SimPolitique - Jeu de Simulation Politique

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Message Publié : Mer Sep 09, 2015 11:30 am 
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Comme promis, voici un sujet pour vous expliquer les moyens de simuler une élection de manière réaliste par rapport au RP de votre pays et ce, dans les détails plus techniques, liés notamment aux modes de scrutin. La présente aide s’adresse bien entendu aux pays qui ont adopté un régime classique, dit de démocratie représentative, semblable à ce que l’on retrouve aux pays IRL, et peut s’adapter aussi bien aux Parlements nationaux qu’aux conseils locaux. Un certain nombre de joueurs trouvera donc le contenu de ce sujet plutôt ennuyeux et sans intérêt.

Introduction
L’importance du système électoral dépend d’abord de l’importance que votre pays accorde à la démocratie représentative. Si dans votre pays, le rôle du Parlement est consultatif, il ne faut a priori pas craindre l'absence de majorités claires et votre souverain n'a pas a priori à mettre ne place des modes de scrutin peu représentatifs, à moins qu'il ne veuille entendre que ce qu'il a envie d'entendre (c'est une autre possibilité). Bref, en fonction du rôle et de l'importance de vos institutions représentatives, il vous faudra plus ou moins tenir compte des paramètres détaillés ci-dessous.

Lexique
    A. Circonscriptions
      La présence ou l'absence de circonscriptions, leur importance, leur localisation sont des éléments très importants pour calculer le nombre de sièges. Qui définit les circonscriptions ? Sont-ce des régions qui se sont imposées "naturellement" ou "culturellement" avec le temps ? Ou à l'inverse, sont-ce des constructions artificielles créées par les appareils politiciens ? Par exemple, en France, les circonscriptions ne correspondent à rien, elles n'ont aucune identité ni légitimité propres, des villes pouvant être divisées en plusieurs circonscriptions selon le bon vouloir des politiciens. Cette pratique, surtout répandue aux Etats-Unis, s'appelle le gerrymandering, c'est-à-dire le découpage électoral réalisé pour favoriser ou défavoriser un camp. Les circonscriptions existent dans tous les modes de scrutin et donc le gerrymandering peut exister dans un mode de scrutin proportionnel mais beaucoup moins.

      Image


      Un découpage électoral peut permettre de "voler une élection", comme le montre habilement cette image. Admettons un Etat américain composé de 50 districts : 30 sont à majorité démocrate (bleu) et 20 à majorité républicaine (rouge).
      Première situation : dans un système proportionnel strict, les démocrates auraient 60 % des sièges et les républicains 40 %.

      Dans un mode de scrutin majoritaire, on divise par exemple l'Etat en 5 districts électoraux.
      Deuxième situation : le découpage est ainsi fait pour que les républicains soient constamment en minorité. Malgré le fait qu'ils représentent 40 % de l'électorat, ils n'obtiennent aucun siège. Les démocrates les raflent tous.
      Troisième situation : le découpage est ainsi réalisé pour favoriser les républicains. Pour pallier à leur faiblesse numérique, ils découpent l'Etat en districts de telle sorte à ce que les voix démocrates soient "gâchées" (Si le Parti démocrate gagne un district avec 80 % des voix, on peut dire qu'il y a gâchis). A l'inverse, le Parti républicain s'arrange pour gagner à l'arrachée (50-55 % des voix) 3 des 5 districts. Sous-représenté parmi la population, le Parti républicain est donc sur-représenté dans le Parlement élu.

      Bref, le découpage électoral est très important, surtout pour le mode de scrutin majoritaire, mais également pour le mode de scrutin préférentiel (que l'on étudiera ensuite) et dans une moindre mesure, pour le mode de scrutin proportionnel.

      Les circonscriptions ne sont pas mauvaises en soi, c'est le découpage qui peut l'être et servir des intérêts politiciens. Autrement, elles peuvent permettre la représentation de minorités (ethniques, régionales...) qui ne seraient pas représentées sans circonscription.

      In-Game : Si votre pays est petit, relativement homogène, avec une population non excessive, vous pouvez optez pour des élections sans circonscription (donc, scrutin proportionnel). Si vous avez des minorités éthniques ou des singularités régionales que vous souhaitez représenter, les circonscriptions sont nécessaires. Essayez tout de même de respecter un ratio population/nombre de sièges à peu près équivalent sur tout le territoire.

    B. Seuil électoral
      Le seuil électoral est un seuil à dépasser pour une liste afin d'être représentée dans un scrutin proportionnel. C'est une condition nécessaire mais parfois insuffisante. Autrement dit, si votre pays établit un seuil de 5 %, il ne suffira pas pour une liste d'avoir 5 % pour gagner des sièges. Selon les scores des listes adverses, il lui faudra peut-être 6 %, 7 %, etc. J'en ferai la démonstration avec la circonscription française Nord-Ouest aux élections européennes de 2014 quand j'aborderai le scrutin proportionnel.

      Le seuil électoral peut également exister dans un scrutin majoritaire, comme en France, avec le mode de scrutin majoritaire à deux tours, où il faut, pour un candidat, obtenir les voix de 12,5 % des inscrits pour pouvoir se maintenir au second tour dans le cas où on ne fait pas partie des deux premiers. D'ailleurs, on note que la France, toujours prête à exclure des candidats, a mis au point une originalité quasi-unique au monde : au lieu de demander un seuil sur la base des voix exprimés, elle demande un seuil sur la base des inscrits. L'abstention doit donc être minime pour permettre de franchir cette barre de 12,5 %. Si le vote est obligatoire, les deux taux se confondent relativement.

      In-Game : si vous souhaitez la proportionnelle sans l'éparpillement des voix, instaurez un seuil électoral pour exclure immédiatement les listes qui feraient un score inférieur à ce seuil. Ce qu'a fait Erdogan en Turquie pour exclure du jeu politique les Kurdes, en instaurant un seuil national de 10 % des voix. Le gâteau se partage donc avec moins de participants. Seulement, en juin 2014, pour la première fois, le parti pro-kurde dépasse ce seuil. Sachant que le Parlement turc se divise en 4 grandes forces électorales, le parti pro-kurde a donc bénéficié d'une part de gâteau plus grande.
      Bref, c'est utile pour exclure une minorité gênante pour votre dirigeant mais attention, ça peut se retourner contre lui si la minorité décide de se coaliser avec d'autres forces politiques. Ce ne peut donc être qu'une solution temporaire.

    C. Vote utile
      Beaucoup de pays souffrent du syndrome du vote utile, qui consiste moins à voter par conviction que par stratégie afin d'éviter de "gâcher" sa voix en la portant sur un candidat ou une liste qui, de toute façon, ne gagnera pas ou ne sera pas représentée. C'est un caractère inhérent au multipartisme, ce qui rappelle que le bipartisme n'est pas par essence anti-démocratique. Si deux partis se partagent l'entièreté du jeu politique, mais si les candidats sont investis non pas par décisions du parti mais par des élections primaires, ouvertes à tous, cela est davantage démocratique qu'un multipartisme de façade où il est impossible de faire entendre sa voix.

      Le vote utile est surtout une caractéristique du scrutin majoritaire, surtout à deux tours (la présidentielle française de 2002 étant un cas d'école), mais aussi à un tour (l'UKIP a été le grand perdant de cette logique au Royaume-Uni aux dernières élections générales).

      In-Game : Si le parti majoritaire de votre pays est en déclin, il est "utile" (en réalité, utile pour les appareils politiciens) de désigner un bouc émissaire (que l'on peut nommer par exemple "FN") pour rediriger des brebis égarées tentées par des voix "alternatives" de revenir aux seuls partis "utiles" (au sens où ils sont les seuls à gagner des sièges). Le vote utile est très utile pour conserver le même jeu politique. Utile donc pour les pays conservateurs, qui jurent par la stabilité et l'ordre. Utile pour les pays qui ont connu une période trouble, qui ont une stabilité politique démocratique mais fragile.

    D. Coalition et apparentement
      Dans la plupart des démocraties, on ne gouverne pas sans coalition. Dans les pays à scrutin majoritaire, on conclue un pacte entre partis d'une même coalition (exemple en France, avec le PS et EELV en 2012) pour se partager les circonscriptions gagnables, sans que l'un n'empiète sur l'autre. Les scrutins de liste, qui permettent de mettre plusieurs noms, ont moins ce problème.

      Sinon, il existe des accords d'apparentement. Les Belges sont peut-être un peu plus familiers que moi avec ce principe. Mais en fait, des listes s'associent sans fusionner pour atteindre ensemble le seuil électoral de 5 %. Par contre, le nombre de sièges qu'ils ont gagnés ensemble se répartissent au prorata des scores de chaque liste. Je ne vais pas trop m'attarder là-dessus.

      In-Game : Les électeurs préféreront les partis inclus dans une coalition que ceux qui partent isolément. C'est un gage de confiance que ces partis leur apporte : "Votez pour nous, nous ne saurons pas relégués dans l'opposition et serons à même d'infléchir la position des gouvernants". Même les petits partis ou les single-issue parties (c'est-à-dire les partis qui s'attardent sur une idée centrale, sans vraiment aborder les thèmes annexes, comme le Parti pirate, le Parti pour le vote blanc, etc) peuvent avoir leur rôle à jouer. Au Wapong, ce fut le cas : la coalition anti-SSP manquait de peu la majorité absolue, elle a donc pactisé avec les monarchistes parce qu'elle se fichait en réalité des questions institutionnelles, au contraire du PML. En Sébaldie, ça fonctionne énormément comme cela. Il manque toujours quelques sièges restants pour avoir la majorité absolue au Parlement, la coalition passe donc un accord avec des partis lobbyistes qui ont tout juste réussi à obtenir moins de 10 élus, et qui imposent leurs conditions en échange d'un soutien infaillible au gouvernement sur des dossiers qui, à prime abord, ne les intéresse pas et ne concerne pas leurs intérêts personnels (les Juifs sionistes, largement minoritaires, participent au gouvernement sébalde depuis 2023 et le lobby néerlandophone l'a fait aussi de 2023 à 2027). Le Parlement sébalde est donc le "Parlement des lobbies".

    Modes de scrutin
    Selon le régime de votre pays, selon l'influence des lobbies ou des minorités ethniques/religieuses, vous n'adopterez pas n'importe quel mode de scrutin. Je vais me limiter aux principaux, classés en trois catégories : scrutin majoritaire, scrutin proportionnel, scrutin préférentiel.

      I. Scrutin majoritaire
      Les scrutins majoritaires sont très majoritairement uninominaux. C'est-à-dire que les électeurs votent pour UN candidat. Sinon, on parle de scrutin majoritaires plurinominaux, qui sont rares en réalité. En France, on s'est vanté d'avoir concocté un scrutin binominal homme-femme en France, unique dans le monde... et pour cause, aucun pays sensé n'aurait adopté une telle absurdité.

        I.a. Scrutin majoritaire à un tour.
        Pays IRL où il est appliqué : Essentiellement le Royaume-Uni et les pays de l'ex-couronne britannique (Canada, Australie).
        Principaux avantages :
        - Simplicité d'utilisation.
        - Dégage des majorités claires au Parlement
        - Permet davantage le vote de conviction que le scrutin à deux tours.
        Principaux inconvénients :
        - Très faible leadership du gagnant (qui peut gagner avec 30 % des voix...)
        - Nécessité de définir des circonscriptions => Gerrymandering
        - Incite au vote utile et autres magouilles politiciennes.
        - Bâtit des baronnies locales, avec des députés ayant une très longue longévité, peu de renouvellement.

        Principe : Très simple. Dans chaque circonscription, on compte le nombre de voix des candidats qui se présentent. Celui qui en a récolté le plus a gagné.

        I.b. Scrutin majoritaire à deux tours.
        Pays IRL où il est appliqué : France (seule "démocratie" où il est appliqué) et pays de l'ex-empire colonial français.
        Principaux avantages :
        - Dégage des majorités claires au Parlement

        Principaux inconvénients :
        - Nécessité de définir des circonscriptions => Gerrymandering
        - Incite au vote stratégique (plus stratégique qu'utile).
        - Bâtit des baronnies locales, avec des députés ayant une très longue longévité, peu de renouvellement.
        - Magouilles d'entre-deux-tours, qui peut créer des violences et des intimidations dans les pays plus instables que la France (en Afrique par exemple).
        - Installe un climat détestable : l'objectif du deuxième tour est d'éliminer un des deux candidats, les intérêts politiciens priment.
        - Abrutit l'électeur avec des dispositifs comme les "consignes de vote".
        - Est beaucoup plus sujet à la fraude électorale.
        - L'électorat du premier tour n'est pas le même que celui du second, le scrutin est donc biaisé, il y a d'ailleurs un risque de forte abstention au premier tour car il n'y a que le second qui compte, les voix du premier tour vont à la poubelle.

        Principe : Sous couvert d'apporter une légitimité supplémentaire artificielle, si aucun candidat n'a obtenu 50 % + 1 voix au premier tour, on organise un deuxième la semaine suivante. Celui qui obtient le plus de voix est alors élu. Il peut y avoir plus de deux candidats au second tour mais dans ce cas, il faut établir un seuil électoral pour se maintenir au second tour. Avec 3 candidats et plus, la victoire se fait à la majorité relative (rarement absolue) des voix.

      II. Scrutin proportionnel.
        II.a Méthode d'Hondt.
        Pays IRL où il est appliqué : Grande majorité des pays actuels (modalités variables).
        Principaux avantages :
        - Selon le seuil électoral, représente plus ou moins l'ensemble de l'électorat.
        - Incite à se coaliser avec d'autres formations représentatives.
        - Pas de baronnies locales aussi prégnantes qu'avec le scrutin majoritaire.

        Principaux désavantages :
        - Absence de majorités claires.
        - Dictature des partis qui imposent leurs listes à la populace et qui permettent aux mêmes d'être reconduits dans leur fonction (les têtes de liste étant quasiment déjà élus).
        - Mode de scrutin qui permet d'élection d'appareils politiques plutôt que d'hommes et de femmes.

        Principe : Le scrutin proportionnel distribue, comme son nom l'indique, les sièges au prorata des voix obtenues. Mais il ne le fait pas n'importe comment. La méthode d'Hondt est là pour avantager un peu les grands partis. Explications.

        La méthode d'Hondt ou celle de Sainte-Lagüe sont dites "méthodes de la plus forte moyenne". Pour comprendre de quoi il s'agit et pour que ce soit significatif, je vais reprendre les résultats de la circonscription Nord-Ouest des européennes 2014. Il serait difficile de l'expliquer sans un exemple, c'est assez technique.

        Résultats sur Wikipédia
        10 sièges étaient en jeu et voici les résultats :
        - FN : 914 222 voix / 33.62 % / 5 sièges
        - UMP : 509 939 / 18.75 % / 2
        - PS : 320 250 / 11.78 % / 1
        - UDI : 255 108 / 9.38 % / 1
        - EELV : 194 595 / 7.16 % / 1
        - Front de Gauche : 173 531 / 6.38 % / 0
        - Debout la République : 113 097 / 4.16 % / 0
        etc.

        La France a instauré un seuil de représentativité de 5 % dans toutes les circonscriptions. Toutes les listes en-dessous de 5 % sont donc exclues de représentation au Parlement européen. Déjà, on pourrait se poser la question suivante : comment se fait-il que le Front de gauche n'ait aucun siège alors qu'il a recueilli 6.38 % des voix ? Je vais y revenir.

        Le principe est simple : pour chaque liste, on divise le score par un diviseur électoral. Dans la méthode d'Hondt, c'est simple : le premier siège à attribuer a le numéro "1" donc on divise tout par "1", puis par 2 pour le siège n°2, par 3 pour le siège n°3...

        Normalement, c'est le nombre de voix que l'on divise par le diviseur électoral mais pour mieux comprendre le principe, j'ai utilisé les scores en %. J'obtiens ce tableau :
        Image

        Les chiffres obtenus sont donc des quotients : j'ai à chaque fois divisé le % par le diviseur électoral. Je ne l'ai pas fait au-delà de 5 car c'est assez fastidieux et inutile, sauf pour le FN en guise d'exemple.
        Que fait-on avec tous ces chiffres ?
        Et bien, sachant qu'il y a 10 sièges en jeu, on sélectionne les 10 premiers (ceux que j'ai mis en gras et en rouge)
        En détails :
        - 1er siège attribué logiquement au FN qui a le quotient le plus élevé avec 33.62.
        - 2e siège pour l'UMP, avec 18.75 (= 1 siège pour l'UMP)
        - 3e siège pour le FN avec 16.81 (= 2 sièges pour le FN)
        - 4e siège pour le PS, avec 11.78 (= 1)
        - 5e siège pour le FN avec 11.21 (= 3)
        - 6e siège pour l'UDI avec 9.38 (= 1)
        - 7e siège pour l'UMP avec 9.37 (= 2)
        - 8e siège pour le FN avec 8.40 (= 4)
        - 9e siège pour EELV avec 7.16 (= 1)
        Il ne reste plus qu'un siège en jeu. Le Front de Gauche a dépassé les 5 % mais même divisé par 1, son score resté inférieur à celui du FN divisé par 5. Le FN, avec un quotient de 6.72 arrache le dernier siège, ce qui lui permet d'obtenir 5 sièges, soit la moitié, avec seulement 33.62 % des voix. Logiquement, cette méthode favorise les grands partis (ici le FN est un grand parti).

        II.b Méthode de Sainte-Lagüe.

        Pays IRL où il est appliqué : Pays nordiques
        Principaux avantages :
        - Voir ci-dessus
        - Comparativement à la méthode d'Hondt, permet la représentation des listes plus petites.

        Principaux désavantages :
        - Voir ci-dessus.

        Principe : Le principe est le même que pour la méthode d'Hondt mais on change de diviseur électoral : au lieu de 1, 2, 3, 4, 5, on divise par 1, 3, 5, 7, 9... respectivement pour attribuer le 1er, 2e, 3, 4e, 5e siège (parfois on commence à 1.4 dans la méthode de Sainte-LaGüe dite modifiée, puis 3, 5, 7...).

        Image

        Pareil ici, je n'ai pas tout rempli car c'est fastidieux et inutile, les 10 premiers quotients sont obtenus avec 5 premiers diviseurs.
        En détails :
        - 1er siège pour le FN avec 33.62 (= 1)
        - 2e siège pour l'UMP avec 18.75 (= 1)
        Jusque là, rien de différent, ça va changer à partir du 3e siège
        - 3e siège pour le PS avec 11.78 (= 1)
        - 4e siège pour le FN avec 11.21 (= 2)
        - 5e siège pour l'UDI avec 9.38 (= 1)
        - 6e siège pour EELV avec 7.16 (= 1)
        - 7e siège pour le FN avec 6.72 (= 3)
        - 8e siège pour le Front de Gauche avec 6.38 (= 1)
        - 9e siège pour l'UMP avec 6.25 (= 2)
        - 10e siège pour le FN avec 4.81 (= 4)

        Au final, le FN aurait gagné 4 sièges, contre 5 avec la méthode d'Hondt et le Front de gauche en aurait obtenu un dans cette circonscription.



        In-Game : La proportionnelle est de loin le système électoral le plus facile à simuler dans le cadre de Simpolitique. Plutôt que de calculer à la main chaque score, je vous propose ce simulateur de la méthode d'Hondt. Inutile de calculer le nombre de voix : personnellement, j'utilise les scores aux deux centièmes. Ainsi, pour savoir combien de sièges seraient attribués à la proportionnelle, par exemple pour une liste qui a obtenu 23,97 %, avec 44 sièges en jeu, je considère qu'il y a au total 10 000 voix (100,00 %) et que la liste a recueilli 2 397 voix (23,97 %). Bien sûr, la proportionnelle ne s'adapte pas aux pays qui ont un bipartisme bien prononcé mais devrait convenir à la majorité des joueurs ici.


      III. Scrutin préférentiel
        Pays IRL où il est appliqué : Irlande, Australie...
        Principaux avantages :
        - Elit ceux qui plaisent le plus et élimine ceux qui déplaisent le plus : recherche d'un consensus.
        - L'électeur dispose pour ainsi dire de plusieurs votes dans un seul bulletin.
        - Stabilité parlementaire
        - Fin de la dictature des partis : il est demandé à l'électeur de bien analyser ses candidats, lesquels partent au même pied d'égalité. On élit davantage une personnalité qu'un parti.
        Principaux désavantages :
        - Les électeurs peuvent être tentés de suivre les consignes des partis qui déterminent à l'avance la liste ordonnée à glisser dans l'urne.
        - Gerrymandering (moins prononcé si les circonscriptions sont grandes et élisent plusieurs candidats, comme en Irlande – sinon dans le cas de l'Australie, le scrutin se rapproche franchement du scrutin majoritaire).

        Principe : Les électeurs classent par ordre de préférence les candidats de leur circonscription. Le candidat qui a reçu le plus d’avis positifs est élu. Autrement dit, un électeur vote autant de fois qu’il y a de candidats. Néanmoins, les modalités sont très différentes d'un pays à l'autre. Pour être vraiment préférentiel, ce mode de scrutin demande à élire plusieurs candidats dans la même circonscription (on parle alors de vote unique transférable car un électeur vote pour ainsi dire plusieurs fois).

        Image

        Le dépouillement est assez compliqué. D'abord, il faut définir un quota au-delà duquel un candidat est élu au mandat qu'il brigue. Si le scrutin vise l'élection d'une seule personne, on divise le nombre de voix par 2 + 1 voix pour obtenir une majorité absolue classique. S'il y a plusieurs sièges en jeu, on divise le nombre de voix par le nombre de sièges en jeu pour obtenir le quota de qualification.

        Image

        Je prends l'exemple de l'élection du Président de la République sébalde, élu par les membres du Congrès. 1096 électeurs participent au scrutin mais 964 s'expriment. Aussi, comme il y a un seul siège en jeu, on divise ce nombre par deux (482) et on ajoute une voix pour obtenir la majorité absolue (483). Ensuite, on comptabilise les candidats qui arrivent en "Première préférence". Si un candidat obtient la majorité absolue de première préférence définie par le quota, il est élu. Sinon, on élimine le candidat qui a reçu le moins de"Première préférence" pour prendre en compte les "Deuxième préférence" sur les bulletins concernés.

        Dans mon exemple, le candidat Alfonz Kappel a dès le premier tour 328 voix "Première préférence" (< 482). Normal, c'est le candidat libéral soutenu par une grande partie de la coalition gouvernementale. Edvard-Cerny Bëcker est le candidat communiste et reçoit seulement la première préférence de 87 grands électeurs, tous communistes. Il est éliminé. Personne n'a atteint le quota, un deuxième tour (comptage) s'impose : on prend donc en compte les bulletins communistes et on regarde leur deuxième préférence. Sur les 87 bulletins, 82 ont fait de Sebastiaan Van Althuis (Renaissance néerlandophone) leur deuxième préférence, 5 l'ont fait pour le candidat libéral et 2 pour la candidate nationaliste Karina Rawald. Les voix s'ajoutent : Karina Rawald est éliminée. On répartit ses 299 voix selon les deux finalistes. Les grands électeurs nationalistes ont choisi en 2e préférence le candidat consensuel néerlandophone S. Van Althuis contre leur adversaire libéral. Van Althuis est élu, alors qu'il aurait été battu au scrutin majoritaire.



        In-Game : Le dépouillement est compliqué et peut s'adapter difficilement au jeu, sauf pour les élections avec peu d'électeurs et peu de candidats (comme c'est le cas pour l'élection du Président de la République sébalde, élu par les membres du Congrès). Vous pouvez l'adopter mais la simulation détaillée est très complexe, à moins d'avoir une population nationale de 100 habitants (et encore, ça représente beaucoup de boulot).


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Message Publié : Ven Juin 16, 2017 5:37 pm 
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