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 Sujet du message : RP | Activités internes
Message Publié : Lun Août 29, 2016 1:59 pm 
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    Liste de RPs démarrés en 2031 :
  • « Nouer cravates et relations » (Principauté de Movopolis, Royaume de Forluno) : Après avoir jeté un pavé dans la mare en annonçant qu’il était le fils illégitime du Duc de Calchore, le Prince de Movopolis, Zénon Ier, s’est attiré les railleries du Roi de Forluno avec lequel les relations sont historiquement très tendues. Orgueilleux, le Prince de Movopolis refuse d’être la risée de l’Amarantie.

  • « Redevable » (République de Spongorie) : La Spongorie est un Etat éponge, un Etat fantoche contrôlé par la mafia grecophone Daktýlios. Pour mener à bien ses projets, ce réseau clandestin très influent a besoin d’avoir la mainmise sur le chancelier, c’est-à-dire une marionnette prête à lui accorder une entière confiance. À l’approche des élections parlementaires de février, la mafia Daktýlios jette son dévolu sur un jeune candidat social-démocrate naïf, sur lequel personne n’aurait parié. Le jeune homme, qui ne pouvait rêver d’un meilleur tremplin, accepte… et achète le soutien de la mafia au prix fort.

    Liste de RPs démarrés en 2032 :
  • « Les mamelles du monde » (Communauté des Melgares, Sengaï, Aminavie) : Kleopatra Magnor dirige d'une main de fer la Fratinoja, une des organisations mafieuses amarantines, dont le rayon d'action se situe principalement dans le nord du pays, dans la Communauté des Melgares. Alors que les années défilent, Kleopatra souhaite initier sa fille, Ariana, aux ficelles du métier. Une mission impossible tant les relations mère-fille sont tendues.

  • « Mettre le feu aux poudres » (Principauté de Movopolis, République de Spongorie) : Afin de sauver ses finances publiques, la Principauté de Movopolis a instauré un système nobiliaire, faisant appel aux fortunes étrangères en quête d'un peu de prestige. Parmi elles, le Baron du crime Eric Bertaud, en provenance de l'Empire Luciférien, décide de bâtir un nouvel empire, de vente de drogue, quitte à provoquer la mafia Daktýlios sur son propre terrain. La guerre des mafias aura-t-elle lieu ?


    Liste de RPs démarrés en 2033 :
  • « Il n'en restera qu'un » (République maritime de Céjanoise) : Horasiu Zamfir est l'éditorialiste du quotidien Amarantina Folioj, connu pour ses diatribes extrêmement misogynes. L'homme, qui a un profond mépris pour le "sexe faible", est en revanche un partisan zélé de la République de Céjanoise, présidée par Quintus Strabo pour un second mandat de six ans. Alors que Horasiu Zamfir se rêvait chef de gouvernement de cette entité qu'il chérit tant, le Président croit lui faire davantage plaisir en le nommer représentant auprès du Conseil exécutif, basé à Montorive. L'immense déception du journaliste-éditorialiste, qui vit cette décision comme une trahison, l'incitera à prendre les rênes de la Céjanosie. Par tous les moyens.

  • « Limites affranchissables » (Cité-Etat de Dorobie, Cité-Etat de Montorive) : Depuis des siècles, l’Amarantie applique l’aliénation, une forme d’esclavagisme qui en tait le nom. Dans les secteurs économiques demandant beaucoup de main-d’œuvre peu qualifiés, le recours aux aliénés a pris de gagner en compétitivité-prix. Mais les mutations de l’économie amarantine et mondiale conduisent à repenser ce système, aujourd’hui décrié par les autres pays qui pointent une concurrence déloyale, au-delà de motivations éthiques et humanistes. Mu par la volonté d’intégrer pleinement l’Amarantie au marché mondial et de la moderniser, Aristofano Negustesco – l’administrateur de la Cité-Etat de Montorive – entend bannir l’embauche d’aliénés dans les entreprises nationales. Pour obtenir une telle révolution, amender la Charte est indispensable. Pour y parvenir, le gérontocrate doit mettre tout le monde d’accord, quitte à acheter leur voix en échange d’un onéreux service. Et quand cela ne suffit pas, la jurisprudence amarantine regorge de procédures moins conventionnelles. Aristofano Negustesco en utilisera une, à contre-cœur.

    Liste de RPs démarrés en 2034 :
  • « Insurgées » (République maritime de Céjanoise) :


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 Sujet du message : Re: RP | Activités internes
Message Publié : Lun Août 29, 2016 2:00 pm 
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Nouer cravates et relations (1/2)
Principauté de Movopolis


Zénon II de Movopolis avait bien conscience qu’il n’avait pas l’autorité de son père ou tout du moins, celui qui était reconnu comme tel. Malgré l’immense respect qu’il avait pour lui, la vérité devait éclater. Ce moment avait été choisi deux ans après sa mort, ce qui représentait suffisamment de temps pour lui s’installer au trône, et pour que les sujets movopolitains fassent leur deuil en toute tranquillité. D’ailleurs, sa sortie médiatique n’avait pas été très bien acceptée par ses sujets mais il répétait que c’était pour leur bien : en s’accaparant du Duché de Calchore, il régnerait sur un véritable territoire, nécessaire pour asseoir son autorité. Les terres calchorines leur apporteraient la prospérité, et le moment était tout à fait propice car les finances de la principauté n’étaient pas des plus florissantes.

Zénon était un dépensier mais il ne le faisait guère pour la principauté, ni même pour son propre confort matériel. Il était dépensier pour s’acheter une légitimité, une autorité… pour faire taire l’opposition. Il en allait de la santé de la Principauté.


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Zénon avait ses habitudes dans un des plus fameux restaurants grecs de Movopolis car il entendait, au moins au niveau gustatif, faire honneur à ses origines et à celles de son père. Il y dînait généralement seul, dans une salle privative à l’étage, dans laquelle il pouvait venir quand il le voulait. Lorsque le Prince était là, tous les clients « communs » du rez-de-chaussée étaient méticuleusement fouillés au corps. Jamais aucun client ne s’était encore présenté avec une arme mais il ne pouvait pas faire d’économies sur ces quelques précautions. Ne sait-on jamais. Alors qu’il dégustait l’une de ces spécialités de fromage de chèvre dont il raffolait tant, Zénon lorgna encore une fois sur cet article de La Profanino dans lequel le roi de Forluno se payait sa tête et celle de son défunt père. Le fromage de chèvre n’avait pas de saveur ce soir-là, Zénon n’avait qu’un goût de rance dans la gorge. Il posa sa fourchette et son couteau et se leva de table. Instantanément, les gardes du corps se mettaient en position pour le suivre. Ils furent néanmoins surpris de le voir descendre les escaliers.

Garde du corps : « Sa Majesté souhaite-t-elle rentrer ? »

Zénon II de Movopolis : « Non, je me rends juste aux toilettes, je n’ai pas besoin d’être accompagné. »

Garde du corps : « Mais… Si je peux me permettre, n’est-il pas préférable pour Sa Majesté qu’elle utilise les toilettes privatives de cet étage ? Nous n’avons pas sécurisé celles du rez-de-chaussée. »

Zénon II de Movopolis : « J’ai besoin de me dégourdir les jambes. Ne faites pas dans l’excès de prudence, les menaces ont déjà été neutralisées à l’entrée des clients. Et à ce que je sache, on n’a recensé aucun serpent dans l’eau des toilettes movopolitaines. »

Les gardes du corps se regardaient entre eux, réitérant leurs mises en garde au Prince. Zénon, lui, n’en avait que faire et demanda de ne pas discuter sa décision. « Bien, votre Majesté » se contentaient de répondre les gardes, en regardant toutefois un œil attentif sur le parcours effectué par le Prince. Celui-ci franchit la porte des « toilettes du peuple » car, elles, au moins disposaient de ces installations populaires que l’on appelait « des urinoirs », les uns placés à côté des autres. En tant que monarque, le Prince ne pouvait se permettre de faire ses besoins à côté d’un tiers. Et c’est bien pour cela qu’il avait choisi un lieu aussi… populaire. Personne ne penserait à placer des micros dans un lieu que ne fréquentait pas le Prince et ceux qui penseraient voir le Prince dans les toilettes du peuple se diraient que c’est impossible et qu’il s’agit d’au mieux d’un sosie. Et puis, le Prince n’avait pas à trouver de prétexte. Il est le Prince, il fait ce qu’il veut. Et il avait envie d’aller là-bas.

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Il entra dans les toilettes et regarda autour de lui. Son rendez-vous ne devrait pas tarder. Il avait très exactement 286 secondes pour faire sa requête, avant de commencer à susciter l’inquiétude des gardes. Il se plaça devant l’un de ces appareils mais il refusait de jouer la comédie plus loin. Alors qu’il feignait de faire son affaire, son rendez-vous se pointa et s’installa sur l’urinoir voisin de droite. Páris sera son interlocuteur. Approchant la trentaine, le jeune homme n’a pas seulement un regard de tueur, il en est un aussi. Membre de la garde rapprochée de la mafia grecophone locale, qui domine le centre de l’île d’Alilée, il attendait un juteux contrat. Le Prince de Movopolis était l’un des principaux fournisseurs. Il avait toujours des occasions pour rendre justice. Placé à côté du Prince, le jeune homme feignit aussi d’uriner, ce qui agaça le monarque. L’échange se tient en grec :


Zénon II de Movopolis : « Urinez, ce sera plus naturel ! »

Páris : « Mais… Je n’en ai pas envie. »

Zénon II de Movopolis : « Urinez, je vous dis. Sinon, le contrat est rompu. »

Le jeune mafioso s’exécuta, un peu perplexe par la requête de son client. Mais le contrat valait une coquette somme. Très discrètement, le Prince profita de sa plus haute stature pour lorgner sur l’équipement du voisin de manière contemplative. Cela ne dura que quelques secondes mais suffisamment longtemps pour contenter le Prince.

Zénon II de Movopolis : « Le Prince de Forluno. »

Páris : « Le Prince de… C’est un très gros poisson que vous souhaitez attraper, là ! »

Il s’agissait l’un des quelques deux cents fils du roi de Forluno, le prince-héritier. Le Prince de Movopolis avait besoin d’infliger à son ennemi une sanction dont il ne se remettra jamais. Mais la proie était très difficile à atteindre : le prince de Forluno était paranoïaque, il ne sort jamais son revolver. Mais il avait un faible pour les blondes !

Páris : « Je peux vous mettre Vasílissa sur le coup. Mais nous vous facturerons la prise de risque et la première moitié dès aujourd’hui. »

Zénon II de Movopolis : « Ne vous occupez pas de mes finances, elles se portent à merveille quoi qu’en disent les journaux. Prenez le temps qu’il vous faut, je ne veux pas de la précipitation mais de la préparation. Vous acceptez le contrat ? »

Páris : « Vous pouvez toujours compter sur nous. »

Les deux hommes cessèrent d’uriner ou, pour le Prince, de le feindre. Ils se rendirent ensemble vers les vasques d’eau pour se laver les mains

Zénon II de Movopolis : « Le virement a déjà été effectué. Je vous ai proposé un petit extra, ne me décevez pas. »

Páris tendit sa main au Prince, pour l’invita à la serrer, comme le souhaitait le code d’honneur et l’officialisation de tout contrat.

Zénon II de Movopolis : « Lavez-vous les mains d’abord. »


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 Sujet du message : Re: RP | Activités internes
Message Publié : Mar Sep 06, 2016 4:21 pm 
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Redevable (1/4)
République de Spongorie
18 janvier 2031


La campagne électorale intéressait moyennement les Spongoriens, surtout dans cette région, au sud-ouest de la république, où les Grecophones constituaient une minorité visible. Amarantins de papier, Spongoriens d’appartenance, ils étaient avant tout Grecs de cœur et rien ne pouvait ébranler leur culture aussi enracinée. Ils avaient déjà marqué leur différence vis-à-vis des autres Amarantins en s’étant convertis à la religion du Christ, mais aussi en adoptant un mode de style plus proche des autres peuples latins. Moins homosexuels que la moyenne nationale, ils avaient choisi de se mettre en ménage avec une femme même si, en ne reconnaissait aucune forme d’union, la loi fondamentale amarantine contrariait leurs projets.

Être Spongorien, ça ne signifiait rien du tout. La République de Spongorie était une entité confédérée artificielle, dont le nom renvoyait aux étangs qui ont asséchés… « épongés ». Un certain nombre de terres avaient ainsi été gagnés sur des marécages, en-dessous du niveau de la mer. On pourrait penser que les Grecs auraient à cœur à soutenir le projet de la principauté de Movopolis, d’héritage grec mais le prince n’avait jamais porté le moindre intérêt à préserver la culture grecophone. Loin du faste de Movopolis, la Spongorie était une terre de gens simples, de vrais gens, où les traditions populaires avaient eu raison des pompeuses cérémonies. Où les conflits étaient résolus à force de coups de poings plutôt qu’à coup d’avocats et de débats ennuyeux. Les Spongoriens étaient peu nombreux à exercer leur devoir civique lors des élections mais ils avaient bien connaissance d’une loi en particulier, celle du talion. La Spongorie était terre de mafia, et d’une en particulier, la Daktýlios (« anneau » en grec). Au prix de nombreuses années, le Parrain avait réseau à tisser son réseau ici et à s’imposer comme un influent partenaire. Nul ne connaissait son identité, on avait juste en tête le visage de quelques-uns de ses gardes rapprochés. Derrière ses airs durs, le Parrain était un homme bon. La mafia avait pallié aux défaillances d’un Etat amarantin oligarchique, qui faisait payer au prix fort l’adhésion des entités au sein de la Ligue. Au prix de quelques libertés bradées, il avait contribué à assurer la sécurité dans les quartiers et avait su définitivement convaincre le peuple en investissant dans l’institution scolaire, dans un pays comme l’Amarantie où elle est primordiale et déterministe.

En vue desdites élections du mois prochain, la circonscription de Cornecejo allait être scrutée par les journaux locaux car le candidat conservateur, favori du scrutin, était également l’un des candidats à la chancellerie, c’est-à-dire au poste de chef de gouvernement. Crédité de 36 % des voix, il devançait de dix points le candidat nationaliste, qui stagne à 25 %, et l’outsider social-démocrate, qui n’a jamais dépassé les 17 %. En Spongorie, le candidat qui arrivait en tête à l’issue de l’unique tour l’emporte, c’est aussi simple que cela. Cela facilitait les choses pour le Parrain qui recherchait le successeur du chancelier, ce malheureux Monsieur Crotilo, victime d’un vieux chêne malade tombé sur lui alors qu’il se reposait dans son jardin. Quelle était la probabilité pour qu’il se trouvât exactement au pied de l’arbre à ce moment précis ? Inférieure 0.01 %. Monsieur Crotilo avait rendu bien des services au Parrain. Mais il avait oublié d’où il venait. Pour savoir où l’on va, il faut savoir d’où on vient. L’oublier, c’est la mort assurée, n’importe quel psychologue le dira. Le Parrain se moquait des idées politiques des prétendants à la chancellerie. Il préférait les personnalités aux idées. Gauche, droite, centre, extrême-droite, extrême-gauche… Peu importe le chemin que l’on souhaite suivre du moment qu’il mène à lui.

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Favori de l’élection, le conservateur Flavio Helvius arpentait depuis plusieurs mois sa circonscription. Il avait aujourd’hui rendez-vous dans une importante entreprise de prestations logistiques. Il était neuf heures et demi et les manutentionnaires profitaient de leur courte pause pour s’en griller une, pour croquer leur encas, en compagnie de leur contremaître. Après avoir souri et serré la main à tous ces braves hommes couverts de suie et de poussière, Flavio Helvius s’entretint avec le contremaître, Christophoros Psomas.


Flavio Helvius :
Candidat conservateur de la circonscription de Cornecejo
« Vous êtes sûr qu’ils vont suivre la consigne ? »

Christophoros Psomas :
Contremaître de Titan Logistics
« Ce sont de braves hommes, respectueux de l’autorité. Ils voteront ce que je leur conseille de voter, ne vous inquiétez pas. Votre profil est intéressant, vous dites que vous avez beaucoup voyagé par le passé ? »

Flavio Helvius :
Candidat conservateur de la circonscription de Cornecejo
« Fritzie, Vonalya, Skogurjördin, Yanlei et même Koudougou. Vous voyez le Koudougou négocier avec l’Amarantie ? Moi, je peux le faire au nom de la Spongorie. Les marchandises transiteront par chez vous, les marges seront si importantes qu’elles permettront à vos hommes d’être augmentés. Sur un plan politique, cette fois-ci, je souhaiterais mettre en place une mutuelle d’Etat qui permettra aux Spongoriens, à leurs enfants et à la mère de leurs enfants de bénéficier de la même couverture santé. J’ai beaucoup de respect pour la cellule familiale. »

Christophoros Psomas :
Contremaître de Titan Logistics
« Je suis heureux de savoir que nous avons les mêmes valeurs. Vous avez roulé votre bosse principalement à l’étranger, si j’ai bien compris… ? »

Flavio Helvius :
Candidat conservateur de la circonscription de Cornecejo
« Mes expériences à l’étranger ont été précieuses. Mais ma place est ici, en Amarantie et surtout, en Spongorie. À l’écoute de votre accent, je crois savoir que vous êtes un Grecophone. Sachez que j’ai un grand respect pour les peuples grecs. Lorsque je travaillais pour des prestataires étrangers, dès qu’en avais l’opportunité, je cooptais un Grec à un poste à responsabilités. Je peux facilement vous le prouver. »

Christophoros Psomas :
Contremaître de Titan Logistics
« Inutile, je vous crois. Si je fais vous confiance pour la chancellerie, vous devez aussi avoir confiance en moi. Je vois que vous êtes sincère, c’est une qualité si rare chez les politiciens… Surtout par ici, la mafia les corrompt tous. »

Flavio Helvius :
Candidat conservateur de la circonscription de Cornecejo
« Hum… Cessons de faire de la mafia notre préoccupation numéro un. En toute objectivité, même si je condamne les réseaux clandestins, je dois reconnaître que la Daktýlios a su répondre aux carences de la République de Spongorie. Si je suis chancelier, j’en ferai non pas une ennemie à abattre mais un interlocuteur. »

Christophoros Psomas était heureux d’entendre cela. Les deux hommes se serrèrent chaleureusement la main. Celle du contremaître portait un anneau mais visiblement, le candidat n’a guère fait le rapprochement avec l’autre anneau, informel, la Daktýlios. Christophoros en était membre depuis quelques temps déjà et avant d’accorder son soutien, il tenait à cuisiner le candidat. Celui-ci lui avait fait plutôt bonne impression. Quand il s’agissait de flatter quelqu’un, Christophoros disait le fond de sa pensée et ce Flavio Helvius était un homme honnête, intègre, qui avait une réelle estime pour les peuples grecs, Christophoros l’a bien vu dans ses yeux.

Après qu’il eût terminé sa journée de travail, il fit une escale sur le chemin de retour, dans un café de la région où l’attendrait Páris, un des principaux lieutenants du Parrain. Christophoros, lui, n’était qu’un « éclaireur ». Les deux hommes s’attablèrent au fond de l’établissement.


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Páris Hatzis
Lieutenant du Parrain de la mafia Daktýlios


Páris Hatzis :
Lieutenant du Parrain de la mafia Daktýlios
« Alors, qu’en est-il ? »

Christophoros Psomas :
Contremaître de Titan Logistics et éclaireur de la mafia Daktýlios
« Il n’a rien menti sur son passé, il s’est effectivement consolidé un bon carnet d’adresses. Des hommes politiques, des industriels, des banquiers, des juges, des avocats, même quelques stars du showbiz… »

Páris Hatzis :
Lieutenant du Parrain de la mafia Daktýlios
« Très bien. Ses liens avec la Spongorie et notre peuple ? »

Christophoros Psomas :
Contremaître de Titan Logistics et éclaireur de la mafia Daktýlios
« Il semble ouvert à la discussion. Il nous voie davantage comme des partenaires que comme des adversaires. Je pense qu’il a un très gros potentiel. »

Páris Hatzis :
Lieutenant du Parrain de la mafia Daktýlios
« Parfait. »

Páris resta silencieux quelques secondes et but une gorgée de son café, avant de reprendre :

Páris Hatzis :
Lieutenant du Parrain de la mafia Daktýlios
« Il n’est pas du tout fait pour nous. »

Christophoros manqua de s’étouffer quand il but sa propre gorgée. « Pas du tout fait pour nous » ? Il avait servi au lieutenant le poisson idéal, capable de servir les intérêts de la mafia, bénéficiant d’un réseau notable… et celui-ci ne lui convenait pas ?

Christophoros Psomas :
Contremaître de Titan Logistics et éclaireur de la mafia Daktýlios
« Sauf votre respect, Monsieur, tous les éléments plaident en sa faveur. S’il devenait chancelier, il pourrait beaucoup nous apporter. Si vous m’avez chargé d’être éclaireur, c’est avant tout parce que je sais reconnaître les hypocrites et croyez-en mon expérience, cet homme est sincère. »

Páris Hatzis :
Lieutenant du Parrain de la mafia Daktýlios
« Je n’en doute pas. Tu es très bon et je te fais entièrement confiance à ce niveau. Ton rôle consiste à juger de la sincérité de nos candidats. Pas de savoir ce qui est dans l’intérêt de notre famille, de notre peuple. Si je te dis qu’il n’est pas du tout fait pour nous, je sais de quoi je parle. Qui d’autre avons-nous ? »

Christophoros Psomas :
Contremaître de Titan Logistics et éclaireur de la mafia Daktýlios
« Euh… Et bien, son adversaire nationaliste est son principal concurrent mais vous connaissez la position des nationalistes sur notre sujet, ils veulent notre peau. Ensuite, il y a un jeune candidat social-démocrate inexpérimenté mais il est à peine crédité de 17 % contre 36 pour Helvius… Si je peux me permettre, Monsieur, pourquoi l’écartez-vous ? »

Páris Hatzis :
Lieutenant du Parrain de la mafia Daktýlios
« Je t’ai dit que ton rôle n’est pas de penser aux intérêts de notre famille. Mais puisque tu insistes… Cet homme que tu as rencontré, Helvius, s’est construit tout seul, il a fait sa carrière à l’étranger. Je suis sûr qu’il est très brave, très poli, très ouvert. Mais il n’a pas eu besoin de nous pour se construire. Nous avons besoin de quelqu’un qui nous sera… redevable. Pas juste un simple « merci ». Redevable pour l’éternité. Parle-moi de ce jeune… « social-démocrate »… »

Christophoros Psomas :
Contremaître de Titan Logistics et éclaireur de la mafia Daktýlios
« Et bien, il s’agit d’un jeune militant fidèle au poste, à qui on a donné l’investiture de cette circonscription en sachant très bien qu’elle serait perdue d’avance pour les sociaux-démocrates. De toute manière, les sociaux-démocrates ne s’imaginent pas un seul instant gouverner la Spongorie, ce sont des outsiders. L’élection se jouera entre les conservateurs et les nationalistes, peut-être même ensemble. »

Páris Hatzis :
Lieutenant du Parrain de la mafia Daktýlios
« Je t’arrête tout de suite. C’est le candidat qu’il nous faut. Nous n’avons pas besoin d’un bouffon qui a voyagé partout à l’étranger, nous avons besoin de quelqu’un d’une infaillible loyauté. Son parti n’osera pas contester sa candidature à la chancellerie s’il était le mieux élu de toute la Spongorie, d'autant que les sociaux-démocrates dont tu parles ne sont pas du tout pressentis et donc préparés pour la chancellerie. Ce sera une surprise pour eux, ils réagiront sous l'émotion. Au diable les sondages ! L’élection, c’est nous, l’Etat c’est nous. Rapprochez-vous de ce jeune homme, présentez-lui cette opportunité qu’il ne pourra pas refuser. Et surtout : testez son infaillible loyauté. Nous n’accorderons pas notre confiance tant que nous ne l’aurons pas testé… jusqu’à épuisement. »


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 Sujet du message : Re: RP | Activités internes
Message Publié : Sam Sep 10, 2016 4:09 pm 
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République de Spongorie
25 janvier 2031


Christophoros Psomas : (au téléphone)
Contremaître de Titan Logistics et éclaireur de la mafia Daktýlios
« Monsieur, si je peux me permettre, c’est vraiment un mauvais choix… Il… Enfin, vous ne l’avez pas vu ! On ne peut pas soutenir une tête pareille ! »

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Páris Hatzis
Lieutenant du Parrain de la mafia Daktýlios


Páris Hatzis : (au téléphone)
Lieutenant du Parrain de la mafia Daktýlios
« Quelle médisance, Chrostophoros. Ne t’a-t-on jamais dit que c’est la beauté intérieure qui compte ? Si tu ne te sens pas d’attaque à le faire, je demanderai à un autre éclaireur. Tu n’es pas irremplaçable… »

Christophoros Psomas : (au téléphone)
Contremaître de Titan Logistics et éclaireur de la mafia Daktýlios
« Non, non, monsieur. Je vais le faire. Je vous tiens au courant. »

L’éclaireur raccrocha et regarda au loin la personne qu’il devait rencontrer. Il soupira. Il n’était pas mais alors vraiment pas en accord avec ce plan décidé en haut-lieu mais il devait bien se garder de commentaires, le Parrain n’aimait pas être contredit par un subordonné. Critiquer pouvait lui coûter au mieux sa place, au pire sa vie. Comme il tenait à peu près autant à l’une et à l’autre, Christophoros s’exécuta, comme un bon soldat de la Mafia Daktýlios. Le rendez-vous avait été pris dans un café populaire des environs de Cornecejo.

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Christophoros avait rendez-vous avec le candidat social-démocrate de la circonscription. Un jeune inconnu de 24 ans, répondant au nom de Ioustínos Petrakis, sans la moindre expérience politique, que l’on avait parachuté ici pour pouvoir présenter un candidat dans chaque circonscription. Petrakis était l’inverse du candidat conservateur que Christophoros avait rencontré il y a quelques jours : il manquait d’assurance, il était fébrile. Le mafioso observait sa cible au loin : le jeune candidat avait amené un dossier aussi épais qu’une brique, où il entassait pêle-mêle une série de chiffres, de statistiques, de mots, de données importantes pour la campagne. Petrakis était arrivé trois quarts d’heure en avance au café. Arriver en retard, c’était le luxe des requins. Les proies, elles, arrivaient toujours en avance. Finalement, Páris avait-il peut-être raison ? Il fallait dépasser ce physique… disgracieux et regarder ce qu’il avait dans le ventre. Christophoros s’avança enfin à la tête de son rendez-vous…

Christophoros Psomas :
Contremaître de Titan Logistics et éclaireur de la mafia Daktýlios
« Monsieur Petrakis, c’est bien cela ? »

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Ioustínos Petrakis
Candidat social-démocrate de la circonscription de Cornecejo


Ioustínos Petrakis:
Candidat social-démocrate de la circonscription de Cornecejo
« Euh… oui, c’est bien moi. Enchanté de faire votre connaissance. »

Les deux hommes se serrèrent la main. Celle du candidat était toute moite. Christophoros détestait par-dessus tout serrer une main moite et après l’avoir serrée, il frotta discrètement sa main contre son pantalon. Ils s’assirent à la table, un serveur accosta Christophoros pour prendre sa commande. Un café noir. « Bien, monsieur ». Le serveur s’éclipsa, l’entretien d’embauche pouvait commencer.

Ioustínos Petrakis:
Candidat social-démocrate de la circonscription de Cornecejo
« Je dois vous avouer que j’ai été agréablement surpris de votre invitation. Depuis mon entrée en campagne, vous êtes le premier industriel à vous intéresser personnellement à ma campagne. En effet, pour redynamiser l’industrie en Spongorie, je propose que… »

Christophoros Psomas :
Contremaître de Titan Logistics et éclaireur de la mafia Daktýlios
« Allons, Monsieur Petrakis, vous êtes bien gentil mais n’allez pas penser qu’un industriel irait s’intéresser à un jeune homme comme vous… »

Le jeune homme resta bouche bée, comme s’il venait d’être poignardé. En tout cas, l’effet était le même pour le jeune en manque d’assurance, dont le visage tourna au rouge écarlate.

Christophoros Psomas :
Contremaître de Titan Logistics et éclaireur de la mafia Daktýlios
« Mon entrée en matière est un peu rude mais je n’ai pas beaucoup de temps. On vous a choisi pour défendre nos intérêts car vous nous êtes sympathique. Vous nous semblez ouverts à toute coopération. Voulez-vous être chancelier, Monsieur Petrakis ? »

Ioustínos Petrakis:
Candidat social-démocrate de la circonscription de Cornecejo
« Je… Euh… Je ne sais pas quoi dire… Je ne m’imagine pas du tout à la chancellerie pour le moment. J’ai déjà fort à faire ici. Je ne suis qu’à 17 % d’intentions de vote, je ne suis pas sûr d’être élu député, alors chancelier… »

Christophoros Psomas :
Contremaître de Titan Logistics et éclaireur de la mafia Daktýlios
« Vous serez élu député, Monsieur Petrakis. »

Ioustínos Petrakis:
Candidat social-démocrate de la circonscription de Cornecejo
« Mais… Comment pouvez-vous en être aussi sûr ? »

Christophoros Psomas :
Contremaître de Titan Logistics et éclaireur de la mafia Daktýlios
« Car personne n’a autant d’assise sur le Spongorie que nous. Êtes-vous avec nous, monsieur Petrakis ou dois-je demander à l’un de nos adversaires ? »

Ioustínos Petrakis:
Candidat social-démocrate de la circonscription de Cornecejo
« Je… Je… Je veux bien vous suivre mais pouvez-vous me dire qui vous représentez ? »

Christophoros Psomas :
Contremaître de Titan Logistics et éclaireur de la mafia Daktýlios
« Qu’importe. Lorsque la maison est en train de brûler, on ne demande son identité au pompier qui nous sauve. Vous serez élu, votre adversaire battu à plate couture et nous vous donnerons tous les moyens pour briguer la chancellerie. Personne ne pourra s’opposer à votre candidature, vous serez une machine de guerre et ils seront de petits chatons. Mais ce ne sera pas gratuit. Vous devez nous faire confiance. Une infaillible confiance. Nous avons les moyens de vous porter jusqu’au pouvoir suprême mais nous avons également les moyens de vous détruire en quelques instants. Si vous décidez de nous accorder votre confiance, vous ne pourrez plus discuter nos requêtes, la confiance devra être pleine et entière. Vous avez le droit de refuser ce contrat mais c’est maintenant et jamais. Si vous refusez maintenant, vous n’entendrez plus jamais parler de nous et vous serez livré à vous-même pour cette élection que vous perdrez. Ma question est donc simple : voulez-vous être chancelier, monsieur Petrakis ? »

Ioustínos Petrakis:
Candidat social-démocrate de la circonscription de Cornecejo
« Est-ce que… je peux y réfléchir ? »

Christophoros Psomas :
Contremaître de Titan Logistics et éclaireur de la mafia Daktýlios
« L’élection est dans un mois, monsieur Petrakis. Nous n’avons pas de temps à perdre avec des hésitations et des réflexions. Nous avons élaboré depuis plusieurs mois un plan. Soit vous souhaitez devenir un homme, soit vous souhaitez rester un garçon. Dans d’autres termes : souhaitez-vous d’être chancelier ou non ? C’est la dernière fois que je pose cette question. »

Ioustínos Petrakis:
Candidat social-démocrate de la circonscription de Cornecejo
« Oui mais… Enfin, oui, je veux dire. Je veux être chancelier. Comment puis-je gagner votre confiance ? »

Christophoros arbora un large sourire et, silencieusement, il déplia une feuille rangée dans la poche intérieure de sa veste qu’il transmit au candidat.

Christophoros Psomas :
Contremaître de Titan Logistics et éclaireur de la mafia Daktýlios
« Vous devez placer ces cinq mots durant le débat télévisé de ce soir, auquel vous êtes invité… Oui, nous connaissons votre agenda médiatique car c’est nous qui l’avons établi. »

Le candidat scruta la liste du mafioso, avec un certain étonnement :

Ioustínos Petrakis:
Candidat social-démocrate de la circonscription de Cornecejo
« Machine à laver, joint de culasse, fantôme, fougère, triskadé… »

Christophoros Psomas :
Contremaître de Titan Logistics et éclaireur de la mafia Daktýlios
« Triskaïdékaphobe. Avoir peur du nombre 13. Réfléchissez à une manière de placer ces mots de manière cohérente. »

Ioustínos Petrakis:
Candidat social-démocrate de la circonscription de Cornecejo
« Je ne sais pas ce que c’est, un joint de culasse… »

Christophoros Psomas :
Contremaître de Titan Logistics et éclaireur de la mafia Daktýlios
« Vous l’apprendrez en faisant des recherches avant votre débat. Tout est clair, non ? Si ça ne l’est pas, je peux toujours demander à un de vos adversaires…

Evidemment, tout était clair pour le jeune homme, déconcerté par cette rencontre. Ce café semblait avoir un goût de cyanure pour Ioustínos alors qu’il rentrait chez lui étudier la proposition… Pouvait-il seulement revenir en arrière ? Prononcer ces 5 mots n’était pas très engageant… Au pire, il serait couvert de ridicule à la télévision locale mais qu’avait-il à perdre au fond ? La victoire lui semblait inatteignable.

Image


Le soir venu, Christophoros était invité par Páris à suivre ce « débat » d’un quart d’heure à peine, diffusé après vingt-trois heures sur une chaîne locale. Ioustínos n’avait pas encore prononcé les cinq mots magiques, ce qui inquiéta Christophoros :

Páris Hatzis :
Lieutenant du Parrain de la mafia Daktýlios
« Je vois que tu ne t’es pas montré assez persuasif. On te paie pour être nos yeux et nos oreilles et tu n’es pas capable de convaincre un gamin sans avenir. »

Alors que Christophoros sentait, au fil des mots de Páris, une corde imaginaire lui serrer le cou, le présentateur du débat fit un dernier tour de table des candidats : « une conclusion, monsieur Petrakis ? ».

Ioustínos Petrakis: (à la télévision)
Candidat social-démocrate de la circonscription de Cornecejo
« Non… Enfin, si. Je souhaiterais dire à tous les habitants de Cornecejo que si je suis élu député, ma première action sera de lutter contre l’obsolescence programmée, en portant à cinq ans la durée de la garantie minimale d’un appareil d’électroménager… une machine à laver, par exemple. Mais aussi les voitures. Pour l’anecdote, le dernier lundi 13 du mois, lorsque j’ai pris ma voiture, j’ai cru que ma dernière heure allait arriver. D’habitude, je ne prends jamais la route le 13 du mois car je suis tris-kaï-dé-ka-phobe mais campagne oblige, j’ai dû la prendre. Alors que je conduisais, le moteur a chauffé anormalement et le joint de culasse a lâché et les roues se sont prises dans un entrelacs de fougères. J’ai vraiment cru que ma dernière heure était arrivée, je voyais déjà mon propre fantôme… Les réparations m’ont coûté 1000 lires car la voiture n’était plus garantie depuis à peine trois mois. En élevant la durée minimale de garantie à 5 ans, je souhaite ainsi mettre les industriels devant leurs responsabilités car derrière leurs choix, des vies peuvent être sauvées ou détruites… »

Silence dans le studio. Les autres candidats se regardent entre eux, chuchotent. Mais qu’est-ce qu’il a fumé, le social-démocrate ? Ioustínos, lui, gardait le sourire, le sentiment du devoir accompli… Au quartier général de la mafia, Páris éteignit la télévision.

Páris Hatzis :
Lieutenant du Parrain de la mafia Daktýlios
« À défaut de lui rembourser sa note de garagiste, nous lui financerons sa campagne. Merci pour cette amusante entrée en matière, Christophoros. Mais cinq mots ne sont pas suffisants pour tester sa confiance. Je m’occuperai personnellement de la suite des opérations. »


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 Sujet du message : Re: RP | Activités internes
Message Publié : Dim Sep 18, 2016 8:41 pm 
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République de Spongorie
4 février 2031

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Intérieur d’une mine du Sud de la Spongorie
Maillon de l’empire économique de la mafia Daktýlios


Sous le soleil hivernal, le même rythme incessant ébranlait les mines du sud de la République de Spongorie : des ouvriers, parfois même des ouvrières, couverts de suie et transpiration, alternaient leur journée de travail sous et sur terre, toujours avec une pioche à la main. En été, on autorise ces messieurs à travailler torse nu tandis que ces dames pouvaient porter des tenues légères pour supporter la chaleur assassine. Le thermomètre affichait 15°C mais sous terre, cela n’avait guère d’importance : la chaleur était fonction du labeur. La compagnie Sudrokoj – contraction de « Suda Rokoj », les « roches du Sud » - exploitait l’unique carrière d’argent métal de l’Amarantie. Certes, les membres du Conseil exécutif ne cesseront de dire à d’autres diplomates que leur pays est pauvre en ressources naturelles mais c’était évidemment mensonger. C’est que Sudrokoj n’appartenait pas à l’Etat amarantin mais à la mafia Daktýlios, qui l’utilisait notamment pour blanchir leur argent.

Les mineurs de Sudrokoj travaillaient dans de difficiles conditions mais bénéficiaient d’une série d’avantages en guise de compensations : leur logement était financé partiellement ou en totalité par leur employeur, ils bénéficiaient d’une mutuelle les protégeant de tous risques et surtout, c’était l’une des très rares entreprises amarantines à appliquer l’égalité de salaires entre hommes et femmes. Non pas que la mafia Daktýlios avait des penchants féministes mais elle contestait l’ordre établi par les pédérastes misogynes qui avaient la mainmise sur la Ligue. On comprend mieux pourquoi la diplomatie amarantine se gardait bien de vendre son argent métal à des pays étrangers et qu’elle préférait même en importer, à prix fort ! Il était hors de question d’enrichir encore davantage les grecophones de Daktýlios, qui constituaient les principaux ennemis de la Ligue.

Lui n’était pas en habillé en bleu de travail. Marchant les mains dans les poches de son costume-cravate, Páris Hatzis observait l’activité et saluait de tête les ouvriers qu’ils reconnaissaient. De braves hommes, de braves femmes. La production était stable mais il arrivait que la direction demandât à sa main-d’œuvre de réduire volontairement la cadence, afin de jouer sur le prix du marché. La compagnie Sudrokoj avait ce pouvoir car elle était en situation de monopole. En fait, Sudrokoj n’était qu’un des principaux maillons d’un empire économique bien rodé, qui permettait de financer les actions de la mafia. Páris entra dans ce bâtiment en préfabriqué, à proximité des mines, où les contremaîtres disposaient chacun d’un modeste bureau personnel et où ils prenaient leur café. La direction, bien sûr, était située à des dizaines de kilomètres de là, dans un environnement plus harmonieux. Le lieutenant du Parrain s’adressa à l’un des contremaîtres :


Image
Páris Hatzis
Lieutenant du Parrain de la mafia Daktýlios


Páris Hatzis :
Lieutenant du Parrain de la mafia Daktýlios
« Tout se passe bien ? Aucun accident ? »

Contremaître des mines de Sudrokoj :
« Tout roule pour le mieux, monsieur Hatzis ! Les ouvriers ont été très productifs au mois de janvier, ils ont extrait 7 % de minerais d’argent de plus que le mois précédent. »

Páris Hatzis :
Lieutenant du Parrain de la mafia Daktýlios
« Dites-leur que ça suffit. Nous avons déjà des stocks à ne plus quoi en faire. Remerciez-les en leur accordant un ou deux jours de congés payés, ils l’ont bien mérité. » [Le téléphone mobile de Páris sonne] « Je reviens »

Le lieutenant s’enferma dans l’un des petits bureaux exigus réservés aux contremaîtres pour prendre l’appel. L’appelant était le directeur du Crédit du Zénith (Kredito Zenito, KZ), un autre maillon qui appartenait à l’empire de la mafia Daktýlios.




Image
Kredito Zenito, banque bien installée en Spongorie
Maillon de l’empire économique de la mafia Daktýlios

Castor Barberis :
Directeur de la banque Zenito Kredito
« Bonjour monsieur Hatzis. Comme vous me l’avez demandé, j’ai fait signer à votre client un PAC. Il vient de sortir de l’établissement. »


Páris Hatzis :
Lieutenant du Parrain de la mafia Daktýlios
« Il ne s’est douté de rien ? »

Castor Barberis :
Directeur de la banque Zenito Kredito
« Oh non, vous ne vous êtes pas trompé, il est d’une crédulité déconcertante. Il s’est dit très enchanté de reverser une partie de ses intérêts à « ce fleuron de l’économie locale » que représente la compagnie minière de Sudrokoj. Il est à vous maintenant. »

Un « PAC » était un « Prêt d’Appui aux Candidats », un crédit accordé par la banque à tous ceux qui souhaitent briguer la députation ou un mandat local en Spongorie. Mais « PAC » signifiait surtout « Piège à Cons » : il s’agissait en réalité d’un prêt à taux variable, indexé sur plusieurs valeurs sur lesquelles la mafia Daktýlios avait une influence directe… comme le cours d’argent métal. Le prêt démarre à un taux attractif, qui peut facilement être modulé… au bon vouloir de la mafia. Ce n’était bien sûr pas la première fois que la mafia finançait la campagne d’un candidat et ces « prêts d’appuis aux candidats » étaient une manière de garder une assise sur eux, s’ils divergeaient trop des objectifs fixés par Daktýlios. Le cas échéant, Daktýlios pourrait stopper son activité minière et faire monter le cours de l’argent… et donc le taux du crédit. Par le passé, ce « piège à cons » s’était renfermé sur plus d’un candidat qui avait manqué de… subordination à la mafia. Plutôt que de se fatiguer à les tuer, il suffisait de les asphyxier financièrement et les déposséder de tous leurs biens.




Image
Confessionnal de l’Eglise Saint-Martin de Cornecejo


Ioustínos Petrakis, lui, n’avait guère eu l’impression d’être tombé dans un piège à cons mais plutôt sur une bonne affaire. De toute façon, Monsieur Hatzis avait posé cette souscription à ce prêt comme condition sine qua non pour que la mafia Daktýlios lui accorde son soutien et sa confiance ; Ioustínos était donc dans l’obligation de le signer s’il souhaitait briguer la députation, voire même la chancellerie. S’il ignorait avoir souscrit un prêt toxique, il savait que ce prêt l’engagerait dorénavant. Un peu perturbé par la rapidité des évènements, le jeune homme, catholique à la pratique occasionnelle, eut le besoin de se confier auprès d’un prêtre. « Lui, au moins, serait tenu au secret » pensait-il. Il se rendit dans la plus grande église de Cornecejo. Dans cette partie de la Spongorie, résidait encore une communauté catholique, majoritairement grecophone, qui avait résisté à la paganisation des esprits. C’est dans l’Eglise Saint-Martin que Ioustínos trouva refuge…

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Ioustínos Petrakis
Candidat social-démocrate de la circonscription de Cornecejo


Ioustínos Petrakis:
Candidat social-démocrate de la circonscription de Cornecejo
« Bénissez-moi, mon Père, parce que j'ai péché. »

Quelques secondes de silence. Le Père Sebastianós observa discrètement le pénitent à travers le grillage.

Image
Père Sebastianós
Prêtre de l’Eglise Saint-Martin de Cornecejo


Père Sebastianós :
Prêtre de l’Eglise Saint-Martin de Cornecejo
« Que l’Esprit Saint vous éclaire pour trouver confiance dans la miséricorde de Dieu et vous reconnaitre pécheur. »

Après avoir fait leur signe de croix, le Père Sebastianós invita le pénitent à se confesser.

Ioustínos Petrakis:
Candidat social-démocrate de la circonscription de Cornecejo
« Mon père, je crains avoir péché par orgueil… Je crains que mon jugement ne soit affecté par une soif de pouvoir. »

Père Sebastianós :
Prêtre de l’Eglise Saint-Martin de Cornecejo
« Cette soif de pouvoir qui vous anime… La mettez-vous à bon profit ? »

Ioustínos Petrakis:
Candidat social-démocrate de la circonscription de Cornecejo
« Non, mon père, c’est de l’ambition personnelle… Je souhaiterais appliquer mes idées, ma vision. Et pour cela, je me suis rapproché de gens… peu recommandables… »

Père Sebastianós :
Prêtre de l’Eglise Saint-Martin de Cornecejo
« Que profiterait-il à un homme de gagner tout le monde, s'il fait la perte de son âme ? »

Ioustínos Petrakis:
Candidat social-démocrate de la circonscription de Cornecejo
« Pardon ? »

Père Sebastianós :
Prêtre de l’Eglise Saint-Martin de Cornecejo
« Je vous renvoie à l’Evangile selon Marc. Vous devez mettre un terme à votre collaboration avec ces individus s’ils vous mènent vers le mauvais chemin. Nombreux sont les faux-prophètes, qui flatteront votre orgueil et se joueront de vos faiblesses pour vous mener à leurs propres fins. Nul ne peut être plus digne de confiance que le Seigneur… »

Le prêtre imposa une pénitence à Ioustínos avant de prononcer les paroles de l’absolution. Pensant sortir de l’église avec la réponse à ses questions, Ioustínos était plus que jamais en doute. Abandonner la campagne ? Si près du but ?


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 Sujet du message : Re: RP | Activités internes
Message Publié : Lun Sep 19, 2016 9:27 pm 
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République de Spongorie
7 février 2031


La mafia Daktýlios ne s’était pas seulement consolidé un immense empire commercial, elle bénéficiait d’une certaine sympathie populaire. Nul ne pouvait mettre en cause les apports de Daktýlios dans la région : ce réseau clandestin restait le premier pourvoyeur d’emplois en Spongorie et il traitait plutôt bien ses travailleurs. L’Etat, à l’inverse, était inique et ne parvenait pas à gagner les cœurs de la populace. Le peuple reprochait à la République de Spongorie d’être corrompue. Ce qui était une réalité : elle était corrompue… par Daktýlios. C’est la raison pour laquelle Daktýlios a toujours veillé à rester en dehors du pouvoir : sa mission était de mener des projets sans qu’aucune autorité n’ait conscience qu’elle usait des fonds publics. Daktýlios était vue comme une organisation privée et non comme un gaspilleur des deniers publics… même s’il lui arrivait de gaspiller des fonds publics détournés. Mais l’exécutif, « démocratiquement élu », était là pour servir de punching-ball pour cela.

C’est pourquoi la mafia tenait à tester son candidat à la chancellerie depuis quelques semaines. Ioustínos Petrakis se pliait à l’exercice et avant d’être officiellement investi par Daktýlios, il devait remplir une dernière mission. Le jeune homme était anxieux à l’idée de la réaliser. Sur la table était disposés une seringue, une cuillère, un briquet, un garrot… et un peu de poudre blanche. Les champs de pavot, eux aussi sous la mainmise de la mafia, fournissaient la précieuse marchandise. Pour faire honneur à cette production locale, Ioustínos Petrakis devait accomplir cet acte… héroïque. Un sous-fifre était présent pour aider le candidat à la chancellerie à poser correctement le garrot et à s’injecter la dose. Avec une grande inspiration, il ferma les yeux et laissa l’infirmier réaliser sa tâche.


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En un instant, l’anxiété de Ioustínos s’envola et lui-même eut l’impression de s’envoler de son propre corps, transi d’incroyables sensations. Un sourire benêt arbora son visage poupin, alors que l’infirmier mafieux débarrassa ses instruments de la table. Il envoya, grâce à son smartphone, un bref message : « C’est fait » avant de s’enfoncer dans un fauteuil à proximité, pour anticiper tout effet indésirable. Les vomissements étaient fréquents et l’infirmier devait bien veiller à ce que le candidat ne s’étouffe pas dans son vomi. Pas à quelques semaines du scrutin.




Au quartier général de Daktýlios, on attendait l’arrivée du Parrain, qui ne devrait tarder. Lui seul était habileté à accorder la confiance de l’alliance au jeune candidat. Il s’était montré prudent en exigeant de lui plusieurs garanties : tout d’abord, une garantie financière en lui demandant de souscrire un prêt toxique dont Daktýlios était le créancier ; puis en lui administrant cette dose suffisante pour créer la dépendance. La mafia avait la mainmise sur le marché de l’opium spongorien. Un chancelier en manque était un chancelier prêt à tout en échange d’une nouvelle dose.

Sous-fifre de la mafia Daktýlios : « À 50 $ le gramme, est-ce une bonne idée ? Tester sa confiance commence à nous coûter cher… »

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Páris Hatzis
Lieutenant du Parrain de la mafia Daktýlios


Páris Hatzis :
Lieutenant du Parrain de la mafia Daktýlios
« Qui t’a autorisé à discuter les ordres du Parrain ? Il est évident qu’on ne va pas le lui faire cadeau. La dose d’aujourd’hui suffira à lui créer une dépendance. Les prochaines fois, il recevra un… placebo. Du bicarbonate de sodium suffit. Ca ne peut pas lui faire de mal. »

Sous-fifre de la mafia Daktýlios : « Mais ça ne calmera pas sa dépendance… »

Páris Hatzis :
Lieutenant du Parrain de la mafia Daktýlios
« Bien sûr que si. Au moins partiellement. Et… Il arrive. »

« Il », c’était le Parrain. Du haut de son mètre quatre-vingt-douze, les cheveux châtain clair tirant sur le grisonnant, le Parrain rehaussait ses lunettes. L’audience était complètement silencieuse : le Parrain n’était pas du genre à autoriser le moindre écart. Nul ne pouvait parler dans la salle en sa présence tant qu’il n’en avait pas donné la permission. Il s’assit sur son trône et après un bref moment de mutisme. Le futur chancelier n’avait encore jamais vu son visage mais il connaissait déjà à coup sûr son timbre de voix :

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Père Sebastianós
Prêtre de l’Eglise Saint-Martin de Cornecejo
Parrain de la mafia Daktýlios


Père Sebastianós :
Prêtre de l’Eglise Saint-Martin de Cornecejo et Parrain de la mafia Daktýlios
« Il est digne de confiance. Mettez tout en œuvre pour le faire élire à la chancellerie. »

Le faire élire ne sera qu’une formalité. De la même manière que la mafia s’était consolidé un immense empire commercial, elle avait tissé un précieux réseau populaire d’électeurs. Les membres présents dans la salle s’inclinèrent tous légèrement face au Parrain avant de partir exécuter les ordres. Ainsi se déroulait la politique en Spongorie, bâtie par des créanciers et des... redevables…


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 Sujet du message : Re: RP | Activités internes
Message Publié : Mer Jan 04, 2017 2:57 pm 
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Nouer cravates et relations (2/2)
Royaume de Forluno
10 janvier 2032


Vasílissa avait mis plus d’un an à obtenir un rendez-vous avec le prince héritier du Royaume de Forluno, un fougueux personnage de 34 ans, qui honorait la tradition royale de son aïeul. Il était l’un des centaines de fils de Scipiono Ier, l’actuel régent, mais certainement le plus connu de l’intéressé. Scipiono avait mobilisé toute l’administration du royaume pour qu’il transmette sa semence aux meilleures donzelles. Constitutionnellement, le trône de Forluno revenait à l’homme qui atteste le maximum d’enfants… mais en pratique, personne ne pouvait rivaliser avec les moyens du Royaume, qui déboursait plusieurs millions de lires par an pour que la dynastie Nistor se perpétue. Un contrat avait été conclu sur la tête du Prince héritier.

Le Prince de Movopolis qui haïssait le Roi de Forluno avait glissé une énorme enveloppe à la mafia grecophone Daktýlios pour cette besogne. Les membres de Daktýlios ne faisaient pas de politique et ne s’intéressaient guère à ces bisbilles : ni le Movopolis ni le Forluno n’étaient leur terrain d’influence. Et ils pourraient très bien travailler pour le compte du Forluno si le royaume le souhaitait. Une fois la besogne réalisée, ils retourneraient en Spongorie, située entre les deux camps ennemis.

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Rendez-vous a été pris dans un luxueux hôtel de la périphérie de Patrioso


Homero Nistor, le Prince héritier, était une cible difficile. Paranoïaque, le jeune homme n’allait nulle part sans un revolver. Vasílissa avait eu un mal fou pour obtenir ce rendez-vous, dans un hôtel luxueux de la périphérie de Patrosio, capitale du royaume, mais entendait jouer sur une faiblesse du Prince : les femmes blondes. La mafia Daktýlios avait une organisation très éloignée des institutions amarantines puisqu’en son sein, on ne faisait guère de distinction entre les hommes et les femmes – même si la direction était dominée par la gente masculine – et les femmes pouvaient jouir de postes à responsabilité. Vasílissa était l’une d’entre elles. Elle était le second lieutenant du Parrain. D’habitude, on envoyait des novices faire leurs preuves dans ces opérations risquées mais le Prince Homero était un gros poisson. Seule une femme expérimentée, capable de torturer et tuer de sang-froid un innocent, parfaitement rodée aux techniques d’autodéfense, pouvait s’y adonner. Vasílissa n’était guère blonde mais la teinture blonde lui allait mieux qu’à n’importe quelle femme soldat de Daktýlios. Elle avait adopté le look « femme d’affaires », en tailleur, les cheveux plaqués et avait opté pour la cravate.


Image
Vasílissa
Seconde Lieutenante de la mafia Daktýlios


Vasílissa :
Seconde Lieutenante de la mafia Daktýlios
« J’ai rendez-vous avec sa Majesté Princière. »

L’hôtel était quadrillé par une armada de gardes royaux. Vasílissa avait donc dû faire preuve d’ingéniosité pour porter son arme. Son sac à main était intégralement fouillé par deux agents, tandis qu’elle était elle-même palpée par deux autres. En Amarantie, et à plus forte raison en Amarantie, les gardes ne prenaient pas de gants pour effectuer ce genre de vérifications sur des femmes, n’hésitant pas à palper leurs parties les plus intimes. Vasílissa restait de marbre : aurait-on pu en dire autant d’une novice ? Une fois le contrôle terminé, l’un des gardes la prit par le bras, sans aucune délicatesse, pour la mener jusqu’à la suite du Prince. Le tintement de l’ascenseur à chaque étage de l’hôtel s’arrêta au dixième. La suite était située au dernier étage… en réalité tout le dernier étage (sinon l’hôtel) était réservé. Le Prince était apparemment le seul client. Le garde toqua à l’une des nombreuses portes et le Prince lui répondit par l’affirmative. Vasílissa pénétra dans les lieux.

Image
Homero Nistor
Prince Héritier du Royaume de Forluno


Prince Homero :
Prince Héritier du Roi de Forluno
« Ah… Voilà ma princesse pour la soirée. C’est quoi ton nom, bébé ? »

Affalé sur un fauteuil en cuir, le Prince n’avait pas la prestance et la tenue de son père. Question de génération, sans doute. La chaîne stéréo crachait des morceaux de rap amarantins particulièrement crus, tandis que le Roi Scipiono Ier préférait les morceaux plus sensuels. Au lieu du verre de vin rouge de son père, le Prince préférait visiblement une vodka… conservée dans une bouteille en plastique. Sous sa main, il gardait son revolver.

Vasílissa :
Seconde Lieutenante de la mafia Daktýlios
« Valeriana. »

Prince Homero :
Prince Héritier du Roi de Forluno
« C’est quoi cet accent ? »

Vasílissa :
Seconde Lieutenante de la mafia Daktýlios
« Je suis d’origine montalvéenne, de l’autre côté de la frontière de l’Alilée… J’espère que ça ne vous dérange pas. »

Prince Homero :
Prince Héritier du Roi de Forluno
« Non, au contraire. J’ai toujours souhaité que l’Alilée montalvéenne soit une province de mon royaume. Tu es une vraie blonde ? »

L'accent spongorien était assez semblable à l'accent montalvéen.

Vasílissa :
Seconde Lieutenante de la mafia Daktýlios
« Bien sûr. »

Prince Homero :
Prince Héritier du Roi de Forluno
« Prouve-le. »

Vasílissa :
Seconde Lieutenante de la mafia Daktýlios
« Quoi ? »

Prince Homero :
Prince Héritier du Roi de Forluno
« Allez, déshabille-toi. »

Vasílissa :
Seconde Lieutenante de la mafia Daktýlios
« Je crois que j’ai fait une erreur… Ce n’est pas du tout ce à quoi je m’attendais. »

La mine vexée, Vasílissa prit son sac à main et se dirigea vers la porte de sortie de la suite royale. C’était une pure tactique : nullement vexée, elle voulait juste montrer que sa venue ici était totalement dénuée d’arrière-pensée et qu’elle peut partir au moindre dérapage. Tactique risquée car le Prince pouvait rester indifférent face à ces menaces. Seulement après quelques secondes, le Prince retint sa « Princesse » :

Prince Homero :
Prince Héritier du Roi de Forluno
« Attend. »

Le mot magique. Vasílissa se figea mais se retint bien de sourire. Elle garda une mine timide et vexée.

Prince Homero :
Prince Héritier du Roi de Forluno
« Excuse-moi, Princesse… Je ne voulais pas te vexer… Mais j’aimerais bien que tu me montres. Tu n’es pas obligée. »

Vasílissa s’exécuta et retira ses chaussures, plus son pantalon, puis ses dessous, pour montrer ses parties intimes, entièrement glabres.

Vasílissa :
Seconde Lieutenante de la mafia Daktýlios
« Comme tu peux le voir, je ne peux rien te prouver à ce niveau-là, il faut me croire sur parole. »

Prince Homero :
Prince Héritier du Roi de Forluno
« Tu me rassures, je n’ai pas envie de partir en excursion en forêt tropicale. »

Les deux amants d’un soir s’adonnèrent assez rapidement aux plaisirs de la chair. Officiellement, Vasílissa était là pour recevoir la semence princière, elle devait donc se plier au jeu, même si la besogne la répugnait assez, tant son partenaire était détestable. Même durant le rapport, ce dernier garda une main discrète sur le revolver. Se montrant mal à l’aise, Vasílissa lui convainc toutefois de pousser le revolver hors du lit. La relation s’éternisa : le Prince n’avait pas la vigueur et la productivité du père… Plus d’une heure plus tard, le Prince libéra sa semence. Enfin. Epuisés, les amants restèrent dans le lit quelques minutes…

Vasílissa :
Seconde Lieutenante de la mafia Daktýlios
« Mon Prince… Tu ne voudrais pas célébrer ça par un verre de champagne ? C’est la dernière fois que je peux en profiter, je porte notre enfant désormais… »

Le Prince s’exécuta : il se leva et demanda à l’interphone situé près du monte-charges le champagne commandé. Profitant qu’il ait le dos tourné, Vasílissa poussa le revolver, qui était au sol, bien en-dessous du lit, de telle sorte à ce que personne ne puisse le saisir. Elle commença à s’habiller, comme si de rien n’était tandis que le Prince s’avançait vers elle, tout enjoué.

Prince Homero :
Prince Héritier du Roi de Forluno
« Tu veux autre chose, ma Princesse ? »

Vasílissa :
Seconde Lieutenante de la mafia Daktýlios
« Euh… Oui. Au moment de partir, je ne voudrais pas être accompagnée. L’un de tes gardes m’a serré le bras, il m’a fait mal… »

Prince Homero :
Prince Héritier du Roi de Forluno
« Ne t’inquiète pas, ils n’oseront pas toucher l’une des femmes qui porte l’enfant du futur Roi de Forluno… Allez, viens dans le lit, le champagne est arrivé. »

Le Prince se dirigea vers le monte-charges tandis que Vasílissa commençait à nouer sa cravate…

Vasílissa :
Seconde Lieutenante de la mafia Daktýlios
« Une dernière chose, mon Prince… »

La cravate nouée dans la main, elle l’enroula autour du cou du Prince et la serra de toutes ses forces. Surpris, le Prince ne put prononcer plus aucun mot, la soie de la cravate noire de Vasílissa étreignait son pharynx. Il tenta désespérément de s’en débarrasser, tout en essayant d’adresser des coups à sa partenaire. Il la toucha à la jambe et au visage mais Vasílissa se mordit la langue pour ne pas crier de douleur et ainsi éveiller les soupçons des gardes qui ne devaient pas être très loin. Difficilement, la mafiosa traîna le Prince, au sol, jusque dans la luxueuse salle de bains, tandis qu’il continuait à se débattre. Un seul mot, dont le son était étouffé, put sortir de sa bouche : « salope ».

Elle ferma la porte et glissa la cravate en bas de celle-ci. Se servant de la porte comme un bouclier, elle tira de toutes ses forces sur la cravate du Prince, enfermé de l’autre côté, dans la salle de bains. Elle fit durer ce moment pendant près de dix minutes, pour s’assurer de la mort de sa victime. Au bout de ce laps de temps, elle ouvrit la porte et le corps du Prince tomba de manière nonchalante, en arrière, la bouche ouverte, le visage encore écarlate, les yeux baignés de larmes et de sang.

Les bras tétanisés par cet exercice, Vasílissa se leva et se prépara à sortir de la suite. Certes, elle avait gagné la bataille mais elle était maintenant couverte d’hématomes qu’il convenait de maquiller avec du fond de teint. Le corps du Prince gisant à terre, la mafiosa se remaquilla face au miroir de la salle de bains et se peignit les cheveux. Au passage, elle but une gorgée de champagne, levant son verre au Prince. Comme la tradition le voulait, lorsqu’un innocent devait mourir dans l’intérêt de l’organisation, chaque membre de Daktýlios devait se confesser au Père Sebastianós… qui était également son patron.





Comme prévu, Vasílissa put sortir de l’hôtel sans encombre. Ce n’est qu’au bout de quelques heures plus tard que le corps du Prince fut découvert. À Patrosio, le Roi de Forluno accueillit la nouvelle par l’un de ses servants :

Servant : « Votre Majesté, j’ai une terrible nouvelle à vous annoncer. Le fils de Sa Majesté a été retrouvé mort, il y a quelques heures. »

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Sa Majesté Scipiono Nistor dit « Scipiono Ier de Forluno »
Roi de Forluno
Membre du Conseil exécutif de la Ligue Amarantine


Scipiono Ier :
Roi de Forluno et membre du Conseil exécutif de la Ligue Amarantine
« Lequel ? »


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 Sujet du message : Re: RP | Activités internes
Message Publié : Ven Jan 13, 2017 10:52 pm 
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Les mamelles du monde (1/?)
Communauté des Melgares
11 janvier 2032


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La cérémonie était parfaite et les demoiselles resplendissantes. Rien, absolument rien n’aurait pu troubler le bon déroulement de cette grand-messe cathodique, où les sourires et applaudissements des candidates travestissaient leur redoutable concurrence, leurs caprices et crêpages de chignons. Miss Dentegorie, Miss Spongorie, Miss Haute-Alilée, Miss Sceptrie… Ces charmantes princesses âgées de 18 à 25 ans s’avançaient chacune leur tour sur le podium pour le défilé final. Aucun écart n’était admis, d’autant que l’enjeu était grand : la gagnante sera cernée de la couronne de Miss Amarantie 2032. À vingt-trois heures, le processus d’écrémage était bien entame et il ne restait plus que trois prétendantes. L’impitoyable verdit démocratique des téléspectateurs, appelés à voter pour leur candidate préférée, allait tomber de manière imminente :


Maître de cérémonie : « Miss Amarantie 2032 est… Miss Melgares ! »

L’heureuse élue fondit en larmes comme le voulait la tradition, sous les applaudissements amers de ses deux dauphines qui se devaient de continuer à faire bonne figure pour les beaux yeux des sponsors. Quelques minutes après, la nouvelle Miss livra ses premières réactions :

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Ariana Magnor
Miss Amarantie 2032


Ariana Magnor :
Miss Amarantie 2032
« Je… Je tenais à remercier tous ceux qui m’ont soutenue… Mes amis, mon équipe, la Communauté des Melgares… Ma mère… Désolé, je suis encore émue... »

Cernée de sa nouvelle couronne et par les sourires hypocrites, la timide Ariana Magnor savourait sa victoire de manière tout à fait modeste. Pendant un an, elle aura le privilège de donner un visage de beauté féminine à la Ligue Amarantine.


9 février 2032


Ariana remplissait son rôle à merveille depuis maintenant plusieurs semaines. Sortant d’une séance de photographes, cette nouvelle égérie publicitaire avait maintenant rendez-vous dans un orphelinat au nord de la République de Dentegorie. Quelques images attendrissantes de la nouvelle Miss, étreignant ces pauvres enfants, feront à coup sûr pleurer dans toute chaumière qui se respecte. Quelque soit la circonstance, Ariana devait garder le sourire, parfois en montrant ses dents, parfois sans. Tout dépendait de son conseiller en communication. Après cet exercice larmoyant, la jeune femme avait un peu de répit avant de ré-attaquer le lendemain avec de nouvelles rencontres. Pour l’heure, Ariana prenait la direction de la banlieue d’Ortubo, capitale de la Communauté des Melgares. Loin des caméras, elle avait rendez-vous dans une maternité, à l’abri des regards, des journalistes. Là, une femme l’y attendait et même les plus féroces de ses concurrentes au concours de beauté ne pouvaient lui arriver à la cheville. Ariana prit une longue inspiration et c’est le ventre nouée qu’elle vint à sa rencontre, sans l’un des couloirs de la maternité :


Ariana Magnor :
Miss Amarantie 2032
« J’ai fait aussi vite que j’ai pu. »

La reine de beauté s’adressait à une femme d’une cinquantaine d’années, qui lui tournant le dos, regardait à travers la vitre les beaux bébés de la pouponnière. Cette dernière, sans se retourner, sortit de son sac à main un paquet de cigarettes pour en extraire une, et répondit avec une voix rauque :

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Kleopatra Magnor
Mère d’Ariana Magnor


Kleopatra Magnor :
Mère d’Ariana Magnor
« C’est gentil d’avoir remercié ta mère… même si elle passe après tes amis, ton équipe et la Communauté des Melgares. Par contre, les larmes étaient de trop, tu t’es ridiculisée. »

Kleopatra Magnor était la mère de la nouvelle Miss mais les rapports mère-fille n’étaient pas les plus cordiaux. La quinquagénaire se retourna vers sa fille, le visage fermé et le regard inquisiteur. Sans un mot, elle prit un briquet et alluma la cigarette, en plein intérieur de la maternité, sous les caméras de surveillance. Elle ne cessa de fixer la jeune Ariana, qui se montrait de moins en moins à l’aise.

Kleopatra Magnor :
Mère d’Ariana Magnor
« Pourtant, ce n’est ni tes amis, ni ton équipe, ni la Communauté qui t’ont fait gagner cette foutue couronne, c’est ta mère et rien qu’elle. Honnêtement, tu ne méritais pas de gagner, tes dauphines étaient bien plus belles que toi. »

Kleopatra s’avança vers sa fille, toujours en la fixant. Ariana, elle, baissa les yeux vers le sol, gênée par la situation et blessée par les propos de sa mère.

Kleopatra Magnor :
Mère d’Ariana Magnor
« Viens, je vais te montrer quelque chose. »

Par un signe de tête, Kleopatra demanda à sa fille de la suivre à l’intérieur de la pouponnière, toujours la cigarette entre les doigts, prenant de temps à autres une bouffée de nicotine. À peine entrée dans la pouponnière, elle fut interpellée par une infirmière :

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Infirmière :
« Mesdames, l’accès est intérieur aux personnes extérieures au personnel… et il est strictement interdit de fumer ici ! »

Très calmement, Kleopatra fit quelques pas vers l’infirmière et la fixa avec le même regard inquisiteur.

Infirmière :
« Oh, excusez-moi, Madame Magnor, je ne vous avais pas reconnue… »

Totalement décontenancée, l’infirmière rebroussa chemin vers la salle de service, laissant les deux mère et fille contempler les dizaines de nouveau-nés dormir paisiblement, dans cette pièce plongée dans la pénombre. La douce mélodie de la berceuse se faisait à peine entendre. Kleopatra s’adressa à sa fille :


Kleopatra Magnor :
Mère d’Ariana Magnor
« Les affaires ne sont pas au mieux, la douane a renforcé ses contrôles, nous ne pouvons plus écouler la marchandise aussi facilement qu’avant et nous manquons de mules… À moins que… »

Kleopatra fit un geste qui traduisait exactement sa pensée : elle comptait utiliser des nouveau-nés comme mules. Choquée par l’idée, Miss Amarantie 2032 ne put se retenir :

Ariana Magnor :
Miss Amarantie 2032
« Des enfants ?! Tu veux utiliser des enfants comme mules ? Mais c’est ignoble ! Et puis, comment tu leur feras avaler les doses ? »

Kleopatra gifla sa fille en un quart de seconde.

Kleopatra Magnor :
Mère d’Ariana Magnor
« Ne manque pas de respect à ta mère, sale petite pétasse ! Ton impertinence me met hors de moi. Déjà, qui t’a dit de les faire avaler ? Je ne suis pas une monstre, je ne ferai jamais tuer d’enfants… mais les morts subites ne sont pas rares. Sais-tu que le corps d’un bébé pourrait contenir jusqu’à cinquante sacs de poudre standards ? Il suffit de bien recoudre. Et aucun policier n’ira troubler une femme qui porte son enfant endormi. Nous avons de nombreuses volontaires pour le faire passer à travers la frontière. »

Encore déboussolée par la gifle qu’elle a reçue, Ariana reprit peu à peu ses esprits. Sans doute, aurait-elle préféré elle aussi se faire sacrifier au stade de nouveau-née que d’avoir été élevée par une mère aussi autoritaire et mesquine, baronne de la principale organisation mafieuse des Melgares.

Ariana Magnor :
Miss Amarantie 2032
« Mais… En quoi tes affaires me concernent-elles ? Je n’ai pas envie de m’en mêler, j’ai un titre public maintenant et j’entends l’honorer du mieux possible. »

Kleopatra Magnor :
Mère d’Ariana Magnor
Baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)

« Allons, cesse de faire ta petite cruche naïve, tu as 24 ans maintenant. Sans moi, tu n’aurais même pas été élue comme déléguée de classe. J’ai mobilisé tout le monde dans mon réseau pour que le titre te revienne. De toute façon, tu ne seras pas mêlée à ces affaires. Tu es nulle en commerce, ton rôle consistera juste à nous donner une couverture. Personne ne se penchera sur les affaires de ta mère. Tu dois te présenter au concours Miss Univers dorénavant. »

Ariana Magnor :
Miss Amarantie 2032
« Je sais que ton réseau est grand, Kleo… maman. Mais tu n’auras pas les bras assez longs pour me faire élire. Je suis désolée mais je ne peux pas accepter ! »

Kleopatra Magnor :
Mère d’Ariana Magnor
Baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)

« Je me suis mal fait comprendre : ce n’était pas une proposition. »

Kleopatra écrasa son mégot à même le sol et s’approcha une nouvelle fois de sa fille. Elle posa ses mains sur les seins de cette dernière, non sans de nouveau la mettre mal à l’aise :

Ariana Magnor :
Miss Amarantie 2032
« Ma fille, à ton âge j’avais une poitrine bien plus généreuse. Tu crois que j’aurais pu rencontrer ton père en me contenant de ça ? »

Ariana était l’une des innombrables filles de l’actuel roi de Forluno… lequel avait gardé un souvenir bien ancré de cette dure-à-cuire de Kleopatra.

Kleopatra Magnor :
Mère d’Ariana Magnor
Baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)

« J’ai assuré tes arrières, tu as du sang royal qui coule dans tes veines maintenant et ce sera une garantie quand tu me succèderas à la tête de « la Fratinoja ». Les hommes pensent nous dominer, mais ce sont nous, les mamelles du monde, ne l’oublie jamais ! »

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Message Publié : Lun Avr 03, 2017 6:10 pm 
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Mettre le feu aux poudres (1/?)
Principauté de Movopolis – République de Spongorie
9 octobre 2032

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Iason, dit « l’encapuché », était l’une des meilleures forces de vente de la mafia. Il avait souvent parcouru ces kilomètres souterrains ornés de fûts de vins de part et d’autre, qui menaient à la cache des autres dealers. Mais cette fois-ci, il le faisait les mains levées et les jambes tremblantes. Et pour cause, il était menacé par trois mafiosi qui dirigeaient leur revolver sur celui-ci, prêts à être actionnés au moindre dérapage. Iason avait espérer duper la mafia Daktýlios une part de plus en plus modeste, prétextant des « difficultés à vendre ». Le jeune homme avait, il y a une semaine, passé un pacte avec de nouveaux venus qui l’avaient abordé avec un fort accent français et qui lui avaient une marge de 50 % sur chacune de ses ventes ! La mafia Daktýlios avait certes conclu une marge plus faible mais les recettes de Iason étaient quasi-dérisoires. Se refusant de perdre le marché movopolitain sur laquelle la mafia d’origine spongorienne avait également la mainmise, les Daktýlios souhaitaient mettre cette affaire au clair.

Clamant son innocence et assurant qu’il comptait avertir de manière imminente la mafia d’un nouveau venu sur « leur » terrain, le jeune Iason fondit en sanglots. Les trois mafiosi, insensibles à ces pleurs, réfléchissait à la peine qu’ils allaient infliger à ce traitre. Il avait posé sur la table une roulette de casino, où les numéros avaient été modifiés au profit de mentions telles que « Doigt », « Oreille », « Œil »…


Mafioso : « Inutile de pleurer, nous te donnons la chance de faire tourner toi-même la roue. Tu peux t’en sortir avec juste un doigt en moins… Par contre, ce sera plus délicat si tu tombes sur cette case… »

Avec un petit sourire, le mafioso tapota son doigt sur la case « Pénis » de la roulette. Il était bien sûr question du membre du corps qu’ils allaient amputer si la hiérarchie décidait de le sanctionner. Ils n’étaient pas les décideurs.




C’est dans cette pièce voisine, insonorisée, que les lieutenants et les bras droits du Parrain discuter de la démarche à adopter face au jeune dealer. Parmi eux, Cyrano, un spécialiste à la cloison nasale défoncée, aux dents noircis et au visage couvert de petites plaies, se présentait face à la marchandise du dealer et commença à l’analyser, sous les yeux des principaux lieutenants du Parrain, qui se tenaient les bras croisés en attente du verdict.

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Cyrano dit « le Nez »
Spécialiste des drogues de la mafia Daktýlios


Cyrano :
Spécialiste des drogues de la mafia Daktýlios
« Ça m’a l’air d’être de la bonne qualité, coupé juste comme il le faut, imperceptible pour les profanes. Une robe blanche comme un nuage, une composition légère… Ca ressemble à un produit de chez nous. »

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Páris Hatzis
Lieutenant du Parrain de la mafia Daktýlios


Páris Hatzis :
Lieutenant du Parrain de la mafia Daktýlios
« Le jeune nous affirme que ce n’est pas notre produit. Tu peux vérifier ? »

Cyrano trempa son doigt sale dans la marchandise et se brossa les dents avec, en levant les yeux au ciel. Le spécialiste était en pleine dégustation et demandait, en levant le doigt de son autre main le silence absolu.

Cyrano :
Spécialiste des drogues de la mafia Daktýlios
« Hum… C’est de la bonne qualité… On retrouve quelques aspects de notre produit… Texture légère... Mais pétillante à la fois… Hum… J’ai besoin d’en avoir le cœur net… »

Il trempa de nouveau son doigt dans le sachet et l’apporta une nouvelle fois vers sa bouche.

Cyrano :
Spécialiste des drogues de la mafia Daktýlios
« Je ne peux pas vous dire à 100 % que ce n’est pas notre produit… Je retrouve tous les aspects mais pas toutes… Hum… Il y a quelque chose en plus… Un petit je ne sais quoi… Il faut que je sniffe. »

Páris Hatzis :
Lieutenant du Parrain de la mafia Daktýlios
« Doucement. Si c’est notre marchandise, on retiendra ta consommation sur ta prime. »

Le junkie, avec une incroyable rapidité, dressa une très fine ligne d’héroïne et la renifla, avec un billet de 5 lires amarantines. L’homme était habitué. Il se secoua la tête et expirera de manière très prononcée. Sa mauvaise haleine empesta la salle, et incita Páris à porter sa main aux ongles manucurés vers son nez.

Cyrano :
Spécialiste des drogues de la mafia Daktýlios
« Je peux vous dire avec une précision supérieure à 97.6 % que ce n’est pas notre produit. Il y a quelque chose… d’exotique. On n’est pas sur notre produit d’origine olgarienne… plutôt quelque chose de… je ne sais pas… algarbien. Le petit a raison. »

Páris Hatzis :
Lieutenant du Parrain de la mafia Daktýlios
« En es-tu sûr ? »

Cyrano :
Spécialiste des drogues de la mafia Daktýlios
« Oui, ma rigueur scientifique ne m’a jamais trahi. Je suis le plus grand consommateur mondial de notre produit, je le connais mieux que ma propre femme. »

Páris Hatzis :
Lieutenant du Parrain de la mafia Daktýlios
« Merci Cyrano. Tu recevras ta prime d’ici quelques jours. Tu peux disposer… »

Le junkie inclina la tête et disposa silencieusement. Une fois parti, le Lieutenant Páris se tourna vers la Seconde Lieutenante, assise dans un fauteuil, en train de donner le sein à son bébé, né il y a deux semaines de sa relation avec le Prince Héritier de Forluno qu’elle a assassiné en janvier dernier.

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Vasílissa
Seconde Lieutenante de la mafia Daktýlios


Vasílissa :
Seconde Lieutenante de la mafia Daktýlios
« Alors, que fait-on du jeune ? »

Páris Hatzis :
Lieutenant du Parrain de la mafia Daktýlios
« Le Père Sebastianós a été clair à ce sujet : si ce n’est pas notre produit, il aura la vie sauve. Mort, il ne servira à rien. Nous testerons sa loyauté en nous rapportant des informations sur ces nouveaux venus sur notre secteur. »

Vasílissa :
Seconde Lieutenante de la mafia Daktýlios
« Quand même, une marge de 50 % sans trop couper le produit ! Ils doivent vendre à perte à ce prix-là. J’y vois un moyen de tuer la concurrence. »

Páris Hatzis :
Lieutenant du Parrain de la mafia Daktýlios
« Ou alors, ils parviennent à se procurer facilement leur came. Le Père Sebastianós veut bien faire affaire avec eux. S’ils ne sont pas ouverts à cette proposition… eh bien, nous leur ferons la guerre à Movopolis. »


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 Sujet du message : Re: RP | Activités internes
Message Publié : Sam Mai 13, 2017 10:47 pm 
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Il n’en restera qu’un (1/?)
République maritime de Céjanoise
9 février 2033


Horasiu Zamfir s’impatientait dans le secrétariat du Président de la République de Céjanoise, qui avait été réélu il y a peu pour un nouveau mandat de 6 ans. Journaliste du plus grand quotidien amarantin, il était pourtant habitué à ce que ses interviewés le fassent ainsi poireauter, des heures durant. La patience était une qualité indispensable pour un journaliste mais à 53 ans dont trente au service de la machine médiatique, il était resté ce sale petit gamin capricieux, qui piquait de monumentales colères lorsque quelque chose lui échappait. « Mais qu’est-ce qu’ils foutent ? Plus d’une heure de retard ! Ça ne va pas aller comme ça ! » murmurait-il, de manière suffisamment audible que la secrétariat l’entendit et le regarda de coin, avec un certain mépris.

Image
Horasiu Zamfir
Journaliste éditorialiste des Amarantina Folioj


Horasiu Zamfir :
Journaliste éditorialiste des Amarantina Folioj
« Ne me regarde pas comme ça, toi. C’est grâce à moi que tu as gardé ton job ! »

Elle baissa la tête, sans dire un mot. Elle n’avait de toute façon pas le droit de répondre. Dans la très misogyne République maritime de Céjanoise, peu de femmes bénéficient d’un emploi dans les lieux de pouvoirs, même s’il ne s’agissait que de secrétariat. Selon la doxa locale, la politique était incompréhensible pour le sexe faible. Horasiu était le représentant le plus connu de cette hostilité à l’égard des femmes, sans doute le plus zélé aussi. Homosexuel fier de l’être, il attribuait aux femmes tous les défauts du monde. Certes, il avait sauvé le poste de cette pauvre femme mais c’était contre son gré : le président semblait apprécier son travail et l’avait reconduite dans ses fonctions. Or, Horasiu avait lui-même contribué au succès du président, par un matraquage médiatique en sa faveur. Ce n’était pas très difficile : le Parti National (PN), dont il était issu, détient la majorité absolue depuis plus de vingt ans et ce, sans avoir à trafiquer le système électoral. L’électorat ne plébiscitait aucun autre parti mieux que le PN.

Quintus Strabo – c’était le nom du président réélu, en poste depuis 2026 – semblait se diriger enfin vers la porte pour raccompagner son invité. Le Palais présidentiel était depuis plusieurs semaines mu par d’incessantes tractations. Le Président recevait tous les acteurs de la société céjanosienne pour définir la ligne politique pour les six prochaines années. Le représentant de la principale organisation patronale sortait du bureau présidentiel avec grand sourire, laissant la place à Horasiu Zamfir, qui avait été convié.


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Quintus Strabo
Président de la République maritime de Céjanoise


Quintus Strabo :
Président de la République de Céjanoise
« Mon cher Horasiu. Je tiens toujours mes promesses. »

Le président serra la main de Horasiu, ou plutôt l’écrasa. Le président était reconnaissable par son chapeau qu’il portait en permanence ainsi que par sa haute stature, près de deux mètres. Horasiu, avec son petit mètre soixante-neuf et son corps disgracieux, contrastait avec la puissance virile du président, pourtant son aîné de quelques années. Horasiu était promis à une carrière politique, comme Premier ministre ou du moins, le pensait-il.

Horasiu Zamfir :
Journaliste éditorialiste des Amarantina Folioj
« Je sais que vous êtes un homme de parole, Monsieur le Président. C’est pourquoi les Céjanosiens vous ont réitéré leur confiance et… »

Quintus Strabo :
Président de la République de Céjanoise
« Passons aux choses sérieuses. Le gouvernement devrait être officialisé de manière imminente. Tu y joueras un rôle proéminent, tu veilleras à ce que les intérêts de la Céjanosie soient toujours respectés. La Céjanosie est la seule véritable puissance militaire de toute la Ligue, nous sommes de loin le principal pourvoyeur de l’Armée commune. Les autres membres de la Ligue l’oublient souvent mais cela nous représente un coût. Notre économie est florissante mais nous ne pouvons pas nous reposer sur nos lauriers : l’inflation est galopante et dans la Ligue, plusieurs entités avec lesquelles nous entretenons des relations intéressantes sont dans un mauvais état financier. Autant de défis qui attendent le nouveau gouvernement… »

Horasiu Zamfir :
Journaliste éditorialiste des Amarantina Folioj
« Oui, j’ai écrit plusieurs papiers sur ce sujet. Le Premier ministre devra bien connaître le dossier et recadrer ses ministres. »

Quintus Strabo :
Président de la République de Céjanoise
« Oui. Tu lui en référeras. »

Horasiu perdit son sourire. Comment ça, « tu lui en référeras » ? Qu’est-ce que cela veut dire ? Le Premier ministre, ce sera lui… Non ?

Horasiu Zamfir :
Journaliste éditorialiste des Amarantina Folioj
« Pardon, Monsieur le Président, je crois avoir mal compris… Je me permets de reprendre vos termes mais le poste de Premier ministre ne devait-il pas revenir à « un homme au fait de l’actualité, capable d’analyser les évènements quotidiens et de les anticiper » ?

Sous-entendu « me revenir, à moi seul ».

Quintus Strabo :
Président de la République de Céjanoise
« Tu as tout à fait compris. Le poste de Premier ministre reviendra à Virgilio Torje. Il ne le sait pas encore, mais je l’ai déjà auditionné plusieurs heures. Il sera parfaitement à la hauteur. »

Horasiu Zamfir :
Journaliste éditorialiste des Amarantina Folioj
« Mais… Puis-je savoir pourquoi vous m’avez convoqué, monsieur le Président ? »

Quintus Strabo :
Président de la République de Céjanoise
« J’ai besoin de toi pour représenter la Céjanosie au Conseil exécutif de manière permanente. »

Quoi ? Jouer les mandataires au Conseil exécutif ? Partir de la Céjanosie pour rejoindre la gérontocrate Montorive et toutes ses vieilles peaux ?! Perdre son temps avec 15 autres cons, autour de la table, à discuter de résolutions dont on ne voit même pas les conséquences ? Non, le destin de Horasiu était ici, en Céjanosie, pour régler les problèmes céjanosiens.

Horasiu Zamfir :
Journaliste éditorialiste des Amarantina Folioj
« Si je peux me permettre, monsieur le Président, ce serait une erreur. Je pensais à une fonction plus… céjanosienne. Gérer les affaires courantes de notre République, engager des discussions parfois musclées avec le Parlement… Voilà ce à quoi je m’attendais. Pour mandater notre République au Conseil exécutif, il vous faut quelqu’un de plus… posé… comme Virgilio Torje… »

Le Président fronça les sourcils, visiblement agacé par cette remarque.

Quintus Strabo :
Président de la République de Céjanoise
« Ta réaction me déçoit mais je la mets sur le compte de la peur. Crois-moi, tu seras plus utile à la République là-bas qu’ici. Notre machine est déjà bien huilée mais nous ne sommes qu’une machine parmi les 16 qui font tourner ensemble la Ligue. Je pensais effectivement, à l’origine, te nommer Premier ministre… mais ton dernier article m’a convaincu que tu méritais mieux… »

« Foutu papier ! » pensait Horasiu, qui camouflait sa déception par un rire jaune.

Quintus Strabo :
Président de la République de Céjanoise
« Le poste est mieux payé, il a de meilleurs avantages. Mais surtout, tes décisions auront davantage d’importance car elles engageront non plus seulement la République mais l’Amarantie entière et à travers elle, l’Amarantie dans le monde. »

« Mais je m’en fous de l’Amarantie, je suis Céjanosien et rien d’autre ! » continuait à ruminer, silencieusement, le journaliste qui dut accepter l’offre. Quintus Strabo n’était pas du genre à proposer une offre alternative : avec lui, c’est à prendre ou à laisser. On mérite sa confiance ou on ne la mérite pas. À la main tendue par le Président, Horasiu Zamfir lui répondit par une autre, beaucoup plus ferme que d’habitude, qui illustrait la colère intérieure de l’homme. Cela n’a pas échappé au Président :

Quintus Strabo :
Président de la République de Céjanoise
« Voilà une poignée d’homme ! Au boulot, Horasiu ! »


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 Sujet du message : Re: RP | Activités internes
Message Publié : Mar Mai 23, 2017 11:13 pm 
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Les mamelles du monde (2/?)
Sengaï
9 mars 2033


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La « Fondation Maisons d’Harpocrate » (« Fondaĵo Domoj de Harpokrato » en espéranto) était une promesse de la candidate Ariana Magnor : si elle était élue Miss Universe, elle mettrait sa notoriété au service des orphelins à travers le monde. Le tempo était d’autant mieux choisi que les Amarantins étaient en ce moment amenés à se prononcer sur les bénéficiaires du 1 % du fonds souverain accordé à des œuvres philanthropiques. Elle était d’une certaine manière repartie en campagne sous les couleurs de sa nouvelle fondation dont l’objectif était notamment la création d’orphelinats, reconnaissables par l’abeille qui ornait le logo officiel. L’enjeu en valait la peine : 740 millions de lires étaient accordés à l’œuvre qui aura suscité le plus d’adhésion au sein de l’Amarantie. Le choix était donc fait de parcourir les contrées les plus lointaines, pour montrer les grandes ambitions du bébé de la reine de la beauté.

Ariana Magnor était bien sûr sensible au sort de ces orphelins. Non pas parce qu’elle n’a jamais connu ses parents : elle connaissait son père mais son père feignait de ne pas la connaître et pour cause, il s’agissait du roi de Forluno, Sa Majesté Scipiono Ier. Sa mère, quant à elle… Ariana aurait préféré qu’elle mourût en couches. Non, si elle était sensible au sort de ces orphelins, c’est sans doute parce qu’elle n’a jamais connu, comme eux, l’amour des parents pour leurs enfants.

Dans l’avion qui l’amenait au Sengaï, Ariana était observée par sa mère, Kleopatra. Le voyage fut silencieux, les deux femmes ne se parlaient pas. Kleopatra se contentait de lui envoyer la fumée de sa cigarette au visage, en buvant un verre de vin. La matriarche regardait à travers le hublot le paysage montagneux.


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Kleopatra Magnor
Mère d’Ariana Magnor
Baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)


Kleopatra Magnor :
Mère d’Ariana Magnor
Baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)

« Enfin ! Sept heures d’avion, je n’en pouvais plus. J’ai des fourmillements partout dans les jambes. Tu verras quand tu auras mon âge. »

Elle s’adressait à sa fille, toujours avec cet air inquisiteur. Officiellement, Kleopatra était la trésorière de la fondation. Redoutable femme d’affaires, elle était là pour s’occuper de toute la partie commerciale et logistique tandis que sa fille se contentait d’être la coqueluche des médias. C’était au pied des montagnes du Songphang que la mère et la fille avaient rendez-vous. Tandis que Ariana irait visiter un orphelinat de fortune, Kleopatra irait peaufiner à l’ombre des caméras les derniers détails de la rénovation de l’orphelinat pour le mettre sous les couleurs de l’abeille. Faisaient également partie du voyage quelques orphelins amarantins aidés, qui n’ont jamais quitté le pays et qui étaient très enjoués à l’idée de passer quelques jours de vacances à l’autre bout du monde, en compagnie d’autres enfants.

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Elles avaient rendez-vous dans un village au pied de la montagne. Un cameraman inquiet se demandait si la batterie de sa caméra allait être suffisante le temps de la capture d’images. Pas l’ombre d’une prise électrique dans ce « trou à rats » pour reprendre son expression. Ariana, elle, faisait comme si elle n’entendait rien. Elle observait au loin sa mère, qui avait déjà rallumé une autre cigarette et qui regardait de manière indifférente les environs. Elles s’approchèrent longtemps des taudis qui composaient le village et les cris des enfants tibétains, enjoués à l’idée de rencontrer ces étrangers, se faisaient de plus en plus entendre. Toute la délégation amarantine fut accueillie par l’habitant qui baragouinait le mieux les langues étrangères, c’est-à-dire au plus une dizaine de mots.

Image


Alors qu’Ariana profitait gaiement de la compagnie des orphelins tibétains qui l’entouraient, une des petites orphelines de la délégation amarantine commençait à se tordre de douleur au niveau de l’estomac. La clope au bec, en pleins pourparlers avec les contremaîtres du chantier du nouvel orphelinat, Kleopatra observa scrupuleusement la fille et en avertit le médecin amarantin, qui avait fait le voyage :

Kleopatra Magnor :
Mère d’Ariana Magnor
Baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)

« Docteur, on a besoin de nous. »

Bien qu’occupée à jouer avec les enfants tibétains, Ariana remarqua la scène de l’orpheline amarantine, aussitôt prise en charge par le médecin. Pour en avoir le cœur net, elle se rapprocha de sa mère pour lui demander :

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Ariana Magnor
Miss Universe 2033
Miss Amarantie 2032


Ariana Magnor :
Miss Universe 2033 et Miss Amarantie 2032
« Que se passe-t-il ? »

Kleopatra Magnor :
Mère d’Ariana Magnor
Baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)

« Rien de grave. Le décalage horaire… Et puis, elle a mangé trop de chocolat… Mais laisse-moi m’en occuper, ta place est là-bas. »

Un peu dubitative par les explications de sa mère, Ariana retourna profiter de l’effervescence du village, sous une nuée de caméras. Toute l’après-midi, Miss Universe se prêtera au jeu des journalistes, à l’instar des enfants amusés par la situation. Bien loin de ces festivités, Kleopatra s’était éclipsée, en compagnie des contremaîtres…

Le soir même, après une harassante journée, Ariana retrouva sa mère sous la confortable tente aménagée par la délégation amarantine. Elle souhaitait avoir des nouvelles de la santé de la petite fille amarantine.


Ariana Magnor :
Miss Universe 2033 et Miss Amarantie 2032
« Alors, qu’a dit le médecin ? »

Kleopatra, toujours la clope au bec, était assise, tenant un livre dans l’autre main.

Kleopatra Magnor :
Mère d’Ariana Magnor
Baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)

« Je t’ai déjà dit que ça allait. Quelques crampes d’estomac, rien de grave. J’espère que tu seras plus photogénique que le soir de ton intronisation. Si tu passes pour une cruche, aucun Amarantin ne voudra parrainer ta fondation. »

Ariana Magnor :
Miss Universe 2033 et Miss Amarantie 2032
« Ne t’inquiète pas pour ça, maman. *Soupir* Je veux vraiment me donner à fond dans ce projet. Ce serait super si nous gagnions la somme mise en jeu. On pourrait ouvrir des orphelinats à travers tout le monde. »

Kleopatra Magnor :
Mère d’Ariana Magnor
Baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)

« Redescends sur Terre, Ariana, et comporte-toi comme une adulte. La partie est loin d’être gagnée : crois-tu vraiment que tous ces pédérastes en Amarantie voteront pour une fondation tenue par une femme ? »

Ariana Magnor :
Miss Universe 2033 et Miss Amarantie 2032
« Mais… Pourquoi m’as-tu suivie alors si tu n’y crois pas du tout ? Je te connais bien, maman, tu ne t’engage jamais dans un projet sans avoir un minimum de garanties. »

Kleopatra Magnor :
Mère d’Ariana Magnor
Baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)

« Parce que, malgré tout, tu as eu une très bonne idée avec cette fondation. Mais tu es trop idiote pour comprendre pourquoi. Cet après-midi, j’ai rencontré quelques personnes qui connaissent d’autres personnes influentes au Sud du pays, qui pourraient nous permettre d’avoir une partie du marché thaï, à fort pouvoir d’achat. Ils voulaient un échantillon, j’ai dû ruser… »

Ariana resta immobile. Elle avait hélas bien compris : sa mère avait utilisé les orphelins amarantins comme mules pour fournir des échantillons de drogues aux Thaïs du Sengaï, alors qu’elle s’était promise à ne pas utiliser d’enfants.

Ariana Magnor :
Miss Universe 2033 et Miss Amarantie 2032
« C’est horrible… Tu avais promis de ne pas le faire ! Je suis sûre que tu me mens sur la santé de cette petite fille. »

Kleopatra Magnor :
Mère d’Ariana Magnor
Baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)

« Je te mentirais si je disais qu’elle avait avalé ça avec facilité. Tu t’imagines avaler une saucisse rigide sans mâcher ? Et bien, c’est ce qu’elle a ressenti. Je me garderais bien de tes leçons de morale car c’est moi qui tient les affaires car tu es incapable de le faire. Le dixième de ce que je fais, tu serais incapable de le faire. Je me tue à la tâche et c’est toi qui a les honneurs… »

Kleopatra posa son livre sur une table de chevet, ainsi que sa paire de lunettes. Elle tira sur sa cigarette pour prendre une grande inhalation et rejeter la fumée sur le visage d’Ariana. Avec un regard glacial, elle continua sa litanie :

Kleopatra Magnor :
Mère d’Ariana Magnor
Baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)

« Mais tout ça, tu ne le comprends pas. Parce que tu es une sale petite ingrate capricieuse. Tu ne penses qu’à toi, tu es certaine de dominer le monde avec ton titre. Mais ma pauvre, tout cela est éphémère : un jour, ta peau sera toute ridée, plus aucune camera ne s’intéressera à une vieille femme laide. On se moquera bien de ce que tu as été. Mais malgré le fil du temps, tu resteras cette gamine, cette fille naïve. À ce moment, tu voudras retourner dans les jupons de ta mère mais elle ne sera plus là. Tu seras juste une vieille fille et… »

La baronne de la Fratinoja ne put terminer sa phrase. Telle une cocotte-minute, Ariana laissa échapper sa colère bouillonnante. Sans réfléchir, elle gifla sa mère avec une telle force qu’elle lui fit faire tomber sa cigarette. Même si elle tremblait d’énervement, le geste était incroyablement ferme. C’était la première fois qu’Ariana en venait aux mains contre une mère qu’elle avait toujours crainte. Kleopatra en fut d’ailleurs choquée, foudroyant du regard sa fille qui semblait déjà avoir des regrets pour son geste et qui la fuyait des yeux.

Kleopatra Magnor :
Mère d’Ariana Magnor
Baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)

« D’accord, j’ai bien compris le message. Tu as un répit : je te laisse terminer ta campagne électorale, tout ce cinéma mais, sache-le… oh oui, sache-le et ne l'oublie pas… Tu vas me le payer, ma fille. »


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 Sujet du message : Re: RP | Activités internes
Message Publié : Mar Juin 06, 2017 11:51 pm 
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Les abeilles (1/?)
Royaume de Forluno
19 avril 2033

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Si le royaume de Forluno était représenté sur ses armoiries par une abeille, ce n’était pas pour le simple folklore, ni même pour l’intérêt que portait le Roi pour l’apiculture. Dans cette entité surpeuplée d’Amarantie, pour loger les quelques huit millions d’individus, des quartiers avaient été ainsi sortis de terre pour répondre à une demande de logement de plus en plus pressante. Un essaim d’immeubles, dont la vue aérienne rappelle la forme alvéolaire des ruches. Mais bien loin d’avoir la capacité de travail d’abeilles, les habitants de ces quartiers se murent dans une certaine oisiveté, selon un chômage plus ou moins forcé.

À dix-neuf ans, Tirezio était l’un d’eux. Majeur depuis cinq ans comme le prévoyait la législation amarantine, il était en droit depuis ce temps d’avoir son propre logement. Il avait fait un autre choix, celui de vivre avec sa mère, à peine seize ans son ainée. En Amarantie, plus vite les filles accomplissaient leur devoir de mère, plus vite elles pouvaient se libérer au moins partiellement du joug phallocrate. Tirezio était le deuxième et le dernier de sa fratrie, son frère aîné avait fait le choix de prendre son indépendance. Pour briser la solitude de sa mère et pour continuer de bénéficier de la bonne connexion Internet, Tirezio se contentait de vivre dans ce petit appartement avec elle, sans son père. D’ailleurs, il ignorait l’identité réelle de son père, il était sûrement le fils d’un homosexuel qui a choisi l’insémination artificielle pour se garantir une descendance ou, alors, était-il le fils d’un de ces hétérosexuels dont les homosexuels se payaient les services pour ensemencer une femme, incapables de pouvoir le faire eux-mêmes. En Amarantie, encore nombreuses étaient les femmes dont la vie se résumait à celle des reines mère abeilles, condamnées à procréer jusqu’à mort s’ensuive.

Tirezio n’avait pas été élevé dans le mépris des femmes ou tout du moins, comme de nombreux mâles amarantins, il nourrissait une certaine admiration pour leur propre mère, preuve vivante de courage, qu’aucune autre femme ne pouvait égaler. La plupart des Amarantins ne respectent en effet qu’une seule femme, leur propre mère. Les autres étaient des catins superficielles. Ce lien était d’autant plus important qu’ils ne connaissaient généralement que le modèle de famille monoparentale. Un modèle qui, très tôt, conférait aux garçons le rôle « d’homme dans la maison » et ce d’autant plus que leur mère, dans certaines entités comme le Forluno, se voyait privée de réelle autonomie. Légalement incapables d’avoir un compte bancaire à leur nom, elles l’attribuaient à leur fils aîné, puis cadet dès qu’ils atteignaient la majorité, fixée à 14 ans.


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Tirezio


Ces événements avaient fait naître chez Tirezio une virilité exacerbée. Le jeune homme pouvait passer des heures à contempler dans le miroir les résultats de sa dernière séance de musculation, dans la salle située au bas de son immeuble. Sinon, il passait son temps sur l’Internet, à écouter les derniers groupes à la mode de la dernière édition du For’Hiphopo, ce festival de rap situé non loin de chez lui, à Delfenojus. Dernièrement, entre le visionnage de deux vidéos pornographiques, Tirezio s’adonnait à un rituel : écouter un des innombrables « rappels islamiques », postés sur les réseaux sociaux par des mahométans zélés. C’est que Tirezio avait trouvé dans l’Islam une voie qui correspondait enfin, résolument plus « moderne » que le culte dodécathéiste devenu davantage un folklore culturel qu’une véritable religion. La liberté de culte était certes autorisée en Amarantie mais le passé du pays, confronté aux invasions barbes de Marquésie et des pirates musulmans, avait jeté l’opprobre sur la religion révélée par le prophète Mahomet. Une toute petite mosquée, souterraine, existait à quinze kilomètres de chez lui. Tirezio s’y rendait quelques fois le vendredi, quand il n’avait pas fait la grasse matinée. Sans réellement comprendre lui-même pourquoi, il entretenait désormais une certaine haine des « païens » et son nouvel iconoclasme le faisait abhorrer toutes les nombreuses représentations des dieux amarantins, et ce quand bien même Dieu était unique.


Freja :
Mère de Tirezio
« Tu regardes encore ces vidéos ? »

Tirezio n’avait pas entendu sa mère entrer dans sa chambre. Il regardait effectivement une nouvelle vidéo de propagande islamique. Il se retourna vers elle :

Tirezio :
« Cette vidéo est super, mashallah ! Les païens doivent être anéantis. »

Freja :
Mère de Tirezio
« Tu ne changeras pas le monde, mon fils. Aide-moi plutôt à porter les sacs jusqu’en bas de l’immeuble. »

Freja s’abaisse pour attraper deux sacs d’ordures particulièrement lourds et encombrants. Tirezio en profita pour regarder la poitrine de sa mère. À peine âgée de 35 ans, elle lui était très désirable. Au festival de rap, les groupes britons l’auraient qualifiée de « MILF », non sans raison. Tirezio se leva de sa chaise et s’approcha de sa mère, pour lui adresser quelques gestes de tendresse, et lui caresser la poitrine.

Freja :
Mère de Tirezio
« Pas maintenant, Tirezio. J’ai beaucoup de choses à… »

Elle ne put terminer sa phrase puisque son fils commença à l’embrasser langoureusement. Elle n’opposa pas de réelle résistance. En Amarantie, peu d’hommes étaient intéressés à l’idée de partager son intimité, et elle avait eu la chance d’avoir un fils intéressé par le sexe faible. Les relations incestueuses n’étaient pas particulièrement réprimées en Amarantie. Chacun trouvait l’amour là où il le souhaitait, voire là où il le pouvait…

Tirezio :
« Ceux qui t’ont fait souffrir brûleront en enfer. Inchallah. Je m’en assurerai. »

Peu gênée, bien au contraire, par les marques d’amour très agréables de son fils, Freja fut en revanche interloquée par cette dernière phrase. Elle prit les deux gros sacs et, sans un mot, repartit de la chambre. Tirezio, lui, se contenta de retourner à la prière…


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Message Publié : Ven Juin 16, 2017 7:08 pm 
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Les mamelles du monde (3/?)
Aminavie
18 mai 2033


Depuis l’épisode malheureux du Sengaï, où Ariana, excédée par sa mère, avait fini par la gifler, les deux femmes ne s’adressaient plus la moindre parole, ni le moindre regard. Et ce depuis plus de deux mois. Elles tentaient tant que possible de s’éviter et pour ce faire, Kleopatra avait fait appel à une nouvelle recrue : Dejanira, une jeune femme prometteuse de la Communauté des Melgares, qui avait rejoint la « Fratinoja », l’organisation mafieuse à la tête de laquelle était Kleopatra depuis un petit moment déjà. Tous les échanges se faisaient par son intermédiaire : elle était à la fois la confidente de la fille que de la mère. Mais sa patronne, c’était la mère et elle ne l’oubliait pas. Malgré l’incident, les deux femmes entendaient continuer leur campagne à l’international pour promouvoir l’action de la « Fondation Maisons d’Harpocrate », qui agit en faveur des orphelins du monde entier. L’étape de cette semaine les emmenait en Nord-Algarbe, en Aminavie plus précisément.

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Kleopatra avait également fait le chemin pour superviser toute la logistique de cet évènement. Mais elle continuait de suivre son propre sillon, laissant Ariana accompagnée de Dejanira. Les deux filles avaient rendez-vous dans un quartier populaire de la capitale aminavienne, pour suivre l’avancée des travaux de l’orphelinat. Dans ce labyrinthe de ruelles, elles étaient escortées par Abdelkarim, un natif du quartier, vers le lieu du chantier. Mais plus elles avançaient, plus Ariana se posait des questions. On lui avait parlé d’un quartier malfamé… mais à ce point ? Elle réajusta le voile islamique qu’elle avait enfilé sur la tête, comme pour se protéger des regards étranges des hommes qui peuplaient les rues. En fait, il n’y avait QUE des hommes. Aucune femme, aucun enfant.

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Ariana Magnor
Miss Universe 2033
Miss Amarantie 2032


Ariana Magnor :
Miss Universe 2033 et Miss Amarantie 2032
« Dejanira, je suis inquiète… Je n’ai pas confiance... Revenons sur nos pas, si tu veux bien.

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Dejanira
Membre de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
Intermédiaire entre Ariana et Kleopatra Magnor


Dejanira :
Membre de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
Intermédiaire entre Ariana et Kleopatra Magnor

« Oui, tu as raison, ce quartier est un coupe-gorges. »

Mais à peine Ariana et Dejanira eurent-elles le temps de faire demi-retour qu’elles furent toutes les deux attrapées par une horde d’hommes, qui commençaient à déshabiller de force et les séparèrent tous les deux.

Dejanira :
Membre de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
Intermédiaire entre Ariana et Kleopatra Magnor

« Lâchez-moi ! À l’aide ! À l’aide ! »

Ariana fut emmenée dans une autre ruelle en impasse. Elle se débattait comme elle put mais elle ne pouvait pas faire le poids face à cinq hommes qui la violentaient, avant de la violer, un par un. Les sanglots de Miss Universe furent atténués par un bâillon. Face à elle, Abdelkarim sortit son smartphone et commença à filmer la scène… Plus d’une demi-heure de calvaire pour la jeune femme…

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Pendant ce temps, Kleopatra s’était recluse dans un quartier un peu moins malfamé pour s’y prélasser au soleil. Elle avait trouvé un salon de thé à peu près correct dans une rue commerçante de la ville, néanmoins mouvementée et bruyante. Mais ses ampoules au pied l’empêchaient d’aller plus loin. Le salon proposait une terrasse extérieure, où Kleopatra décida de s’installer, rapidement servie par le propriétaire de ce lieu d’un thé à la menthe. L’Aminavie était peut-être un pays laïc, il n’en demeurait pas moins une société conservatrice, attachée aux principes islamiques. Contrairement à sa fille, Kleopatra avait choisi de ne pas mettre un voile, laissant sa chevelure blondâtre à la lumière du soleil. Mais c’est surtout sa désinvolture que les hommes comme les femmes de ce quartier populaire de Aït Tinifer regardait, avec un air désapprobateur, lorsqu’ils passèrent devant elle. Comme à son habitude, Kleopatra avait les jambes croisées, une cigarette au bout des doigts de sa main droite, accoudée à la table, crachant sa fumée quitte à incommoder les badauds. Un homme, en particulier passa devant elle, la regarda avec un profond mépris, vociféra quelques insultes en arabe, et cracha aux pieds de l’Amarantie. Interloquée par ce comportement, Kleopatra s'exclama :

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Kleopatra Magnor
Mère d’Ariana Magnor
Baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)


Kleopatra Magnor :
Mère d’Ariana Magnor
Baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)

« Mais ce sont de vrais porcs ici. C’est quoi, leur problème ? »

Alors qu’elle but son thé, une femme voilée l’approcha. Kleopatra ne la reconnut pas immédiatement et se mit un peu en retrait, craignait de recevoir un crachat sur le visage cette fois-ci. Mais en y regardant de plus près, ce n’était que Dejanira, la nouvelle recrue de la Fratinoja, qui faisait la liaison entre la mère et la fille.

Kleopatra Magnor :
Mère d’Ariana Magnor
Baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)

« Ah, Dejanira, tu tombes bien. J’ai vraiment envie de quitter cet endroit. Que m’apportes-tu ? »

Dejanira :
Membre de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
Intermédiaire entre Ariana et Kleopatra Magnor

« La vidéo, comme vous me l’avez demandée. »

Kleopatra Magnor :
Mère d’Ariana Magnor
Baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)

« Tu as un hématome dans le cou… Ils t’ont violentée ? »
Dejanira :
Membre de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
Intermédiaire entre Ariana et Kleopatra Magnor

« Oui mais ce n’est rien, ce sera plus réaliste comme ça. Ils m’ont laissée partir quand je n’étais plus à portée de sa vue. »

Dejanira sortit un smartphone et défila les écrans pour montrer la vidéo. Kleopatra se saisit de l’appareil mais plissa les yeux. Sa vue baissait et avec tout ce soleil, elle ne voyait rien.

Kleopatra Magnor :
Mère d’Ariana Magnor
Baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)

« Je n’y vois rien du tout. Tu peux la mettre sur la télévision de la chambre d’hôtel ? »

Dejanira acquiesça et les deux femmes quittèrent la rue commerçante pour rejoindre l’hôtel situé à quelques centaines de mètres de là. L’hôtel affichait certes complet mais c’est parce que Kleopatra avait réservé toutes les chambres par mesure de sécurité. Parmi elles, une lui était réservée, une à sa fille, une à Dejanira et une au duo de gardes postés devant l’établissement. Kleopatra s’assit sur le lit et se versa un verre de vin pendant que sa subordonnée s’occupait de retransmettre la vidéo du téléphone portable sur l’écran de télévision. Avant de démarrer la vidéo, Kleopatra demanda :

Kleopatra Magnor :
Mère d’Ariana Magnor
Baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)

« A-t-elle parlé de moi quand tu l’as vue ? »

Dejanira :
Membre de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
Intermédiaire entre Ariana et Kleopatra Magnor

« Oui, elle m’a dit textuellement qu’elle voulait repartir sur de bonnes bases avec vous, que malgré vos divergences, elle voulait aller de l’avant. »

Kleopatra ne répondit rien. Après quelques instants, l’image apparut. Il s’agissait ni plus ni moins de la séquence du viol d’Ariana, filmée par cet « inconnu » sur son smartphone. Impassible, Kleopatra regarda la scène, prenant de temps à autre une gorgée de vin. Tous les sons étaient également retransmis, des rires du groupe d’hommes aux pleurs d’Ariana. Après une demi-minute, Kleopatra commenta la scène :

Kleopatra Magnor :
Mère d’Ariana Magnor
Baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)

« Il ne devait pas être une dizaine, voire une quinzaine ? J’en compte à peine sept. »

Dejanira :
Membre de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
Intermédiaire entre Ariana et Kleopatra Magnor

« Si… Mais beaucoup de sont désistés… À cause du ramadan, apparemment. »

Kleopatra Magnor :
Mère d’Ariana Magnor
Baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)

« Normalement, c’est eux qui auraient dû me payer pour ça et pas l’inverse. Il paraît que dans leur religion, les hommes à leur mort, s’ils vont au Paradis, ont droit à 72 vierges. Et les femmes, elles doivent se contenter de 72 puceaux ?! »

Dejanira sourit à la remarque et s’installa aux côtés de sa supérieure pour regarder la scène.

Kleopatra Magnor :
Mère d’Ariana Magnor
Baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)

« Ce sera plutôt 71. Ils pourront décompter ma fille… Ah ! Stoppe la vidéo ! »

Dejanira s’exécuta rapidement et revint à l’image demandée par Kleopatra. On y voit un instant où Ariana regarder, en sanglots, la caméra du smartphone.

Kleopatra Magnor :
Mère d’Ariana Magnor
Baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)

« Maintenant, nous sommes quittes, ma fille. »


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Message Publié : Dim Juin 18, 2017 12:50 pm 
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Les mamelles du monde (4/?)
Il n’en restera qu’un (2/?)

Communauté des Melgares
28 janvier 1980


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Sage-femme : « Allez, poussez plus fort… ils sont deux ! »

Centre hospitalier d’Ortubo. Le travail avait commencé depuis plus de six heures maintenant. Rubena était complètement exténuée. On était en plein hiver et pourtant, elle avait l’impression d’être sous le soleil de plomb d’Alilée, ou carrément dans un four. La douleur était si intense qu’elle était prête à les sortir au marteau s’il le fallait. Cette jeune fille, à peine âgée de 17 ans, allait déjà être mère de deux enfants, des jumeaux. Elle le savait depuis grâce aux formidables progrès de l’imagerie médicale réalisée ces dernières années, et rien que cette perspective la plongeait déjà dans une forme de primo-dépression. Rubena était ici chez elle, dans la Communauté des Melgares, fille de la Baronne de la Fratinoja et la grand-mère voulait déjà s’assurer que la relève de sa relève soit prête.

Sage-femme : « On y est preeeeeesque ! »

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Rubena Magnor (en 1980)
Ancienne baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
Mère de Kleopatra Magnor


Rubena Magnor :
Ancienne baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
Mère de Kleopatra Magnor

« Par Artemiso ! Achevez-moi, je n’en peux plus !!! »

Le calvaire fut terminé lorsque Rubena entendit le cri des deux enfants portés par la sage-femme, l’un était un garçon et l’autre une fille.

Sage-femme : « Félicitations, ce sont un garçon ET une fille. »

« Hein ? » marmonnait Rubena qui récupérait doucement de l’accouchement. Elle était peu enchantée de la nouvelle annoncée par la sage-femme, regardant notamment le garçon d’un profond mépris.

Rubena Magnor :
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Mère de Kleopatra Magnor

« Vous m’aviez dit que ce seraient des jumeaux ! Pourquoi ce bébé a un… »

Sage-femme : « Ce sont bien des jumeaux. Des faux-jumeaux mais monozygotes. »

Rubena Magnor :
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Mère de Kleopatra Magnor

« Monoz… Je ne comprends rien à ce que vous dites. Ma mère va me tuer, elle s’attendait à avoir deux petites-filles… »

14 avril 1994


La Baronne de la Fratinoja n’aura pas tué Rubena, mais Rubena, elle, continuera de maudire cet enfant, convaincue que ce dernier avait comme « volé » la deuxième fille qui lui était promise, convaincue par ailleurs qu’il était une punition infligée par la déesse Artemos. Par le temps, elle avait fini par accepter la sanction : sans le rejeter, elle essaie par tous les moments de l’ignorer, elle ne lui adressait aucun signe formel d’amour, et se contentait d’être une mère nourricière, subvenant à ses besoins. Ce mépris que Rubena avait à l’égard de son fils n’entachait pas la solide fraternité existant entre lui et sa sœur, Kleopatra. Le frère et la sœur étaient les meilleurs amis du monde.

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Kleopatra et son frère


Alors qu’ils étaient tous deux de discuter de sujets de pré-adolescents, ils furent interrompus par leur mère, Rubena qui, comme à son habitude, était venue parler à sa fille… Depuis quelques années déjà, Rubena sollicitait sa fille Kleopatra pour lui faire rencontrer des adultes qu’elle ne le connaissait pas, en réalité des collaborateurs de la mafia de la Fratinoja. À 14 ans, Kleopatra ignorait tout de leur identité et elle s’ennuyait ferme lors de ces réunions où elle se contentait d’être assise, des heures durant, pour écouter les affaires des adultes. Mais elle se pliait à cet exercice car elle craignait sa mère autant qu’elle l’aimait.

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Rubena Magnor (en 1994)
Ancienne baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
Mère de Kleopatra Magnor


Rubena Magnor :
Ancienne baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
Mère de Kleopatra Magnor

« Kleopatra, tu peux venir s’il te plaît… seule. »

Comme d’habitude, Rubena tenait son fils à l’écart de toutes ces magouilles, ce qu’il supportait très mal mais qu’il gardait pour lui, intérieurement. Gênée de voir son frère exclu de cette entreprise mère-fille, Kleopatra était tenue au secret absolu. Avec un sourire gêné en sa direction, elle suivit sa mère, vers un lieu qu’elle n’avait jamais visité auparavant… Une pièce sans fenêtre, mal éclairée, isolée… Kleopatra vit un homme ligoté au bout de la pièce et avant même qu’elle ne put poser une question à sa mère, celle-ci se retourna et lui parla avec un ait très grave, droit dans les yeux.

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Rubena Magnor :
Ancienne baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
Mère de Kleopatra Magnor

« Ma fille chérie, tu sais que ta mère a toujours été là pour veiller à ce que tu ne manques jamais de rien. Je suis fière d’avoir élevé une fille aussi mature pour son âge, aussi reconnaissante… Mais tu as aujourd’hui 14 ans, c’est-à-dire qu’aux yeux de la loi, tu es majeure. Tu n’es plus une enfant. Tu sais, tous les adultes que tu as rencontrés ces derniers mois, ils ne sont peut-être des amis, ils sont peut-être ennuyeux mais ils sont nécessaires pour ton avenir. Une mère doit protéger sa fille… »

Kleopatra Magnor :
Fille de Rubena Magnor
Future baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)

« Maman, je suis reconnaissante pour tout ce que tu fais pour nous mais ne pense pas qu’à moi, tu as un fils aussi et… »

Rubena interrompit brusquement sa fille, visiblement énervée :

Rubena Magnor :
Ancienne baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
Mère de Kleopatra Magnor

« Ton frère n’a pas besoin de moi, il se débrouillera bien tout seul ! L’Amarantie est un pays fait pour lui, il trouvera sa place ! Tandis que nous, nous devons nous battre. Ta grand-mère et avant ça la mère de ta grand-mère se sont toutes battues pour que les femmes aient un havre de paix, ici, dans la Communauté des Melgares. Elles n’ont pas hésité à faire des choses désagréables. La lutte ne se gagne pas la fleur au fusil… Tiens, prends ça. »

Rubena tendit un revolver à sa jeune et lui montra l’homme assis et ligoté en face d’elle.

Rubena Magnor :
Ancienne baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
Mère de Kleopatra Magnor

« La première fois est souvent difficile. Je vais t’aider à placer correctement tes mains, tu n’auras plus qu’à appuyer. Surtout, tu restes dans cette position ! »

Kleopatra Magnor :
Fille de Rubena Magnor
Future baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)

« Mais… Maman… »

Rubena Magnor :
Ancienne baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)
Mère de Kleopatra Magnor

« Cette ordure ne mérite pas tes pleurs. Ne me déçois pas…

Vingt minutes plus tard, Kleopatra retourna, seule, dans le salon de la maison des Magnor. Livide, complètement déboussolée, elle marchait d’un pas très lent, et ne prêtait même plus attention à son frère, resté dans la pièce en train de ruminer :

Frère de Kleopatra :
« Alors, vous vous êtes amusées ? La maman et sa fifille ont passé du bon temps ? Elle a encore parlé sur mon dos ? Réponds au moins quand je te parle ! »

Kleopatra Magnor :
Fille de Rubena Magnor
Future baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)

« S’il te plaît, c’est pas le moment… »

Frère de Kleopatra :
« Je ne sais pas ce que vous manigancez contre moi mais ça doit être du lourd ! »

Kleopatra Magnor :
Fille de Rubena Magnor
Future baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)

« On manigance rien contre toi… »

Frère de Kleopatra :
« Alors, dis-moi ce qui se passe, bordel ! Je pensais qu’on se confiait tout ! »

Kleopatra Magnor :
Fille de Rubena Magnor
Future baronne de la Fratinoja (organisation mafieuse des Melgares)

« Je… Je ne peux rien dire. »

Frère de Kleopatra :
« Comme par hasard ! »

Furieux, il quitta le salon et alla rejoindre sa chambre. Depuis ce jour, le frère et la sœur ont cessé d’être les meilleurs amis du monde, au grand plaisir de Rubena, joyeuse d’avoir éliminé ce nouvel obstacle au dessein de sa fille.

23 mai 2033
Cité-Etat gérontocrate de Montorive


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Au Château de Merŝanto, principal lieu de pouvoir de la Ligue amarantine, le représentant de la République maritime de Céjanoise, Horasiu Zamfir s’attaquait à plusieurs dossiers demandés par le Président de la République. L’homme, qui ne se plaisait guère dans ce rôle, remplissait sa fonction avec les pieds de plomb mais n’entendait pas en rester là. Il s’organisait pour trouver des soutiens, autour de sa propre personne cette fois-ci, pour s’imposer au poste de Premier ministre, qui lui avait été honteusement subtilisé.

Fatigué de ce poste certes très bien payé mais horriblement répétitif, Horasiu prit le temps de faire une pause. Bien que très peu fumeur, il s’alluma une cigarette dont il jetait les cendres à travers la grande fenêtre de son bureau, qui donnait la vue sur toute la Cité-Etat. Il regarda la décoration austère de ce château en pierres mais son regard se posa par hasard sur la pile de journaux et revues qui lui avait été distribuée pour se tenir au courant des actualités. En tant que représentant, il avait droit gratuitement à la presse nationale et locale et d’ailleurs, il était lui-même un des journalistes les plus connus d’Amarantie, connue pour ses éditos misogynes dans Amarantina Folioj, assez désapprouvés sur la forme par sa hiérarchie mais plébiscités par le lectorat. D’ailleurs, c’était précisément la couverture de l’édition hebdomadaire-magazine des Amarantina Folioj, Amarantina Folioj – Ekstra qui surplombait la pile, avec une une sur la femme d’Eric Bertaud. Mais Horasiu était surtout intéressée par ce titre dans la manchette : « Miss Universe – Enquête sur l’agression d’Ariana Magnor en Aminavie ».

Il posa sa cigarette et commença à feuilleter l’article dont il est question. Il n’avait pas été tenu au courant de cette information… Parmi les photos, une représentait Ariana Magnor avec sa mère Kleopatra. Horasiu secoua la tête et se faisait cette réflexion, tout seul, à haute voix :


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Horasiu Zamfir
Journaliste éditorialiste des Amarantina Folioj
Représentant de la République maritime de Céjanoise au Conseil Exécutif


Horasiu Zamfir :
Journaliste éditorialiste des Amarantina Folioj
Représentant de la République maritime de Céjanoise au Conseil Exécutif

« Ah, Kleopatra… Je reconnais bien ta patte dans cette affaire, ma chère sœur… »


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 Sujet du message : Re: RP | Activités internes
Message Publié : Dim Juil 23, 2017 8:00 am 
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Localisation : Empire Luciférien d'Algarbe
Se déroule en même temps que ce RP

Une vue générale sur l'Empire (3/5)
Royaume de Forluno
08 septembre 2033


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Palais de Forluno


Comme à son habitude lors des rencontres diplomatiques, le Royaume de Forluno, après s'être personnellement occupé des derniers préparatifs, attendait son invité sur le perron de son Palais. Il s'apprêtait à recevoir le Grand Vizir Rekhmirê, régent de fait du Royaume de Hyptatie. La rencontre entre les deux hommes était officiellement destinée à rapprocher les royaumes de Forluno et de Hyptatie, l'un amarantin et l'autre luciférien, afin de faire contrepied à l'alliance barniquo-tyronarie. Du moins, c'était la version que Scipiono Ier avait délivré aux Hyptates dans sa missive, mais l'objectif était tout autre en réalité. En effet, au cours d'un entretien organisé à huit-clos avec la Première Ministre du Royaume d'Orlanie, le Roi de Forluno avait accepté d'aider la Générale à centraliser les institutions de l'Empire Luciférien. Pour ce faire, il était nécessaire que le Royaume de Hyptatie ne soit pas représenté lors du vote qui allait se tenir au Conseil Impérial, décidant de l'adoption de la réforme centralisatrice. Scipiono Ier avait donc la charge de retenir le Grand Vizir sur ses terres, tandis que la mafia algarbienne se chargeait de l'enlèvement de la Reine de Hyptatie peu avant la séance du Conseil. L'opération était tout au bénéfice du monarque forlunien, qui voyait là l'occasion d'affaiblir la mafia grecque sur ses terres en renforçant l'emprise de la mafia algarbienne, tout en dotant son royaume d'un allié de poids en Algarbe, sans pour autant risquer que son implication dans l'affaire ne soit découverte. Par ailleurs, la Générale Marie-Claire Boyer avait su déployer des arguments extrêmement... convaincants, en dévoilant son plan à Scipiono. Au moment d'accueillir le Grand Vizir Rekhmirê, le Roi de Forluno afficha un sourire faussement bienveillant.


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Sa Majesté Scipiono Nistor dit « Scipiono Ier de Forluno »
Roi de Forluno
Membre du Conseil exécutif de la Ligue Amarantine


Scipiono Nistor : « Soyez le bienvenu à Patrosio, Excellence. J'espère que votre voyage à été agréable. »

Rekhmirê, convaincu d'être venu sur le sol forlunien afin de négocier une alliance entre la puissante entité amarantine et le Royaume de Hyptatie, n'avait pas la moindre idée de la supercherie dont il était victime. Comment aurait-il pu avoir le moindre doute ? La ruse mise au point par la Première Ministre Orlane était d'inspiration purement amarantine. En effet, c'était le parrain de la mafia algarbienne, Eric Bertaud, également membre de la noblesse de Movopolis, qui lui avait soufflé l'idée de l'isolement d'un membre du Conseil, après avoir brièvement étudié l'histoire du pays dans lequel il résidait. Le Grand Vizir était, certes, assez anxieux, connaissant l'importance du vote qui allait se dérouler au Conseil Impérial en son absence, mais il restait confiant quand aux chances que la réforme centralisatrice soit rejetée par la majorité des État-membres. Il n'eut donc aucun mal à rendre son sourire au Roi de Forluno.


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Son Excellence Rekhmirê
Grand Vizir du Royaume de Hyptatie
Représentant légal du Royaume de Hyptatie au Conseil Impérial


Rekhmirê : Il le fut tout à fait, Majesté, je vous remercie. Bien que nos royaumes respectifs soient situés sur deux continents différents, ils ne sont pas si éloignés l'un de l'autre à l'échelle mondiale.

Le Roi de Forluno ne comprenait pas l'intérêt de cette remarque. Ne sachant que répondre, il se contenta d'acquiescer brièvement avant d'inviter le Grand Vizir à entrer dans le palais. Il espérait tout de même que son invité soit rapidement prévenu des événements qui se déroulaient en Algarbe, ne souhaitant être encombré trop longtemps par la présence d'un personnage si peu intéressant.

Scipiono Nistor : « C'est vrai... Je suggère que nous entrions dès à présent dans le Palais. L'air y sera plus frais et nous serons plus à l'aise pour poursuivre notre entretien. »

Rekhmirê : « Je vous suis. »

Les deux hommes franchirent le perron du Palais et gravirent une à une les marches du grand escalier de marbre, pour atteindre la salle de réception préparée par le Roi de Forluno en personne.

Rekhmirê : « Je dois vous dire que c'est avec une certaine surprise, mais aussi avec une grande satisfactionn que nous avons accueilli votre missive, Majesté. C'est évidemment avec joie que le Royaume de Hyptatie coopérera avec le Forluno afin de contrer l'influence du couple barniquo-tyronari. »

Bien entendu, le Roi de Forluno n'avait aucune attente quand à une éventuelle alliance avec la Hyptatie. Il se contenta donc de sourire en hochant la tête, laissant le Grand Vizir développer la suite de sa pensée.

Rekhmirê : « Vous avez évoqué, dans votre missive, le danger que représentait pour vous l'accord de libre-échange signé entre le Tyronar et le Barnique, ainsi que la nécessité pour nos deux États de mener une action commune afin de se prémunir contre cette menace. Quel type d'action envisagez-vous exactement afin d'atteindre cet objectif ? »

Scipiono Nistor : « Eh bien... »

Scipiono n'avait aucune idée de la réponse à apporter au Grand Vizir. S'il avait évoqué la menace représentée par le Barnique dans sa missive, c'était avant tout pour justifier l'invitation de Rekhmirê sur ses terres. En réalité, il n'existait aucune rivalité entre le Royaume de Forluno et l’État autonome du Barnique. Les deux entités se considéraient l'une et l'autre avec indifférence, à vrai dire. Le monarque amarantin n'avait donc pas songé aux mesures qui pouvaient être prises pour contenir les marchandises tyronaries transitant par le Barnique, n'ayant pas pensé que le Grand Vizir aborderait ce sujet aussi vite dans la conversation. Se sentant pris au piège, il sentit des gouttes de sueur commencer à perler sur un front. Cependant, son calvaire fut interrompu par l'ouverture de la porte du salon de réception.

Laquais : « Pardonnez-moi de vous interrompre si brutalement, Majesté. L'un des membres de la délégation hyptate désire parler au Grand Vizir de toute urgence. »

Le Roi de Forluno ne put empêcher un léger rictus de se dessiner sur son visage. Il n'était, certes, en présence du Grand Vizir que depuis quelques minutes, mais il était déjà impatient de s'en débarrasser.

Scipiono Nistor : « Je comprends. Laisse-le donc entrer. »

Le serviteur du Grand Vizir pénétra dans la pièce et se pencha à l'oreille de son maître. Après quelques secondes de chuchotements, Rekhmirê se leva d'un bond.

Rekhmirê : « Pardonnez-moi, Votre Majesté, mais des événements graves se déroulent en Algarbe. Il semblerait que Sa Majesté la Reine Néfertiya IV ait été enlevée peu après son atterrissage à Belphore. Il faut que je regagne l'Empire au plus vite. »

Le Roi de Forluno feignit l'étonnement. Il n'était pas très bon acteur, surtout après le stress de la situation précédente. Mais le Grand Vizir était lui même tellement anxieux qu'il ne remarqua rien.

Scipiono Nistor : « Pas possible ? Dans ce cas, hâtez-vous, mon ami. »

Rekhmirê : « Je suis vraiment navré de devoir quitter votre royaume aussi vite. J'espère sincèrement que nous nous reverrons. »

Scipiono Nistor : « J'en suis convaincu. »

Rekhmirê suivit le laquais forlunien et son propre serviteur hors de la pièce, tandis que le Roi de Forluno restait assis dans le creux de son fauteuil, se contentant d'agiter la main pour saluer le Vizir. Lorsque la porte se referma, il laissa s'échapper un soupir de soulagement.

Scipiono Nistor : « Allez, bon vent ! »

Il se pencha sur la table basse et ouvrit la boîte en bois qui se trouvait posée dessus. Il en sortit un cigare qu'il porta à sa bouche et alluma lentement. Faisant une énième entorse à son régime, Scipiono Ier avale une bouffée de fumée qu'il recracha en faisant de plusieurs ronds. Il avait bien besoin de ça pour se remettre après une telle journée...

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« Ce n’est pas possible, m’écrivez-vous : cela n’est pas français. » Napoléon Ier, Empereur des Français
« La France ne peut être la France sans la grandeur. » Général Charles de Gaulle
« Il n'y a point d'homme dans le monde. J'ai vu dans ma vie des Français, des Italiens, des Russes. Mais quant à l'homme, je déclare ne l'avoir rencontré de ma vie. » Joseph de Maistre


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