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 Sujet du message : Encyclopédie
Message Publié : Mar Août 23, 2016 10:25 pm 
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♛ Sommaire ♛

Section I. Informations générales
Section II. Institutions .............
Section III. Géographie............
Section IV. Histoire .................
Section V. Économie ....._.........
Section VI. Culture ....___........
Section VII. Législation ...........
Section VIII. Polices & Armées _



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 Sujet du message : Re: Encyclopédie
Message Publié : Mer Août 24, 2016 10:31 pm 
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    A. Caractéristiques politiques

    • Nom officiel du pays : République Sérénissime de Siracuzzia
    • Nom courant du pays : Siracuzzia
    • Régime politique : République aristocratique
    • Positions idéologiques : Ultra-libéralisme (économie), Ultra-conservatisme (société), Neutralité (diplomatie)
    • Capitale : Cité de Siracuzzia
    • Drapeau :
      - Au centre du drapeau. Un cheval ailé symbolise les colons du Saint-Empire Arsois venus en exil fonder la Cité de Siracuzzia. Le cheval ailé surplombe un compas, rappelant l'importance de la navigation dans l'histoire de Siracuzzia. À l'intérieur du compas figure un livre ouvert surplombé d'un soleil, emblème de l'Ordre de Saint-Marc. Il s'agit d'un ordre religieux né à Siracuzzia et dont l'influence n'a jamais faibli.
      - Contours du drapeau. Les ornements du cadre d'or sont des vagues formées par la mer et au centre desquelles se trouve une croix grecque. Cette croix symbolise la dévotion du peuple siracuzzain à la religion chrétienne.
      - En arrière plan. La couleur rouge domine tout l'arrière plan du drapeau. Le rouge est la couleur emblématique de la République. La légende raconte qu'il s'agissait à l'origine de la couleur des capes portées par les seigneurs arsois fondateurs de la Cité de Siracuzzia.

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    B. Caractéristiques culturelles

    • Hymne national : Salve Invicta Juditha
    • Devise nationale : « A Fluctibus Opes » (De la mer vient notre richesse)
    • Langues officielles : Italien & Latin
    • Religion officielle : Catholicisme romain
    • Gentilé : Siracuzzain(s) / Siracuzzaine(s)


    C. Caractéristiques économiques



    D. Caractéristiques géographiques



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 Sujet du message : Re: Encyclopédie
Message Publié : Jeu Août 25, 2016 10:45 pm 
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    A. Institutions politiques

      1. Laïques

        a. Affaires nationales

        • La Grande Comice

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          Sa compétence. Cette assemblée se réunit dans des circonstances exceptionnelles. Lorsque le Doge vient à décéder, elle est appelée à élire son successeur. C'est également la Grande Comice qui élit les membres du Sénat tous les 10 ans. Elle ne dispose d'aucun pouvoir direct, en dehors de ces compétences électives.

          Sa composition. Siège de droit au sein de la Grande Comice tout citoyen majeur inscrit au registre nobiliaire (qui répertorie les citoyens de sang noble). Sont inscrites sur ce registre toutes les personnes nées d'un père et d'une mère eux-mêmes de sang noble. Le citoyen noble qui s'unit par mariage à une personne roturière ou de nationalité étrangère voit son nom rayé du registre nobiliaire. S'il demeure de sang noble, il ne peut en revanche plus siéger au sein de la Grande Comice. À l'heure actuelle, 8.751 personnes sont inscrites sur le registre nobiliaire.


        • Le Doge

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          Sa compétence. Le Doge est le chef du pouvoir exécutif ; il occupe sa fonction du jour de son élection au jour de sa mort. Il dispose de compétences propres en matière de sécurité, patrimoine, finances, diplomatie et marine. Dans le cadre de ces matières, le Doge est habilité à prendre les décisions seul : c'est lui qui initie la procédure d'adoption des actes et sa seule signature suffit à les rendre obligatoire. En dehors de ces matières, le doge dispose de compétences partagées avec le Sénat (notamment en matière de fiscalité, commerce, ratification des traités, etc.). Dans le cadre de ces matières, le doge ne dispose que de la faculté de soumettre une proposition d'adoption d'acte. C'est au Sénat qu'il revient ensuite de décider si l'acte doit être adopté ou non.

          Portrait du Doge actuel. Enrico Dandolo. Âgé de 77 ans, il occupe la fonction de Doge depuis 24 ans. La famille Dandolo est l’une des plus influente de Siracuzzia, notamment en raison de son emprise sur le secteur bancaire national. Le père du doge, Otto Dandolo, a lui-même occupé la prestigieuse charge de chancelier auprès du précédent Doge. Le fils aîné du doge, Lorenzo Dandolo, dirige la puissante banque familiale depuis l’élection de son père.


        • Le Conseil restreint

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          Son rôle. Le Conseil restreint épaule le Doge dans la gestion des affaires nationales. Les conseillers aident notamment le Doge à soumettre au Sénat des propositions d'acte de qualité. Pour cela, ils suggèrent au Doge des propositions dans des domaines ciblés au cours des séances du Conseil restreint. En outre, ils sont également à la tête de services administratifs ou militaires nationaux. Ils gèrent leur fonctionnement quotidien et prennent seuls les décisions purement internes à ces services.

          Sa composition. Le nombre de membres au sein du Conseil restreint varie en général entre une dizaine et une quinzaine de personnes. Elles sont toutes librement nommées par le doge, qui peut tout aussi librement les révoquer (individuellement ou collectivement). Le Conseil restreint est la seule institution politique civile de Siracuzzia pour laquelle l'inscription au registre nobiliaire n'est pas exigée. Cependant, la nomination d'un roturier au sein du Conseil restreint est souvent mal perçue par la noblesse et se paie parfois par la perte de la confiance du Sénat. Les Doges ne s'y risquent que très rarement, craignant que les sénateurs organisent le blocage systématique des actes qui leur sont proposés.


        • Le Sénat

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          Sa compétence. Tout comme celles du Doge, les compétences du Sénat se divisent en compétences propres et compétences partagées. La principale différence est que le Sénat, plus faible politiquement que le Doge, ne dispose que d'une seule compétence propre : celle de nommer les magistrats des juridictions laïques. Dans le cadre de cette compétence, seuls les sénateurs sont habilités à proposer et approuver la nomination d'un juriste inscrit au registre nobiliaire. Dans le cadre de ses compétences partagées avec le Doge (fiscalité, commerce, ratification des traités... cf. compétences partagées du Doge), le Sénat n'a que la faculté d'adopter ou de rejeter les propositions qui lui sont soumises par le Doge. Les sénateurs n'ont en aucun cas la possibilité de soumettre des propositions au Doge et, encore moins, de les adopter de leur propre initiative.

          Sa composition. Le Sénat est composé de 150 membres. Les sénateurs sont issus de la Grande Comice et élus par elle pour un mandat de 10 ans. Le Sénat agit, en quelque sorte, en représentation de la Grande Comice. La charge de sénateur a un caractère temporairement patrimonial : si un sénateur décède en cours de mandat, sa charge est transmise à son héritier direct pour le restant du mandat en cours.


        b. Affaires locales

        • Le chancelier

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          Sa compétence. Librement nommé (parmi les personnes inscrites au registre nobiliaire) et révocable par le Doge, le chancelier approuve ou rejette les propositions qui lui sont faites par les comices locales. En pratique, il est essentiellement question de problématiques liées à l'urbanisme ou de demandes d'autorisation administrative relatives à des initiatives locales.

          Portrait du chancelier actuel. Andrea Grimani. Âgé de 42 ans, il occupe la fonction de Chancelier depuis seulement 2 ans. Il appartient à la famille des armateurs Grimani, les alliés historiques de la famille Dandolo. Autrefois très puissante, cette famille a vu son influence progressivement décliner. Aujourd’hui, les chantiers Grimani ne produisent plus que quelques yachts et bateaux de pêche. En dépit d’une fortune inférieure à celle de la majorité des autres grandes familles siracuzzaines, les Grimani profitent de l’influence de leurs alliés Dandolo pour continuer à peser dans la politique nationale.


        • Les comices locales

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          Leur compétence. Les comices locales, réunies de façon bihebdomadaire, soumettent à l'approbation du chancelier toute proposition d'ordre local. Chaque proposition n'a de portée que dans le périmètre dont ressort la comice locale qui en est à l'origine. En cas de rejet d'une proposition par le chancelier, les comices locales ont la possibilité de saisir le Doge dont l'avis sera définitif. Les comices locales peuvent également demander au chancelier de trancher tout conflit d'ordre local insusceptible de recours en justice. La décision du chancelier, dans cette hypothèse très rare, est susceptible d'appel devant le Doge.

          Leur composition. Les membres des comices locales sont désignés par les personnes inscrites au registre nobiliaire et résidant dans le ressort territorial de la comice, parmi leurs pairs. Les cités (grandes villes) disposent de plusieurs comices locales, chacune composée de 15 à 35 membres. Les bourgs (villes moyennes) disposent d'une seule comice locale, composée de 15 à 35 membres. Les villages ne disposent pas de comice locale, ils sont rattachés à la comice la plus proche.


      2. Religieuses

        • Le Grand Inquisiteur

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          Sa désignation. Le Patriarche de Siracuzzia acquiert automatiquement la charge de Grand Inquisiteur de Siracuzzia. En sa qualité de chef du clergé, c'est le Souverain Pontife lui-même qui nomme le Patriarche de Siracuzzia. Ainsi, indirectement, le Souverain Pontife détient la compétence de nommer les Grands Inquisiteurs de Siracuzzia. Il s'agit d'une compétence d'importance majeure au regard du rôle de ce personnage.

          Sa compétence. Le Grand Inquisiteur ne dispose que de compétences propres (il initie la procédure d'adoption des actes et les adopte lui-même). Il est compétent pour prendre toute décision directement en lien avec le Culte (nomination des prêtres, perception/utilisation des ressouces issues de la Dîme, entretien/rénovations des lieux de culte, etc...), avec l'Enseignement (désignation des enseignants, détermination des programmes scolaires et universitaires) et avec la Justice pénale (ex : nomination des magistrats de l'Inquisition).

          Portrait du Grand Inquisiteur actuel. Francesco Moraglia. Âgé de 69 ans, il est le patriarche de la Cité de Siracuzzia depuis 7 ans. Il entretient de très bonnes relations avec le Doge Enrico Dandolo.
          Connaissant la volonté de ce dernier de diminuer les pouvoirs de l'Église à Siracuzzia, le Grand Inquisiteur tâche de maintenir une relation cordiale avec le doge de façon à le dissuader de s'en prendre à l'Église.



    B. Institutions juridictionnelles

      1. Juridictions laïques

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      • Les juges des citoyens

        Ils jugent les conflits opposant des personnes physiques et/ou des personnes morales de nationalité siracuzzaine. Ces conflits doivent toutefois représenter un certain montant pour pouvoir être soumis aux juges : 200 ducats. En première instance, 1 seul juge statue. La décision qu'il rend est susceptible d'appel. Dans ce cas, 3 à 5 juges des citoyens (selon le montant en jeu) seront saisis du litige. La décision qu'ils rendent n'est pas susceptible de recours, sauf en cas d'exception de procédure (= une des parties au litige estime que la procédure n'a pas été respectée). Une commission composée de 5 juges des citoyens et de 5 sénateurs détermine alors si la procédure a été violée ou non. Si c'est le cas, le litige devra être rejugé par une autre formation de 3 à 5 juges des citoyens conformément aux prescriptions de la commission.


      • Les juges des étrangers

        La République Sérénissime est un pays particulièrement propice à l'internationalisme. Le pays est très dépendant de l'extérieur notamment pour ses importations. Par le passé, l'importance du commerce maritime a rendu nécessaire d'assurer plus d'impartialité lorsqu'un conflit entre un national et un étranger était soumis à la Justice siracuzzaine. L'idée était notamment de rassurer les commerçants étrangers et ainsi favoriser les échanges avec l'extérieur. Les juges des étrangers statuent en priorité au regard des normes internationales (traités en vigueur entre les pays concernés, coutumes internationales, etc...). Ce n'est qu'en cas d'absence ou d'insuffisance de norme internationale que les juges des étrangers statuent au regard des normes internes (ils comparent le droit des États concernés et essaient d'en déduire une norme intermédiaire). En première instance, 3 juges des étrangers se prononcent sur le litige. Leur décision est susceptible d'appel : dans ce cas, ce sont 7 juges des étrangers qui se prononcent sur le litige.


      • Les juges de l'État

        Ils jugent les conflits opposant l'État (conçu de façon large : toute administration publique) à un particulier de nationalité siracuzzaine. Le plus souvent, il s'agira d'un particulier qui réclame la réparation d'un préjudice causé par l'Administration. La raison de l'existence d'une telle magistrature tient au fait que l'Administration ne peut pas être considérée comme un simple particulier et être jugée comme tel. C'est pourquoi les juges de l'État sont en général assez indulgents à l'égard de l'Administration. Il faut prendre en compte le fait qu'elle représente l'intérêt général. La procédure suivie est la même que pour les litiges soumis aux juges des citoyens.


      2. Juridictions religieuses

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      • Les juges du pénal (Inquisition)

        Les juges du pénal, nommés inquisiteurs, sont désignés par le Grand Inquisiteur de Siracuzzia. Ils sanctionnent d'une peine (amende, travaux d'intérêt général, emprisonnement, pendaison) les personnes qu'ils reconnaissent coupables d'une infraction pénale. La particularité du droit pénal à Siracuzzia vient du fait que l'infraction pénale est caractérisée non pas par la violation d'une norme écrite édictée par un législateur mais par la violation d'une règle issue des saintes écritures chrétiennes essentielle à l'ordre public et moral. Ce sont les inquisiteurs qui dégagent ces règles, ces dernières pouvant découler des saintes écritures aussi bien explicitement qu'implicitement. Ce caractère imprévisible du droit pénal siracuzzain est source d'importante insécurité juridique. L'organisation de la justice pénale à Siracuzzia témoigne clairement de l'archaïsme des institutions de ce pays, celles-ci ayant invariablement traversé les ères du XVIe siècle (avec la Déclaration Réformatrice, cf. Section IV) jusqu'à aujourd'hui.



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-> Récapitulatif de la répartition des compétences <-

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 Sujet du message : Re: Encyclopédie
Message Publié : Mer Nov 30, 2016 5:22 pm 
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    A. Cartographie

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    -> Carte des transports inter-cités et internationaux <-
    -> Carte des transports municipaux [Cité de Siracuzzia] <-



    B. La hiérarchie des localités

      1. Les cités

      Les cités sont autorisées à accueillir des foires ainsi que des marchés. Elles disposent de plusieurs comices locales.

      • Citta di Siracuzzia

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      Fondation : Xe siècle (952 ap. JC)
      Démographie : 750 000 habitants
      Comice(s) locale(s) : 8
      Économie : tourisme, industrie, pêche, affaires


      • Mirano

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      Fondation : XVe siècle
      Démographie : 235 000 habitants
      Comice(s) locale(s) : 4
      Économie : tourisme, pêche, affaires


      • Portegrandi

      Image

      Fondation : XIIIe siècle
      Démographie : 175 000 habitants
      Comice(s) locale(s) : 3
      Économie : industrie, affaires


      2. Les bourgs

      Les bourgs sont seulement autorisés à accueillir des marchés. Ils ne disposent que d'une seule comice locale.

      • Trevizzia

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      Fondation : XVe siècle
      Démographie : 55 000 habitants
      Comice(s) locale(s) : 1
      Économie : tourisme, pêche, affaires


      • Santacroce

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      Fondation : XVIIe siècle
      Démographie : 43 000 habitants
      Comice(s) locale(s) : 1
      Économie : industrie, pêche


      • Portechioggia

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      Fondation : XVIIIe siècle
      Démographie : 35 000 habitants
      Comice(s) locale(s) : 1
      Économie : industrie, artisanat


      • Torcello

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      Fondation : XIIIe siècle
      Démographie : 33 000 habitants
      Comice(s) locale(s) : 1
      Économie : tourisme, affaires


      3. Les villages

      Les villages ne sont autorisés à accueillir ni marché, ni foire. Ils ne disposent pas d'une comice locale qui leur est propre, ils sont rattachés à celle du bourg le plus proche ou à l'une de celles de la cité la plus proche.

      • Portelino

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      Fondation : XIVe siècle
      Démographie : 9 500 habitants
      Comice(s) locale(s) : 0 (rattaché à Mirano)
      Économie : pêche, artisanat


      • Malta

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      Fondation : XVe siècle
      Démographie : 7 000 habitants
      Comice(s) locale(s) : 0 (rattaché à Trevizzia)
      Économie : tourisme, artisanat


      • Burani

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      Fondation : XVe siècle
      Démographie : 3 000 habitants
      Comice(s) locale(s) : 0 (rattaché à Mirano)
      Économie : tourisme, pêche


      • Jesolo

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      Fondation : XIIe siècle
      Démographie : 2 500 habitants
      Comice(s) locale(s) : 0 (rattaché à la Cité de Siracuzzia)
      Économie : pêche, artisanat


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 Sujet du message : Re: Encyclopédie
Message Publié : Ven Jan 13, 2017 10:43 pm 
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    A. Genèse de Siracuzzia (952)

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Fuir le continent. En 948, l’Empereur arsois Boson III rendit son dernier souffle, entraînant avec lui l’extinction de sa jeune dynastie. L’absence de règles régissant la dévolution de la couronne avait rendu impossible la désignation de son successeur. Face aux désaccords, aux convoitises et à la témérité, la guerre était inévitable. Nombreux étaient ceux qui se voyaient déjà tête couronnée et sceptre en main, siégeant fièrement sur le trône de l’Empire. Pendant trente années, la guerre fit rage. Une guerre lente, au cours de laquelle plusieurs clans avaient eu à s’affronter, œil pour œil, ost contre ost. Une guerre destructrice, également, qui mit les domaines des seigneurs à feu et à sang. Après quatre années de chaos, un groupe de hauts dignitaires fit le choix de l’exil. Partir pour survire, mais surtout partir par crainte de tout avoir à perdre dans les flammes de la guerre. Les coffres, remplis d’or, furent entassés dans les cales. Les tableaux, les tapis et toutes les richesses qui pouvaient s’emporter furent soigneusement embarqués sur de précaires navires. Ces familles prirent le large, quittant le littoral le cœur lourd mais avec la ferme intention de revenir après le retour de la paix.

Retrouver la terre ferme. Les récits de la découverte de l’île sur laquelle fut fondée la Cité de Siracuzzia varient d’une famille à l’autre. Il est amusant de constater que nombreuses sont les grandes familles siracuzzaines qui ont cherché à s’approprier l’épopée de la fondation de Siracuzzia. La version la plus répandue, celle défendue par la famille DANDOLO, veut qu’un chef naturel se soit dégagé, un leader pour mener ces troupes exilées : Angelius Dandolius. Mission lui avait été confiée de conduire ses pairs jusqu’à la Cité-État de Montorive, une terre de paix éloignée des conflits. Naviguant en direction du soleil-levant, Angelius Dandolius et le reste des exilés ne tardèrent pas à croiser le chemin de la tempête. Tonnerre et torrents s’abattirent sur eux pendant plusieurs jours. Invisible derrière l’océan de nuages, le soleil ne pouvait plus les guider. Vulnérables et à la dérive, les navigants en exils se croyaient perdus et promis à une mort imminente. Mais, contre toute attente, après trois jours de dérive et alors que les vivres commençaient à manquer, le ciel s’éclaircit à nouveau et laissa apparaître à l’horizon le dessin d’une île. Angelius Dandolius ordonna que l’on mette le cap sur la terre. Les exilés, miraculés, débarquèrent sur les côtes d’une île de petite taille. Une île que l’on nomme désormais Cité de Siracuzzia.


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 Sujet du message : Re: Encyclopédie
Message Publié : Sam Jan 14, 2017 2:30 am 
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    B. Histoire politique


      1. L’Acratie (952-967)

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S’organiser sans gouvernement. L’une des premières questions qui s’est posée était celle du commandement. Perdus sur une île au milieu de l’océan, les exilés avaient une espérance de vie terriblement faible. Les réserves en nourriture et en vin étaient presque écoulées. Reprendre la mer était donc inenvisageable tant que les stocks de nourriture n’avaient pas été reconstitués. Angelius Dandolius faisait figure de meneur providentiel pour cette troupe égarée. Il fut celui qui prit la décision d’établir provisoirement un campement sur l’île. Le groupe comprenait une cinquantaine d’hommes, de femmes et d’enfants, quasiment tous en capacité de travailler. Il répartit les tâches selon les capacités de chacun d’eux. Pour construire des habitations solides, il fallait trouver du bois. Pour nourrir la communauté, il fallait cueillir, chasser et pêcher. Angelius Dandolius mit en place une véritable organisation. Une organisation que les historiens désignent comme « la première forme de gouvernement siracuzzain ». Unis par l’instinct de survie, les fondateurs se mettaient chacun au service de la communauté. Leur appartenance au même statut social rendait inévitable l’apparition d’une organisation strictement égalitaire dans laquelle aucun membre ne peut avoir autorité sur un autre. Cette organisation aux allures anarchiques, bien qu’initialement orchestrée par Angelius Dandolius, se maintint pendant une quinzaine d’année y compris après la mort de celui-ci (964). Dans l’impossibilité de constituer des réserves suffisantes, les exilés devaient choisir entre vivre en sauvages dans cette étonnante communauté anarchique ou prendre le pari suicidaire de retrouver le continent avec un stock de vivre très faible et sans avoir la moindre idée du cap à prendre. Le choix n’était pas difficile à faire.

Décider malgré l’égalité. La Cité de Siracuzzia était loin d’avoir l’allure qu’elle a désormais, mais elle commençait déjà à prendre forme. Au bout de quelques années, des rues tracées dans la terre commençaient à prendre forme. On commença à diviser le village en quartiers, lui qui comptait déjà une vingtaine de bâtiments en bois. Les quinze premières années sont marquées par une véritable cohésion entre les habitants. Conscients de leur état précaire et de leur faible chance de survie en cas de désunion, aucun d’eux n’osait perturber le fonctionnement naturel de la communauté. Ce n’est qu’au cours de l’année 967 (date supposée par la plupart des historiens) que les premiers désaccords éclatèrent. Suite à la cueillette de baies non-comestibles par l’un des membres de la communauté, trois personnes décédèrent empoisonnées. Cet évènement rompit l’union sacrée et mit en évidence la nécessité d’un pouvoir de direction, d’organisation et de contrôle des activités de la communauté. Certains militaient pour désigner un chef unique (par goût de l’efficacité), quand d’autres préféraient être dirigés par une collectivité (par crainte de l’arbitraire). Un autre sujet de discorde attisait les tensions : était-il temps de tenter de regagner le continent ? Après quinze années à vivre dans des conditions pires que celles des paysans arsois, certains étaient épuisés et aspiraient à retrouver leur ancienne vie. Cette année 967 fut un tournant. Une nouvelle forme de gouvernement fut choisie par vote à la majorité : la Comice. Les déçus de cette forme collective de gouvernement rejoignirent les nostalgiques et, ensemble, ils quittèrent l’île à bord de l’un des navires restant. Les historiens n’ont jamais retrouvé de trace de leur expédition. Beaucoup pensent que ceux qui ont abandonné la communauté ont péri en plein mer, affamés ou noyés.


      2. La Comice (967-1158)

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Gouverner collectivement. Pour rendre possible la prise de décision sans remettre en cause l’égalité entre eux, les rescapés optèrent en 967, à la suite d’un vote à la majorité, pour l’institution d’une assemblée au sein de laquelle siégerait un représentant de chacune des familles : le « Cŏmĭtĭum » (« Comice » en latin, langue couramment parlée par la noblesse arsoise). Cette Comice avait pour rôle de trancher les conflits et de voter les décisions qui divisent les habitants. En 967, Siracuzzia comptait 13 familles (parents + enfants). La Comice était donc composée de 13 membres, un nombre impair qui limitait les risques de blocage. La création de cette assemblée a permis de prendre un certain nombre de grandes décisions et notamment une décision cruciale en 991, lorsque des navigants étrangers sont aperçus au large.

Gouverner malgré le rétablissement de la liaison avec le continent. Au cours de l’été 991, un des « préposés » à la pêche prévint le reste des habitants qu’il venait d’apercevoir un bateau près du littoral. Un groupe d’éclaireurs envoyés sur demande de la Comice dans les années 980 était parvenu, après des semaines en mer, à retrouver le continent. Les éclaireurs, partis en prenant un cap hasardeux et s’en remettant à Dieu, avaient fini par apercevoir à l’horizon les côtes orientales du Royaume d’Ingrao (Sud de l’actuel Empire de Posnanie). Il avait fallu plusieurs années à ces éclaireurs pour leur permettre, munis de cartes maritimes encore trop imprécises, de situer avec précision l’île d’où ils étaient partis. Après 11 ans, ils étaient parvenus à trouver l’île, permettant ainsi d’établir une liaison avec le continent. Les nouvelles que les éclairés rapportèrent n’étaient pas de nature à réjouir les rescapés. La guerre de succession en Arsois était terminée. Le roi Humbert, premier du nom, dit « Le Restaurateur » avait été couronné en 978. Beaucoup se voyaient déjà de retour sur le continent mais les revenants calmèrent les espoirs : le Roi Humbert, les pensant à Montorive, comme il était originellement envisagé, avait prononcé leur bannissement. En effet, le départ des exilés avec toutes les richesses que leur avaient procuré leurs terres et leurs sujets avait été vécu par ces derniers comme un véritable abandon. Soucieux de sa popularité, le Roi avait accédé à la demande d’une grande partie de leurs anciens sujets. Leur bannissement rendait impossible tout éventuel retour en terre arsoise. Cette nouvelle contraria les plans de la communauté. Suite à ces révélations, la Comice se réunit pendant plusieurs jours consécutifs afin de débattre d’un retour sur le continent ou d’un maintien sur l’île. Une partie des membres de la Comice défendait l’idée d’un retour sur le continent à Montorive. Une autre partie considérait qu’il était désormais impensable de retourner vivre sur le continent. Les arguments étaient nombreux. La communauté comptait beaucoup plus de membres qu’à l’arrivée sur l’île et il ne restait plus qu’un bateau à leur disposition : celui des éclaireurs revenus du continent. Certains soulignaient également qu’en revenant sur le continent, les habitants se priveraient de terres et, pire encore, seraient contraints de se soumettre à l’autorité d’un suzerain, eux qui avaient gouvernés dans l’égalité pendant près de 40 ans. À la majorité des votes, la Comice suggéra de laisser repartir ceux qui le souhaitaient en leur donnant un seul des nombreux coffres d’or qu’ils avaient conservés. Le restant de l’or, et le stock était conséquent (imaginez la somme des richesses d’une douzaine de seigneurs), serait utilisé afin de ramener du continent tout le nécessaire pour garantir un développement rapide de l’île. La décision de se maintenir sur place fut suivie d’une autre décision, celle de nommer l’île : « Sĭrācusæ ». En latin, « Sĭrācusæ » signifie « terre du secours ». Les membres de la Comice voulaient ainsi rendre hommage à cette terre découverte par hasard et qui avait permis à leurs parents et grands-parents de survivre alors qu’ils étaient perdus en pleine mer.

Gouverner malgré les blocages. La liaison avec le continent accéléra le rythme du développement de l’île. La Comice était de plus en plus sollicitée pour prendre des décisions, si bien qu’au début du XIIe siècle ses membres y siégeaient à titre permanent : il n’était plus exigé d’eux qu’ils se missent à contribution de la communauté. Tant que le système de troc existait encore, ils continuaient à profiter des biens et services proposés par leurs pairs sans avoir à leur fournir d’autres services que celui de gouverner dans leur intérêt. Faire partie de la Comice était devenu un immense privilège. Le village se transformait peu à peu en ville et le nombre d’habitants augmentait sans cesse. Coupée du monde, Siracuzzia était une île dont les habitants étaient condamnés à la précarité ; mais reliée au continent Siracuzzia était devenue une île à la richesse inouïe grâce à la conservation de l’or des rescapés. Si bien que dans les années 1150, Siracuzzia, qui était devenue une véritable cité, comptait plus de 200 familles. Cette explosion démographique n’était pas sans conséquence. La Comice, qui était un mode de gouvernement basé sur une démocratie semi-directe, ne semblait guère adaptée au nouveau visage de Siracuzzia. Avec plus de 200 membres, la Comice éprouvait de plus en plus de difficultés à ne parler que d’une seule voix. Durant l’année 1157, l’assemblée, composée de 204 membres, fut à trois reprises dans une situation de blocage où les « pour » et « contre » arrivait à un nombre de voix strictement égal. Les débats devenaient également de plus en plus longs, chaque membre étant libre d’intervenir à sa guise. Dans une ville aussi dynamique qui avoisinait les 5.000 habitants, on ne pouvait se permettre un tel immobilisme. Face à ces difficultés rencontrées, il était devenu nécessaire de déterminer un nouveau mode de gouvernance. Cette démarche allait être l’occasion pour les siracuzzains de se doter de leur premier texte fondamental : la « Praecipuă Dēclārātĭo » (Déclaration Fondamentale) portant naissance de la République de Siracuzzia.


      3. La République (depuis 1158)

        a. La République proclamée (1158)

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La « Praecipuă Dēclārātĭo » fut le point de départ de la République de Siracuzzia. Décrivant un nouveau système institutionnel, elle établit également les cinq grands piliers de la République : les Immūtābĭlis Fundāmentum. Ces principes ont plus qu’une valeur déclarative, ils dénotent une ferme volonté de préserver l’identité siracuzzaine à une époque où le développement de Siracuzzia impliquait l’ouverture économique et, notamment, l’accueil massif d’étrangers. La « Praecipuă Dēclārātĭo » fait aujourd’hui encore partie des textes fondamentaux à valeur constitutionnelle à Siracuzzia. Les principes qui y sont édictés continuent plus que jamais à contribuer à la préservation de l’identité siracuzzaine notamment face au tourisme de masse et aux dérives de l’économie de marché ultra-capitaliste.

Citer :
Praecipuă Dēclārātĭo

« Prīmō. In latino sermone ēlŏquēmur »
Premièrement. En latin nous nous exprimerons. Le premier article de la Déclaration fondamentale proclame la langue officielle de Siracuzzia : la langue latine. Héritage des racines arsoises, le latin a progressivement décliné au gré de l’ouverture de Siracuzzia. L’évolution des langues sur le continent a contribué à l’abandon progressif du latin comme langue courant au profit d’autres langues. L’italien s’est massivement propagé au cours des XIIe et XIIIe siècle essentiellement pour des raisons commerciales. Beaucoup de partenaires commerciaux de Siracuzzia employaient cette langue, ce qui a poussé la majorité des siracuzzains à l’adopter pour faciliter la communication. Le déclin du latin en faveur de l’italien s’explique également par l’arrivée massive d’italophones à Siracuzzia au XIIe siècle, époque à laquelle le pays allait parfois jusqu’à payer les étrangers pour peupler l’île. Le latin semblait voué à disparaître, mais ce ne fut pas le cas. La Déclaration Fondamentale a une grande valeur aux yeux des siracuzzains, elle fait partie de leur identité, elle représente en quelque sorte l’acte de naissance de leur nation. Bien que l’italien se soit imposé, les institutions politiques continuent d’employer le latin dans l’ensemble des actes et procédures conformément à la Déclaration Fondamentale.

« Sĕcundo. Aurum et rŭbĕr color Rem Publicam vexilla ornābunt »
Deuxièmement. Le rouge et l’or orneront les étendards de la République . Par son deuxième article, la Déclaration Fondamentale proclame le rouge et l’or comme les couleurs emblématiques de Siracuzzia. La Cité de Siracuzzia s’est rapidement de parée de nombreuses bannières rouges bordées de liserés d’or après l’adoption du texte. Le choix de ces couleurs n’était absolument pas anodin puisqu’il s’agissait, selon la légende, des couleurs des pèlerines portées par les fondateurs de Siracuzzia lorsqu’ils ont débarqué sur l’île. Le rouge et l’or ont depuis gardé une grande signification symbolique. La forme actuelle du drapeau de Siracuzzia, adoptée en 1525, reprend ces deux couleurs.

« Tertio. Deo devotă Res Publica ĕrit »
Troisièmement. À Dieu la République sera dévouée . La Déclaration Fondamentale érige la foi en pilier de la République. Le troisième article fait du catholicisme la religion officielle de Siracuzzia. C’est sur le fondement de cette disposition qu’est né le titre de « Grand Inquisiteur ». Ce titre revient de droit au Grand Patriarche de Siracuzzia, lui-même désigné par le Souverain Pontife. En plus de constituer un contre-pouvoir aux institutions politiques laïques de la République, il contrôle le respect des textes sacrés par chacun des citoyens siracuzzains. C’est parce que la Déclaration Fondamentale continue à produire des effets que l’inquisition existe encore au Siracuzzia, en tant que juridiction pénale. Le Grand Inquisiteur est également investi de la charge de transmettre la connaissance aux siracuzzains : il est en charge de l’éducation, du plus bas âge jusqu’aux études universitaires. En somme, le Grand Inquisiteur occupe une place aussi centrale que celle du doge dans la vie siracuzzaine. Grâce aux revenus de la dîme, l’Église compense l’absence totale de protections contre les risques sociaux. L’Église vient en aide aux invalides, aux malades et plus généralement à tous les nécessiteux qui ne sont pas en capacité de travailler pour assurer leur existence. Ce rôle nourrit la popularité de l’Église qui, pour cette raison, a parfois tendance à se satisfaire de l’absence de solidarité nationale. C’est ce rôle social de l’Église qui légitime l’étendue des pouvoirs du Grand Inquisiteur.

« Quarto. Magnum homines Cŏmĭtĭum rĕcollĭget »
Quatrièmement. Les grands hommes la Comice rassemblera. Le quatrième article de la « Praecipuă Dēclārātĭo » consacre la forme aristocratique de la République de Siracuzzia. Le pouvoir originel n’est pas détenu fictivement par l’ensemble des citoyens, comme c’était le cas avant 1158. Il est désormais détenu par les « grands hommes ». Le texte entend par là réserver les sièges de la Comice aux familles siracuzzaines de pure souche. On craignait notamment que l’arrivée massive d’étrangers, bien que nécessaire au développement de Siracuzzia, ne conduise à une prise de pouvoir par ceux-ci au détriment des familles héritières des fondateurs de Siracuzzia. En application de cette disposition, un registre nobiliaire a été créé pour recenser les membres des familles héritières des fondateurs. La noblesse siracuzzaine est une noblesse de sang, mais dans certaines hypothèses les personnes nées dans une famille issue des fondateurs peuvent voir leur nom rayé du registre nobiliaire (ex : mariage avec une personne roturière ou de citoyenneté étrangère). Chaque famille enregistrée dans le registre nobiliaire dispose d'1 représentant au sein de la Comice. Ce représentant ne doit pas avoir été radié dudit registre.

« Quintō. Cŏmĭtĭo potestatem sŭum Dux obtĭnēbit »
Cinquièmement. De la Comice le Doge tient son pouvoir. Le dernier principe édicté par la Déclaration Fondamentale consacre la forme républicaine du pouvoir. En effet, la volonté des rédacteurs de la Déclaration Fondamentale était d’écarter, par ce cinquième article, toute idée d’exercice personnel et patrimonial d’un pouvoir divin. Le pouvoir du Doge n’est pas tiré de Dieu, mais des hommes (et plus précisément de ceux qui composent la Comice), ce qui ne lui confère pas d’autre autorité que celle qui découle naturellement de la charge de décisionnaire. En outre, le pouvoir du Doge n’est pas d’avantage personnel que patrimonial : au cours de son mandat ad vitam aeternam il tire sa légitimité de la Comice et gouverne en son nom (exclusion d’un exercice personnel du pouvoir) ; puis à l’expiration de son mandat, sa charge n’est pas transmise à ses héritiers, elle revient entre les mains de la Comice qui désigne son successeur (le doge ne transige ni ne dispose de son pouvoir). L’intérêt de recourir à l’élection d’un Doge était de pallier les fréquents blocages institutionnels et améliorer l’efficacité du fonctionnement politique de Siracuzzia.



        b. La République menacée (1426-1525)

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Proclamée en 1158, la République connut une période de troubles pendant presque un siècle entre 1439 et 1525, une période marquée par des tentatives de coup d’État, des guerres et des difficultés économiques ayant entraîné de violents soulèvements populaires.

Le coup d’État des Grimani (1426). En Décembre 1425, Le Doge Leonardo Erizzo périt des suites d’une pneumonie contractée pendant un épisode épidémique. Le lendemain, une cérémonie se tint à la Cathédrale San Marco, comme cela se faisait habituellement. Après l’enterrement du défunt Doge, les membres de la Comice se réunirent dans la Grande Salle du Palais ducal. Les prétendants à la charge ducale se firent connaître et prononcèrent chacun un bref discours. Une fois les prétendants entendus, le vote eut lieu. Au cours de cette élection, un favori semblait se dégager : Paolo Grimani, amiral émérite et riche armateur. Pourtant certain de l’emporter face au prétendant adverse lors du dernier tour, Gianni Navigroso, la surprise de Paolo Grimani fut totale lorsque le nom de son adversaire fut prononcé au moment de la proclamation du résultat final. Scandalisé, il accusa la famille Navigroso, qui n’avait jusqu’alors jamais accédé à la charge ducale, d’avoir corrompu une les membres de la Comice. Paolo Grimani refusa d’assister au sacre de son adversaire. Beaucoup pensaient que la rancœur du vieil homme s’éteindrait au fil des jours. Pourtant, quelques semaines après l’élection du Doge Gianni Navigroso, au cours du mois de janvier 1526, la famille Grimani organisa des représailles. Il s’agissait, à l’époque, d’une famille très puissante en raison de la taille de ses milices privées. Paolo Grimani mena en personne le siège du Palais ducal. Le Doge fut secrètement évacué. Aidée des milices de la famille Navigroso, l’armée ducale se livra à un violent combat face aux forces des Grimani. Une véritable guerre eut lieu dans la Cité de Siracuzzia, autour du Palais ducal. Certains habitants, terrorisés, quittèrent la Cité pour trouver refuge dans d’autres villes de l’Archipel. Les forces opposées étaient numériquement équivalentes. Le combat fut long, il dura plusieurs jours : les armées s’étaient retranchées derrière des barricades et se combattent à distance. Après presque une semaine de combats, les milices d’autres familles siracuzzaines se joignirent à l’armée ducale. Encerclées et en nette infériorité, les troupes des Grimani se rendirent. Lors de son procès, Paolo Grimani affirma ne pas regretter sa trahison et être fier avoir contribué à l’affaiblissement du système électif, accusant de corruption l’ensemble de la noblesse siracuzzaine. Lui et cinq membres de sa famille furent condamnés à mort ; trois autres membres de la famille furent emprisonnés dans les geôles les plus étroites et les plus sombres de la prison de Siracuzzia. Depuis cet épisode, la famille Grimani fut rejetée par la plupart des autres familles de la noblesse. Seule la famille Dandolo resta pour eux une alliée inconditionnelle. Plus aucun Grimani n’accéda aux fonctions ducales.

La bataille de la Baie de Siracuzzia (1524). Depuis l’épisode du putsch avorté des Grimani, de nouveaux scandales de corruption avaient été révélés et la légitimité de l’élection des doges n’avait jamais été aussi contestée. Les années 1520 furent marquées par le début d’un long déclin pendant près de 3 siècles. La première étape de ce déclin fut la bataille de la Baie de Siracuzzia en 1524. Le Saint-Empire d’Arsois revendiquait, à cette époque, la suzeraineté du territoire siracuzzain en raison de l’origine arsoise de ses fondateurs. Les fondateurs s’étaient en effet exilés avec un certain nombre de richesses emportées du Saint-Empire. Richesses qui avaient permis par la suite de bâtir la prospère Cité de Siracuzzia une fois la route du continent retrouvée. C’est pour cette raison que le Saint-Empire envoya une partie de sa flotte mettre en place un blocus autour de l’Archipel. Siracuzzia, très dépendante du commerce avec le continent Dytolien ne pouvait absolument pas se permettre de rester isolée trop longtemps. Le Doge Enrico di Constanzo demanda la perquisition de tous les navires et, certain que la flotte siracuzzaine l’emporterait face à celle de l’Empereur Ectève, ordonna le début des combats. La bataille se déroula de façon bien plus incertaine que ne l’imaginait le Doge. De nombreux navires coulèrent d’un côté comme de l’autre. La Baie de Siracuzzia se transforma rapidement en une vaste étendue de débris, de planches en bois brisées, de drapeaux à la dérive. L’odeur de la poudre avait envahi l’archipel. Bien que la flotte arsoise levât le blocus et sonnât la retraite, aucun siracuzzain n’eut le sentiment d’avoir remporté une victoire ce jour-là. Les jours suivants, on fit le compte des pertes humaines et matérielles. Siracuzzia ne se remit jamais des conséquences de cette bataille.

Le soulèvement des Insulaires (1525). Amputée des trois quarts de sa flotte militaire et marchande, Siracuzzia se retrouva plongée dans une crise sans précédent. Le Doge Enrico di Constanzo ordonna une nouvelle levée d’impôts pour financer la construction de nouveaux navires militaires mais les siracuzzains estimaient injuste de devoir contribuer une fois de plus aux charges de la République. La levée des impôts est forcée, elle se fait parfois sous la menace voire avec l’intervention de l’armée ducale. Cette décision a entraîné des dizaines de faillites chez les marchands. Certains de ces marchands sont indignés de leur traitement : en plus d’avoir perdu leurs navires réquisitionnés au moment de la bataille, il leur est demandé de payer un nouvel impôt. À toute cette grogne s’ajoutent un tas de revendications qui existaient déjà avant la bataille de la Baie de Siracuzzia : l’abrogation du régime aristocratique, la suppression de l’inquisition, l’interdiction des corporations qui restreignent l’accès au travail… Si bien qu’au cours de l’année 1525, de violentes émeutes éclatent dans la Cité de Siracuzzia. Le Doge Enrico di Constanzo envoie l’armée réprimer, une à une, les émeutes mais la contestation ne cesse de grandir. L’affrontement prend un tournant sans précédent lorsque l’armée refuse de continuer à tirer sur les siracuzzains. Alors que la foule encercle le Palais ducal, le Doge ordonne aux milices de la famille di Constanzo de disperser la foule. Les soldats tirent sur la population mais ils sont rapidement submergés par le nombre d’émeutiers. Ils sont désarmés, piétinés et tués par la foule enragée. Dans la nuit qui suit cet évènement, le doge est assassiné. Certains ont raconté que la famille Dandolo était à l’origine du meurtre en raison des chances qu’on lui donnait pour succéder à la famille di Constanzo. La dépouille du doge est présentée aux siracuzzains rassemblés devant le palais puis enterrée aux côtés des autres doges dans la crypte de la cathédrale San Marco. Le Doge Cesare Dandolo est élu le soir du 1er janvier 1526. Le soir de son élection, il se présente devant les siracuzzains sur le balcon du palais ducal. Il annonce l’avènement d’une nouvelle ère, l’ère d’une République réformée pour tenir compte des revendications des siracuzzains. L’une de ses premières décisions a été de déterrer la dépouille du Doge Enrico di Constanzo, qu’il condamne pour avoir fait couler le sang de son propre peuple. La dépouille est jetée dans la Baie de Siracuzzia, sous les applaudissements de la foule.


        c. La République réformée (depuis 1526)

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Le Doge Cesare Dandolo, tout juste élu, soumit à l’approbation de la Comice l’adoption de la Déclaration Réformatrice (« Emendātrix Dēclārātĭo »), second et dernier acte de la construction constitutionnelle de Siracuzzia. La Déclaration Réformatrice marque le tournant libéral de la République, sur le plan des libertés politiques et économiques. Le drapeau Siracuzzain fut également modifié suite à cette Déclaration Réformatrice : on remplaça le lion (symbole des doges) par un cheval ailé (symbole des fondateurs venus de l’Arsois) surplombant l’emblème de l’Ordre de Saint-Marc. Le geste est important : il témoigne de la volonté de diminuer la place du Doge dans la République, pour mettre fin aux excès et à la tyrannie.

Citer :
Emendātrix Dēclārātĭo

  • Articler 1er : Réformation des institutions

1. Dans une Grande Comice l’ensemble des grands hommes se rassembleront pour élire le Doge.
La Comice est renommée "Grande Comice" d'une part pour la distinguer des comices locales (également créées par la Déclaration Réformatrice) et d'autre part pour souligner ses nouvelles règles de composition. En effet, avec la Déclaration Fondamentale, la Comice était composée de seulement 1 représentant par famille enregistrée au registre nobiliaire. Mais, pour réduire les risques de corruption de la Comice, le Doge Cesare Dandolo eut l'idée d'élargir la composition de cette assemblée à l'ensemble des membres majeurs des familles enregistrées au registre nobiliaire. Ainsi, le nombre de sièges passa à plus d'un millier. Difficile désormais de soupçonner les doges élus d'avoir corrompu une assemblée aussi nombreuse.

2. Dans un Sénat siègeront des représentants de la Grande Comice pour encadrer l’exercice par le doge de son pouvoir dans ses compétences fondamentales.
Cette disposition entraîne une réduction considérable des pouvoirs du Doge puisqu’elle conduit à véritable partage de compétence. Dans l’exercice de ses « compétences fondamentales », le Doge ne peut prendre de décision sans obtenir l’approbation des sénateurs. Au moment de nommer les premiers sénateurs, la Grande Comice en profita pour déterminer ces « compétences fondamentales ». Pour prendre toute décision en lien avec les droits sociaux/politiques/civils, les traités internationaux, l’industrie, le commerce et la fiscalité (très important au regard des évènements de 1525), le Doge doit désormais se soumettre au vote du Sénat. Cette réforme majeure permet d’encadrer de manière radicale les pouvoirs du doge dans des matières considérées comme particulièrement sensibles pour les siracuzzains. L’idée est également d’éviter de nouvelles émeutes comme celles qui avaient eu lieu.

3. Dans des comices locales siègeront des représentants de chaque quartier pour encadrer l’exercice par le doge de son pouvoir dans ses compétences locales.
L’intention du Doge Cesare Dandolo était d’impliquer tous les citoyens siracuzzains dans la gestion des affaires locales pour atténuer le caractère aristocrate de la République. Durant le règne du Doge les comices locales remplirent ce rôle et contribuèrent à l’appaisement des relations entre la caste nobiliaire et celle des roturiers. Toutefois, le successeur de Cesare Dandolo, le Doge Camillo di Lorenzo, ne l’entendait pas de la même oreille. Par ordonnance ducale, il créa la charge de chancelier (pour soulager le doge du traitement des affaires locales) et convoqua la Grande Comice afin que celle-ci se prononce sur l’interprétation à donner au troisième point de l’article 1er de la Déclaration Réformatrice. Désavouant l’esprit de la réforme du Doge Cesare Dandolo, la Grande Comice se prononça en faveur d’une interprétation stricte conduisant à n’autoriser que les grands hommes (i.e. les personnes inscrites au registre nobiliaire) à siéger au sein des comices locales. Pour parler de cette réforme, certains historiens qualifient les citoyens roturiers comme les « cocus de l’histoire ». L’Aristocratie ne tolérait pas leur présence dans des institutions politiques, elle y voyait une porte ouverte à l’avènement d’une démocratie.



  • Article 2ème : Réformation des droits & libertés

1. La République ne peut apporter des restrictions à la liberté que pour garantir la justice et la sécurité des citoyens.
Le Doge Cesare Dandolo était un homme profondément libéral et persuadé que le remède aux maux de la République était, outre la fin de la politique ducale interventionniste, la proclamation de libertés politiques et civiques au bénéfice de l’ensemble des citoyens et non pas seulement à la noblesse. Le premier point de l’article 2 de la Déclaration Réformatrice joue un rôle fondamental dans la protection des libertés politiques et civiques en partant du postulat que les citoyens ont toutes les libertés. Ces libertés ne sont toutefois pas absolues, la République peut venir en limiter certaines, mais cette limitation ne peut intervenir que tant qu’il s’agit de garantir la justice ou la sécurité des siracuzzains. Toute autre restriction de liberté est injustifiée.

2. La République ne peut exiger des citoyens une contribution aux charges publiques que dans la mesure où celle-ci ne les empêche pas subvenir à leurs besoins vitaux.
Cette disposition fait très clairement écho aux revendications émises par les émeutiers lors du soulèvement dit « des Insulaires ». L’étincelle qui avait déclenché l’incendie était partie d’une simple ordonnance de levée d’impôts. Mais le Doge Enrico di Constanzo avait abusé de son pouvoir de récolter l’impôt en réclamant trois fois dans la même année la contribution des siracuzzains aux charges de la République. Ceux qui ne pouvaient pas payer avaient été expropriés ou contraints à la faillite. En confiant au Sénat, nouvellement créé, une compétence d’approbation des décisions ducales en matière de fiscalité, le Doge Cesare Dandolo avait déjà l’intention d’éviter des exigences de contribution abusives. Mais cette disposition témoigne encore plus clairement de cet esprit. Suite à la Déclaration Réformatrice, le Doge mit en place un système d’impôt progressif selon les revenus en application de cette disposition. Cette mesure fit de Cesare Dandolo l’un des doges les plus populaires de l’histoire de la République.

3. Chaque citoyen est libre dans l’exercice de son commerce. Les regroupements professionnels sous la forme de corporations sont interdits, tout comme les restrictions à l’accès à un travail.
Le Doge Cesare Dandolo, en inscrivant cette disposition, fut le véritable fondateur du système économique libéral de Siracuzzia. La liberté du commerce et de l’industrie avait rendu inévitable l’interdiction du système corporatiste sur lequel reposait l’économie siracuzzaine jusqu’alors. Le système corporatiste, très rigide, permettait aux corporations de métier de mettre en place de nombreuses réglementations visant à garantir d’une part la compétence des professionnels qui la composent et d’autre part la qualité des produits ou services. Cette réglementation pesait énormément sur la liberté d’exercer sa profession et privilégiait la qualité de la production à la quantité. Dans l’esprit du doge, en supprimant les corporations, il permettrait aux professionnels d’organiser librement leur production et, s’il le souhaite, donner la primauté à la quantité plutôt qu’à la qualité. Chose importante car Siracuzzia produisait assez peu. En permettant de favoriser la productivité, le Doge Cesare Dandolo pensait permettre à Siracuzzia de moins recourir aux importations et de moins dépendre du continent pour subvenir aux besoins de ses citoyens. Enfin, la suppression du système de corporations était l’occasion de proclamer la liberté du travail : tout citoyen doit pouvoir librement exercer une activité professionnelle afin de garantir son existence. Dans cette optique, aucune restriction au travail n’est admise.


La Déclaration Réformatrice fit entrer Siracuzzia dans une nouvelle ère de liberté : plus de libertés économiques, plus de libertés publiques. Le grand échec de cette réforme de la République fut l’absence d’ouverture des institutions aux citoyens roturiers. Le système aristocratique fut maintenu, tout comme les tribunaux de l’inquisition qui faisaient régner la sécurité par la terreur. Ces deux éléments restent des revendications encore aujourd’hui. Mais la libéralisation opérée par le Doge Cesare Dandolo a permis à la République de tenir malgré les contestations et les revendications, ce qui lui vaut aujourd’hui le surnom de « République Sérénissime ». Les institutions de Siracuzzia n’ont quasiment plus changé depuis l’année 1526. Certains ont pensé que le déclin militaire et économique de Siracuzzia du XVIe au XIXe siècle allait finir par entraîner la chute de la République aristocratique. Mais ce ne fut pas le cas et la prospérité aujourd’hui retrouvée, grâce à l’industrie et au tourisme, laisse à penser que la République Sérénissime a encore de beaux jours devant elle.




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 Sujet du message : Re: Encyclopédie
Message Publié : Lun Jan 16, 2017 12:48 am 
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    C. Histoire économique

      1. Le troc comme remède à l’autarcie (952- 991)

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Produire pour survivre. Au moment de la fondation de la Cité de Siracuzzia, le système économique des rescapés reposait sur la répartition du travail et le troc. Chaque membre de la communauté, y compris les enfants, était mis à contribution. Chaque personne était un rouage du système et si l’un d’entre eux se trouvait défaillant, tout le système en était impacté. C’est grâce à cette organisation méthodique qu’il parvenaient par exemple à se nourrir, en s’appuyant notamment sur la présence de nombreux bancs de poissons à quelques mètres à peine de la côte. Initialement réticents à se retrousser les manches, ces anciens coutumiers de l’oisiveté seigneuriale se surprenaient désormais, poussés par leur instinct de survie, à scier vigoureusement les troncs, chasser le gibier au javelot ou encore pêcher la dorade au harpon, comme le ferait n’importe quel serf. Ici, sur cette terre vierge coupée du continent, leur or n’était d’aucune utilité. Il sommeillait dans le fond des cales des navires échoués sur le littoral. En revanche, tout matériau présent sur l’île avait une valeur marchande. Les bûcherons échangeaient leur bois aux poissonniers pour se nourrir, poissonniers payaient les constructeurs en dorades pour que ceux-ci bâtissent leurs habitations avec le bois ainsi récupéré, etc... La vie de la communauté était rythmée par un système de troc général organisé. Seule un telle organisation économique leur permettait d’avoir une chance de survivre dans ce milieu sauvage.

Produire pour repartir. Il leur était toutefois impossible d’oublier la précarité de leur niveau de vie. Leur objectif restait de regagner le continent pour retrouver leur rang et cesser de vivre en sauvages. Sur l’île, ils n’avaient pas accès à certains matériaux essentiels comme la pierre. Difficile également de cultiver en l’absence de semences. Impossible d’arrêter de chasser ou pêcher en raison de l’absence de bétail à élever. Les exilés étaient victimes de leur isolement. Incapables de retrouver le chemin du continent, ils vivaient dans une autarcie subie qui les privait de tout espoir de développement. Le seul moyen de pouvoir retrouver le chemin du continent était de parvenir à constituer des réserves de nourriture suffisantes pour survivre à plusieurs jours voire plusieurs semaines d’errance en mer. Mais la communauté produisait à peine de quoi survivre et le nombre de bouche à nourrir augmentait. En 980, presque 30 ans s’étaient écoulés depuis l’arrivée des rescapés sur l’île sans aucun signe de vie du continent. Ceux qui étaient encore des enfants lors de la découverte de l’île avaient enterrés leurs parents et fondé leur propre famille. Même en rationnant les portions, il leur était impossible de constituer des réserves suffisantes pour nourrir une communauté comptant une centaine de membres pendant plusieurs jours de navigation. Une autre solution avait été envisagée : envoyer une poignée de personnes en éclairage pour tenter de repérer des terres à proximité. Cette solution permettait de continuer à chercher sans avoir à constituer des réserves de nourriture trop importantes. L’expérience fut couronnée de succès puisqu’en 991, un des groupes envoyés à la recherche du continent regagna l’île : la liaison avec le continent était rétablie.


      2. L’import comme remède à la précarité (991-1158)

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Vider les coffres. Bannis du Saint-Empire d’Arsois et incertain quant à leur sort une fois de retour sur le continent, une majorité de personnes avait décidé de ne pas rallier le continent. Les habitants étaient conscients du risque qu’ils prenaient en restant sur l’île mais il était désormais persuadé de pouvoir bâtir une véritable cité. Les richesses ramenées du continent par les rescapés en 952 pouvaient permettre de subvenir aux besoins de l’île pendant au moins 200 ans. Mieux, ces richesses allaient permettre de doper le développement de l’île en ayant massivement recours à l’importation : importation de matières premières (semences, pierres…), importation de bétail pour l’élevage (poules, vaches et laine) mais également importation de main d’œuvre (serfs dont on racheta la liberté). L’explosion démographique qui s’en suivit a conduit au déclin progressif de la langue latine (parlée par les fondateurs arsois) au profit d’autres langages parlés par les continentaux, tels que l’italien.

Développer l’île. Ce système économique outrageusement dépensier a radicalement transformé le visage de l’île. Afin d’accueillir toujours plus de navires et de stocker les marchandises importées, on érige le premier port de la Cité de Siracuzzia (qui en compte aujourd’hui deux), que l’on appela plus tard « Porto Vecchio » (Vieux Port). Il s’agissait au départ un d’un simple dock en bois mais au fil des années on le fit agrandir puis on le fit reconstruire en pierres pour s’assurer de sa solidité. De 991 à la création d’un second port à l’époque industrielle (1837), ce « Porto Vecchio » a été le centre névralgique de la Cité de Siracuzzia, un instrument économique dont les siracuzzains se sont servis comme des virtuoses. Par ailleurs, ce système économique articulé autour de l’import avait permis de remplacer les constructions en bois par des constructions en pierre. Les rues principales furent pavées et les ruelles restèrent tracées dans la terre. La première église de Siracuzzia fut également érigée en plein cœur de la petite ville. Cette église n’existe plus aujourd’hui, elle se situait sur l’emplacement de l’actuelle Cathédrale San Marco située à proximité du Palais ducal. En somme, l’importation a permis à Siracuzzia de faire un bon considérable dans son développement. Mais, très vite, les coffres finirent par se vider et la petite cité ne produisait pas suffisamment pour répondre aux besoins toujours plus grands de ses habitants. Il fallait mettre en place des stratégies pour trouver des sources de richesse.


      3. La République marchande (1158-1524)

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Organiser l’économie et le travail par les corporations. Le recours intensif à l’import et l’arrivée massive de nouveaux habitants ne devait pas plonger l’île dans le chaos. Il fallait mettre en place une organisation claire, à l’image de celle établie à l’initiative d’Angelius Dandolius en 952 lors de l’arrivée des rescapés. En 1158, la Déclaration Fondamentale fut adoptée et le premier Doge nommé par la Comice fut Giovanni Dandolo. Très vite, il prit la décision de regrouper les métiers par quartier et de créer une hiérarchie dans chacun d’eux. Un véritable système de corporation vit le jour. Les corporations regroupaient tous les membres d’une profession et les répartissait en trois catégories selon leur expérience et leurs accomplissements. Au bas de la hiérarchie, les apprentis débutaient dans le métier et sur autorisation de la corporation ils payaient pour suivre une formation de 10 ans auprès d’un compagnon. Après 10 années de formation, l’apprenti devenait lui-même compagnon et pouvait ouvrir son propre atelier ou sa propre boutique. Pour devenir maître et atteindre le sommet de la hiérarchique corporatiste, le compagnon devait réaliser un chef d’œuvre reconnu par ses pairs. Les maîtres étaient les décisionnaires au sein de la corporation. La corporation organisait une véritable discipline, notamment en exerçant son pouvoir réglementaire dans la profession. Elle contrôlait l’arrivée de nouveaux apprentis (pour réguler la concurrence qui peut avoir une répercussion sur les prix), la qualité des fabrications ou marchandises, etc. Pendant longtemps ce système permit à Siracuzzia de faire du travail un art. La qualité des productions (sculptures de bois ou de pierre, bateaux, orfèvrerie, joaillerie, textile, verrerie, etc.) permettait de revendre sur le continent ou dans la Cité des produits à un prix bien plus élevé que le coût de leur production ou de leur importation à l’état de matière première.

Exploiter les richesses de la mer. Le Doge Giovanni Dandolo et ses successeurs ont rapidement été conscients de l’importance d’exploiter le maximum de richesses qu’offrait l’île pour rééquilibrer la balance commerciale. Les siracuzzains prirent alors conscience de la valeur de la mer qui les encercle. Les premières salines naquirent au milieu du XIe siècle. Le Doge en ordonna l’implantation de plusieurs dizaines sur le littoral des îles qui entourent Siracuzzia et qui composent l’archipel de Siracuzzia. La production de sel était telle que Siracuzzia parvenait non seulement à se sustenter mais également à en exporter sur le continent dytolien auprès des pays enclavés. Très vite, d’autres activités se développèrent selon un modèle de productivité qui ne plaisait guère aux corporations, attisant les tensions entre les maîtres (roturiers) et le Doge (soutenu par les grandes familles de marchands). Mais celui-ci persista sur cette voie : algoculture, ostréiculture, conchyliculture, mytiliculture, perliculture, etc… Toute richesse exploitable fut exploité autant que faire se peut, avec le bénédiction du Doge. Très vite, les importations alimentaires de la Cité diminuèrent et une quasi-autosuffisance alimentaire avait été atteinte. On se nourrissait essentiellement grâce aux ressources de la mer (poissons, huîtres, moules, crustacés…) et les plus chanceux parvenaient à se procurer de la viande ou des fruits soit produits en faible quantité sur d’autres îles de l’Archipel, soit importés au prix fort depuis le continent.

Créer de nouvelles routes maritimes. Au début du XIIe siècle, les doges s’interrogèrent sur de nouvelles méthodes à appliquer pour développer le modèle économique siracuzzain encore trop peu propice à l’enrichissement de l’île. S’inspirant de la République de Dentegorie (Ligue amarantine), les doges siracuzzains développèrent une stratégie économique tournée vers le commerce maritime. Aidée par sa position centrale entre la Dytolie, la Marchésie et l’Algarbe, Siracuzzia était l’intermédiaire idéale pour ouvrir et exploiter des routes commerciales reliant ces continents les uns aux autres. En plus de constituer une escale idéale pour les navires marchands en transit entre les continents, Siracuzzia encourageait ses marchands à acheter des petits territoires sur les côtes de ces continents pour y constituer des comptoirs commerciaux. En pratiquant de faibles taxes de péage, les marchands siracuzzains avaient bien l’intention de concurrencer leurs adversaires économiques de Detengorie. Enfin, la proximité avec l’Algarbe permettait aux marchands siracuzzains de s’approvisionner à moindre coût en ressources convoitées (épices, or, diamant, …) pour les revendre à bon prix à Siracuzzia ou à un prix encore plus intéressant en Dytolie, où la demande était très forte. Ainsi, la marine marchande de Siracuzzia devint rapidement une référence. Pour sécuriser les nouvelles routes maritimes, les doges érigèrent une puissante flotte de galères, de galéasses et de galions. Le « Porto Vecchio » de Siracuzzia devint un véritable arsenal que les historiens qualifièrent « d’usine du monde ». Pendant tout le XVe siècle, les ateliers du port tournèrent à plein régime, employant jusqu’à 16.000 ouvriers à son apogée. Le XVe siècle constitua donc l’Âge d’or de Siracuzzia. La Cité forgea à cette époque sa réputation de « Ville Miraculée », fondée par des rescapés puis devenue un centre économique majeur de la Renaissance. Toutefois, la découverte des continents olgarien et dorimenrien à la fin du XVe siècle marqua un tournant dans l’histoire siracuzzaine et annonça un déclin inéluctable.


      4. La République banquière (1524-1800)

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Les bouleversements économiques. Le déplacement des flux commerciaux maritimes vers l’océan Déchinésien fit le malheur des marchands siracuzzains. Déjà en proie aux difficultés, le coup fatal leur sera porté avec l’épisode de la Bataille de la Baie de Siracuzzia. En 1524, afin de mettre un terme à un blocus mis en place par le Saint-Empire d’Arsois autour de la République de Siracuzzia, le Doge Enrico di Constanzo réquisitionna l’ensemble des navires mouillant dans les eaux siracuzzaines. Les navires marchands furent improvisés comme navires de guerre et envoyés en première ligne (pour préserver la flotte ducale) combattre la flotte ennemie. Si le blocus fut levé, les pertes humaines et matérielles furent néanmoins considérables. Selon les historiens, entre deux tiers et trois quarts des navires envoyés au combat furent coulés. Nombre de marchands ont perdu la totalité ou la quasi-totalité de leurs vaisseaux dans cette tragique bataille. Impossible, dès lors, de continuer à exploiter les routes commerciales contrôlées par Siracuzzia, routes qui devenaient, qui plus est, de moins en moins rentables. Les marchands n’obtinrent aucune indemnisation de la part du Doge et une nouvelle levée d’impôts fut ordonnée pour reconstruire la flotte militaire. Privés de l’instrument de leur activité (les navires) et dépouillés de leurs quelques réserves d’or, de nombreux marchands, bourgeois et nobles, firent faillite. Siracuzzia perdit également ses derniers comptoirs commerciaux, vendus par les familles de marchands notamment pour s’acquitter de leurs impôts. Toute la fin du XVIe siècle fut marquée par une profonde crise économique. La fragilité économique de Siracuzzia ne fut par arrangée par le Soulèvement des Insulaires en 1525, qui conduisit en 1526 à l’adoption de la Déclaration Réformatrice. L’audacieux Doge Cesare Dandolo était persuadé que l’avènement d’une société libérale et d’une économie capitaliste serait le remède aux maux de la « Ville Miraculée ».

Le développement du capitalisme. Face à la multiplication des faillites et au développement de la misère sociale dans la Cité de Siracuzzia, le Doge Cesare Dandolo fit le choix de mettre un terme au système corporatiste qui limitait l’accès aux travaux dans les ateliers. La Déclaration Réformatrice instaure la Liberté du commerce et de l’industrie, permettant à tout citoyen qui le souhaite de débuter et exercer librement l’activité de son choix, sans se voir imposer des réglementations ou des contrôles de la part du reste de la profession. Suite à la Déclaration Réformatrice, le Doge œuvra durant tout son règne en faveur du développement du capitalisme dans la Cité de Siracuzzia. Il convoqua les grandes fortunes de l’île et les incita à regrouper une partie de leurs richesses pour la mettre à disposition des siracuzzains sous forme de prêts. Les créanciers seraient financés sous formes d’intérêts majorant le montant à rembourser par leurs débiteurs et ces derniers pourraient utiliser l’or prêté pour débuter ou développer leur activité. Très vite, les grandes familles de Siracuzzia y virent un moyen de faire fortune tout en contribuant au redressement de la Cité. Les premiers établissements bancaires siracuzzains naquirent. La pratique assurantielle se développa également aux XVIIe et XVIIIe siècles : sur conseil des établissements bancaires, les marchands souscrivirent de plus en plus fréquemment à des contrats d’assurance pour couvrir tout risque de perte de leurs outils de travail (ex : les navires, par crainte de nouvelles perquisitions ducales en cas de guerre). En outre, le développement du crédit entraina une explosion de la démographie. C’est au XVIIe siècle que l’on construisit les premières extensions artificielles de l’île de Siracuzzia. On développa des techniques nouvelles pour faire face à l’obstacle de la mer, notamment en asséchant les zones à bâtir au-delà du littoral de l’île. Des techniques qui firent la réputation du secteur siracuzzain de la construction. L’accroissement d’activité espérée par le recours au libéralisme et au capitalisme devait pouvoir permettre à Siracuzzia de changer son modèle économique et redresser la barre. Mais les résultats obtenus, bien que constatables, ne furent pas à la hauteur des espérances.

Le développement des foires et des carnavals. C’est dans ce contexte de régression (puis stagnation) économique que se développèrent de nouvelles formes d’activité à travers les foires et carnavals. Les siracuzzains noyèrent leur nostalgie dans la fête et l’alcool. Les carnavals connurent très vite un succès phénoménal : le premier Carnaval de la Sensa (Ascension) avait réuni pas moins de 15.000 siracuzzains en 1617. À mesure que les siracuzzains se vautraient dans la dépression, une véritable économie de la fête se développait : costumes excentriques, masques extravagants, vin, orchestres, jeux, artificiers… S’abandonner à la frivolité était un moyen d’oublier les temps difficiles. A la fin du XVIIIe siècle, la Cité de Siracuzzia organisait jusqu’à 5 carnavals par an (chacun d’eux s’étalant sur plusieurs jours). Parallèlement, les foires, destinées à un public moins bourgeois, connurent également un certain succès. Ces fêtes populaires étaient l’occasion, pour les moins fortunés, de noyer leur chagrin dans le vin, de se payer les services de courtisanes ou, pour les plus raisonnables, de danser jusqu’à l’aube. Mais une fois la fête terminée, il fallait revenir à la dure réalité.

La stagnation économique. Les XVIIe et XVIIIe siècles furent des périodes de stagnation économique. Incontestablement le développement d’une économie capitaliste permit à Siracuzzia de limiter l’impact de la crise économique vécue au cours du XVIe siècle. Mais la disparition des vieilles routes commerciales et la perte des comptoirs commerciaux ne fut jamais véritablement compensées. Le commerce maritime générait des revenus considérables qui profitaient à l’ensemble de Siracuzzia. La reconversion des anciens marchands en commerçants ou artisans, aidée par le nouveau système capitalistique, ne permettait pas de produire une richesse comparable. En outre, la faiblesse d’une économie encore très manuelle et artisanale ne permettait pas de diminuer de manière suffisante le déficit de la balance commerciale. Il fallut attendre l’entrée dans l’ère des machines pour permettre à Siracuzzia de renouer avec le rayonnement économique.


      5. La République industrielle (1800-2000)

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L’impact du perfectionnement de la machine-outil. Le XIXe siècle fut une étape décisive, un tournant historique pour l’économie siracuzzaine. Incapable de se réinventer après l’effondrement de son modèle de République marchande, et ce malgré l’essor important du capitalisme, Siracuzzia trouva son salut dans une nouvelle voie : l’industrie. Le premier des maux de la République Sérénissime était la faiblesse de sa production. Plombée par une balance commerciale déficitaire, Siracuzzia s’était fixé, depuis les premières années de son existence et plus encore après la suppression des corporations, l’objectif de produire toujours plus et le plus de biens ou services possibles pour permettre une autosuffisance mais également pour exporter et réduire le déséquilibre de la balance commerciale. À cet égard, l’apparition de nouvelles machines-outils (énergie manuelle) dans des secteurs clés (textile, imprimerie) fut une véritable aubaine. En quelques années, la mise en place de ces nouvelles machines perfectionnées permit d’augmenter considérablement la production. Elles également transformèrent les méthodes de production à Siracuzzia : les petits ateliers de la Cité de Siracuzzia ne semblaient plus adaptés. Bien aidés par un système bancaire bien rodé, les fabricants prirent la décision de construire des manufactures à l’extérieur de Siracuzzia pour accueillir ces nouvelles machines. En cela, l’industrialisation contribua considérablement au développement économique et démographique des autres villes siracuzzaines. Des villes comme Portegrandi, Santacroce ou Portechioggia n’auraient pas le même visage aujourd’hui sans l’implantation de ces manufactures.

L’impact de l’apparition de la machine à vapeur. Une étape supplémentaire fut franchie au milieu du XIXe siècle avec l’introduction à Siracuzzia des premières machines à vapeur importées de Dytolie. Pour se procurer ces imposantes machines, les patrons devaient débourser des sommes considérables. Le modèle capitaliste développé au XVIIe siècle par Siracuzzia joua donc entièrement son rôle pour appuyer le développement économique. Les machines à vapeur permirent le développement d’une production mécanisée à un rythme accéléré. Les machines à vapeur provoquèrent également le déclin fulgurant des navires propulsés par l’énergie du vent ou l’énergie manuelle. Une véritable transition s’organisa vers la production de bateaux à vapeur. Mais ce type de transports ne convenait guère à une utilisation par les particuliers.

L’impact de l’apparition du moteur à combustion. Le point d’orgue de ce renouveau par l’industrie fut la création du moteur à combustion. Importé à Siracuzzia au milieu du XXe siècle, le moteur à combustion transforma le mode de vie des siracuzzains. Beaucoup plus pratique et petit que le moteur à vapeur, le moteur à combustion était idéal pour en équiper les bateaux destinés aux particuliers. Si bien qu’à la fin du XXe siècle, la plupart des familles siracuzzaines étaient dotées d’un bateau à moteur. Le moteur à combustion va également être à l’origine d’une découverte majeure de l’aéronautique : l’hydravion. Le mariage de l’avion et du bateau : un transport adapté à tous les milieux, idéal pour les siracuzzains qui vivent dans un environnement qui mêle étroitement la mer et la terre. La première production d’hydravions en série à Siracuzzia remonte aux années 1950. Les premiers modèles, destinés aux particuliers, connurent un immense succès. En 1971, le Doge lui-même fit un appel d’offre aux industriels pour lui construire un modèle unique mais d’un gabarit beaucoup plus imposant que les premiers modèles : ainsi naquit le « Ducazzo » , le célèbre hydravion officiel des doges de la République Sérénissime, munis de pas moins de 12 moteurs. Le succès de l’hydravion a permis un développement important de l’industrie navale et aéronautique à Siracuzzia et acheva ainsi une dynamique de réduction du chômage initiée dès l’apparition de la machine à vapeur. L’hydravion, en facilitant la communication et le transport entre les différentes villes de l’Archipel de Siracuzzia participa à la mise en valeur de ces territoires. En permettant de dépasser l’obstacle l’insularité, l’hydraviation mit définitivement fin à l’isolement de Siracuzzia. L’accès facilité à la Cité de Siracuzzia par les airs ou par les mers permit l’exploitation d’une nouvelle source de rentes : le recours au tourisme de masse.


      6. La République touristique (depuis 2000)

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Les XIXe et XXe siècle furent les siècles du retour à la croissance. Cette croissance avait fluctué au gré des découvertes. L’effet de l’épopée de l’hydraviation commençait à s’essouffler dès les premières années du XXIe siècle. Presque tous équipés d’un bateau ou d’un hydravion, les siracuzzains n’avait plus de raison d’investir à nouveau dans ces transports. La demande existait encore, mais à une intensité beaucoup trop faible pour continuer à dynamiser une croissance en perte de vitesse. Le développement de la mondialisation avait rapproché les peuples et permis une nouvelle source de richesse : le tourisme. Flairant la bonne affaire, les investisseurs siracuzzains ont massivement développé des moyens afin de faciliter le transport à Siracuzzia et accroître l’attractivité du pays. Dans cette optique, plusieurs établissements bancaires siracuzzains s’associèrent à la fin du XXe siècle pour construire le premier (et aujourd’hui encore unique) aéroport international à Siracuzzia à proximité du village de Jesolo, situé au Nord de l’ïle San Michele, la plus grande de l’archipel. Il existait déjà des pistes d’atterrissage mais elles n’étaient pas compatibles avec l’ambition d’un trafic aérien dense. Dans la même optique, des compagnies de croisière virent le jour, on lança la construction de petits paquebots auprès des constructeurs navals. Les revenus liés au tourisme furent multipliés en seulement quelques années. Le nombre d’hôtels, de restaurants et de boutiques de souvenirs, eu égard à la forte demande, fut également décuplé. On fit en sorte qu’il y en ait pour tous les goûts : les touristes amoureux de l’histoire se délestaient de leurs économies dans les boutiques des musées, ceux qui préféraient le tourisme de luxe séjournaient dans des anciens palais rénovés et faisaient leurs courses dans les boutiques les plus célèbres de la ville. Les bénéfices du tourisme rejaillirent également au-delà de la Cité de Siracuzzia. Devenue une véritable fourmilière à touriste, la Cité a fini par être désertée par les touristes en quête de calme et d’authenticité. Des villes comme Trevizzia ou Malta sont de véritables joyaux pour les amoureux de la culture siracuzzaine qui fuient le tourisme de masse.

Aujourd’hui, beaucoup de siracuzzains regrettent les effets du tourisme de masse. Certains craignent que la République Sérénissime finisse par perde son âme. D’autres s’exilent en dehors de la Cité, ne supportant plus de vivre étouffés par les hordes incessantes de touristes. Nombreux sont ceux qui remettent en cause cette nouvelle stratégie. Toutefois, dans son historique quête d’une source de revenus capable de rééquilibrer sa balance commerciale, Siracuzzia semble avoir trouvé la bonne formule en ayant misé sur le tourisme, une source de revenus conséquente et inépuisable qui fera vite oublier la désillusion des modèles économiques précédents.


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 Sujet du message : Re: Encyclopédie
Message Publié : Dim Fév 12, 2017 12:49 am 
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    D. Histoire religieuse

      1. La pratique tolérante du culte (952-1200)

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Prier, un acte solitaire. Les rescapés fondateurs de la Cité, d’origine arsoise, étaient tous de confession catholique, à des degrés différents de ferveur. Pendant plusieurs décennies, l’expression de leur foi se faisait dans un cadre strictement intime. Les naufragés ne comptaient parmi eux aucun clerc et en l’absence de lieu de culte, la prière était nécessairement un acte solitaire. Il fallut attendre près d’une dizaine d’années avant qu’une première et précaire chapelle en bois ne soit construite. Elle ne fut jamais bénite, mais elle constituait néanmoins un lieu de recueillement et de quiétude idéal pour la prière. On s’y rendait pour prier mais les sacrements, les confessions et l’organisation de messes restait impossible en l’absence de clerc. Pour ces raisons, la pratique du culte resta solitaire pendant relativement longtemps. Les premières pratiques collectives du culte catholique à Siracuzzia virent le jour dans les années 990. Le rétablissement de la liaison avec le continent permit l’arrivée de nouveaux habitants, parmi lesquels des prêtres. Elle rendit également possible l’import des matériaux nécessaire à la construction d’une véritable église. La chapelle en bois fut détruite et sur son emplacement fut érigée la première église sacrée de Siracuzzia : la Chiesa San Marco. Une église de style roman, située en plein cœur de ce qui était encore à l’époque une petite ville. On y réalisa les premiers baptêmes et les premières messes au cours de l’année 995. Les reliques de Saint-Marc, martyr chrétien voyageur exécuté en Algarbe pour avoir défendu sa foi, furent dérobées aux musulmans puis ramenées sur l’île dans le but de faire de Saint-Marc le patron de la ville. L’image du voyageur en faisait le patron idéal pour ces héritiers de naufragés, fondateurs de la « Ville Miraculée ».

Prier, un acte d’espoir. La condition de « naufragés » marqua très clairement l’exercice du culte à Siracuzzia. Dès le début la prière était un acte d’espoir, celui d’abord de survivre sur cette île vierge puis celui de retrouver un jour le continent. La prière permettait aux rescapés de sentir la présence et le soutien de Dieu à une heure où tout inspirait le désespoir et le fatalisme. Cela permet de comprendre pourquoi la foi fut et reste encore aujourd’hui si présente dans le cœur des siracuzzains. C’est Dieu qui permit à leurs ancêtres de survivre et de fonder ce qui est l’une des plus belles Cités qui furent données à voir. Le rétablissement du lien avec le continent ne fit pas faiblir la ferveur des rescapés et de leurs descendants. Ils entretenaient le sentiment qu’ils avaient d’être des miraculés auxquels Dieu avait donné sa bénédiction. Une idée qui resta encore plus ancrée en eux dès les premiers appels à la croisade au cours du XIIe siècle. Escale privilégiée des croisés dytoliens dans la Mer des Trois Gorges, Siracuzzia faisait figure d’avant-poste de la foi catholique face aux impurs musulmans. Siracuzzia aimait se donner comme image celle d’une ville miraculée par la grâce de Dieu et, depuis, devenue son outil dans le combat contre les infidèles. Ces pensées firent le lit des doctrines religieuses les plus radicales qui se diffusèrent progressivement à partir du XIIIe siècle.


      2. La pratique radicalisée du culte (depuis 1200)

        a. L’emprise de l’Église sur la société par la terreur (1200-1526)

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La brèche ouverte par la Déclaration Fondamentale. En 1158, la Comice de Siracuzzia adoptait la « Déclaration Fondamentale » qui sert encore de fondement au régime républicain aristocratique. L’article 3 de cette déclaration proclame : « À Dieu la République sera dévouée ». Les auteurs de la déclaration n’avaient aucunement l’intention de faire de Siracuzzia une théocratie. Ils n’étaient pas non plus habités d’une ardente ferveur, du moins pas plus que la plupart des catholiques dytoliens. La raison d’être de cet article 3 était la volonté de préserver l’identité de la Cité de Siracuzzia. Avec l’arrivée massive d’étrangers venus de divers endroits autour de la Mer des Trois Gorges, on craignait la disparition de la religion catholique des fondateurs au profit des religions juive ou païenne. L’intérêt était donc d’imposer la religion Catholique comme la religion officielle de la République, peu importe la religion des nouveaux arrivants. Pourtant, cet article 3 va être interprété de façon beaucoup plus radicale notamment à partir de l’ère des croisades.

L’ère des croisades. À partir du début du XIIIe siècle, Siracuzzia devient un lieu de passage incontournable pour les croisés venus de Dytolie occidentale en route vers la Terre Sainte. Si la présence provisoire, puis plus tard l’implantation durable, de nombreux croisés s’est avérée bénéfique pour le développement de la Cité, elle a néanmoins conduit à une radicalisation fulgurante de la pratique du culte. Des ordres religieux fondèrent des temples et de nouveaux lieux de culte à Siracuzzia, lieux qui servirent de quartiers aux serviteurs de ces ordres de passage dans la Cité. Progressivement, la durabilité des croisades en Terre Sainte entraîna une sédentarisation de cette population radicalisée et particulièrement zélée. Il s'agissait d'une génération de croisés composée de membres du clergé ou d’ordres religieux militaires mais aussi de simples chevaliers partis chercher le pardon de leurs péchés. Cette population avait la caractéristique d’avoir une conception très puriste de la foi catholique, pour ne pas dire intégriste. Ils portaient en eux cette vision radicale du culte catholique et la diffusèrent progressivement dans les mentalités siracuzzaines. Pour organiser la propagation de cette doctrine radicale, ils fondèrent un nouvel ordre religieux : l’Ordre de Saint-Marc.

L’avènement de l’Ordre de Saint-Marc. L’ambition des croisés fondateurs de l’Ordre de Saint-Marc était d’unir les divers ordres religieux dytoliens déjà implantés dans la Cité depuis les croisades dans le but de faire de Siracuzzia un bastion de la foi. De nombreux membres du clergé appuyèrent la création de cet ordre pour garantir la puissance de l’Église sur l’île. Dès le XIVe siècle, on assista aux premiers témoignages de la puissance économique et militaire de l’Ordre de Saint-Marc. La mythique (et très mystique) Cathédrale San Marco est inaugurée après plusieurs décennies de travaux. Totalement financée par l’Église et les marchands membres de l’Ordre, la Cathédrale impressionne tant pour ses dimensions – les fidèles étaient d’avantage habitués au style sobre des petites églises romanes – que pour sa localisation. En effet, la Cathédrale a été bâtie contre le Palais des Doges, que ses coupoles surplombent. Un emplacement qui ne tient pas au hasard : les serviteurs de l’Ordre avaient l’intention d’envoyer un message aux siracuzzains mais également aux Doges, dont on surveillait l’exercice de leur pouvoir temporel laïc. Ils souhaitaient rappeler la supériorité de Dieu sur les hommes et celle de l’Église sur la République. On invoquait, à l’appui, l’article 3 de la Déclaration Fondamentale : la République est dévouée à Dieu et se soumet donc à l’Église. Certaines familles de la noblesse rejoignirent les rangs de l’Ordre de Saint-Marc, conscientes que l’appui financier et moral de l’Ordre pourrait leur permettre d’accéder aux charges ducales. En effet, l’Ordre est composé de nombreux prêtres et du patriarche de Siracuzzia, dont les sermons pouvaient être orientés de façon à conforter (ou à l’inverse déstabiliser) les doges dans leur pouvoir. Il fallait s’en servir comme une arme d’ascension et éviter qu’elle se retourne contre soi. C’est ainsi que Pio Contarini en 1323, puis Sebastiano di Lorenzo en 1336, membres de l’Ordre de Saint-Marc, accrurent leur influence dans la Cité et parvinrent à se faire élire Doges Sérénissimes. Des mythes naquirent progressivement autour de l’Ordre de Saint-Marc. Certains en font un ordre violent, dangereux, qui assassine, corrompt et menace, toujours dans l’ombre, au nom de Dieu dans une quête de « purification » de la société siracuzzaine. Certains encore en font un ordre déviant, davantage attiré par les richesses et l’orgueil que par l’humilité et la pauvreté prônées par le Christ, cachant les reliques et trésors des croisades dans les cryptes des Églises qu’il détient. En dépit de ces fantasmes qui entourait son image, l’Ordre de Saint-Marc parvint à avoir une véritable emprise sur Siracuzzia – avec pour preuve l’ajout de son emblème sur le drapeau siracuzzain –, bien servi par l’apparition de l’Inquisition.

Le rôle de l’inquisition. Des tribunaux ecclésiastiques apparurent au cours du XIIIe siècle. Sollicité par un Ordre de Saint-Marc aux serviteurs toujours plus nombreux, le patriarche de Siracuzzia décida de la création de tribunaux composés de membres du clergé afin de surveiller le respect des préceptes des saintes écritures par les habitants de l’île. Le patriarche et l’Ordre dénonçaient la décadence de la société siracuzzaine. À cette époque, Siracuzzia s’enrichissait par le commerce et les croisades, en développant un modèle toujours plus capitaliste. Le développement économique de la Cité avait entraîné une forme de laxisme moral, érigeant l’or en valeur suprême et tolérant la luxure, la prostitution, l’homosexualité et le blasphème voire l’hérésie. Le clergé n’eut aucun mal à faire accepter l’idée qu’un citoyen puisse être traduit devant une juridiction ne représentant pas l’autorité ducale en arguant la nécessité de garantir l’effectivité de l’article 3 de la Déclaration Fondamentale. La République et donc ses citoyens devaient se soumettre aux lois et principes de la foi catholique et seule l’Inquisition paraissait à même d’y parvenir. Une partie de la noblesse, trop attachée aux plaisirs procurés par son statut, et de la bourgeoisie marchande contestèrent la création de ces tribunaux. L’approbation publique par le Doge Pio Contarini, membre présumé de l’Ordre de Saint-Marc, de l’institution d’une Inquisition mit fin à toutes les contestations. L’inquisition commença par réprimer la pratique ostentatoire d’autres cultes. Puis, elle étendit sa guerre contre l’impureté à l’intérieur même des rangs des catholiques. On livrait les sodomites, les sorcières, les pédophiles et les blasphémateurs à l’Inquisition. Les serviteurs de l’Ordre de Saint-Marc les identifiaient un à un, avant de glisser leur nom aux inquisiteurs qui, très souvent, servaient eux-mêmes au sein de l’Ordre. Jugés dans des conditions très partiales, les accusés étaient le plus souvent brûlés vifs. On organisait de grands bûchers collectifs sous les yeux des foules, pour distiller la crainte dans le cœur ceux qui ne respecteraient pas les commandements de l’Église. Pendant près de trois siècles une véritable terreur morale s’organisait. L’Église tint la Cité d’une main de fer, les doges successifs servaient l’Ordre de Saint-Marc ou assistaient avec impuissance au règne du puritanisme. Le Soulèvement des Insulaires suivi de l’adoption d’une nouvelle déclaration en 1526 fut l’occasion de mettre un terme aux dérives de la doctrine puritaine de l’Église siracuzzaine guidée par l’Ordre de Saint-Marc.


      b. L’emprise persistante de l’Église sur la société (depuis 1526)

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L’assouplissement de la doctrine puritaine. L’une des revendications des siracuzzains lors de l’épisode du « Soulèvement des insulaires » en 1525 était la suppression de l’inquisition. Il y avait une réelle aspiration à la liberté : une liberté tant économique que politique et sociale. Or, la doctrine puritaine défendue par l’inquisition était jugée incompatible avec ce désir de liberté. Le rigorisme moral et la sévérité des peines mises en œuvre par les ecclésiastiques avaient profondément terni leur image au fil des siècles. Le XVIe siècle était aussi le siècle de l’essor des humanismes et des sciences. La répression perpétuelle des scientifiques et des humanistes, qui tendent à remettre en cause une partie des idées fondamentales de l’Église, donnait l’impression d’empêcher tout progrès. Craignant d’être condamnés à une paralysie de l’esprit et à subir le courroux d’une justice inquisitive très arbitraire, les siracuzzains souhaitaient s’affranchir, sinon de l’inquisition, du moins de sa conception puritaine des mœurs. Ce fut un échec. L’Ordre de Saint-Marc, toujours influent parmi la noblesse, avait tout mis en œuvre pour bloquer, au moment de la rédaction de la Déclaration Réformatrice, toutes les propositions qui tendaient à affaiblir l’autorité de l’Église à Siracuzzia. Le très populaire Doge Cesare Dandolo, ennemi juré de l’Ordre de Saint-Marc, fit même de la lutte contre l’Église son cheval de bataille. Si de nombreuses libertés sont proclamées, le Doge ne parvint jamais à supprimer les tribunaux de l’inquisition. Toutefois, consciente de l’importance de retrouver le soutien populaire l’Église siracuzzaine, d’elle-même, adoucit son discours. La doctrine puritaine est assouplie. On la qualifie désormais d’ultra-conservatrice. Les inquisiteurs mirent fin à la pratique des bûchers collectifs et firent même du non-recours à la peine capitale une règle d’or. On fut également plus indulgent envers les autres religions, à condition de les pratiquer dans le respect des principes issus des écrits bibliques. Si la doctrine puritaine fut assouplie, l’emprise de l’Église sur la société, elle, ne faiblit pas. Au contraire, Paolo Foscarini, élu Doge en 1567 et présumé membre de l’Ordre de Saint-Marc, œuvra même en faveur de l’accroissement de la puissance du clergé.

La persistance de la mainmise de l’Église sur la société Le Doge Paolo Foscarini, élu grâce à l’appui de l’Ordre de Saint-Marc selon ses détracteurs, consolida l’emprise des ecclésiastiques et de l’Ordre de Saint-Marc sur la société siracuzzaine. Dans un premier temps, il consacra de manière officielle la titularité de la compétence juridictionnelle en matière pénale en faveur des inquisiteurs. La légitimité de l’Église à prononcer des peines ne souffrit plus de contestation dans la mesure où elle était reconnue par le pouvoir républicain par voie de charte approuvée par le Sénat siracuzzain. Dans un second temps, le Doge Paolo Foscarini fit adopter une autre charte, beaucoup plus contestée, par laquelle il déclare céder au patriarche de Siracuzzia sa compétence politique en matière d’éducation et de recherche. Par la même charte, il réaffirme l’autorité suprême de l’Église en matière de Culte, en matière d’organisation de la Justice pénale et en matière de détermination des règles pénales. Dans tous ces domaines (éducation, recherche, culte et justice pénale) le patriarche siracuzzain se voit accorder un pouvoir totalement souverain, insusceptible d’interférence avec le pouvoir républicain (Doge et Sénat). Il est seul compétent pour décider par voie d’ordonnances dites « inquisitives » et n’est soumis à aucun contrôle dans l’exercice de ce pouvoir politique. Pour entériner cette évolution de la charge de patriarcale, les patriarches siracuzzains furent progressivement appelés « Grands inquisiteurs ». La charge de « Patriarche » renvoie au caractère religieux des compétences de son titulaire (culte & inquisition) tandis que la charge de « Grand inquisiteur » renvoie au caractère politique des compétences de son titulaire (éducation & recherche). Cette réforme connut un rejet très virulent de la part d’une minorité de la noblesse siracuzzaine. Néanmoins, une partie importante de celle-ci craignait l’Ordre de Saint-Marc pendant qu’une autre partie le servait dans le but d’obtenir son soutien dans la quête de la charge ducale. Dans la population, cette réforme n’intéresse pas. Siracuzzia connait une période de stagnation économique marquée par de profondes mutations. Les siracuzzains, trop préoccupés par leur situation individuelle, ne prétèrent guère attention à une réforme qui consacrait pourtant un véritable pouvoir concurrent à celui des Doges, si ce n’est plus puissant encore. En effet, avec la mainmise sur l’éducation des esprits et des intelligences, l’Église était assurée d’asseoir son autorité sur les nouvelles générations. Ce qui fut relativement vrai : de moins en moins contesté, le rôle politique de l’Église paraissait naturel. En plus d’assurer l’éducation des enfants et l’apprentissage des universitaires, l’Église se découvrit un nouveau rôle à partir du XIXe siècle. En parallèle de l’industrialisation de Siracuzzia, une nouvelle catégorie de population nait : le prolétariat. L’Ordre de Saint-Marc y vit l’opportunité de consolider davantage encore l’emprise de l’Église sur la société siracuzzaine en se rendant indispensable socialement. À partir du milieu du XIXe siècle l’Église va commencer à jouer un rôle fondamental dans la solidarité envers les pauvres et les chômeurs. Grâce à ses nombreuses sources de revenus, elle assure la subsistance du prolétariat et s’assure ainsi de leur fidélité. Aujourd’hui encore, l’Église a un monopole de l’action sociale, l’État siracuzzain n’ayant jamais mis en place de système publique de protection sociale.




L’Église continue donc de jouer un rôle fondamental à Siracuzzia. En plus d’exercer ses fonctions religieuses habituelles, elle s’est vue transférer des compétences politiques d’une grande importance par un pouvoir républicain à sa botte et assure une mission sociale absolument nécessaire en l’absence d’État-providence. En s’étant rendue indispensable, tout en atténuant la rigueur de sa doctrine, l’Église siracuzzaine a su garantir la durabilité de son emprise sur la société siracuzzaine. Une emprise qu’elle partage avec l’Ordre de Saint-Marc. Il est légitime de s’interroger sur la réalité du pouvoir des doges au regard de l’incapacité de ceux-ci à récupérer la parcelle de pouvoir conférée autrefois à l’Église. De plus en plus nombreux sont ceux qui dénoncent l’archaïsme du modèle siracuzzain, immobilisé dans un ultra-conservatisme imposé par l’Église dont l’emprise sur la société ne faiblit pas. Les familles Dandolo, Grimani et San Giacomo sont les dernières familles de la noblesse à lutter pour un retour de l’Église à un pouvoir uniquement religieux. Elles aspirent à un certain progressisme et à une libéralisation des mœurs, pour que Siracuzzia soit enfin en conformité avec son temps. Aucune de ces familles, qui ont pourtant donné 9 doges à Siracuzzia depuis 1526, n'est parvenue à convaincre la majorité des familles de la noblesse, titulaires du pouvoir constituant, de la nécessité de mettre fin au règne de l'Ordre de Saint-Marc et de récupérer l'exclusivité du pouvoir politique pour permettre l'évolution des institutions de la République Sérénissime.




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 Sujet du message : Re: Encyclopédie
Message Publié : Mar Fév 28, 2017 1:38 am 
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    A. Les secteurs d’activité

      1. Secteur primaire

    • Part dans les emplois : 4,75%
    • Part dans le PIB : 9,5%

        a. Cultures

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      • Production de sel (Mogliano, Jesolo, Treporte, San Paolo, Ina)
      • Production d'algues (Jesolo, Ina)


        b. Élevage

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        -
      • Crustacés (Malamoca, Primiporte, Malta)
          - crabes
          - homards
          - langoustes
        -
      • Mollusques (Malamoca, Jesolo, San Paolo, Portelino)
          - bigorneau
          - coques
          - coquilles Saint-Jacques
          - huîtres (consommation, perliculture)
          - moules
          - palourdes
        -
      • Autres (Jesolo)
          - oursins


        c. Pêche

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        -
      • Anchois
      • Crevettes
      • Encornets
      • Harengs
      • Maquereaux
      • Raies
      • Sardines
      • Seiches
      • Soles
      • Thons

        -> Rapport sur la pêche <-




      2. Secteur secondaire
      -
    • Part dans les emplois : 49,35%
    • Part dans le PIB : 34,75%

        a. Désalinisation

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      • Technique : distillation
      • Usines : 1 de grande taille (Portechioggia) + 1 de taille moyenne (Malamoca)
      • Distribution : canalisations, châteaux d'eau et points d'eau


        b. Énergie

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        -
      • Énergie fossile : centrale à charbon (San Giorgio)
      • Énergie de la mer : houlomotrice (Siracuzzia, Portegrandi, Mirano)


        c. Construction & Travaux publics

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        -
      • Génie civil (digues, canaux, ponts)
      • Constructions immergées ou sur sols mouvants
      • Infrastructures portuaires


        d. Industrie

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        -
      • Construction d'hydravions (Portechioggia)
      • Construction navale : bateaux de plaisance, yachts, chalutiers, cargos, paquebots (Siracuzzia, Portegrandi, Santacroce)


        e. Artisanat
        -
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        -
      • Activités alimentaires :
          - boulangeries/patisseries
          - poissonneries (vidage, préparations, vente au détails)
        -
      • Activités de fabrication :
          - dentelle
          - horlogerie
          - imprimeries
          - lunetterie
          - verrerie




      3. Secteur tertiaire
      -
    • Part dans les emplois : 45,9%
    • Part dans le PIB : 55,75%


        a. Transports

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      • Transport de personnes :
          - vaporetti : transports publics inter-cités et intra-cités (Siracuzzia, Mirano, Portegrandi)
          - sociétés privées : transports internationaux (compagnies maritimes et aériennes privées) et nationaux (bateaux-taxis & hydravions-taxis)
        -
      • Transport de biens :
          - services postaux publics
          - compagnies privées de transport de marchandises (notamment via cargos)

        -> Carte des transports inter-cités et internationaux <-
        -> Carte des transports municipaux [Cité de Siracuzzia] <-



        b. Tourisme

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        -
      • Compagnies de croisière (Siracuzzia)
      • Hôtellerie/restauration/cafés
      • Casinos (Siracuzzia, Portegrandi, Mirano)
      • Musées/théâtres
      • Carnavals/fêtes (Siracuzzia, Mirano)


        c. Finance

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        -
      • Trading
      • Crédit (ménages & professionnels)
      • Assurances (assurance-vie, santé, risques professionnels, etc…)
      • Épargne (livret d’épargne, retraite par capitalisation)
      • Achats de titres de dettes publiques (notamment Ligue Amarantine & Ligue de Montalvo)


        d. Négoce

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        -
      • Foires & marchés
      • Épiceries (produits du quotidien)
      • Boutiques (vente de vêtements, meubles, produits de luxe, souvenirs)


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 Sujet du message : Re: Encyclopédie
Message Publié : Ven Mars 03, 2017 1:00 pm 
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    B. Le système fiscal


      1. La fiscalité des ménages

      Pas d’impôt sur la consommation : les importations pèsent déjà suffisamment sur le prix des produits.
      Pas d’impôt sur la propriété : le droit de propriété est sacralisé ; on ne contribue aux charges publiques que lorsqu'on en tire un revenu (parts sociales, location, ...)
      Pas d’impôt sur les revenus (sauf ceux de l'épargne, du capital ou de la propriété) : contrepartie de l'absence de sécurité sociale + volonté de faire de Siracuzzia un pays très attractif.


        a. Impôts sur les revenus de la propriété

      • 5% des revenus tirés annuellement de la détention d'actions (dividentes)
      • 5% des revenus tirés annuellement de la location de biens


        b. Impôts sur les revenus du capital et de l’épargne

      • 5% du gain tiré du placement d'une action (différence entre le prix d'acquisition du titre et le prix de cession du titre)
      • 3% du gain tiré des placements en livret d’épargne (différence entre le montant retiré du livret et le montant réellement épargné)
      • 3% du capital retiré lors de la liquidation d’une assurance-vie


        c. Droits de succession et de donation

      • 4% de la valeur du bien transmis entre des personnes parentes
      • 8% de la valeur du bien transmis entre des personnes non-parentes

        ATTENTION : Sont parentes les personnes qui possèdent le même nom ou qui ont un parent commun dans la limite du 4e degré de parenté.


      2. La fiscalité des entreprises

        a. Impôt sur les bénéfices

      • 12% des bénéfices nets réalisés par les sociétés (/an)

        Conditions :
        - L’entreprise doit être domiciliée à Siracuzzia ou y réaliser au moins 25% de son chiffre d’affaires
        - L’entreprise doit réaliser des bénéfices : le chiffre d’affaire annuel déduit de toutes les charges de l’entreprise doit être supérieur à 0 ducat.

        Cas d’exonération :
        - Les entreprises qui réalisent des bénéfices après plus de deux exercices consécutifs déficitaires sont exonérées à hauteur de 100%.
        - Les entreprises créées depuis moins de 2 ans sont exonérées à hauteur de 100%.
        - Les entreprises créées depuis plus de 2 ans mais depuis moins de 4 ans sont exonérées à hauteur de 50%.


        b. Taxe sur les accidents au travail

      • Dans les entreprises de moins de 10 salariés : 15 Ducats par salarié par jour d’incapacité
      • Dans les entreprises de plus de 10 salariés : 30 Ducats par salarié par jour d’incapacité

        Conditions :
        - Durée minimale des incapacités prises en compte : 5 journées de travail
        - L’accident à l’origine de l’incapacité doit être survenu pendant le temps de travail du salarié
        - L’accident à l’origine de l’incapacité doit trouver sa source dans l’entreprise ou dans le travail réalisé par le salarié

        Cas d’exonération :
        - Exonération totale (100%) lorsque le salarié est seul responsable de la survenance de l’accident ou lorsqu’il a commis une faute inexcusable
        - Exonération partielle (50%) lorsque le salarié a seulement joué un rôle dans la survenance de l’accident


      3. Les taxes spéciales

        a. Droits de douane

      • 50% du prix pour les secteurs caractérisés par une offre supérieure à la demande
        -
        - Produits de la mer (sel, algues, produits de la pêche ou de l’élevage marin)
        - Hydravions
        - Navires
        - Verrerie
        - Finance (banques/assurances)
        -
        -
      • 25% du prix pour les secteurs caractérisés par une offre légèrement inférieure ou égale à la demande
        -
        - Horlogerie
        - Lunetterie
        - Construction/BTP
        - Transport maritime
        -
        -
      • 0% du prix pour les secteurs caractérisés par une offre nettement inférieure à la demande (voire subvention des importations pour soulager le porte-monnaie du consommateur)
        -
        - Tout secteur non-répertorié dans une autre catégorie est réputé appartenir à cette catégorie (taxation de principe à 0%).


        ATTENTION : Sont soumis à taxation douanière aussi bien les produits que les services en lien avec les secteurs visés, du moment que le produit est fabriqué en dehors du territoire siraccuzain ou le service réalisé par une société qui n’a ni siège social ni établissement sur le terrain siracuzzain ; sous réserve des accords internationaux conclus avec les partenaires commerciaux.


        b. Taxe sur l’alcool

      • 15% du prix de vente de toute boisson alcoolisée

        Origine :
        Cette taxe était souhaitée par l'Église (pour des motifs moraux) et par le patronat (pour des motifs de productivité des salariés) dans le cadre de la lutte contre l'alcoolisme dans les classes populaires.

        Cas d'exonération :
        - Les boissons alcoolisées vendues dans le cadre des foires sont exonérée à hauteur de 100%
        - Les boissons alcoolisées vendues au cours de la période du Carnaval de Siracuzzia sont exonérées à hauteur de 100%


        c. Taxe sur les emplacements en mouillage

      • De 150 à 750 ducats selon l’emplacement (/an)

        Condition :
        - Être titulaire d’un d’emplacement en mouillage situé dans une cité ou un bourg.

        Cas d’exonération :
        - Les emplacements en mouillage réservés aux services de l’Administration
        - Les emplacements en mouillage situés dans les villages.


        d. La dîme

      • Pour les entreprises de plus de 10 salariés : 80 ducats par salarié (/an)
      • Pour les ménages aux revenus annuels supérieurs à 20,000 ducats : 50 ducats par tête (/an)

        Conditions :
        - L’entreprise doit être domiciliée à Siracuzzia ou y réaliser au moins 25% de son chiffre d’affaires
        - Le ménage doit être domicilié à Siracuzzia ou y séjourner de façon continue

        ATTENTION : cet impôt est recouvré par l'Église et ne rentre pas dans le financement des charges publiques.
        En cas de litige dans la liquidation ou le recouvrement de la dîme, les tribunaux de l'inquisition sont exclusivement compétents.



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 Sujet du message : Re: Encyclopédie
Message Publié : Ven Mars 10, 2017 1:38 pm 
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    C. Le système social


      1. La règlementation du travail

      Pas de réglementation des recrutements (sauf pour les étrangers : autorisation de travail nécessaire)
      Pas de réglementation sur la discrimination ni sur le harcèlement moral/sexuel
      Pas de réglementation des salaires (plus d’offres d’emploi que de demandes, situation favorable aux salariés pour négocier leur salaire)
      Pas de réglementation sur le pouvoir de direction de l’employeur (consignes, sanctions disciplinaires) : sacralisation du droit de propriété (l’entreprise est la chose du patron, on doit s’y immiscer le moins possible).


        a. La réglementation des conditions de travail

      • Travail des enfants : interdit jusqu’à 12 ans ; encadré de 12 à 16 ans
      • Travail des femmes : autorisé
      • Travail de nuit : autorisé
      • Travail dominical : interdit (sauf secteurs touristiques)
      • Travail à temps partiel : autorisé


        b. La réglementation du temps de travail

      • Durée quotidienne maximale = 11 heures (continues ou discontinues, avec une exigence de 10 heures consécutives de repos quotidien minimum)
      • Durée hebdomadaire maximale = 6 journées (dans la limite de 48h de travail)
      • Minimum de congés payés = 24 jours par an ; 2 jours par mois

        ATTENTION : Les sept jours du Carnaval de Siracuzzia sont fériés (sauf activités en lien avec le tourisme, le transport et l'alimentation)


        c. La règlementation des relations collectives de travail

      • Syndicalisme : interdit
      • Grève : interdite
      • Représentation du personnel : aucune


        d. La règlementation de la rupture contractuelle

      • Licenciements pour motif économique : autorisé (recours possible pour contester la réalité du motif)
      • Licenciements pour motif personnel : autorisé (recours possible pour contester la réalité du motif)
      • Rupture amiable : autorisée (pas de recours possible)


      2. La protection sociale



        b. Les aides sociales

      • Elles sont versées par l’Église
      • Elles sont versées aux familles les plus modestes
      • Elles sont versées en tenant compte des revenus et de la composition du foyer
      • Elles sont financées par la dîme, les amendes pénales et les dons

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 Sujet du message : Re: Encyclopédie
Message Publié : Mar Juin 20, 2017 6:18 pm 
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    A. Le système éducatif

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    L'Università di Siracuzzia, seule « Scuola Universitaria »1 du pays


  • L’enseignement est une compétence exclusive de l’Église : Il n'y a pas d'établissements privés à proprement parler. L'Église a le monopole de l'éducation des esprits à Siracuzzia. Elle désigne les enseignants (membres du clergés bénévoles ou mandataires laïcs rémunérés), délimite les cycles, choisit les disciplines à enseigner et détermine les programmes. C'est également l'Église qui finance le système éducatif essentiellement grâce à la Dîme. Les coûts de fonctionnement sont largement atténués par l'activité bénévole du clergé siracuzzain.

  • L'organisation : Le système éducatif est constitué de trois cycles ; il est obligatoire de suivre les cycles jusqu'à l'âge de 12 ans (âge à partir duquel l'enfant peut accéder au marché du travail). Les classes sont composées de 10 à 15 enfants/étudiants ayant validé le même nombre d'années. L'accès des enfants de nationalité étrangère au premier ou au deuxième cycle d'études n’est possible que si les parents satisfont une condition de domiciliation sur le territoire siracuzzain. L’accès des étudiants étrangers au troisième cycle d'études fait l’objet d’une procédure administrative sélective et spécifique au type d’enseignement envisagé. ATTENTION, la reconnaissance des diplômes obtenus à l’étranger n’est pas automatique.


      1. Premier cycle (3-10 ans)

    • 3 ans à 7 ans : Scuola infantile
      -> Inscription obligatoire (sanctions pénales)
      -> Apprentissage des fondamentaux : lire (extraits les plus faciles de la Bible), écrire, compter, chanter (chants religieux pour enfants)
      -> Du Lundi au Vendredi, 8h à 16h (MAIS 30 minutes de repos pour chaque heure travaillée)
      -> Validation automatique des années scolaires sauf opposition des enseignants

    • 7 ans à 10 ans : Scuola primaria
      -> Inscription obligatoire (sanctions pénales)
      -> Approfondissement des fondamentaux (calcul, dictée, lecture, solfège...) + début de l'apprentissage religieux (catéchisme, cours de latin...)
      -> Du Lundi au Vendredi, 8h-12h (enseignements fondamentaux) et 14h-17h (enseignements religieux)
      -> Validation automatique des années scolaires sauf opposition des enseignants


      2. Deuxième cycle (10-17 ans)

    • 10 ans à 12 ans : Scuola media
      -> Inscription obligatoire (sanctions pénales)
      -> Approfondissement des fondamentaux (littérature, musique, histoire, mathématiques, biologie...) enseignés de façon compatible avec avec la Bible + approfondissement de l'apprentissage religieux (catéchisme, cours de latin...).
      -> Du Lundi au Vendredi, 8h-12h (enseignements fondamentaux) et 14h-17h (enseignements religieux)
      -> Mise en pension non-mixte obligatoire (apprentissage de la vie en collectivité) + présence obligatoire à la messe dominicale
      -> Validation automatique des années scolaires sauf opposition des enseignants

    • 12 ans à 17 ans : Scuola superiore
      -> Inscription facultative
      -> Approfondissement des fondamentaux (philosophie, droit, économie, géographie, physique, chimie...) enseignés de façon compatible avec avec la Bible + approfondissement de l'apprentissage religieux (catéchisme, cours de latin...).
      -> Du Lundi au Vendredi, 8h-12h (enseignements fondamentaux) et 14h-18h (enseignements religieux ou travaux/actions sociales bénévoles au nom de l'Église)
      -> Mise en pension non-mixte obligatoire (apprentissage de la vie en collectivité) + présence obligatoire à la messe dominicale
      -> Validation automatique des années scolaires sauf opposition des enseignants
      -> Obtention d'un diplôme de deuxième cycle par validation de chacune des années d'études


      3. Troisième cycle (17-20/26 ans)

    • 17 à 20 ans : Scuola profesionale
      -> Inscription facultative
      -> Apprentissage d'un métier technique nécessitant, pour l'exercer, la détention d'un diplôme (concerne certains artisans et commerçants).
      -> Du Lundi au Samedi, 8h-12h (apprentissage théorique) + 13h-19h (apprentissage pratique en entreprise)
      -> L'Église se contente de désigner les mandataires laïcs chargés des enseignements théoriques et de délivrer les diplômes.
      -> Validation des années d'étude par l'obtention d'une note générale de contrôle continu supérieure à la moyenne.
      -> Obtention d'un diplôme professionnel de troisième cycle par validation de chacune des 3 années et la présentation d'un rapport d'apprentissage.

    • 17 à 26 ans : Scuola universitaria
      -> Inscription facultative
      -> Apprentissage d'une discipline intellectuelle (scientifique, littéraire ou juridique)
      -> Les 6 premières années d'étude sont consacrées à l'apprentissage de la discipline (par cours magistraux et travaux dirigés) de façon compatible avec la Bible
      -> Les 3 dernières années d'étude sont consacrées à un travail de recherche obligatoire et à la dispense de travaux dirigés aux étudiants de 1ère à 6ème année.
      -> Validation des années d'étude par l'obtention d'une note générale de contrôle continu supérieure à la moyenne.
      -> Obtention d'un diplôme universitaire de troisième cycle par validation de chacune des 9 années et la soutenance d'une thèse.



* Les âges entre parenthèses ne tiennent pas compte d'éventuels redoublements ou sauts de classe
1 Établissement de troisième cycle de type universitaire

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 Sujet du message : Re: Encyclopédie
Message Publié : Mer Août 30, 2017 8:36 pm 
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Inscription : Sam Oct 08, 2011 6:44 pm
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    B. La mode

    La mode siracuzzaine est marquée par un goût très prononcé pour le chic. Siracuzzia a été très influencée par la mode britonnique de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle. Cette époque constitue l’âge d’or des relations commerciales entre la République Sérénissime et la Britonnie. Cette dernière suscitait à cette époque un grand intérêt de la part des siracuzzains, eux qui n’étaient qu’aux prémices de leur révolution industrielle alors que les britons jouissaient déjà des fruits de leurs avancées technologiques. Durant ces années, la noblesse siracuzzaine importait assez massivement des produits issus des usines britonniques, à commencer par les voitures de type Bentley, désormais célèbres pour n’être plus en circulation que dans l’archipel siracuzzain. L’influence britonnique s’est manifestée jusque dans le mode de vie des siracuzzains, lesquels importèrent au même moment les concepts de « dandisme » et de « gentleman ». Alors que la mode britonnique a continué d’évoluer vers des styles nouveaux s’éloignant de ces concepts, la Sérénissime les a conservés et se les est progressivement appropriés.


        1. Mode masculine
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      • Style vestimentaire

        Tête :
        * Haut-de-forme
        * Cheveux coupés courts ou mi-longs, coiffés plaqués ou gominés
        * Moustache et, parfois, barbe taillée courte

        Corps :
        * Manteau long
        * Veste ample à coupe large ou redingote
        * Gilet brodé porté serré
        * Chemise blanche
        * Nœud papillon ou cravate portée en foulard

        Bas :
        * Pantalon porté ample et s’arrêtant à hauteur de cheville
        * Souliers ou mocassins en cuir

        Accessoires :
        * Pipe en bois verni
        * Gants fins
        * Canne
        * Montre à gousset portée dans une poche du gilet
        * Eau de toilette forte


      • Comportement socialement valorisé

        * Savoir rester calme et garder son sang-froid en toute circonstance
        * Ne pas être ennuyeux sans pour autant chercher à être dans la lumière
        * Avoir de l’esprit tout en sachant s’adapter à son interlocuteur
        * Avoir de l’audace et du courage sans jamais agir de façon déloyale
        * Supporter la souffrance et ne jamais s’en plaindre



        2. Mode féminine
        Image

      • Style vestimentaire

        Tête :
        * Chapeau (capeline ou plus petit) orné de fleurs ou de rubans
        * Cheveux longs noués ou lâchés
        * Sourcils épilés très fins

        Corps :
        * Robe à manche longue ou corsage avec jupe
        * Ornements en broderies ou rubans
        * Châle fin de couleur
        * Ceinture fine portée au-dessus de la taille

        Bas :
        * Chaussures à talon large et plutôt court

        Accessoires :
        * Maquillage sobre (éclaircissement du teint, rouge-à-lèvre, contour des yeux)
        * Gants fins blancs remontant sur la manche si nécessaire et réhaussés d’un bracelet
        * Boucle-d ’oreilles discrètes (ex : perles)
        * Collier porté serré autour du cou
        * Fume-cigarettes
        * Petite ombrelle
        * Eau de toilette légère


      • Comportement socialement valorisé

        En haut de la pyramide sociale, les femmes sont victimes d’un système extrêmement patriarcal où elles ne tiennent bien souvent qu’un rôle très secondaire, souvent réduit à celui de gouvernante. La noblesse masculine voit d’un mauvais œil l’intrusion des femmes dans la gestion des affaires, quelles soient privées (comme un conflit avec une autre famille) ou publiques (les affaires politiques). Les femmes libres et affirmées sont perçues, souvent à tort, comme arrivistes, vénales, malhonnêtes, manipulatrices, corruptibles voire même débauchées et donc dangereuses. On leur préfère les femmes dociles, discrètes et dévouées à leur famille. Elles doivent aider les hommes de la famille à briller et elles doivent être dotées d’un certain sens du pardon, en particulier vis-à-vis des écarts de leur époux. C’est pour cette raison que la plupart des femmes de la noblesse n’ont aucun emploi et n’exercent aucune activité politique régulière. Néanmoins, une siracuzzaine issue de la noblesse se doit d’être un minimum instruite et renseignée sur les affaires de sa famille et de son pays sans pour autant y jouer un rôle actif.

        À l’inverse, plus on descend dans la pyramide sociale, plus les femmes sont indépendantes. Dans la bourgeoisie, les hommes sont beaucoup plus ouverts à ce que leur femme exerce une profession, y compris en dehors de l’entreprise familiale lorsqu’il en existe une. Dans les classes sociales inférieures, le travail des femmes est de toute façon indispensable pour les finances de la famille ; mais c'est ce qui leur a permis d'obtenir très rapidement leur émancipation, contrairement aux femmes de la noblesse. Dans la bourgeoisie et les classes sociales inférieures, la place de la femme est beaucoup plus centrale : elle ne se contente plus d'être une gouvernante, elle est la colonne vertébrale de la famille. Dans ces couches sociales sont valorisées les femmes dotées d'un fort tempérament et d'une grande détermination. Il est beaucoup plus difficile pour un siracuzzain roturier d'imposer ses volontés à son épouse que pour un siracuzzain issu de la noblesse. Durant l'éducation des femmes roturières, on cultive chez elles un sens de la liberté.

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