chasombat Phudin est vraiment considéré comme une grosse bande de terres qui séparent les barbares des civilisés, et où la cohabitation, en plus, ne se passe pas toujours très bien. L’économie demeure cependant relativement forte, dans le sens où il s’agit d’une périphérie de Pan Ranong, gourmande en matières premières. La nourriture produite dans Chasombat Phudin est essentielle pour les habitants de la côte, encore mal habitués à la nourriture proposée par son multiculturalisme tout azimut. Cependant, l’imaginaire collectif maintient l’image d’une province dangereuse, d’où se préparaient les attaques et d’où venaient les rébellions. La puissance de l’armée n’est plus à prouver dans cette région, et le Roi a même marié son fils, l’héritier, à la fille du chef du clan Chasombat.


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Songphang Phudin… les terres du clan Songphang, toutes ont plus de 800m d’altitude. C’est un compromis qui a été fait il y a quelques années avec le clan Chasombat : les Songphang prendront les terres très peuplées des monts tibétains et les Chasombat prendront ce qu’il y a en dessous de 800 mètres. Pendant longtemps, on a cru que les Songphang s’étaient fait royalement escroqué : les montagnes offrent, il est vrai, peu d’opportunités de développement économiques. Cependant, il y a quelques décennies, la découverte de mines de cuivre immenses a donné un second souffle à cet ancien clan sengaïais. Et pour y travailler, aucun soucis : cette province est la plus peuplée du pays, avec près de 40 millions de personnes, quasi-exclusivement des Tibétains. Il s’agit de leur lieu de vie principale. On peut diviser la région en deux grandes zones de peuplement : les hauts-plateaux de Gyamda (près de 20 millions de personnes) et la vallée de Tingri (10 millions de personnes). D’autres villes plus petites encore jalonnent les pans des hautes montagnes, dont certaines sont parmi les plus hautes du monde (Mont Nong Khai à 7 776 mètres d’altitude ou mont Hmeong à 5 600m). Les fleuves, notamment le Sing-Buri, attirent les populations car ceux-ci dévalent depuis les sommets des neiges éternelles, et l’eau est donc d’une pureté incroyable. Beaucoup de populations locales ont d’ailleurs une vénération pour l’eau et l’aquatique en général. Cette vaste population est majoritairement autonome, dans le sens où chacun vit pour sa communauté, au sens le plus basique du terme : on cultive et élève pour soi, sa famille, ses voisins. La production de richesses se cantonne aux cellules économiques les plus basiques. D’où l’intérêt pour les Songphang de changer la donne : l’implantation de mines de cuivre avec du matériel moderne a donné lieu dans certains endroits à la création d’une « classe moyenne » tibétaine, quoique largement sous-payée par rapport aux salaires côtiers, créant ainsi un déséquilibre immense au sein d’une société tibétaine cohérente régie depuis plus d’un millénaire par le bouddhisme tantrique. Les ingénieurs Thaïs arrivant dans les montagnes avec les mandats de la famille Songphang s’effraient toujours pour leur vie. Heureusement, rien de plus pacifique qu’un tibétain, pour l’instant. Ils arrivent même à recruter des contremaîtres parmi eux pour déléguer un peu la lourde tâche de l’exploitation, c’est pour dire ! De plus en plus, on assiste par ailleurs à une volonté de désenclavement de certaines parties de la population de cette province : la laine des lamas, les fromages de chèvres, les céréales de haute altitude sont exportées vers les terres des Thaïs ou des Népalais, voire au niveau frontalier, pour être vendus et ainsi engranger de l’argent, souvent dévolu à un partage équitable une fois arrivé dans la montagne. Les routes de commerce descendant des montagnes sont ainsi de plus en plus nombreuses et génèrent de plus en plus d’argent, le tout bien sûr encouragé par les Songphang, qui voit là un bon prétexte à l’installation de péages et de taxes. Les quelques Tibétains envoyés sur la côte, dans le Muang-Baï Phudin, ont d’ailleurs assez souvent ce rôle de « réception » de la marchandise pour la vendre dans les quais aux navires étrangers. Le système économique sengaïais leur permettant ce genre de trafic.
La dynamique démographique du Songphang Phudin est cependant plus inquiétante : la transition démographique n’a pas lieu comme on s’y attendrait. La pyramide des âges est très déséquilibrée : plus de 25% des Tibétains de cette province ont moins de 20 ans, et le nombre d’enfants par femme varie entre 4,3 et 5 selon les régions, d’autant plus que l’arrivée de technologies plus modernes, alliées aux savoirs ancestraux, permet d’augmenter les terres cultivables, les rendements, ainsi que la qualité de la médecine, déjà très bonne de base. Une bombe démographique ? C’est l’avis de certains experts Thaïs.


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La province Khunsoek Phudin est située au Nord de la Songphang Phudin, jusqu’à l’extrême Nord du Royaume de Sengaï. Il s’agit d’une région extrêmement vallonnée, avec des collines et des dénivelés impressionnants qui ne rendent pas l’habitat toujours très facile. Cette province est habitée par les Népalais. Ceux-ci ont été chassés des montagnes il y a longtemps par les tribus tibétaines arrivant de l’Ouest. Ils n’ont jamais oublié cela. Les Khunsoek, clan dominant ici, sont originaires de la région, ce qui est un atout indéniable. Ils sont même considérablement métissés. Bien qu’assimilés aux Thaïs et vivant avec eux à Pan Ranong, ils n’en demeurent pas moins d’ascendance Népalais et Tibétaine, en partie comme le roi. Ils ont contribué au développement de cette province depuis qu’ils la tiennent et sont respectés pour ça. Par exemple : non loin du lac Hun se trouvent les affluents extrêmements nombreux du fleuve Ang Thong, descendant du mont Sarakham. Zone très peuplée, l’omniprésence de l’eau en fait surtout une zone très encline à la culture du riz. Le climat tropical, très chaud et humide, le rend encore plus propice. La proximité du lac Hun et de la mer intérieure rend aussi la pêche très attrayante : côtes et collines de l’Ang Thong sont les régions les plus peuplées, ainsi que les alentours de la capitale provinciale Aranamandou, où vit une grande partie des Népalais, côtoyant non sans mal les Tibétains. Cependant, un autre atout est présent dans la province : ce sont les phosphates, et cela, les Khunsoek ne l’ont remarqué que très récemment, pour leur plus grand bonheur. Il faut noter que tous les Népalais, absolument tous, vivent dans cette région, exploitant du riz et faisant vivre le commerce côtier, tout tournant autour d’Aranamandou, cœur de la région. Les Népalais, il faut le savoir, sont les moins assimilés à la population sengaïaise. Ils haïssent férocement les Thaïs, et ce, de plus en plus, et méprisent la passivité des Tibétains. Pour le moment, la présence militaire thaï les maintient dans une forme de statu quo un peu tendu, et ce, pour un bon moment, a priori. La famille des Khunsoek a toujours réussi à jouer un jeu extrêmement intelligent avec cette province, mariant ses cadets, cadettes, neveux et nièces avec les enfants des chefs locaux. Encore aujourd’hui, cela permet un équilibre assez efficace. Les perspectives de développement pour cette province sont assez colossales. L’exploitation de phosphates peut générer une quantité d’argent très importante, les techniques agricoles modernes peuvent faire de la région une exportatrice très importante de riz, cette céréale se cultivant avec une facilité déconcertante et bien sûr, l’ouverture sur la mer intérieure donne non seulement accès à son pétrole, mais aussi à une importante flopée de débouchés commerciaux. Il est possible que des routes reliant les deux côtes voient le jour au sein du Royaume ou du moins, soit améliorées, car elles existent déjà. Ainsi, n’importe quelle province pourrait créer une « artère » se reliant à l’une ou l’autre pour y vendre ses produits.
En ce qui concerne la démographique basique de la région, il est intéressant de constater que les Tibétains sont plus « discrets », bien que majoritaires : ne se sentant pas vraiment sur leurs terres, ils ont un nombre d’enfants par femme plus faibles, entre 3 et 4 en moyenne. Les Népalais en revanche, sont connus pour leur grande fertilité, permise par la culture du riz ; entre 5,1 et 5,9 enfants par femme, et parfois même largement plus, pour une raison très simple : dans les petites communautés villageoises, formant encore en grande partie le tissu de la province, le chef du village est l’homme avec le plus d’enfants. La polygamie est pratiquée, selon des lois assez strictes, et le nombre d’enfants et chaque jour plus important, sans que cela n’inquiète franchement Thaïs ou Tibétains, les Népalais ne demeurant qu’une minorité.


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Le Ratcha-Khaen Phudin, la « terre des Ratcha-Khaen », est l’une des plus grandes provinces du Royaume… et la moins peuplée de toute, avec un peu moins de 3 millions d’âmes, dont un tiers dans la ville de Siem Banlung. En effet, quasiment toute la province est constituée par le désert de Karavaï. Les trois millions de personnes habitent soit en bordure de celui-ci, à l’intérieur pour d’autres, soit pour certains dans le petit bout de terre à l’Est, au tour du lac Sapiong, en bordure des forêts de feuillus sèches caractéristiques du climat d’ici, les vents secs du désert ayant beaucoup joué. Au pied des montagnes se trouvent un peu moins d’un million de Tibétains, dont « l’appartenance » a souvent été contesté avec le Phudin voisin. Cependant, la seconde population la plus présente dans le Ratcha-Khaen Phudin est la population Ouïghours, très présente à Siem Banlung, quoique non majoritaire. Ces anciens nomades, sédentarisés de gré ou de force, sont aujourd’hui réputés pour leur grande force physique utilisable dans pas mal de travaux pour l’aménagement de ce territoire. La ville de Siem Banlung, capitale provinciale, est habitée principalement par… des Thaïs. Des immigrés, quasiment tous descendants de Prayuth Ratcha-Khaen, fondateur du clan, ayant vécu il y a six siècles. Celui-ci avait quitté la côte en tant que général d’armée pour mater les révoltes du Nord, conduites par les Népalais qui voulaient petit à petit gagner du terrain pour attendre la côte. Prayuth Ratcha-Khaen fonda la ville de Siem Banlung et y demeura avec ses 32 enfants. Ceux-ci restèrent tous sur la terre conquise par leur père et se marièrent avec les officiers de son armée ou leurs filles, et ainsi, une grande population thaï naquit dans cette province, avec suffisamment de distance génétique pour ne pas créer des problèmes. Pendant longtemps, on se moqua des Ratcha-Khaen, car il n’avait hérité que d’un désert, d’un lac et de quelques arbres, comme on disait. Et pourtant, la tendance s’inverse considérablement depuis quelques décennies, et pour cause : non seulement cette province est la plus calme du pays, mais en plus, les prospections minières y ont découvert du fer, des phosphates, du coltan et du gaz. Douche froide pour tous ceux qui ont ri des Ratcha-Khaen ou qui leur ont cédé des terres, car voilà qu’ils ont sous leurs pieds un potentiel de dizaine de milliards. Le désert est très bien maîtrisé par les Ouïghours, et l’entente cordiale de ceux-ci avec les têtes du clan Ratcha-Khaen ouvre la porte à de grandes perspectives. Les Ouïghours, épaulés des ingénieurs Thaïs, parcourent le désert et relèvent tous les endroits où, potentiellement, une installation minière pourrait rapporter gros. Suivent alors des ouvriers qui installent des petites villes dans le désert, comme Taklamakan, reliée à une constellation de petites mines par-ci par-là. Il suffit ensuite d’aller chercher des Tibétains pour travailler et la mine rapporte. Par la suite, les minerais extraits sont exportés vers la côte Sud du pays où ils sont vendus, rapportant énormément d’argent au clan Ratcha-Khaen, qui multiplient d’ailleurs les pied-de-nez aux Muang-Baï qui se jouaient d’eux durant deux siècles. Maintenant, alors que les Ratcha-Khaen sont déjà en train de devenir l’un des clans les plus riches du Sengaï, ils suscitent une importante convoitise, d’autant plus que les humiliations passées ne sont pas facile à pardonner. Leur positionnement à venir sera déterminant. Ainsi, nous avons dans cette province : une désert qui se remplit, une capitale provinciale qui se développe, des maîtres locaux qui s’investissent beaucoup dans l’aménagement de leurs terres, un peuple plus ou moins docile et solide, et un potentiel économique de premier plan.
La démographique de la région est assez similaire à celle des provinces du Sud : quelques 2,3 à 3 enfants par femme en moyenne, une pyramide des âges équilibrée, quoiqu’une chute de la natalité dans les années 70 a provoqué un léger creux, mais surtout, et c’est un sujet crucial : la démographie a de plus en plus de mal à combler les emplois qui se créent à la pelle dans cette province prometteuse.


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Carte des villes principales

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Le Royaume du Sengaï est composé de trois ethnies principales : Tibétains, Thaïs et Népalais. Ajoutons à cela une minorité Ouïghour à l’Est. Tout l’art de la société sengaïaise est de maintenir dans un équilibre et une stabilité solide ces peuples, qui, par-dessus le marché, ne s’apprécient pas toujours. Ainsi, nous allons détailler ici les différents systèmes d’organisation de la société, de la plus petite échelle –la famille- à la plus grande –la royauté-. Nous passerons par le système féodo-clanique du « Ran Sakdina » ainsi que par l’organisation dite du « Khan N’gan », très endémique au Sengaï.



L’institution monarchique
De la royauté ramaïque du Sengaï


L’actuel roi se prénomme Panom IV, son titre complet est : « Rama Panom le Quatrième, fils et père des Thaïs, Souverain du Sengaï, Gardien des Montagnes, Protecteur des Steppes, et Prince des Méridiens ». Le clan auquel appartient Panom IV est le clan des Muang-Baï, très prestigieux, richissime et avide d’argent comme jamais. Ils ont pris la couronne en 1197, par Panom I, ce qui en fait l’une des plus vieilles familles royales du monde entier. Décortiquons le titre du roi :
Il est « fils et père » des Thaïs, ce qui signifie dans l’esprit sengaïais une notion très ambiguë : Le Rama (roi) est en fait un thaï dès le premier intitulé de son titre. Tibétains et Népalais ne sont que des ethnies sous-jacentes, tacites, et donc de second rang. « Fils des Thaïs » en référence à sa lignée, le roi est bien sûr un Thaï de souche, faisant remonter son arbre généalogique à des siècles, voire des millénaires, sans oublier quelques exagérations. « Père des Thaïs » en référence à sa fonction au sein de son peuple : il est issu de son peuple et en tant que glorieux descendant, il en est le glorieux dirigeant. Dans l’esprit sengaïais profond, aujourd’hui abandonné par les Thaïs, mais conservé dans les provinces reculées, plus une chose est ancienne, plus elle a de la valeur. Ca vaut aussi pour la généalogie.
Il est « souverain du Sengaï », inutile de chercher bien loin la signification d’un tel titre. Il est intéressant cependant que l’appartenance ethnique prime sur la fonction politique. Le Sengaï est un royaume plurimillénaire, la première attestation d’un roi remonte à mille ans avant notre ère. Ainsi, l’idée de monarchie demeure profondément ancrée dans la mentalité sengaïaise et personne aujourd’hui ne songe sérieusement à contester le principe monarchique en tant que tel. Le fait d’être souverain du Sengaï ne donne en réalité, à l’heure actuelle, qu’un pouvoir finalement assez symbolique au roi. Cependant, les luttes entre la classe politique et la monarchie, au XXe siècle, ont donné naissance à un système politique dans lequel le roi n’est pas aussi lésé qu’on ne pourrait le croire. Il a le pouvoir de choisir, en accord avec le Parlement, la moitié des Sénateurs, et il arrive souvent à imposer ses choix, billets en main. De plus, son fils aîné siège à la tête de la Cour Constitutionnelle : en fait, le roi a une influence extrêmement grande sur la magistrature. C’est historique : depuis le XXe siècle, le roi s’est appuyé sur les officiers de justice pour lutter contre les parlementaires issus des clans thaïs. Un appui précaire sur le Sénat, puissante institution sengaïaise, couplé à une mainmise sur la justice, voilà le secret de la force du Souverain du Sengaï.
Il est « Gardien des Montagnes ». Cet énoncé appuie sa domination sur les montagnes, c’est-à-dire sur les terres des Tibétains. Les Thaïs de la côte ont mis des siècles entiers à conquérir les montagnes, par des guerres, des achats et des mariages. L’actuel roi est de mère tibétaine et de père thaï, son lien avec les Tibétains est extrêmement fort même s’il tend à l’oublier. Gardien des montagnes inclut toute une dimension protectrice, car s’il est fils et père des Thaïs, il est père des Tibétains. Les montagnes et haut-plateaux sont essentiels à l’organisation du Sengaï et le roi a pour rôle de « garder » ces terres, ces ressources et ces populations. Il lui arrive parfois de se rendre dans les montagnes pour rencontrer les chefs des clans tibétains… en théorie. En pratique, à 90 ans passés, le roi ne s’est plus déplacé depuis 20 ans dans ces provinces reculées. Qui sait comment ce « vide symbolique » sera comblé ?
Le roi est « Protecteur des Steppes » en référence à sa domination sur le désert de Karavaï. Ce n’est pas vraiment une steppe, quoique ça puisse l’être à partir de la région de Siem Banlung. En tout cas, protecteur des steppes est plus intéressant que protecteur du désert. Pendant longtemps, les monarques du Sengaï se sont plus ou moins moqués de cette appellation, n’y voyant que peu d’intérêt. Cependant, maintenant que des millions de roupies ont été découvert dans le sous-sol du désert, Rama Panom IV se rappelle de son ancienne titulature et essaie de la remettre en avant pour toucher quelques billets. Volonté opportuniste dont se joue bien le clan Ratcha-Khaen à qui appartient le désert et les steppes avoisinantes.
La fonction de « Prince des Méridiens » s’accole aux autres. Cela vient du roi Panom III, qui a vécu au XVe siècle. Ce roi adorait par-dessus tout la géographie et la topographie. C’est à lui que l’on doit les premières cartes extrêmement détaillées du Royaume du Sengaï et même des cartes maritimes remarquablement bien faites. Il a donc tout simplement ajouté le terme de « Prince des Méridiens » à son titre, celui qui maîtrise les méridiens, celui qui maîtrise l’espace, celui qui tient son pays dans ses mains. Encore aujourd’hui, les cartes les plus jolies et les plus détaillées sont dans le palais royal à Pan Ranong.

Pour conclure, l’institution monarchique sengaïaise gravite autour d’un élément fondamental : la maîtrise du territoire, de ses peuples et de ses ressources. Le roi est issu de son peuple et domine le Sengaï grâce à son pouvoir inouï sur l’espace. Son pouvoir, dans la continuité historique, s’appuie sur la petite magistrature contre la grande aristocratie qui, elle, ironie, s’appuie sur son petit peuple.

Le système du « Ran Sakdina »
De l’organisation foncière du Royaume


Survivance médiévale, le royaume du Sengaï fonctionne selon le système féodo-clanique du « Ran Sakdina ». Ce système est à la fois une organisation politique, foncière et économique des territoires sengaïais. Pour commencer, il faut comprendre que le territoire du Sengaï est divisé en 5 provinces (voir carte du chapitre précédent) :
-Muang-Baï Phudin (« Terres des Muang-Baï »)
-Chasombat Phudin (« Terres des Chasombat »)
-Songphang Phudin (« Terres des Songphang »)
-Khunsoek Phudin (« Terres des Khunsoek »)
-Ratcha-Khaen Phudin (« Terres des Ratcha-Khaen »)
Les Muang-Baï, Chasombat, Songphang, Khunsoek et les Ratcha-Khaen sont en fait les cinq clans aristocratiques qui dominent la société sengaïaise. Ils résident tous dans les Muang-Baï Phudin, c’est-à-dire dans les terres des Muang-Baï, c’est-à-dire les terres de la famille royale, sur la côte. Cependant, comme le montre la carte, chaque clan possède une partie du pays. Généralement, c’est le fils aîné, ou les fils, qui habitent dans cette province et la gère. Le chef de clan (le père), lui, doit vivre aux côtés du Rama dans la capitale, il lui doit assistance et conseil. Voilà comment s’organisent les « Phudin », si l’on veut en esquisser les grands traits :
-Le fils aîné du clan siège dans la capitale de la province. Il est investi d’un fort pouvoir politique : il doit faire appliquer les lois et répartir le budget provincial comme il l’entend. Il collabore étroitement avec les délégués royaux, les émissaires des autres clans ainsi que des spécialistes qu’il peut recruter lui-même.
-Les habitants de la province, quels qu’ils soient, doivent payer au clan de leur province une taxe foncière (la « Dinphasi »), dont son largement exempts les Thaïs. Les terres libres de taxes existent mais sont souvent rachetées par les clans, qui les louent par la suite. Une autre source de revenu importante pour les clans est le péage. Sortir ou entrer dans une province a un prix, souvent assez peu élevé, mais variable.
-Le Maître (c’est-à-dire le membre du clan dirigeant la province) peut modifier : l’organisation territoriale, la politique familiale, la fiscalité et le domaine culturel comme il le souhaite. Il possède de plus une large marge de manœuvre dans le domaine économique.
-Les clans sont aussi à considérer comme des acteurs privés : ils investissent dans des entreprises et créent des activités selon leur volonté.
-La terre appartient intégralement au clan : le Maître peut redistribuer les terres, expulser les personnes qui y vivent, brûler toutes les récoltes s’il le souhaite etc.
-Par la force des choses, les chefs des tribus locales sont régulièrement consultés pour obtenir de précieuses informatiques sur les comportements populaires. Cependant, leur avis demeure strictement consultatif.
-Le pouvoir militaire est entre les mains de l’armée, qui elle, est contrôlée par le roi à Pan Ranong. Le clan local peut demander l’intervention de l’armée en cas de besoin, mais il faut une approbation royale.
-Le pouvoir judiciaire bénéficie d’une grande indépendance : le Maître possède certaines prérogatives et encourage régulièrement ses sujets à régler leurs conflits selon la coutume, afin de minimiser les pouvoirs d’une magistrature alliée au roi.
-Chaque clan envoie des émissaires dans les provinces des autres clans. Souvent, ceux-ci sont de la branche cadette du clan (cousins, neveux…) et ont une fonction d’ambassadeur. De même, c’est eux qui font la liaison économique, parfois marital, entre les clans.

Ainsi, le système du « Ran Sakdina » est un système intégralement féodal. Le Maître, représentant du clan dans la province, dispose d’un très large pouvoir, à peine contenu par l’institution monarchique, qui lui permet de pomper le maximum d’argent à la province qu’il gouverne. Evidemment, un clan peut investir et tirer du bénéfice à long terme, ou bien choisir de taxer énormément pour tirer un bénéfice stable à court terme. Les stratégies sont multiples et représentent un enjeu de taille, d’autant plus qu’un clan performant peut espérer monter dans l’échelle sociale et pourquoi pas, s’allier avec la famille royale par un mariage heureux.

L’organisation du « Khan N’gan »
Des contremaîtres et publicains du Sengaï


Une aristocratie clanique qui organise et taxe un peuple nombreux et en grande partie miséreux ne pourrait tenir si elle ne possédait une aristocratie médiane pour accomplir les basses besognes à sa place. Parfois, il arrive que le peuple soit réticent à payer des taxes à un clan qui les méprise ou qui les exploite. Le roi a interdit aux clans de se constituer des milices privées… mais il ne leur a pas interdit de déléguer leur pouvoir politique coercitif. En effet, lorsque des réticences se faisaient sentir dans le peuple, les clans demandaient l’aide de l’armée… aide souvent refusée par le roi. Alors les Quatre Maîtres (ainsi appelle-t-on les Maîtres des provinces des Chasombat, Khunsoek, Songphang et Ratcha-Khaen) ont opté pour une autre solution : ils déléguaient le pouvoir politique à une classe « intermédiaire » entre eux et le peuple, et si ce dernier refusaient d’obéir, ils désobéissaient au pouvoir politique et étaient donc cibles de la violence légitime de l’état.
Ainsi s’est créée une organisation intermédiaire : le « Khan N’gan ». D’un point de vue marxiste, on pourrait s’accorder sur le fait qu’il s’agisse d’une classe sociale. C’est un groupe humain avec des fonctions politiques et sociales déterminées, partageant une culture commune et ayant conscience d’en être. Qui sont-ils exactement ?

Les Khan N’Gan sont l’ensemble des personnes mandatées par le Maître de la province pour récolter les impôts et les taxes ainsi que pour s’occuper de l’organisation microéconomique. En somme, l’organisation Khan N’Gan est composée de deux types de personnes (ainsi que leur famille) :

-Les publicains : fonction interdite aux femmes, les publicains sont des hommes chargés de récolter les taxes et les impôts. Ils sont installés aux frontières de la province pour récolter les taxes de péage par exemple. Souvent aidés par la police pour faire respecter la loi, ils parcourent aussi les campagnes pour réclamer les divers impôts. Ils se reconnaissent à leurs camions blindés assez significatifs avec lesquels ils parcourent la province de village en village, trimballant leur mauvaise réputation accrochée à leur dos comme un poisson d’avril. Ils habitent généralement dans les villes, dans des quartiers plus ou moins ghettoïsés, d’où ils ne sortent que pour accomplir leurs tâches. Ils ont leurs propres écoles, et souvent, leurs enfants bénéficient de bourses intéressantes fournies par le Maître pour aller étudier à Pan Ranong. Il faut aussi noter que cette fonction est tellement ingrate que les Maîtres n’hésitent pas à demander aux membres de leur famille restés à la capitale d’y recruter des publicains là-bas… ainsi, des publicains thaïs arrivent souvent dans les provinces, sans les connaître, afin d’y accomplir des besognes peu recommandables, contre des avantages (bourses, mais aussi exemptions fiscales, logements de fonction etc.).

-Les contremaîtres : fonction ouverte aux femmes, mais largement masculine, la contremaîtrise est le pouvoir de faire exécuter au niveau microéconomique des décisions prises au niveau macroéconomique. Les contremaîtres travaillent dans les champs, les mines, les scieries, les bureaux etc. où ils sont chargés d’assurer le bon fonctionnement de ceux-ci. Ils sont donc en quelque sorte des cadres, ayant droit d’utiliser la force physique pour appliquer les décisions d’en haut, qui doivent agir de manière à ce que la productivité soit au maximum et que les bénéfices soient les meilleurs possibles. Ils traquent autant les fraudeurs que les fainéants et les rebelles. Fait important à noter : ils ont une réputation encore plus mauvaise que les publicains car ces derniers sont souvent des Thaïs amenés de la côte pour épauler les Maîtres, tandis que les contremaîtres sont souvent des autochtones cooptés par l’élite thaïe. Ils sont alors considérés comme des collabos par leurs peuples, ce qui rend la fonction parfois dangereuse, pour ne pas dire carrément suicidaire (notamment au Nord). Moins soutenus par les Maîtres, les contremaîtres n’en demeurent pas moins un élément essentiel de l’organisation féodo-clanique sengaïaise. Ils vivent parmi le peuple et dans une grande majorité des cas, notamment dans les montagnes tibétaines, ils sont intégrés et peuvent même servir de pont entre le petit peuple et les Maîtres.

La famille sengaïaise
Des descendants et ascendants


La conception de la famille varie grandement entre d’une ethnie à l’autre au Sengaï. Thaïs, Tibétains et Népalais se la conçoivent chacun selon des modalités extrêmement précises, issues de la coutume, fruit d’une histoire pluriséculaire, voire multimillénaire. On constate bien souvent que la vision des ancêtres, du père, de la mère ou encore des enfants, est un élément déterminant et une clé de lecture très intéressante dans beaucoup de conflits sociaux.

Les familles Thaïes s’organisent selon un modèle patriarcal monogamique exogamique.
C’est le type de famille le plus « normal » qui soit, du point de vue d’un homme moyen ayant accès à une bonne éducation… chez les Thaïs, le père de famille a un pouvoir énorme sur sa femme et ses enfants, pouvoir qui ne s’arrête que là où la violence physique commence. L’ethnie thaïe, imprégnée de confucianisme, est très conservatrice. L’ordre familial est à l’image de l’ordre cosmique, donc naturel. Il ne faut surtout rien changer. Le père a toutes les responsabilités de sa famille sur le dos : il doit travailler, ramener l’argent à la maison, s’occuper du culte des ancêtres, et régler les rapports entre sa famille et les autres familles. Il est le porte-parole de ses descendants et de ses brus. La mère, quant à elle, a connu une évolution nette depuis quelques décennies : une maman thaïe a entre 2 et 3 enfants en moyenne dans sa vie, mais la nouvelle composante, c’est qu’elle travaille. Cependant, à la maison, elle doit verser son salaire sur le compte commun du couple (le taux de bancarisation des Thaïs frôle les 98%), souvent géré par le mari seul. On ne se marie qu’avec une seule personne, et on s’assure toujours qu’elle n’est pas membre de la famille à moins de cinq degrés. Rien n’est plus important que cela : la généalogie, la lignée. En ce qui concerne les enfants, ils sont souvent élevés par l’école et les nounous, si les mères travaillent. Le statut de femme au foyer n’est pas reconnu au Sengaï, officiellement parce qu’il est « si évident qu’il est inutile de légiférer », officieusement parce que cela concerne surtout les mères tibétaines et népalaises. Ainsi, la famille Thaïe est pyramidale : le père, en haut, s’occupe des liens de sa famille avec les dieux et les hommes, il gère l’argent, mais de plus en plus, l’épouse prend de l’importance et de nombreux couples présentent déjà des caractéristiques différentes du modèle traditionnel : deux enfants ainsi qu’un époux et une épouse sur un pied d’égalité.

Les familles Tibétaines s’organisent selon un modèle matriarcal monogamique exogamique. L’ethnie tibétaine vit depuis des millénaires sur ses haut-plateaux et ses lointaines montagnes. Un spécialiste vous dira que dans ces contrées, il vaut mieux savoir gérer les récoltes que produire les récoltes. Or, à qui échoit la tâche d’organiser lesdites récoltes ? Les femmes, précisément. Depuis des siècles, la famille tibétaine fonctionne selon un type matriarcal. Ce sont les femmes, qui demeurent à la maison (on ne verra jamais une femme à l’usine ou au fond d’une mine), qui gèrent la plupart des aspects de la vie de famille. Cependant, leur rôle se limite à la communauté. Lorsqu’il faut élire des Sénateurs ou des Parlementaires pour les envoyer à Pan Ranong, ce sont des hommes qui prennent le relais. Les petites communautés des montagnes sont par contre gérées par des femmes, qui ne sortent que rarement de leur petite région. L’homme, lui, va travailler, soit aux champs autour de sa maison, soit à l’usine/mine/bureau, et ramène ce qu’il gagne/produit à la maison, il le donne à sa mère, ou sa femme, ou à sa sœur. De même, ce sont les hommes qui quittent leurs maisons pour aller habiter chez leurs épouses. Tout est inversé, si l’on veut, et c’est pour ça qu’avoir des filles est une bonne chose pour un tibétain. Aucune ethnie ne respecte autant les femmes.

Les familles Népalaises s’organisent selon un modèle patriarcal polygamique endogamique. Au Sengaï, les plus atypiques sont, une fois encore, les Népalais. Profondément patriarcale (les femmes ont officiellement le droit de vote, mais leurs maris/frères leur interdisent de l’exercer, par exemple), la famille népalaise ne connaît pas les bouleversements qui touchent la famille thaïe. La structure pyramidale est on ne peut plus marquée et le père de famille a même droit de vie et de mort sur ses descendants directs. Il existe même une coutume assez répandu dans l’extrême Nord du Sengaï, c’est la polygamie tribale : le chef de la communauté est celui qui a le plus d’enfants. Ainsi, il peut avoir une épouse et plusieurs concubines, autant qu’il le veut (bien que l’usage fait que l’on dépasse rarement cinq). De fait, un déséquilibre se créé dans les régions népalaises : il y a un très grand nombre d’hommes célibataires, largement compensé par une fécondité phénoménale (une femme népalaise accouche entre 7 et 10 fois dans sa vie). Ces jeunes célibataires n’ont pas beaucoup de choix : aller travailler dans les vastes et fertiles rizières, s’engager dans les milices tribales ou encore aller offrir ses bras à la ville. De même, il n’est pas possible de se marier avec une personne qui n’est pas de sa province, sauf rares exceptions. Il faut épouser une personne de son clan. Le problème de consanguinité a souvent été pointé du doigt par les experts Thaïs, mais elle fut maîtrisée : les Népalais parviennent toujours à bien doser pour éviter les soucis évidents.

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«-Que pensez-vous du communisme ?
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»
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 Sujet du message : Re: Encyclopédie du Sengaï
Message Publié : Sam Août 20, 2016 3:27 pm 
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Inscription : Sam Juin 25, 2011 2:34 pm
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Rama Panom IV est né en 1938 à Pan Ranong. Il est le fils du Rama Panom III, souverain du Sengaï, et d’Amala, fille du plus puissant Raja tibétain d’alors (le titre de « Raja » n’existe plus depuis 1938, justement). La naissance de Panom IV est le fruit d’un miracle, selon les Sengaïais : il semblerait en effet qu’un trop-plein de consanguinité ait causé quelques problèmes de fertilité à Panom III, roi d’ailleurs très mal-aimé. De fait, Panom IV est fils unique. Imaginons à quel point les Sengaïais l’ont chéri ! Les aristocrates claniques n’attendaient que sa mort pour s’emparer du pouvoir, mais un entourage très solide et fidèle ont permis au jeune homme de monter sur le trône à la mort de son père en 1958. A 20 ans, le jeune Panom, désormais quatrième du nom, a dû prendre en main la gestion du Sengaï, non sans mal. Les clans (Chasombat, Songphang, Ratcha-Khaen, Khunsoek) ont cherché à lui mettre des bâtons dans les roues durant tout son règne mais il a réussi à tenir bon dans un système politique (très semblable à l’actuel) qui ne lui conférait pas tant de pouvoir que cela. En 1963, il épouse Chatcharai Nomnuey et fit parler de lui dans tout le royaume. La coutume voulait en effet que le Rama épouse une femme de haute noblesse, fille d’un autre clan, afin de garantir une certaine pérennité dans le royaume. Mais, agacé par l’hypocrisie des aristocrates qui venaient lui présenter leurs filles et leurs sœurs, Panom IV leur montra qu’il n’avait pas besoin de leur alliance pour gouverner le pays ; il choisit comme épouse la fille de l’avocat Nomnuey, célèbre orateur qui défraya la chronique lors d’affaires célèbres au XXe siècle. Ainsi, la reine Chatcharai se tint aux côtés du roi, en toutes circonstances, jusqu’à sa mort en 2012. Leur couple est devenu si populaire et si aimé qu’on en oublia les origines non-aristocratiques de la reine. Durant son règne, l’un des plus longs de l’Histoire, Panom IV fit preuve d’une grande audace à de nombreuses reprises : il fit dissoudre plus ou moins légalement une dizaine de parlements, il renversa des gouvernements, il utilisa abondamment l’armée, il conquit quelques terres… bref, son aventurisme et son autoritarisme ont été contesté. C’est seulement à partir des années 2000 qu’il commença à lever le pied, âge oblige. Sa politique consistait avant cette date à se concentrer sur le pays : développer au maximum la côte Sud du Sengaï, refiler quelques miettes aux Tibétains (qui sont quand même la famille de maman) et donner des coups de bâtons aux Népalais si ceux-ci s’agitaient. Notons d’ailleurs qu’il a été victime d’une douzaine d’attentats au courant de sa vie et que l’un d’eux, en 2012, fut fatal à son épouse la reine Chatcharai. Très critiqué au niveau politique, très aimé au niveau personnel, Rama Panom IV demeure un personnage haut-en-couleur, attaqué tantôt pour ses dérives despotiques, tantôt pour son caractère sarcastique, voire cynique. A 90 ans passés, il ne retient de ses fonctions que la dimension symbolique : il signe les papiers, mais ce sont ses fils Chamaban et Thaksin qui gèrent les choses importantes du pays, avec l’aval de leur père si besoin est. Une retraite bien méritée, en somme, après une vie des plus mouvementées.

Chamaban est né en 1978. Fils aîné du Rama Panom IV et de Chatcharai Nomnuey, il est à l’heure actuelle le prince héritier du trône du Sengaï. Ayant grandi à l’époque où son père était en pleine gloire, il passait son temps entre son père et sa mère à s’entraîner à devenir le futur Rama du Sengaï. Il faut savoir qu’en tant que fils du Rama, Chamaban n’a pas eu à suivre de formation « classique ». Les fils du roi sont toujours éduqués par le roi, son conseil et des précepteurs privés. Il peut s’agir de professeurs « normaux », du primaire à l’université, qui viennent au palais donner des cours personnels au fils. C’est ainsi que Chamaban fut éduqué : sur le tas, affrontant les ennuis qu’affrontait son père. Audacieux et tête-brûlée comme son père, il fonde en 2012 la « Sengaï Taïmu » (Milice du Sengaï), dont il est encore aujourd’hui le commandant. 2012 est en effet la date de la mort de sa mère Chatcharai dans un attentat commis par des Népalais. C’est un tournant dans la vie de Chamaban, qui va alors nourrir un mépris anti-népalais d’une grande force. Cette milice va notamment servir à réprimer les mouvements de foule trop important, comme une « force spéciale » en fait, mais chacun sait qu’elle est aussi une police politique à la solde du Prince-héritier du Sengaï. En 2000, Chamaban épouse Lamoon Chasombat, fille aînée du clan Chasombat, actuelle sœur du chef de ce puissant clan aristocratique. Mariage beaucoup moins éblouissant que celui de Panom et Chatcharai, il va pourtant s’avérer plus fertile : Chamaban et Lamoon ont eu cinq enfants (2 garçons et 3 filles). Lamoon, son épouse, n’apparaît que très rarement en public et passe son temps avec ses derniers enfants, le fils aîné étant déjà beaucoup avec son père et son grand-père. Au niveau de son caractère, depuis la date fatidique de 2012, Chamaban est vu comme un homme d’une grande force d’esprit, colérique, parfois violent et déterminé. Il est par exemple de notoriété publique, bien qu’on le taise, qu’il a déjà levé la main sur sa femme. Son arrivée imminente au pouvoir (son père a quand même plus de 90 ans) effraie beaucoup de personnes, y compris les Thaïs qui craignent une centralisation massive du pouvoir. Quant aux Népalais, n’en parlons pas, ils craindraient le génocide. C’est là que l’on peut trouver l’origine du rapprochement entre les 2 grands partis politiques sengaïais, le Pheu Sengaï et l’Alliance Nationale Démocratique : les leaders de ces partis avaient une vision de long terme et, voyant le fils aîné Chamaban arriver, ils ont fait plusieurs fois coalition pour diminuer le pouvoir du Rama Panom IV afin de livrer à Chamaban, au final, un poste affaibli qui lui ôterait ses principales marges de manœuvres. Neutraliser dans l’œuf, en somme, un danger imprévisible. Le prince, qui n’est pas un imbécile, sait parfaitement que cette guérilla législative ne visait pas son père, mais bien lui-même. Il a tenté d’utiliser à des fins d’intimidation sa milice, sans succès. Le bras de fer entre la classe politique aristocratique et le Prince-aîné ne fait que commencer.

Thaksin est né en 1980. Fils cadet du roi Panom IV et de Chatcharai Nomnuey, il bénéficie d’une popularité bien plus importante que son frère. Il a été éduqué comme lui, au même niveau scolaire, malgré leurs deux ans d’écart. Précoce et surdoué, son père décide de financer ses études grâce à l’argent public, ce qu’il ne fit pas pour Chamaban. Ainsi, quand ce dernier apprenait déjà le métier de roi avec son père et ses conseillers, Thaksin continuait sa formation dans les universités « traditionnelles » de Pan Ranong : en fait, il ne fait que ça depuis bientôt 30 ans. Il enchaîne les années d’études, vivant sur une rente confortable (il possède quelques milliers d’hectares dans le Nord du Muang-Baï Phudin), ce qui fait de lui, d’après beaucoup de Sengaïais, l’un des hommes les plus cultivés et les plus intelligents du Royaume, voire du monde entier. Diplômé non seulement en droit, mais aussi en économie, en histoire, en sciences politiques, en biologie, en ingénierie, en sociologie et en philosophie, Thaksin ne fait qu’apprendre, apprendre et apprendre. C’est un peu le « compensatoire », car il est célibataire et ne vit que pour l’érudition. En effet, c’est une vieille tradition sengaïaise : les fils cadets ne se marient pas et ne font pas d’enfants, surtout si leur frère aîné en a déjà, afin de ne pas créer à long terme des querelles de succession. Thaksin est ainsi surtout connu au Sengaï pour ses ouvrages sur l’histoire du pays, sur des questions philosophiques, des traités divers etc. A l’heure actuelle, il poursuit des études de médecine, qu’il va bientôt terminer. Au niveau de sa personnalité, il semblerait que l’intellectualisme l’ait rendu plus agréable que son frère aux yeux de son peuple : il est vu comme un homme bon, honnête, droit, juste et compréhensif. C’est d’ailleurs par son biais que les Tibétains et même les Népalais tentent de communiquer avec les hautes sphères du pouvoir. Ils oublient cependant une caractéristique fondamentale de la vie de Thaksin : en refusant de se marier et en passant sa vie à étudier, Thaksin a de facto renoncé à la vie politique. Son père et son frère l’ont écarté au maximum de la vie publique, afin qu’il n’y prenne pas goût et ne fasse pas d’ombre. Si son père semble le rejeter plus ou moins violemment et consciemment, Thaksin demeure assez proche de son grand frère : les deux hommes ont grandi ensemble et ont une certaine affection l’un pour l’autre, se réunissant autour de l’amour qu’ils éprouvaient pour leur mère Chatcharai, dont Thaksin était particulièrement proche. Toutefois, nous pouvons l’évoquer pour terminer cette présentation, il ne faut pas penser que le désintéressement de Thaksin pour la politique signifie une séparation nette entre les deux : il a rédigé l’année dernière une Histoire politique du Sengaï, qui, on en conviendra, relève beaucoup plus de la réflexion politique que de l’histoire pur. Il se révèle dans cet ouvrage un grand défenseur de la monarchie sengaïaise et un théoricien politique de premier plan ; il plaide en faveur d’un pouvoir central fort, qui n’est pas en place en ce moment, c’est le moins que l’on puisse dire. Quelles perspectives pour le cinquantenaire ? A priori, il va continuer d’apprendre… et peut-être sera-t-il demain l’un des principaux vecteurs de la culture sengaïaise au travers du monde ? Si le besoin naît, en tout cas, il est le candidat prédestiné.

Natnaree est née en 1995. Sa mère Chatcharai Nomnuey accoucha d’elle à l’âge de 55 ans, et ce fut à l’époque une surprise générale. Personne n’attendait la naissance de cette petite fille. Deux garçons, c’était suffisant, le Sengaï ayant toujours des problèmes avec les cadets révoltés. Une troisième grossesse de la reine inquiéta donc le roi et les Sengaïais, mais ce fut finalement une joie et un soulagement hors norme quand on apprit qu’il s’agissait d’une petite fille. Le prince héritier Chamaban, alors âgé de 17 ans, explosa littéralement de joie à la télévision quand il sut qu’il n’aurait pas un petit frère (i.e un concurrent potentiel), c’est un moment très connu par les Sengaïais et très amusant. On lui donna le nom de Natnaree, prénom royal porté par une ancienne reine du Sengaï. Chouchoutée et dorlotée comme aucun de ses frères, Natnaree grandit dans le luxe et sans privation. Adolescente, elle fréquentait déjà la jet-set thaïe et les boîtes de nuit de la capitale. Elle provoqua quelques petits scandales lorsque ses gardes du corps frappaient les hommes qui s’approchaient d’elle. En 2012, elle n’était âgée que de 16 ans lorsque la nouvelle de la mort de sa mère arriva à Pan Ranong : attaquée par des Népalais, elle n’avait pas survécu à ses blessures. Alors que Thaksin supporta assez stoïquement la nouvelle, Natnaree le prit aussi mal que Chamaban, frôlant la dépression. Elle sortit peu à peu la tête de l’eau et revint sur sa vie : elle continua les soirées et les déhanchées sur la côte, mais accorda plus de place à son éducation. Diplômée à 24 ans en management et relations internationales, elle se mit à travailler au gouvernement. Membre du conseil privé de son père, elle s’opposa frontalement à plusieurs reprises à son frère Chamaban, trop violent et rude à son goût. Malheureusement, elle ne fut pas écoutée lorsque la Milice Sengaïaise commença des opérations de rafles très violentes dans le Nord du pays. Et c’est alors que son frère, un peu méchamment, rappela au roi qu’elle était toujours célibataire à 30 ans passé. Ainsi, en 2027, à l’âge de 32 ans, Natnaree épousa par devoir l’un des généraux de l’armée sengaïaise, Anupong Muangchawan, âgé de 56 ans. Cette alliance avait pour but de lier la royauté à l’armée, car celle-ci devait redoubler d’efforts pour épauler la Milice de Chamaban. Mariage fêté en très grande pompe, personne n’est dupe, en réalité. Chacun sait que Natnaree n’aime pas Anupong, comme chacun sait que ce dernier ne fait que vouer sa vie à l’armée. Il semblerait cependant que le vieux général cherche à séduire la jeune femme, toujours aussi réticente. Surprotégée par toute la famille royale, elle est un peu la « chouchou » du peuple sengaïais, qui admire la jeune femme tant pour sa beauté que pour les épreuves extrêmement difficiles qu’elle a dû traverser…

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« Parce qu'ils n'aiment personne, ils croient qu'ils aiment Dieu »
Charles Péguy
« Toutes les circonstances de ma vie ont été comme des échelons que Dieu plaçait autour de moi pour me faire monter jusqu'à lui »
Saint-Martin

«-Que pensez-vous du communisme ?
-Je crois que l'Internationale est apparue à Babylone il y a trois mille ans.
»
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 Sujet du message : Re: Encyclopédie du Sengaï
Message Publié : Sam Août 20, 2016 4:04 pm 
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Majorité, citoyenneté et nationalité

Majorité citoyenne : 18 ans
Majorité pénale : 14 ans
Majorité matrimoniale : 16 ans
Majorité sexuelle : 15 ans
Service militaire : Non obligatoire (avantages fiscaux à ceux qui choisissent de le faire)
Scolarité : Obligatoire jusqu'à 16 ans
Droit de la nationalité : Droit du sang intégral
Naturalisation : Difficile
Double nationalité : Interdite

Droits fondamentaux

Liberté d'expression : garantie
Liberté de presse : garantie
Liberté d'associations : contrôlée
Liberté de culte : garantie
Droit d'entreprendre : garantie
Droits des femmes : garantis
Droits des enfants : garantis
Droits des réfugiés:modérés
Droit d'asile: garanti
Droits des animaux : non-garanti

Législation sur le travail

Liberté de rassemblement : autorisée
Manifestations : permission nécessaire
Syndicalisme : autorisé
Grèves : interdites
Travail des enfants : officiellement interdit
Esclavagisme : interdit
Parité : aucune législation existante
Temps de travail maximum légal (par semaine): aucune législation
Age légal de la retraite: officiellement 65 ans
Sécurité au travail: officiellement garantie


Législation sur les mœurs

Divorce : autorisé
Majorité sexuelle : 15 ans
Relations sexuelles hors-majorité :officiellement interdites
Relations sexuelles hors-mariage : officiellement interdites
Relations extraconjugales : officiellement interdites
Relations et mariage consanguin : rigoureusement interdits (sauf chez les Népalais)
Métissage: déconseillé
Polygamie : officiellement interdite (mais pratiquée par les Népalais)
Contraception : autorisée
Avortement : déconseillé
Euthanasie : interdite
Homosexualité : interdit
Mariage homosexuel : interdit
Adoption homosexuelle : interdit
Transsexualisme : interdit
Zoophilisme: interdite
Pédophilie: interdite
Prostitution :officiellement interdite
Pornographie :officiellement interdite
Jeux de hasards : autorisée
Sectarisme :officiellement interdit

Législation sécuritaire

Port d’armes à feu: autorisé sous certaines conditions
Harcèlement: interdit
Torture : interdite
Peine capitale : en vigueur mais non-appliquée

Autre législation

Clonage :interdit
Recherche génétique : autorisée
Organismes génétiquement modifiés :interdit
Consommation d'alcool : autorisée dès 18 ans
Vente d'alcool: autorisée
Consommation de tabac :interdit
Consommation de drogue : interdite
Organisation non gouvernementale : autorisée

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 Sujet du message : Re: Encyclopédie du Sengaï
Message Publié : Mar Août 23, 2016 11:42 pm 
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