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 Sujet du message : Hezb : Confrérie du Nod
Message Publié : Jeu Juil 06, 2017 1:35 am 
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Musique d'ambiance (qui, par sa beauté, symbolise à elle-seule la philosophie du mouvement !)

Nom officiel : Nod Barodari / Nodning Birodarligi / Confrérie du Nod
Nom courant : Nod

Idéologie : communisme pacifiste, millénarisme abrahamique paléochrétien, totalitarisme égalitaire, universalisme internationaliste, communalisme autonome, ascétisme, théorie de l'Amour Universel
Activité principale : vie communautaire "pacifique, fraternelle, joyeuse, ascétique et égalitaire" en marge de la société

Dirigeant : INCONNU ["Qobyl" ?]
Ethnies concernées : Syirs, Qarlouks

Zone d'implantation : Turgaï (confédération communaliste de Turgaï), au nord-est du Karmalistan
Effectifs militaires : pas d'armée (pacifisme), présence toutefois d'un service de renseignement (afin de prévenir du danger, "défense en amont")

Position du gouvernement karmal : jusqu'alors "ignorance relative"

______________________________________________________________

Photo du fondateur non-disponible

Chef du renseignement :
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Temürkhan, chef du renseignement et de la sécurité préventive du Nod

Commentaire : La "secte de Turgaï" comme on l'a surnomme, rassemble des personnes de tous types, enfants, femmes, hommes, vieillards, qarluks et syirs majoritairement, mais aussi quelques tojiks et rajans. On estime ses adeptes à une petite dizaine de milliers.
Fonctionnant selon un système confédéral de communautés politiquement autogérées et matériellement interdépendantes, sa raison d'être n'est pas autre chose que l'accomplissement du célèbre mythe karmali des Marqués de Caïn, à savoir rétablir la Justice sur Terre au profit des "bannis", de tous les opprimés, cela au moyen d'une révolution qu'ils désirent pacifique, locale et progressive. Se revendiquant d'une idéologie communiste sous inspiration paléochrétienne, la secte oriente ses adeptes vers trois principes de vie : égalité sociale réelle, esprit collectif et amour désintéressé. A l'intégration, chacun d'eux reçoivent une marque spécifique sur l'épaule, une queue de chélicérate scorpiones, les faisant adhérer à la tribu de Caïn, celle qui doit bâtir une Humanité nouvelle, pour tous les opprimés du Monde, les marginaux exclus du jardin d'Eden, errant alors vers les terres inhospitalières de l'Est, vers... "le Nod" (la "terre de l'errance"). D'où son nom.
Pourtant, d'après l'Ancien Testament, c'est Dieu Lui-Même qui les y a chassé, lorsque Caïn commit le premier meurtre de l'Histoire : l'assassinat de son frère cadet Abel. C'est pourquoi en effet, les "frères" du Nod s'estiment "pécheurs parmi les pécheurs". Et à titre de réparation collective, ils s'imposent à eux-même, donc à chacun de leurs adeptes, un mode de vie particulièrement ascétique : aucune possession personnelle, aucune distinction professionnelle, aucune hiérarchie politique. Ni avoir, ni gloire, ni pouvoir. Les relations sexuelles n'existent que dans les couples mariés, et au-delà de 25 ans (rigoureusement interdites avant). Les couples n'ont droit qu'à une intimité limitée, et sont absorbés voire totalement soumis à la vie de la communauté. L'homme et la femme sont strictement égaux, et afin de compenser l'infériorité physique de la seconde, on impose au premier un enseignement supplémentaire sur son devoir d'humilité personnelle. Le travail est obligatoire et partagé équitablement entre tous selon leurs possibilités. Les richesses produites n'appartiennent à personne, et sont soumises à un "droit d'usage" pour tous ceux qui en ressentent le besoin avec l'approbation et la surveillance de la collectivité. Anecdote caractéristique exprimant le caractère impitoyable de la Confrérie : officiellement, hors du couple en privé (demeure familiale), tout ce qui concerne la sexualité (de la pratique illégale -même légère- à une simple "blague") ...est puni de mort.
Il est intéressant de noter d'ailleurs que, paradoxalement, la nature confédérale de l'organisation n'empêche pas l'usage du qualificatif "sectaire" dans la mesure où toutes les communautés partagent ce même dogme, à la fois politique et religieux. C'est pourquoi nombreux sont ceux qui, à gauche de l'échiquier politique karmale, estiment qu'il s'agit d'avantage d'une "inepte petite théocratie communiste" plutôt que d'une authentique expérience anarchiste et libertaire.
Néanmoins, par-delà cet ascétisme, le bonheur, ou plutôt "la joie", fait partie des objectifs ultimes de la secte pour chacun de ses membres. Ainsi d'innombrables jeux et fêtes populaires sont organisés pour rythmer les semaines de chaque communautés. Le pacifisme, l'entraide ("un pour tous, tous pour un") et le respect de la nature font également faire partie de leurs valeurs fondamentales. D'ailleurs, malgré sa présence juridique, la peine de mort ne semble avoir jamais été appliqué pour le moment (décisions prisent par des "tribunaux populaires communaux"). La souplesse des sentences, l'absence totale de police, l'interdiction de la torture, et la présence de cellules de soutien psychologique pour les personnes qui s'estiment en difficulté adoucissent considérablement l'intransigeance de cette organisation pourtant réputée "totalitaire".
Enfin, au bout de ce "cheminement joyeux dans la pauvreté volontaire", la Confrérie de Nod promet à ses adeptes le retour prochain du Messie sur Terre (qu'importe sa forme), lequel rachètera les péchés des "fils de Caïn". Ils ont un mot pour définir ce phénomène salvateur, ce but suprême rendu possible par l'ascension révolutionnaire qu'ils s'efforcent d'accélérer : "la Rédemption".

Si la date de sa fondation à Turgaï est estimée vers 2029, l'identité de son fondateur est obscure (ses propres membres ne semblent pas le connaitre non-plus, d'après le KhAD, les puissants services secrets du Karmalistan). On dit de lui qu'il se nommerait "Qobyl", le terme perso-turc pour désigner... Caïn.
L'organisation politique extrêmement horizontale de cette secte, où toutes les décisions sont prises collectivement par les membres de petites communautés à la fois autonomes administrativement et interdépendantes économiquement, semble avoir fait disparaître ce personnage.
Le seul homme qui se détache véritablement de ces étranges communautés est son protecteur en matière de renseignement et de "défense pacifique préventive". Bien que son passé demeure un mystère, le KhAD connaît son visage et dispose de quelques informations à son sujet à l'état présent. Il s'agit d'un certain "Temürkhan", un homme au visage dur, visiblement marqué par une expérience difficile et hors du commun, un homme au regard glaçant qui suscite l'inquiétude quant à ses intentions véritables, un homme au caractère froid et méthodique, faisant de lui un agent aussi malin que redoutable. Grâce à lui, la secte a survécu de longs mois sans avoir à mobiliser de forces armées : non-seulement elle survit face aux islamistes qui lancent quelques incursions depuis l'ouest et le sud, mais elle parvient à échapper à toutes les opérations para-gouvernementales, pourtant régulières dans toute la région dans le cadre de la croisade du Dahar contre "toutes les forces communistes" (PRDK-ML et leurs alliés du Syirkhanat).

La radicalité de la secte lui aliène beaucoup de monde... mais en séduit aussi beaucoup d'autres. De fait, ses effectifs augmentent, et à un rythme dangereux pour le gouvernement, à tel point qu'on envisage de l'éradiquer une fois bonne fois pour toute lors d'une opération chirurgicale consistant à "tuer l'animal dans son œuf", avant qu'il n'éclose et se répande dans d'autres régions. Mais ce "Temürkhan" veille, et semble parvenir avec brio à bloquer toute initiative grâce à une sorte de "réseau de l'ombre", et à la relation fraternelle qu'il tisse avec le PRDK-ML.

Couleur sur la carte : rouge

Soutien extérieur : aucun [me contacter par mp pour soutien officiel, discret ou secret, indiqué ou non-indiqué]

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 Sujet du message : Re: Hezb : Confrérie du Nod
Message Publié : Jeu Oct 12, 2017 2:04 am 
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Je me permet de reposter, reformuler et mettre à jour une ancienne publication de la V3, qui me paraît essentielle et parfaitement synthétique de l'esprit de la Confrérie.
Contre la fable des abeilles... la fable des babouins

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Le babouin (papio).
Cette espèce de primates est connue pour la violence omniprésente qui règne à l'intérieur même de ses organisations tribales, celle qui anime les relations entre ses membres, notamment les individus mâles de niveaux hiérarchiques différents. En plus du patriarcat, le système de classes sociales est une structure naturelle évidente chez toutes les tribus de babouins : au sommet de la hiérarchie se trouvent en effet les mâles "alphas", les plus forts, ceux qui vivent le plus longtemps, ceux qui peuvent frapper les autres sans avoir à craindre d'en subir les conséquences, ceux qui peuvent copuler avec les femelles, ceux qui peuvent manger avant tous les autres ne laissant que des "restes" aux mâles inférieurs.

Par observation discrète et approfondie, des chercheurs zoologistes sont parvenus à suivre l'histoire d'une tribu de babouins traditionnelle. On y retrouvait donc les mâles alpha d'un côté, qui menaient le reste de la tribu, à savoir les femelles et les mâles inférieurs de catégories bêta et oméga, de l'autre. Chez ces deux dernières catégories, le stress moyen, mesuré grâce à des méthodes spéciales en plus des signes cliniques observables, était évalué comme "dangereusement élevé" pour leur santé... à l'inverse des mâles alpha, oppresseurs "assis" qui n'ont pas à se soucier d'un avenir déjà assuré par leurs privilèges considérés par tous -avec fatalité- comme naturels. Et en effet, l'espérance de vie s'avère significativement plus courte chez les mâles bêta et oméga. Mais ainsi l'exige la loi naturelle.
Bien-évidemment, l'origine de ce stress nocif insupportable dans la vie de ces primates de rang inférieur ne fait aucun doute. Il s'agit des coups portés par les mâles alpha et la crainte qu'ils inspirent. Ceux-ci sont de loin les plus violents, et s'amusent à frapper régulièrement leurs femelles aussi bien que leurs subordonnés mâles. Chez les babouins, la violence proprement dite, c'est-à-dire "gratuite", est devenue une caractéristique de leur espèce au point qu'on la pense inscrite dans leurs gênes.
Et pourtant, force est de constater qu'ils ne le sont pas tous : ce sont les mâles alpha qui, hors de leurs trois heures de repas quotidien, ont pour habitude de harceler, humilier et même torturer leurs subordonnés. A l'inverse, chez les victimes, c'est la fragilité, la passivité, la soumission et la peur qui règnent. Et il convient d'insister sur ce point : rien d'anormal à cela pour les zoologistes qui les observent, il s'agit d'un comportement banal, caractéristique de cette espèce de primates (bien plus que chez les chimpanzés ou les bonobos), y compris pour la tribu dont nous allons vous parler.

On l'a vu, les mâles alpha ne manquent jamais une occasion d'imposer ou plutôt d'exercer leur domination : ils apprécient tout simplement cette pratique. Quant à leurs victimes, femelles et mâles inférieurs, elles en souffrent au quotidien. Physiquement plus faibles, elles sont incapable de s'en délivrer. Néanmoins, malgré le stress, ces opprimés sont aussi les plus affectueux, les plus doux, et pas seulement les femelles : les mâles bêta et omega, que certains pourraient qualifier de "féminisés", sont décris comme étant délicats, empathiques, aidants, ils n'hésitent pas d'ailleurs à secourir leurs homologues à chaque fois qu'ils sont en difficulté. Cette attitude des dominés contraste avec celle des dominants qui font régulièrement preuve de leur cruauté et préfèrent laisser tomber leur congénère appelant à l'aide. Ceux qui prétendent que le sadisme n'existe pas dans le règne animal (sous-entendu, exceptés chez les homo sapiens) ont tort : le mâle alpha babouin n'hésite pas à aller jusqu'à torturer son subordonné pour sa seule satisfaction, sans aucune raison cohérente. Il s'agit là encore d'un comportement observable typique de cette espèce.

Revenons à notre tribu, celle observée par les chercheurs en question.
Un jour qu'une petite carcasse d'un animal mort est découverte, c'est le grand festin du côté de notre tribu... du moins pour les mâles alpha, et en fait... seulement pour eux. Malgré la faim qui les tenaille, les autres mâles restent à l'écart, de même que les femelles, de sorte qu'il ne leur reste plus rien à manger : les dominants ont tout ingurgité !

Il est communément admis pour cette espèce que la violence et les strates sociales sont considérées comme naturelles, "génétiques", jusqu'à s'inscrire dans la définition même du babouin. Il en est de même pour toutes les tribus et il en restera toujours ainsi.
Qu'auriez-donc vous fait pour améliorer le sort des femelles, mâles bêta et omega, sinon par moralité, du moins dans l'espoir d'allonger leur espérance de vie ?
Sans doute feriez-vous le nécessaire pour leur apprendre à gérer leur stress, en leur donnant la possibilité d'être plus sûr d'eux, ou sinon à mieux encaisser les coups, du moins à leur apprendre à se défendre individuellement.
Vous avez vos solutions, celles qui consistent à limiter les dégâts tout en préservant l'intouchable, l'immuable et la sacro-sainte "loi naturelle"...
...la Nature avait les siennes.

Au grand malheur des zoologistes, la viande ingurgitée par les mâles alpha abritait un hôte : le bacille de la tuberculose. Quelques heures plus tard, les mâles alpha étaient décimés. Les uns après les autres, la bactérie les avait méthodiquement éliminés.

C'est alors que curieusement... s'opéra une véritable mutation. Pour ne pas dire une révolution. Dans cette tribu décapitée, sans chef, personne ne repris le flambeau de la domination. A la stupéfaction des zoologistes, les autres mâles refusèrent d'employer la violence pour occuper la place vacante, et, conservant leur comportement pacifique, organisèrent ensemble avec les femelles, une reconfiguration sociale radicale : disposant chacun d'un égal pouvoir, leur vie était transformée. Plus de brimade, plus de concurrence, plus de hiérarchie. Désormais, l'égalité, l'entraide systématique, la douceur des relations mutuelles (câlins, typiques chez certains primates) rythmaient leur vie quotidienne. L’agressivité sadique ou compétitive, l'ostracisme, l'abandon, les souffres-douleurs avaient disparu. Les signes cliniques généraux ainsi que les prélèvements cellulaires et sanguins démontrèrent clairement que les niveaux d'anxiété et d'hypertension avaient drastiquement chuté. L'espérance de vie était similaire à celle des défunts alpha, voire la surpassait, et cette fois-ci chez tous les individus de la tribu.
Comme si une telle transformation ne suffisait pas, au fil des mois, les nouveaux membres (des recrues naturellement aggressives provenant d'autres organisations traditionnelles, c'est-à-dire fondées sur la hiérarchie), plutôt que d'apporter leur propre conception (le fort domine le faible) finirent par se soumettre et par adopter le nouveau modèle... sous l'implacable pression de l'ensemble de la communauté qui les accueille. Notons que les individus récalcitrants sont punis physiquement par tous les autres. "Carriéristes" et agressifs à leur arrivée, les nouveaux "adhérents" accomplissent ainsi tous la même mutation : ils se plient progressivement aux principes de la tribu, jusqu'à l’intériorisation : nivellement du pouvoir, égalité totale, attitude solidaire et pacifique.

Cette "tribu égalitaire" est en réalité observée par les hommes depuis plus d'une vingtaine d'années en Algarbe. Elle prospère encore actuellement. Son degré d'agressivité est anormalement bas, l'entraide au contraire est systématisée. Cela avec une espérance de vie qui dépasse la moyenne de toutes les autres connues.

Toute ressemblance avec les sociétés humaines ne serait que purement fortuite.

IRL : véridique.

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 Sujet du message : Re: Hezb : Confrérie du Nod
Message Publié : Mar Oct 31, 2017 7:11 pm 
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Khota Burkhan Delkhy (première ébauche de résumé)

La Cité de Dieu sur Terre.
Tel est, depuis maintenant trois ans, le surnom moqueur que donne ironiquement les médias syirophones officiels d'Altaï-Ata (capitale régionale) à la communauté de Turgaï (elle même guidée par la Confrérie). Cette dénomination est d'ailleurs reprise couramment par les disciples eux-mêmes.

Bien que formellement fondée (selon le KhAD) en 2029, soit exactement deux millénaires après la mort et la résurrection de Jésus-Christ, la Confrérie du Nod prétend être née lorsque advînt le premier opprimé de l'Histoire. Et en l’occurrence, le personnage biblique de Caïn. [HRP : voir résumé au premier message de ce sujet.]
Des textes anciens découverts par des archéologues britons au début du XXe siècle, font remonter la première mention connue de cette confrérie à 1800 ans avant J-C (site de la "Nouvelle Henokh", au Nord-Est de l'Arkadyriane). Toujours dans l'ombre, elle aurait joué un rôle majeur dans l'Histoire. Elle serait à l'origine d'une série d'évènements historiques dans le Monde entier, et en particulier au Karmalistan :
_ l'essor des premiers monothéismes connus (mazdéïsme puis zoroastrisme chez les mèdes et farsi, judaïsme jusqu'en -4/-3, christianisme et islam à travers certains courants)
_ réformes de Lycurgue (en Cérulée / Amarantie, Thrace ou Thodermoscya)
_ quelques pratiques culturelles, dont le rite des kourganes (tumulus de la steppe) et des pyramides de crânes
_ Afrasiab, fondateur de la cité d'Altaï-Ata et des Tourans en -700 (d'où émergeront les peuples sürgüngë / qarlouks, syirs et khüns), serait un membre du Nod
_ certaines tribus sarmatares (dont amazones, du moins les toutes premières communautés)
_ le mythique Estropié, époux de la première reine amazone et assassiné par ses rivaux jaloux, serait un membre du Nod
_ les Sürgüngë et leurs terribles invasions contre l'empire greco-arkadyrian
_ enseignements sur le Karma bouddhiste (courant mahayana)
_ secte juive des Esséniens et communautés chrétiennes cénobites des premiers siècles
_ soulèvement populaire de Mazdak et sa réforme sociale du zoroastrisme (mazdakisme)
_ contribue à la victoire arabo-turque (marqazo-qarlouke) d'Artuxgar en 751
_ al-Bukhari et Yakûb as-Saffâr
_ Djaghataï et les invasion syires
_ Taragaï et les invasions syiro-qarloukes
_ hérésies chrétiennes médiévales (catharisme)
_ Savonarole (archidiacre de la secte)
_ hussites-taborites et insurgés anabaptistes en Dytolie-Nord
_ insurrection paysanne de Campanella en Cérulée
_ communautés chrétiennes-amérindiennes et des esclaves affranchis révoltés des Palmares de Dorimarie pendant la Renaissance
_ révolte ventélienne des Taiping
_ sociétés secrètes révolutionnaires du XIXe siècle en Dytolie (notamment la conjuration des Égaux, le carbonarisme et la Ligue des Justes)
_ expérience des kibboutz et kholkhozes
_ expériences communistes du XXe

Les Negdel du Tchingis Ardyn

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En réalité, la Confrérie proprement dite, est en soi distincte de la "Communauté de Turgaï", laquelle s'organise en quelque sorte sur le modèle de l'Ujamaa africain d'Algarbe, de l'Icarie cabetienne ou du phalanstère fouriériste. La Confrérie régie la communauté, comme une religion régirai une société théocratique ou un parti communiste une société socialiste, quoique plus imparfaitement encore. Elle a donc ses propres règles, mais secrètes, distinctes de celles, officielles, de la Communauté. Et si son influence théorique y est indiscutable, son pouvoir pratique est encore très limité.

Le nom précis et formel de la Communauté de Turgaï, véritable fédération de communautés "guidée" par la Confrérie, est « Tchingis Ardyn Baïguullaga », qui signifie "organisation du peuple universel" en langue syire (mongol). Parfois raccourci en T.A.B. ou "Tchingis Ardyn".
Et à son tour, cette "Fédération avec un grand C", se subdivise en plusieurs communautés autonomes, qu'on appelle « Negdel » qui signifie plus simplement « union/association » en langue syire.

Les sept règles politiques des Negdel de la Communauté de Turgaï s'inspirent de la Déclaration d'Arusha (socialisme africain d'Algarbe) :
1- Tous les humains sont égaux.
2- Tous les humains sont frères.
3- Chaque humain a droit au respect, à la dignité et à la protection de la Communauté.
4- Chaque humain majeur membre est frère, camarade et citoyen à part entière : il dispose de droits égaux à n'importe quel autre membre.
5- Tout frère-camarade-citoyen a droit à la liberté d'expression, de mouvement et de croyance dans le cadre de la Communauté.
6- Les richesses naturelles et les richesses produites appartiennent à tous les membres de la Communauté.
7- Les moyens de production sont la propriété publique de la Communauté.

Première spécificité sociale : l'argent n'existe pas. Les biens utiles sont produits et stockés en fonction de la demande et destinés au libre-usage de tous les citoyens selon le principe : "à chacun selon ses besoins". Les biens "inutiles" (tel que les pierres précieuses) sont utilisés notamment dans le troc, pour les relations avec l'extérieur (commerce avec les autres communautés syries, voire le Syirkhanat lui-même). Malgré cela, on recherche au possible l'autarcie économique.

L'organisation du travail est purement collectiviste : les moyens de production sont rigoureusement publics, les biens produits appartiennent à tous, le travail est obligatoire et encadré par un système égalitaire de répartition des tâches. Si des spécialisations existent dans la plupart des "secteurs stratégiques" tel que l'agriculture (surtout pastorale), l'artisanat, le commerce intra- ou extra- communautaire, ainsi que la recherche, cela en fonction des facultés de chacun, c'est le partage des tâches par roulements qui prédomine. Il est absolument obligatoire en ce qui concerne les tâches ménagères, effectuées par tous, sans exception, et à tour de rôle (sauf bien-sûr, par d'éventuelles personnes malades). Les travaux les plus dégradants sont toujours réalisé à plusieurs, souvent en binôme. Sauf en certains cas (comme dans la recherche, ou chez certaines personnes), le travail solitaire est extrêmement mal-vu.
L'administration et la gestion de la Communauté sont le devoir de l'assemblée populaire, le Hural (distincte du Qurultaï propre au Syirkhanat), qui prend ses décisions démocratiquement (à la majorité) et nomme ses représentants (quota minimal de 30% de femmes/hommes) soit par tirage au sort, soit par élections trimestrielles.

L'éducation des enfants est communautaire : arrachés à leurs parents dès l'âge de sept ans, ils ne vivent plus que par et pour la communauté. Ils étudient ensemble, mangent ensemble dans un réfectoire commun. Si l'éducation est permanente (elle subsiste et s'affine jusqu'à la mort à travers les travaux théoriques, la recherche, la propagande...), le travail physique ne commence véritablement qu'à partir de l'âge de 15 ans. Les deux sexes ne sont strictement séparés que dans les dortoirs.
L'éducation publique comprend à la fois une instruction "technique" (lecture, écriture, calcul), et une propagande clairement communiste.

Chose curieuse, des petits temples sont élevés (un par negdel, parfois mobiles -sur yourtes-) où l'on voue un culte à l'Être Suprême, Dieu unique, créateur de la Nature, et -par elle- des Hommes. Incarnation absolue de la Raison (Vérité), de la Vertu (Amour) et de la Justice (Égalité), cet Être Suprême a créé l'Humanité par Amour, et en nous accordant une certaine liberté (soumise aux relations d'interdépendance entre les hommes), espère nous voir faire le bon choix, celui de la Vérité (par la méditation et la recherche scientifique) et plus encore celui de l'Amour du prochain (par l’Égalité -la Justice ne peut être que divine- et la solidarité).

Enfin, notons que ces communautés connaissent trois mode de vie (selon la saison et le Negdel) :
_ une vie sédentaire de cultivateurs dans un village communautaire
_ une vie nomade et pastorale dans des yourtes spécialisées
_ une vie souterraine et artisanale dans des réseaux de tunnels et de cavités sous la surface du sol ou en flanc de montagnes (protection préventive, malgré le caractère optimiste et l'orientation pacifiste du TAB).

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Deux refuges caractéristiques du système encore largement semi-nomade d'un Negdel : une bâtisse de village et une yourte côte à côte.

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Concernant la Confrérie du Nod, proprement dite.
Secte théocratique communiste qui aspire à libérer l'Humanité de toute forme d'oppression, elle s'oppose au TAB (pacifiste) pour ses appels inlassables à la révolution mondiale à la fois par la guerre populaire et par les conspirations politiques. Volontairement soumise au TAB (à l'image de la relation bolcheviks-Soviet), la Confrérie guide les principes théoriques, donne son opinion et influence les décisions du Hural (assemblée populaire), mais s'y confronte parfois, et dans ce cas, en dernière instance, s'y plie.
Ceci expliquant le caractère foncièrement pacifique, décentralisé et "socialiste-utopique" des Negdel (nettement majoritaire), contrastant avec le fanatisme révolutionnaire et le centralisme de la secte (tendance minoritaire).

On peut résumer la philosophie de la Confrérie en plusieurs points.

_ En matière théologique, elle est résolument croyante (Vertu). Sa religion ne "s'ajoute pas" ni ne se "synthétise" à son orientation communisante, il ne s'agit pas de fusion et encore moins d'une addition. Il est question au contraire d'un raisonnement logique (du moins prétendu comme tel et propre à la Confrérie) selon lequel la vie humaine ne peut que subsister après la mort, selon les indices laissés par la physique quantique, l'infiniment petit - où les mystérieuses lois modelant l'espace-temps ne sont plus les mêmes. Réalités scientifiques qui à leur tour prouveraient l'existence de Dieu.
Cette nature religieuse, monothéiste avec inspirations zoroastriennes et bouddhistes, mais se réclamant fondamentalement de l'abrahamisme (judaïsme-christianisme-islam), prétend subordonner la foi à la science. La Confrérie prétend ainsi incarner la "religion de la Raison", où la croyance repose sur les froides lois de la logique et de la matière.
D'un point de vue tactique, cela est particulièrement utile et donc dangereux du point de vue de l'ennemi, puisque les tués pour la Cause sont ainsi sanctifiés, élevés en martyrs, et les promesses d'un paradis au-delà de la mort contribuent à effacer, sinon amoindrir, la peur de perdre la vie chez ses fidèles, rassurés de se savoir immortels et donc d'autant plus motivés à combattre.

_ En matière de théorie de la connaissance, elle se proclame ouvertement matérialiste (Raison) : la nature précède l'esprit, c'est donc l'objet qui façonne le sujet (et non l'inverse). L'environnement temporel (évènements passés) et spatial (nature et société) détermine absolument l'individu, selon un processus d'une complexité telle qu'une forme de "liberté" paradoxale, interdépendante, aussi fragile que précieuse, semble émerger de ce même processus ; à savoir un Mouvement indéfini d'unités singulières qui se divisent en deux unités distinctes par le choc des contradictions internes (un se divise en deux, d'où naîtra le dépassement, à l'image par exemple, du neutron libéré par les fission et fusion nucléaires, selon la définition de l’Énergie découverte par Lorentz, Poincaré puis Einstein).
Et puisque les pensées et la sensation ne sont que le reflet d'une réalité matérielle qui s'impose à nous, cette liberté paradoxale, ni mesurable, ni même perceptible, ne peut être qu'une force collective, celle du peuple. Le peuple étant une coalition des produits les plus élevés de la matière et de son évolution.
Certains observateurs notent ainsi une certaine similitude entre cette "religion matérialiste" promue par le Nod, et la doctrine aristotelo-thomiste du species ou "détermination cognitionnelle" propre aux sous-courants non-augustiniens du catholicisme.

_ En matière politique, elle est entièrement et indéfectiblement communiste (Justice).
Puisque l'homme est déterminé, on ne peut le juger en tant que personne (la responsabilité individuelle est si infime qu'elle n'est pas mesurable). Ce qui signifie qu'il est dépendant d'autrui, donc interdépendant. D'où l'importance cruciale de l'idée du Peuple en tant que force suprême de l'Histoire et entité la plus élevée de l’Évolution. Il s'agit donc de construire une société qui puisse permettre à tous d'accéder au bonheur par la vertu (c'est le rare point d'accord avec l'augustinisme chrétien : fonder la Cité de Dieu sur Terre). Au niveau de la vie "privée" (au sens large) de chaque personne humaine, le devoir de tous est donc l'amour inconditionnel du prochain, considéré comme son frère par-delà ses fautes et errements moraux, cela jusqu'à l'humilité, l'autocritique et le don de soi. Au niveau de la vie publique au sens strict, à savoir la vie politique, le devoir est d'abord la confrontation des idées (théorie), puis la confrontation des armes (pratique), à savoir l'agit-prop et la résistance armée jusqu'à la terreur au service du Peuple. Le frère nodien se doit donc d'être un agneau dans sa vie personnelle, et un loup dans son activité politique. Il convient ainsi de distinguer clairement la Confrérie des socialismes utopiques chrétiens de jadis, lesquels niaient la lutte des classes.
Adhérant à une conception "linéaire-complexe" à "cycles ouverts" du temps (une sorte de flèche en spirales, plutôt qu'une simple ligne droite, mais surtout aux antipodes du circuit fermé selon la conception cyclique propre aux nationalismes), la Confrérie promeut le changement radical de la société et nie résolument l'existence d'une quelconque "nature humaine immuable". Elle cherche à émanciper l'humain de tout ce que ses ennemis considèreraient comme de "d'inévitables" voire "bonnes" "oppressions naturelles", à savoir tout-à-la-fois (ordre décroissant) de la propriété, de l'individu, de la famille et de la nation, ses quatre irréductibles ennemis. En droite ligne de cette idéologie du Progrès, la Confrérie à la manœuvre derrière ces communautés ne cache donc pas son intention de créer un Homme Nouveau, toujours davantage humble, égal et solidaire, présent dans le Peuple comme un poisson dans l'eau.
Ce qui la distingue précisément du PRDK-ML en plus de sa nature messianique-religieuse ? Probablement la lutte de lignes, qui n'existe que dans le cadre du Hural propre à chaque Negdel. Au sein de la Confrérie, véritable secte théocratique totalitaire, elle est plus que limitée, voire n'existe pas lorsque l'on sort des fondamentaux théoriques de la Confrérie.

Pour en savoir plus sur la théorie de la connaissance, cet extrait d'un texte russe récemment publié par la secte de Temürkhan :
Citer :
Le communisme, au sens kiroviste du terme, est d'abord une idée réaliste, une idée construite sur la base d'un constat rationnel opéré par l'Homme sur les choses et les évènements spatio-temporels qui l'environnent (temps donc histoire, espace donc géographie). A partir de cette réalité qu'il perçoit (représentation par les sens), qu'il découvre (par les recherches scientifiques) et qu'il déduit (par le raisonnement logique), l'Homme se dote d'un axiome fondamental : par ma volonté rationnelle d'être assoiffé d'amour, et en conformité avec le sens logique et mécanique de l'Histoire, je reconnais que l'Humanité a le droit et le devoir de poursuivre librement et dignement sa quête de Justice égalitaire et d'Amour véritable de tous et pour tous. Conformément à ce premier postulat, l'Homme s'efforce donc d'accélérer le sens de l'Histoire pour bâtir une société nouvelle fondée sur ces deux vertus suprêmes.
Néanmoins, puisque la réalité environnementale s'impose à l'homme (inné biogénétique et acquis empirique) et puisque le collectif domine (directement ou indirectement, mais systématiquement) l'individu, le facteur déterminant par lequel l'Homme peut exercer son pouvoir (pour ensuite déclencher en société des cercles vicieux ou vertueux) ne peut être que l'infrastructure socio-économique, à savoir le mode de production.
Ce "mode de production" est lui-même issu d'un long processus de facteurs déterminants, antérieurs à l'homme : la mort des étoiles créent les planètes et leur géologie (structure atomique et moléculaire, énergie...), la géologie terrestre au sens large détermine la géographie (ou plutôt les natures élémentaires, organique et minérale), géographie physique qui à son tour détermine les forces productives (moyens naturels utilisés par l'homme pour vivre ou survivre, dont lui-même).
Ce processus fondamental (qui anime l’Évolution) est le résultat de forces contradictoires, lesquelles sont dépassées ensuite par d'autres forces qui naissent de ces rapports de forces et les abolissent. Une fois produites par les contradictions entre l'homo sapiens et son environnement naturel, les forces productives (donc les outils au sens large) entrent alors en contradiction avec les rapports de production (organisation sociale, relations interhumaines pour leur survie par l'usage des outils) ce qui a pour conséquence la transformation, ou plutôt l'évolution du mode de production, à savoir l'agencement lui-même entre le type d'économie et sa structure sociale (forces productives + rapports de production).

Pour sa survie d'abord, mais ensuite pour sa vie elle-même, l'homme vivra dans et pour ce modèle économique. C'est ainsi qu'au bout du compte, telles les racines donnent l'arbre, telle la tige donne la fleur, c'est le mode de production qui détermine les croyances, elles-mêmes issues de l'expérience de la vie en société modelée par son infrastructure économique. Et qu'enfin, ces croyances déterminent en partie... le comportement humain.
Les contradictions qui animeront le mode de production, pousseront les hommes à évoluer, phénomène progressif ou brutal, pacifique ou violent, qui a transformé la société antique (esclavage) en société féodale (servage ou vassalité -corporatisme-), puis la société féodale en société capitaliste (salariat-prolétariat), et, inévitablement, la société capitaliste en société communiste (société sans classe, égalité universelle).
Pour mener à bien cette évolution, il convient de l'accélérer. Aussi déterminé soit-il, l'homme est doté d'une liberté profonde, mystérieuse et impossible à quantifier, produit d'une série de facteurs d'une complexité telle que cette liberté en est justement le fruit. C'est tout le paradoxe entre déterminisme total et liberté personnelle : les deux existent et s'imbriquent, les deux se déterminent. Une relation qui bien-sûr dans ses caractéristiques élémentaires, dépasse l'entendement humain.

Le réel (concret) détermine l'irréel (abstrait). Le matériel détermine l'immatériel. L'économie détermine la société. La société détermine l'homme. Voilà le seul raisonnement qui soit scientifiquement valide et qui se prouve tous les jours, sous nos yeux, dans notre vie quotidienne : pas de Justice sans égalité, pas de paix sans conditions de paix, pas d'amour sans preuve d'amour.

En définitive, pour en revenir aux deux vertus suprêmes (objectif absolu des communistes) : c'est bien la Justice sociale qui précède l'Amour véritable, lequel n'est qu'hypocrisie sans la première, puisque déconnecté du réel (qu'est l'injustice ambiante), la souffrance des uns pour satisfaire les besoins de jouissance des autres dénatureront tous les bons sentiments, puisque basées sur une présomption instinctive, sur une malhonnêteté égocentrique.


Organisation révolutionnaire qui prétend défendre les opprimés, "suivre le mouvement réel" et promouvoir une société égalitaire, elle n'en demeure pas moins extrêmement hiérarchisée -selon un ordre unique de pouvoir de décision (l'aisance matérielle est à l'inverse rigoureusement la même pour tous)-, chaque membre devant prouver sa fidélité, sa détermination et ses compétences avant de monter en grade. La chasse aux infiltrés du KhAD est impitoyable.

Hiérarchie au sein de la Confrérie :
Citer :
1_ Guide-Suprême : prophète et fondateur (réincarnation de Caïn, personnage mythique, l'existence de son actuel titulaire fait l'objet de polémiques)
1.2_ Exarque : informel « chef de l’État » du Nod, "1er N°2" (Temürkhan)

2_ Grand-Exécuteur : « chef de l’exécutif » du Nod, commande la police intérieure, "2ème N°2" (Temürkhan, seconde fonction)
3_ Vicaire : assistant/conseiller du Grand-Exécuteur, préside l'Archidiaconat, "N°3" (Arkhar)
4_ Exécuteurs : les 9 autres membres du Cercle Interne, rôle décisionnaire capital

-A partir d'ici, on sort du Cercle Interne (sorte d'équivalent religieux du Comité Central d'un PC).-

5_ Grand-Confesseur (plus puissant non-membre du Cercle Interne, doit obéir à ce dernier)
6_ archidiacres (abbés)
7_ confesseurs
8_ diacres
9_ apôtres
10_ grand-frères (acolytes et disciples)
11_ frères (initiés)
12_ croyants


Le nombre de membres ne dépasserait pas quelques milliers à travers l'ensemble du Karmalistan. Mais on ignore l'influence qu'elle entretient hors du pays.
Le chef suprême de la secte, considéré comme un messie, se fait appeler par plusieurs noms :
_ Qobyl (en farsi ou en arabe)
_ Kaïn (en turque-qarlouk)
et, anecdotiquement :
_ Kirov (en russe)
_ Kane (en anglais)

Son vrai nom est inconnu, son visage est inconnu. En clair son identité est si cachée que beaucoup nie son existence : il ne serait qu'un personnage mythique invoqué pour nourrir la propagande de la secte.

Allégorie du rapport Confrérie du Nod (secte de Qobyl) et Communauté de Turgaï (les Negdel du Tchingis Ardyn) :

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...avant que le dragon ne grandisse.

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Victor Hugo : « C’est de l’enfer des pauvres qu’est fait le paradis des riches ».
Balzac : « Derrière chaque grande fortune, se cache un crime ».


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 Sujet du message : Re: Hezb : Confrérie du Nod
Message Publié : Sam Nov 11, 2017 12:11 am 
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Ces textes ne sont pour l'instant que de purs brouillons théoriques, sujets à d'éventuelles modifications mineures ultérieures.
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Image
Un temple du Nod à Turgaï.

L'ÊTRE SUPRÊME
Musique pour la lecture

Citer :
De même qu'on respire, parce qu'on a quelque chose à respirer ; on aspire, parce qu'on a quelque chose à aspirer.

Henri Guillemin


En tant que religion monothéiste de ligne abrahamique, le Nod conçoit l'existence d'un Être Suprême. Non pas comme un juge capricieux, susceptible et vulnérable aux flatteries, mais comme incarnation alter-personnelle de l'objectivité absolue. Puisque tout-puissant, parfait et objectif, ce Dieu ne peut-être qu'aux antipodes des pitoyables entités "divines" de l'Antiquité (chez les grecs, égyptiens, et autres polythéismes, où leurs dieux se chamaillent, se vexent, se vengent et servent leurs minables intérêts individuels). Mais il n'est pas pour autant une espèce de maître à esclaves, barbu arrogant assis sur un trône doré dans un quelconque "royaume" hiérarchique grotesque, avec de fastidieuses chorales ou pitoyables harems, tel qu'imaginé par certains juifs, chrétiens ou musulmans.
Non. L'Être Suprême du Nod représente la Dignité elle-même. Sa description n'est pas chose aisée : il est extrêmement complexe à définir. A vrai dire, sa compréhension dépasse l'entendement humain. Il est l'Alpha et l’Oméga, le visible et l'invisible, l'Espace mais aussi le Temps, donc le "Tout évolutif". En clair, il est le réel en mouvement.
Notons à ce titre que, malgré son inhérente perfection, il est... en mouvement, donc "en devenir"... ce qui implique une imperfection initiale ! Ce paradoxe, véritable casse-tête pour ceux qui s'aventurent à saisir cette théorie, repose donc sur cette interprétation d'un Dieu qui soit à la fois Tout (réel) et Un (idéal), à la fois Perfection incréée et Mouvement perpétuel.
Pour ne rien simplifier, il incarne, dans son essence profonde, trois principes fondamentaux (défendus politiquement par le Nod) : Il est la Raison (la Vérité scientifique), la Justice (l’Égalité sociale) et la Vertu (l'Amour entre les êtres)... et chacune d'elles sont Lui.
En définitive, puisqu'il est être et principe, totalité et devenir, son état n'est pas "uniquement" passé (il n'a rien à voir avec une sorte de créateur maladroit qui boude sa création l'échappant dans son évolution, scénario alors invoqué par certains croyants réactionnaires comme prétexte pour ne rien changer à la situation initiale. Son état est à la fois passé, présent et futur. Autrement dit, le mouvement dans sa globalité, qu'il soit cyclique ou linéaire (évolution), fait partie intégrante de sa création, jusqu'à être Lui, et donc résulte de sa Volonté rationnelle et imperceptible.

Ainsi dépourvu de "négatif" (au sens strict du terme), d'être opposé à sa hauteur (puisque tout-puissant ; le Nod s'oppose au manichéisme), l'Être Suprême n'a qu'un seul ennemi : ce qu'il n'est pas, à savoir les contre-principes fondamentaux que sont le faux (mensonge), l'oppression (injustice) et le vice (égoïsme) -toujours dans cet ordre !-. Des errements corrupteurs, favorisés par un être démoniaque, dont l'existence est elle aussi complexe à expliquer ou définir, d'autant plus que l'Être Suprême est sensé désigner le "tout" (!). C'est d'ailleurs la raison pour laquelle il y a bien une contradiction eschatologique entre un élément juste et victorieux (en devenir), et un élément faux qui s'efforce de survivre, ou plutôt de tarder à disparaître. La synthèse (dépassement de la contradiction) n'étant absolument pas une fusion du "Bien et du Mal", mais bien une victoire totale du Bien sur le Mal. On arrive ainsi à comprendre que si l'Être Suprême est "tout", il est un "tout en mouvement" (le progrès, la force, la dignité), aux antipodes du Démon qui est le "rien qui stagne" (l'arriération et la bassesse).
C'est ainsi que le Démon, bien qu'inférieur à l'Être Suprême, cherche à bloquer (en fait ralentir) son (inévitable) éveil. Si celui-ci a lieu, il sera alors définitivement vaincu et détruit.

Quant au "royaume des Cieux", il est l'avenir, l'irrémédiable futur des sociétés humaines réunifiées.

D'un point de vue purement scientifique, l'Être Suprême, son ennemi démoniaque, ou encore la survie de l'âme (sanctification de la matière au paroxysme de sa complexité) après la mort, ne peuvent s'appréhender que dans le cadre des lois de la physique quantique. Dans cette "dimension", un fait peut être et ne pas être tout-à-la-fois, le temps lui-même s'émancipant de notre perception (il peut même reculer !). Cette interposition ahurissante des états explique la complexité de l'origine du mouvement dans la physique classique, de son énergie initiale, par laquelle s'opère le processus dialectique des contradictions dépassées. Puisque les lois de la physique quantique (à commencer par les mesures de l'Espace-Temps) n'ont rien à voir avec celles de la physique classique, celle que nous parvenons bien davantage à domestiquer, il nous est permis de dévoiler l'existence d'une forme très furtive de "hasard", et donc par elle, de manière plus précise, d'une forme extrêmement fine et vulnérable de liberté, du moins à l'échelle des particules. Il s'avère en effet qu'à une certaine échelle et dans le cadre de certaines limites, un photon soit capable de "choisir", littéralement, sa destination. Dans le débat (purement scientifique, et pas philosophique !) sur le déterminisme, Albert Einstein et Niels Bohr avaient ainsi tous les deux raisons, mais chacun à leur manière et dans leur dimension respective. L'esprit humain à son tour, comme manifestation la plus élevée et complexe de la matière, est pourvu de cette liberté, mais de façon inconsciente. Une liberté toute relative, puisque totalement dépendante de son environnement intérieur (inné) et extérieur (acquis). Cette liberté ne pouvant alors exercer son pouvoir qu'à l'échelle historique (temps large) et populaire (espace large), grâce aux structures socio-économiques d'abord, puis aux interactions humaines. C'est le rapport infrastructure (forces productives et rapports sociaux de production déterminant ensemble le mode de production) - superstructure (mœurs, culture, religion...).

En toute logique, l'Être Suprême ne peut donc pas être représenté de façon précise, et en tout cas certainement pas d'une façon anthropomorphique. Le Nod rejoint sur ce terrain l'Islam, et vomit comme "blasphèmes" les représentations chrétiennes de Dieu en homme antique gras en toge, poilu et barbu, ou en... bébé (Jésus divinisé).
Toutefois, là où le Nod rejoint le christianisme (sans pour autant s'aliéner certaines interprétations islamiques), c'est sur la "personnalité" de cet Être Suprême. On l'a vu, l'Être Suprême est totalement objectif et donc froidement rationnel. Néanmoins, comme pour le reste concernant Dieu, cette rationalité n'est pas dénuée de paradoxes. L'objectivité suprême dépasse elle-aussi notre entendement. De même qu'un juge doit prendre en compte les circonstances atténuantes d'un acte malveillant commis par un opprimé sur un oppresseur, l'Être Suprême, par Raison et Justice, choisira un camp. Plus encore, il ira jusqu'à s'identifier -symboliquement- au premier contre le second. En tant que "tout évolutif", "mouvement réel", l'Être Suprême incarne la révolte de l'opprimé contre l'injustice et ses artisans (les oppresseurs), il incarne cette lutte des contraires, de l'esclave assoiffé de justice, contre le maître, première victime du mensonge et de l'égoïsme. A l'inverse, le Démon, tentateur, cherchera à doper l'orgueil des hommes pour les détourner de la Vérité et ralentir le processus.
L'Être Suprême, s'identifiant à la Révolution, ce processus dialectique par lequel l'opprimé renverse, neutralise et subverti son oppresseur (l'évolution de la nature rejoint l'évolution historique), se place ainsi systématiquement du côté des humbles, des pauvres, des petits et des ostracisés. Il prône comme aspiration l'Amour du prochain en tant qu'égal, mais comme moyen la défense acharnée des marginaux contre les satisfaits.
L'entité démoniaque défendra de son côté les oppresseurs, les riches, les puissants, cela par le mirage du mérite individuel. Il cherchera donc à détacher l'individu du "tout en mouvement", pour l'isoler et en faire une fausse divinité auto-construite, égocentrique, et arrogante. Il cherche des conflits, mais des conflits stériles, une violence au service du maintien de l'ordre établi, au service des oppresseurs... s’apparentant alors à du sadisme (la pire des ignominies), puisque employée irrationnellement par des gens qui possèdent déjà les privilèges.

Pour les disciples et apôtres du Nod, servir l'Être Suprême (leur aspiration première), consiste à... servir le Peuple et son mouvement réel, à savoir la Révolution. Ils sont appelés à l'humilité personnelle, à l'abnégation en faveur des opprimés, à la solidarité égalitaire et à l'action révolutionnaire (œuvrer au renversement de la classe possédante pour construire une société juste par tous les moyens nécessaires qui ne remettraient en cause sa fondation).

A ce titre, la Confrérie reprend au christianisme d'innombrables paraboles bibliques :

Citer :
Ainsi les derniers seront les premiers et les premiers seront les derniers.
Matthieu 20, 16


Citer :
Heureux les pauvres en esprit,
car le Royaume des Cieux est à eux.
Heureux les doux,
car ils recevront la terre en héritage.
Heureux les affligés,
car ils seront consolés.
Heureux les affamés et assoiffés de la justice,
car ils seront rassasiés.
Heureux les miséricordieux,
car ils obtiendront miséricorde.
Heureux les cœurs purs,
car ils verront Dieu.
Heureux les artisans de paix,
car ils seront appelés fils de Dieu.
Heureux les persécutés pour la justice,
car le Royaume des Cieux est à eux.
Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on vous calomnie de toutes manières à cause de moi.
Soyez dans la joie et l’allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux.

Matthieu 5, 3-12 [Les Béatitudes]


Citer :
Jésus dit à ses disciples: Je vous le dis en vérité, un riche entrera difficilement dans le royaume des cieux.
Je vous le dis encore, il est plus facile à un chameau de passer par le trou d'une aiguille qu'à un riche d'entrer dans le royaume de Dieu.

Matthieu 19, 23-24


Ainsi que des versets du Coran :

Citer :
Nous [Dieu] avons envoyés nos prophètes avec des preuves indubitables. Nous avons fait descendre avec eux le Livre et la balance afin que les hommes établissent ʾal-qist [la justice/l’équité].
Sourate 57, Verset 25


Citer :
En vérité, Dieu n’est pas injuste envers les hommes mais ce sont les hommes qui se font du tort à eux-mêmes.
Sourate Yunûs (Jonas) S.10, V.44


Citer :
Ô mon peuple, faîtes équitablement pleine mesure et plein poids, ne dépréciez pas aux gens leurs valeurs et ne semez pas la corruption sur terre.
Sourate Hûd, S.11, V.85

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 Sujet du message : Re: Hezb : Confrérie du Nod
Message Publié : Jeu Nov 16, 2017 12:58 am 
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Ambiance
LA MATIÈRE ET L'ESPRIT
(entre Hegel et Engels)


Le Nod est une "religion des sciences de la nature", une "croyance matérialiste".
A l'opposée des thèses idéalistes (Descartes, Berkeley, Kant, Dühring... ou "agnostiques" comme Hume) et celles des "empiriocritiques" (Avenarius, Mach, Bogdanov...), selon lesquels -en définitive- rien n'existe en dehors de nos sens, des rapports avec notre "Moi" (les choses environnantes n'étant alors que des phénomènes, ou des "complexes de sensations") ; le Nod à l'inverse, conçoit les sensations comme une des propriétés de la matière en mouvement, soit comme une simple image, un reflet du monde extérieur, lequel existe indépendamment de notre volonté (les choses s'imposent à nous). L'objet façonne le sujet, avant que celui-ci n'interagisse ensuite avec le premier.
Cependant, si, dans la lignée de Feuerbach et d'Engels (notamment dans l'un de ses ouvrages phares surnommé "Anti-Dühring"), le Nod affirme que "l'esprit n'est que le produit le plus élevé de la matière", il précise toutefois que cette matière productrice ne se réduit pas aux "fonctions visibles actuellement découvertes" du cerveau humain. La matière comprend aussi des éléments qui n'ont pas encore été découvert, voire invisibles, reposant entre-autres sur l'infiniment petit et ses lois très particulières.
Ainsi, de l'affirmation de Ludwig Feuerbach selon laquelle "ce monde matériel ("stofflich"), perceptible par les sens, auquel nous appartenons nous mêmes, est la seule réalité", le Nod rectifiera : "ce monde matériel, perceptible ou non par les sens [...], est la seule réalité". Il s'émancipe donc (en fait, à l'instar d'Engels et de Marx !) du "matérialisme mécaniciste", dit "vulgaire", qui n'a pas encore saisi les dernières avancées scientifiques, passait outre le raisonnement dialectique et refusait de faire de la philosophie un combat actif (au profit d'une simple interprétation).

C'est donc naturellement par le réel au sens strict, c'est-à-dire en fait, la matière en mouvement, et par lui/elle seul(e), que tout être humain accède à la Vérité, à l'Être Suprême, et donc à ses trois principes fondamentaux (Raison, Justice, Vertu). L'Histoire est ainsi considérée comme un mouvement ininterrompu de la matière, à la fois voulu, orchestré et représenté par l'Être Suprême (l'Incréé créateur, incarnation des trois principes fondamentaux), matière qui, dans son ensemble et sa complexité (quantité faisant qualité), prend la forme d'un véritable "Esprit" en croissance. Par la confrontation des contradictions internes à chaque chose, de thèses en antithèses, il s'opère une synthèse (dépassement de la contradiction), laquelle n'est pas une fusion, mais plutôt une absorption victorieuse : la victoire du vrai sur le faux, de l'égalité sur l'oppression, de la communion sur l'individualisme. Phénomène qui n'implique donc l'absorption que dans la mesure où la complexité des choses se manifeste concrètement par une variation de gris plutôt que par un manichéisme "blanc ou noir" de chaque côté.
Ainsi, pour le Nod, matière et esprit ne s'opposent pas. Matière et Esprit désignent une seule et même substance (la seconde étant la plus haute -complexe- manifestation de la première). Une substance en évolution perpétuelle et divinisée en tant que "tout" en devenir. Et au cours de l'Histoire, au cours de son évolution, cette substance s'éveille... pour devenir conscience, selon un processus plus ou moins rapide. Le but de chaque homme étant de favoriser l’Éveil de cette conscience historique absolue (Hegel), en accélérant le processus des contradictions dépassées, cela par l'exacerbation des contradictions du "facteur clé", à savoir le système socio-économique présent (capitalisme), donc par la révolution et le renversement de l'ordre établi. Ce dernier devant être remplacé par un nouveau mode de production socialiste (le Nod adhère à la dichotomie marxiste infra et super-structure [voir "facteur-clé" expliqué à la fin du troisième message de ce sujet]).
De confrontations en confrontations, cette chaîne en spirale de conflits dépassés (processus révolutionnaire conduisant à la victoire de l'opprimé face à l'oppresseur) doit permettre la formation progressive d'un tout harmonieux, d'une société idéale, parfaite (rationnelle, juste et vertueuse), où l'Humanité se sera fondue dans le tout, en communion avec l'Esprit éveillé, l'Être Suprême.

En clair, au matérialisme comme fondement philosophique du Nod, s'ajoute une forme d'idéalisme, mais un idéalisme purement hégélien (dit "absolu", anti-relativiste et non-subjectiviste), lequel part toujours du principe que la matière est première, et existe indépendamment de nos perceptions. Le seul idéalisme qui inspira le respect de Lénine.

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 Sujet du message : Re: Hezb : Confrérie du Nod
Message Publié : Dim Nov 19, 2017 5:15 am 
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LA TARIQA NAQSHBANDIYYA
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On l'a vu, la Confrérie du Nod n'est pas qu'un parti politique. Véritable religion universaliste, elle se revendique de l'héritage du prophète Abraham / Ibrahim, le père du monothéisme et de "multiples nations". Elle partage de ce fait d'innombrables points de convergence tant avec le judaïsme et le christianisme qu'avec l'islam.

Religion absolument majoritaire au Karmalistan, l'Islam fait l'objet d'une attention toute particulière pour les disciples du Nod. Résolument monothéiste (respect du Tawhid, l'unicité divine), fondée sur les valeurs collectives (fraternité, humilité), et le Djihad (de l'effort personnel par soumission à Dieu à la solidarité armée en faveur de ses frères en religion), l'Islam est caricaturé par ses pires ennemis (capitalistes) comme un "vulgaire communisme avec Dieu". De ce fait, cette croyance orientale vieille d'un millénaire et quatre siècles, n'est pas un ennemi du Nod. Elle est considérée comme une "voie juste" à l'origine, mais altérée par le temps et les hommes. Une "interprétation ancienne", aux règles souvent caduques qu'il faut revoir.

Aussi, à l'instar de la majorité des musulmans karmalis (et surtout qarlouks) le Nod rejette catégoriquement à la fois le mutazilisme et le salafisme ;
1_ le mutazilisme est condamné pour avoir trahi le message des Prophètes, en raison de son relativisme doctrinal sous-jacent et de ses théories grotesques sur le libre-arbitre (on reprend toutefois sa méthode de réflexion, le Kâlam) ;
2_ le salafisme, et notamment sa sous-branche wahhabite, est condamné pour avoir sombré dans le dogmatisme borné -interprétation littérale du Kor'an- jusqu'à vouer un culte à l'injustice sous prétexte de "fatalité divine", véritable pourrissement social et technique, lui-même à l'origine de son hypocrisie morale omniprésente (on reprend toutefois sa défense inflexible du Tawhid et son rejet des superstitions).

Dans tout le vaste spectre des sous-embranchements des madahib du Sunnisme (écoles juridiques pour l'interprétation des règles temporelles de la Sharia), c'est en réalité la voie soufi de Naqshband qui fut choisi comme juste direction, par la majorité du peuple karmal... et à sa manière, par le Nod.

La Tariqa de Naqshband ("la voie de ceux qui sont attachés à l'empreinte de Dieu", ou "de ceux qui sont attachés à la marque divine, gravée dans le cœur des hommes" *), est une voie soufi, résolument sunnite et particulièrement rigoriste mais attachée à la Justice, qui souligne l'importance de l'abnégation dans la vie humaine. Par ailleurs, elle considère ses fidèles comme des chercheurs, en quête de vérité, en quête de Dieu, en quête du respect de son commandement. L'imperfection des hommes empêchant toute prétention à la complétude du savoir. Il mêle ainsi rigorisme moral et... progrès.
* littéralement : Naqsh signifie "gravure" et band signifie "lien".

Cette confrérie soufi, particulièrement populaire et très pratiquée au Karmalistan, n'est pas née à une date précise, et n'a pas toujours portée ce nom. Elle s'est développée progressivement au fil d'une longue chaîne initiatique (silsila), changeant d'appellations au fur et à mesure des approfondissements doctrinaux : d'abord as-Siddiqiyya, puis 'at-Tayfouriyya et enfin Khwajaganiyya (voie du maître Hamdani) avant d'obtenir son nom actuel après la mort de son "maître-fondateur" le plus connu, Muhammad Bahâ’uddin Shâh Naqshband, surnommé le "sultan des Saints". Elle fait partie de la maddhab (école de jurisprudence -fiqh-) du grand imam Abu Hanifa (hanafisme, très majoritaire au Karmalistan), dont elle reprend entre-autres le principe du qiyâs, raisonnement rigoureux par analogies en vue de trouver des solutions complexes issues d'un contexte entravant l'ijtihâd (effort -dit improprement- d'interprétation) des oulémas/mollahs et muftis dans l'étude du Kor'an et de la sunna.

Officiellement et théoriquement, le fondateur de cette confrérie n'est autre que le premier Calife rashidun, Sayyidina Abou Bakr as-Siddiq, le troisième converti musulman de l'Histoire, célébré tant pour son courage que pour son indulgence, tant pour sa détermination que pour sa patience, tant pour sa générosité que pour sa piété. Mais plus que tout cela encore, Abu Bakr fut honoré pour son sens de la Justice (d'où il tire son adjectif, "le véridique") : il a toujours prôné le respect des non-musulmans, et s'est engagé avec zèle à affranchir tous les esclaves convertis sur sa route. Aux yeux de Mahomet, il était incontestablement son "meilleur sahaba" (compagnon) qu'il nomma en successeur ("Si je ne suis plus, consulte Abu Bakr !" disait-il).

Mais de facto, historiquement, c'est un tojik d'Arkadyr, Muhammad Bahâ’uddin Shâh Naqshband, qui en acheva la théorisation au XIVe siècle, à partir d'innombrables écrits et pensées effectués en amont. Né en 1317, il fut instruit toute son enfance par des maîtres - disciples de la confrérie déjà existante (alors surnommée as-Siddiqiyya ou Khwajaganiyya). Doté de pouvoirs particuliers, il prôna tout au long de sa vie un ascétisme mystique, fondé sur la discrétion et le don de soi en faveur des indigents. Il invita ses disciples à faire de même : "travaillez à la sueur de votre front, puis faîtes don du fruit de ce labeur aux nécessiteux". Mort en 1388, son enseignement forgera l'islam de tout un peuple, et demeurera le courant islamique dominant jusqu'à nos jours au Karmalistan.

Image
Le Mausolée de Naqshband à Arkadyr, centre-nord du Karmalistan.

La tariqa (voie) Naqshbandiyya fonde ses enseignements sur plusieurs principes fondamentaux, dont voici les quatre plus caractéristiques :
_ la lutte contre l'injustice**
_ le zuhd, l'abnégation, l'effacement de soi (lutter contre son égo, par amour pour Dieu)
_ le service (en faveur d'autrui, jusqu'au sacrifice de sa personne)
_ la méditation silencieuse du cœur (attachement permanent à Dieu de tout son cœur, marqué de sa présence)
** ce qui la distingue fondamentalement des nombreux courants déviants de l'hanbalisme : ceux-ci, contre le "péché de sédition", préférant justifier les inégalités entre les hommes par une très opportuniste "volonté divine" qui permettrait à certains de se passer de l'indispensable don de soi pour Dieu.

Outre ces principes, cette voie est également connue pour la pratique du dikhr ("évocation"), une séance (généralement silencieuse) de méditation collective en souvenir de Dieu, ainsi que pour ses théories accordant une grande importance à l'interprétation des rêves.
Enfin, à l'instar de l'asharisme (école théologique d'al-Ash'ari), cette branche très traditionaliste (salafi) du soufisme, les disciples de la voie de Naqshband adhèrent à la méthode Ilm al-Kâlam (qui signifie "science de la discussion/réflexion" ou simplement "dialectique") pour défendre son point de vue ou faire progresser la quête de Vérité (donc celle d'Allah), à savoir le procédé d'une argumentation rationnelle. Toutefois, cette adhésion s'accompli dans le cadre de l'école mâturîdite, distincte de l'asharisme pour sa parenté avec la maddhab d'Abu Hanifa (alors que sa rivale -plus "littérale"- s'apparente à celle d'al-Hanbal).

Ayant façonné des siècles d'Histoire au Karmalistan, la voie de Naqshband est, par sa franche hostilité au littéralisme borné, par son rigorisme moral conduisant à l'abnégation altruiste, son souci ardent de la Justice sociale jusqu'à la lutte armée, son sens de la Raison par la quête dialectique, et par sa marque divine (Naqsh) si caractéristique[***], est considérée par la Confrérie du Nod comme l'un des grands chemins qui mène à elle ; à savoir un véritable terreau populaire, d'où germera, contre les shirk (associationnistes / polythéistes), les incroyants et les hypocrites, la révolution prochaine.
Il suffira de pousser encore jusqu'à son paroxysme, le renversement de la conception rétrograde, opportuniste et malhonnête des privilèges justifiés par le mérite : l'injustice conduisant au péché, cela parce que TOUS les hommes ont pour devoir l'égale et absolue soumission à Dieu. Le nanti est par définition, un mécréant.

[HRP : *** voir premier message de ce sujet.]

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Victor Hugo : « C’est de l’enfer des pauvres qu’est fait le paradis des riches ».
Balzac : « Derrière chaque grande fortune, se cache un crime ».


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