 |
SimPolitique - Jeu de Simulation Politique Incarnez le dirigeant de votre propre nation. La limite est votre imagination!
|
|
|
|
| Auteur |
Message |
Johel3007
Maitre du monde

Inscrit le: 13 Juin 2010 Messages: 3787 Localisation: A21
|
Posté le: Jeu Jan 13, 2011 5:45 pm
Sujet du message: |
|
|
Chapitre 9 : Chroniques d'un Damné
5ème Carnet
République d'Uncepahara, 15 Janvier 2014
Appuyé sur sa bèche, Désiré s'arrêta un instant de creuser pour éponger la sueur qui ruissellait de son front.
La chaleur était infernale, même pour lui qui venait pourtant de l'aride Zanyane. L'air étouffant, couplé à l'absence de pluie, n'arrangeait rien.
Sans parler de l'odeur.
"-On rêvasse pas, bande de chiens !! Vous croyez qu'on vous paye à quoi, hein ? C'est pas l'Hotel Grand Savoia, ici !!"
Un fouet claqua dans l'air, sans rencontré la chaire. Il n'en avait pas besoin :
Après maintenant près de 5 mois dans les rangs de la GSI, les hommes savaient à quoi s'en tenir. La seule voix de l'adjudant Thorvalien suffisait.
Désiré se remit au travail, ignorant l'odeur en se concentrant sur les évenements de ces derniers jours.
Les auteurs de l'attaque au mortier restaient inconnus et son peloton avait été sérieusement affecté.
Pas que l'attaque en elle-même ait fait beaucoup de morts mais elle avait semé son lot de blessures.
Et dans cette jungle, les infections progressaient vite. Déjà affaiblis par leur voyage, les tirailleurs étaient tombés un à un, comme des mouches.
Sans parler des désertions...
Arrivé à la frontière du Luania, le peloton avait perdu un tiers de ses effectifs. Dont le Sergent Ramirez, victime d'un serpent.
Les survivants étaient taillés dans le roc, par contre.
Ils s'étaient aguérris dans des escarmouches avec les patrouilles indigènes, qu'elles soient des gouvernements ou de rebelles de tout bord.
Ils avaient appris à survivre avec des rations maigres, un équipement déficiant, une discipline rude et un environnement hostile.
Un test d'endurance et de volonté auquel Désiré avait survécu, uniquement pour être ensuite affecté à la construction d'un camp de fortune.
Des milliers de tirailleurs étaient ainsi, là, à la frontière entre le Luania loyaliste et la province rebelle, à attendre.
Ils alternaient les drills d'entrainement, l'entretient du matériel, les corvées diverses et les travaux de terrassement.
Un avantage toutefois : on mangeait bien.
Après deux mois à crapahuter dans la jungle, recevoir chaque midi et soir une assiette pleine était une aubaine.
Les individus les plus faibles reprennaient des forces tandis que les plus résistants appréciaient le calme et la simplicité des travaux manuels.
Cela ne durerait toutefois pas :
Lors de l'arrivée du peloton, Désiré avait été témoin du départ de plusieurs compagnies.
Leur fier allure, comparé à la bande de mendiants boueux qu'était l'unité de Désiré, devait être due à quelques semaines de "repos" dans ce camp.
Le jeune Zanyanais savait donc qu'il retournerait bientôt au combat. Le véritable combat, cette fois, contre les troupes du Luania.
Mais pour l'heure, il creusait, guêtant d'un oeil l'entrée du camp, où un autre groupe dépenaillé faisait son entrée.
Il entendit deux officiers Lochlannais commenter en les voyant :
"-De la chaire fraiche pour le broyeur. On en est à combien là ?"
"-Les derniers éléments de la 382ème companie sont arrivés hier.
Vu qu'un quart de ces macaques crèvent en route, on doit tourner autour des 28.000 hommes."
"-En 3 mois, c'est pas mal.
On devrait en avoir 30.000 de plus d'ici Avril.
Mais après, faudra plus trop compter sur Atumbo pour les trouffions.
J'ai entendu dire que la priorité allait au Makara, maintenant."
"-Ces foutus bridés commencent à sentir le souffre à Wapong-City !! Leur p'tite aventure au Luania, ça leur servira à rien si l'Eran bouffe leur voisin !!
Ils vont faire quoi, donc ?"
"-Réduction du recrutement au Zanyane et au Vicaskaran.
Faut croire que les négros et les peaux-rouges, ils sont pas convainquants, comme "courageaux nationalistes Vieks".
On tombera à seulement 1.000 recrues par semaine.
Et que des Zanyanais, en plus !!"
"-Comme si on en avait pas assez, déjà..."
Désiré serra le manche de sa pelle et redoubla d'ardeur, chassant les pensées meurtrières qui lui traversaient le crâne.
La GSI offrait la fortune, oui... mais au prix de la dignité.
|
|
|
 |
Johel3007
Maitre du monde

Inscrit le: 13 Juin 2010 Messages: 3787 Localisation: A21
|
Posté le: Mar Fév 22, 2011 1:28 pm
Sujet du message: |
|
|
Chapitre 9 : Chroniques d'un Damné
6ème Carnet
Luania, 7 Juin 2014
Désiré était assi par terre, dos au mur, son fusil posé en travers de ses genoux, une cigarette Tabor à la main, sa gourde, vide, dans l'autre.
Il tira une bouffée avant de passer le mégot à son voisin, lequel fit de même avec son voisin, et ainsi de suite...
Jusqu'à ce que les restes du peloton ait eu leur part.
Cela faisait maintenant presque une semaine qu'ils luttaient, dormant à peine quelques heures entre deux marches.
Et à chaque étape dans un village, la même routine stressante d'inspection méticuleuse des maisons, à la recherche de soldats de l'ANL ou de pièges.
Mais aussi, plus vital, d'eau, de nourriture, de médicament, de munitions et autres ravitaillement essentiel.
La logistique de la GSI ne leur en faisait parvenir qu'au compte-goutte, les forçant à acheter auprès des locaux ou à voler quand c'était nécessaire.
Des combats, Désiré en avait vu, bien sûr.
Les premières 72 heures avaient été rudes, une bataille de chaque instant à la frontière de la province.
Puis, comme par magie, alors que les lignes de l'ANL tenaient encore fermement la veille, le front s'était ouvert.
L'ANL, pour une raison mystérieuse, choisissait de battre en retraite vers les côtes.
Et depuis, peu d'affrontements.
Les seuls auxquels Désiré avait participé opposaient des retardataires, des blessés et des déserteurs de l'ANL face aux tirailleurs de la GSI.
Des victoires faciles, contre un ennemi mal entrainé, mal équipé, mal payé et démoralisé. La plupart se rendaient dès qu'on leur en donnait la chance.
L'isolationisme nationaliste de la junte, combiné à une année de harcelement, avait visiblement fait des merveilles sur la qualité des troupes de l'ANL.
"-Hé, Sergent..."
Tiens, ça aussi.
Désiré avait hérité du poste de Ramirez.
"Bullet Promotion", comme les Pelabssiens appellaient ça :
Votre supérieur se fait descendre, on vous donne sa place si vous montrez que vous avez les couilles pour le job.
Les incidents lors de la remontée de la piste Blue Flare, suivit des récents combats, avaient donné de nombreuses opportunités de "Bullet Promotion".
"-Quoi ?"
"-R'gardez qui v'la. Les planqués s'amènent..."
Devant eux, sur la piste de terre que les locaux appellaient fièrement une "route", les troupes du GDDL avançaient.
Uniformes (made in wapong) impecables, têtes hautes coiffées d'un beret rouge vif, ils étaient aussi beaux qu'inutiles.
La majorité étaient des paysans ou des mineurs, fraichement recrutés par les compagnies minières locales quelques semaines avant.
On les avait mis au pas contre des promesses de gloire et de richesse ou contre un papier leur promettant un lopin de terre dans le Sud.
La majorité ne portait même pas de fusils, se contentant d'armes blanches !!
"El Presidenté" les envoyaient derrière les tirailleurs de la GSI, au cas où.
Mais surtout, ils devaient servir à montrer au peuple Luanien que cette révolution restait la leur.
Pas juste celles d'une bande de magnats et de mercenaires.
Désiré bailla en regardant défiler les poster-boys de Pablo Fiegouread. Un autre mégot circulait.
Le jeune Zanyanais en tira une nouvelle bouffée... et fut surpris.
Celle-là, c'était pas une Tabor. C'était de l'artisanale, pure produit local : le parfum acre du chanvre en était presque écoeurant.
"-Sergent, vous croyez qu'on pourrait faire des affaires avec ceux-là ? Ils ont l'air frais. P'têtre bien qu'ils ont encore du fric."
"faire des affaires" pouvait signifier beaucoup de choses.
La plupart du temps, cela consistait à racheter les rations des "planqués" du GDDL, ou à les gagner au poker.
Pour payer, les mercenaires disposaient d'un confortable porte-feuille de dollars, seule commodité que la GSI s'assurait de fournir en quantité adéquate :
Un soldat sans paie est un soldat sans loyauté.
Mais il était aussi possible de faire du troc :
Les armes récupérées sur les soldats de l'ANL (prisonniers ou cadavres) étaient une monnaie en soit.
Précieuses pour des trouffions sans fusil, inutile pour les tirailleurs surarmés.
Si la paie d'un tirailleur Zanyanais restait faible, la guerre présentait des opportunités de s'enrichir vite et bien.
Ces petits commerces en étaient une.
Une autre, plus radicale, consistait simplement à dépouiller de leur prime d'engagement les trouffions du GDDL, arme à l'épaule.
Personne n'écouterait leurs plaintes, après tout.
"-Mouais... Z'ont l'air frais. Mais perso, je prendrais pas le risque.
On a encore assez de rations et de tune.
Gardez vos forces pour demain, les gars."
"-Qu'est ce qui y'a demain, Sergent ?"
Désiré ne répondit pas tout de suite.
Il se contenta de sourir en se levant, contemplant la "route" qui filait plein Sud. Son regard s'attarda sur les collines au loin.
Sur les collines et sur les favelas qui s'y étendaient.
"-La civilisation, les gars. La vrai. Demain, on s'offre une permission en ville !!"
Les cris de joie éclatèrent parmi la section et se propagèrent parmi les autres unités de tirailleurs, sans que ces dernières ne sachent trop pourquoi.
Mais était-ce important ? Les tirailleurs de la GSI avaient compris les risques du métier. Ils saisissaient donc chaque occasion de se réjouir.
Cela pouvait être la dernière.
En l'occurence, Désiré fit de son mieux pour maintenir son sourir face aux troupes, malgrès la pensée qui lui traversa l'esprit :
Pour prendre leur permission en ville, ils devraient d'abord prendre la ville...
L'ANL était peut être en déroute mais les centres urbains restaient des points de ralliement traditionnels.
-------------
Progession du GDDL et des mercenaires de la GSI :
|
|
|
 |
Johel3007
Maitre du monde

Inscrit le: 13 Juin 2010 Messages: 3787 Localisation: A21
|
Posté le: Jeu Avr 28, 2011 11:36 am
Sujet du message: |
|
|
Chapitre 9 : Chroniques d'un Damné
7ème Carnet
Luania, Décembre 2014
D'épaisses lunettes de soleil plaquée sur son nez, allongé dans un hamac, Désiré savourait la chaleur de la fin d'après-midi, à l'ombre, avec un verre de tequilla.
Durant ces derniers mois, il avait pris goût à la boisson locale, laquelle servait aussi de médicament dans une certaine mesure.
Un peu plus loin, un duo d'ouvriers agricoles s'activaient dans les champs.
Dans ses champs, pour être précis.
Avec la victoire était venue la paix. Et avec la paix, l'heure pour le nouveau Président du Luania de régler l'addition finale de la GSI.
Visiblement et de manière prévisible, il n'en avait pas les moyens.
Et en conséquence, la GSI n'avait pas les moyens de payer ses hommes.
Expliquer cela à plusieurs dizaines de milliers d'hommes en armes aurait eu de très facheuses conséquences.
Le gouvernement avait donc joins l'utile à l'agréable :
Il avait offert des terres à la GSI, qui les avait offertes aux mercenaires.
Le Luania s'assurait ainsi l'allégeance de fermiers farouchement indépendants, entrainés au métier des armes et prêts à défendre leur terre.
Et ainsi, Désiré Limpopo Nakanga, 18 ans, 3ème fils de Trésor Limpopo Nakanga, lui-même 7ème fils de Nakanga Limpopo, dit "l'Ancêtre", né dans un petit village tribal du Maeleke... se retrouvait à la tête d'une ferme d'un hectare au milieu du Vicaskaran.
Ceci plus ses petites économies lui avait permi d'engager deux ouvriers agricoles pour faire le boulot à sa place.
Si la récolte était bonne, il enverrait sans doute de l'argent à sa famille.
Peut être les inviterait-ils à le rejoindre ?
Ensemble, sur cette terre fertile, ils pourraient refaire vivre le clan Limpopo.
"-Hé, patron !! Vous viendriez pas nous donner un coup de main ?"
Désiré prit une gorgée de tequilla, lentement, avant de répondre d'une voix allanguie mais sans appel :
"-Non."
Il rajusta ses lunettes et donna un bref mouvement du pied, amorçant le balancement du hamac.
Un laps de temps indéterminé s'écoula alors. Quelques minutes ? Une heure ? Deux, peut être ?
Toujours est-il que quand Pedro vint le secouer, Désiré n'en avait aucune idée.
"-Hé, patron..."
"-Mais bordel, je t'ai dis que je viendrais pas vous aider, non ?! Chacun son boulot, quoi !! Et moi, là, chuis en vacance !!"
"-Mais... Patron, il y a un gringos bridé qui veut vous parler..."
"-Un bridé ? Tu veux dire un jaune ?"
"-C'est bien ça, Capitaine Nakanga. Un jaune..."
Désiré se leva en urgence alors que le Makiran en costume trois pièces souriait d'un air cynique.
Capitaine... c'était le grade que Désiré avait atteint au terme de la bataille sanglante qui avait cloturé le siège de la capitale Luanienne.
Un grade qui lui avait valu une offre d'emploi dans la nouvelle Armée Nationale Luanienne.
Il n'avait d'ailleurs pas encore donné sa réponse à l'État-major de l'ANL.
Que le Wapongais l'ai appellé par son grade ne laissait aucun doute sur l'identité du visiteur et de son employeur.
"-Ben ça alors !! Qu'est ce que vous v'nez foutre ici ?"
"-C'est une visite d'affaire, Capitaine. J'irai droit au but. La GSI a besoin d'hommes de valeur..."
"-Oh !! Hé, ça va !! Pas deux fois, hein !! Signer pour l'aventure pour se retrouver ensuite parquer comme un animal dans un navire-cargo pendant..."
"-Allons allons, Capitaine !! Vous vous méprennez !!
Vous, et la plupart de vos frères d'armes, représentez un investissement bien trop important pour que nous vous exposions à nouveau à un tel traitement.
Vous avez prouvé votre valeur et méritez donc d'être traiter comme vous le méritez."
"-Mais les nouvelles recrues..."
"-...ne sont pas votre soucis.
Les seules questions doivent être où, qui, quand et combien.
Je ne peux pas vous répondre quant à qui vous paie mais si vous acceptez, vous partirez pour le Makara, après-demain, par avion.
20.000 dollars par mois, logé, nourri, blanchi."
Désiré hésita un instant.
Avec autant d'argent, il pourrait sans mal payer l'avion pour tout le village, être réuni avec sa famille et...
"-Moi, ça m'intéresse !! Je signe où ?!"
Visiblement, la vie d'ouvrier agricole n'était pas pour Pedro.
Le wapongais lui jeta toutefois un regard presque méprisant.
"-Désolé, mon grand mais cette mission requiert un certain savoir-faire que seul ici le Capitaine le possède.
Mais la GSI a besoin de différents talents..."
Il lui tendit un prospectus.
"-La gloire, les voyages, l'aventure et la richesse. Il te suffit de te rendre au bureau de recrutement, dans la capitale."
Ce spectacle fit sourire Désiré. Cela restait effectivement seulement du business.
Il pouvait blamé la GSI pour son manque "d'humanité".
Mais la nature humaine elle-même permettait à des entreprises pareils de rester en service :
L'égoisme, l'avidité... mais aussi l'espoir d'un avenir meilleur, ailleurs, sous des latitudes plus vertes, au prix de quelques gouttes de sang et de sueur.
On pouvait ne pas aimer... mais cela aurait été stupide de ne pas en profiter.
"-Ok, le bridé. Je signe où ?"
"-Juste ici... et là... et aussi ici. Avez-vous une femme, Capitaine ?"
"-Heu... non, pourquoi ?"
"-Quelqu'un devra gérer cette propriété en votre absence. Nous pouvons vous en procurer une, si besoin."
Du haut de son mètre quatre-vingt musculeux, Désiré songea à frapper le petit Makiran en plein visage.
Chez les Limpopo, l'union d'une femme et d'un homme avait un caractère sacré.
Et le Wapongais offrait de lui fournir une femme comme on parlait d'un vulgaire lampadaire !!
Mais bon, encore une fois, le coté pratique le rattrappa.
"-Non, merci. Mais par contre, j'aurai un truc ou deux à faire avant le départ.
Vous connaissez une bonne agence de voyage depuis le Maeleke ?"
|
|
|
 |
|
 Inscriptions bloqués / messages: 9022 / 10
|