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 Sujet du message : La Vérité au Karmalistan
Message Publié : Ven Déc 30, 2016 6:07 pm 
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Karagol, la capitale : ses quartiers pauvres au premier plan, les monts Kormal en arrière plan

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 Sujet du message : Re: La Vérité au Karmalistan
Message Publié : Dim Août 27, 2017 11:14 pm 
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Quand le monstre sommeille...
musique !

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De retour d'Horbarash, la princesse karmale Mamta Ismaïla Khan, la future khatoune du Karmalistan, visite une hospice des bidonvilles de Daharpur, construite par des chrétiens nestoriens syirs pour les plus démunis, les perdants de l'essor économique du Dahar.
Pleine de compassion, elle prend son temps pour consoler les malades, et écouter ceux qui peuvent encore parler. Tous sont agréablement surpris par cette visite, et elle comble même les rêves de certains admirateurs victimes de maladies incurables...

Le dernier lit porte un brahmane pauvre, les yeux fermés, gravement malade. Contrairement aux stéréotypes, même en Janubie, la majeure partie des membres de la caste supérieure des brahmanes n'a rien d'un groupe privilégié. La moitié d'entre-eux vivent même dans une situation proche de la misère. Le personnel de santé précise à Mamta que ses jours sont comptés, peut-être ne lui reste-t-il que quelques dizaines d'heures à vivre. La princesse se penche alors pour lui caresser une joue, promettant de penser à lui lors de ses prières du soir.
Conscient de son état, celui-ci, jusqu'alors à moitié réveillé, se redresse de son lit soudainement, ouvre les yeux, rougeoyant de terreur, puis agrippe fermement la main de la princesse. Les infirmières tentent de retirer son bras, mais Mamta les rassure et tient à écouter le brahmane, qui semble-t-il cherche à lui délivrer un message. Le malade en phase terminale s'adresse alors à la princesse, non pas avec colère, mais plutôt comme s'il voulait la supplier :

- Je dois vous prévenir d'un danger, votre Altesse, pour le bien de notre pays, vous devez m'écouter.
Depuis trois ans déjà, dans les steppes de l'Altaï, sommeille un esprit souverain et terrible, peut-être maléfique, qui avec une étrange patience, se prépare à l'éveil. Celui-ci n'a qu'une hâte : que vous commettiez la pire erreur de votre vie.
Je vous en supplie, Votre Altesse, ne partez pas en guerre contre la petite confrérie de Turgaï. Persuadez sa Majesté le roi, votre père, de n'entreprendre aucun acte malveillant à l'égard de cette communauté. Si par malheur vous osez envahir la localité des contreforts du Mont Khanbalik, les prévisibles massacres perpétrés par vos hommes engendreront son éveil.


Jusqu'alors, pas même chez le roi ou ses officiers, personne n'avait encore entendu parler de cette communauté de Turgaï au sens nominal ("confrérie du Nod"), sinon comme vulgaire petite faction communiste risiblement idéaliste, faible et isolée.

- Que voulez-vous dire ? Qu'est-ce que cette confrérie ? Qu'impliquera cet éveil ? -dit-elle hésitante et prise de stupeur-

-le brahmane panique-
- Les conséquences rappelleront un âge lointain, celui d'un autre univ... -après un court silence, les infirmières affirment qu'il délire à cause de sa maladie, mais la princesse cherche à l'écouter jusqu'au bout-
Excusez-moi, vous ne comprendriez pas... je... une telle agression déclenchera le compte à rebours : celui qui annoncera le remboursement humain de vos dettes morales, le paiement de vos méfaits. Soyez sûrs que cet évènement n'augurera rien de bon à l'avenir pour la population du Karmalistan, ni pour celle du monde entier.
Si cet esprit parvenait à s'éveiller, son courroux se répandrait dans tout le pays, et à terme... bien au-delà. Alors, il sera trop tard, et plus personne ne pourra l'arrêter : ni le Karmalistan, ni aucune autre puissance. Nos armes, leurs armes, ne vous seront d'aucun secours, elles ne feront qu'empirer vos propres tourments. Croyez moi, je vous en conjure, stoppez les projets belliqueux de votre père, parce qu'en regard des corollaires, il en va de notre survie en tant qu'espèce.


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 Sujet du message : Re: La Vérité au Karmalistan
Message Publié : Jeu Oct 12, 2017 10:26 pm 
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Le jour J ?

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Akhtar Abdur, le redoutable chef du KhAD - McNeil, brillant général d'origine britonnique et conseiller militaire du roi.

[HRP : se rappeler / lire post précédent juste ci-dessus avant de continuer !]

Curieusement, alors que l'Amarat se manifeste plus que jamais au Sud du Karmalistan dans un contexte de tensions internationales liées aux frappes du Lianwa dans la région, ce n'est pas cette zone "très médiatique" qui devînt subitement le centre de toutes les attentions du gouvernement.

L'homme le plus puissant du Karmalistan... "après le roi"... avait décidé de mettre cartes sur table avec son... « supérieur »... et les conseillers militaires de celui-ci, dont le célèbre général McNeil. Il allait leur dévoiler, pour la première fois, humblement, les défaillances de son service ! Signe de la gravité de la situation. En effet, chose inédite dans sa carrière à la tête du plus redouté des postes du Shakhanat karmali, Jalaluddin Akhtar Abdur avait peur, peur d'un homme, ou plutôt d'un esprit, le seul qui pouvait mettre en échec le KhAD et menaçait jusqu'à sa crédibilité personnelle : Temürkhan, l'obscure « protecteur » de la secte de Turgaï. La seule solution pour lui consistait donc désormais à en finir une bonne fois pour toute, en réduisant à néant cette organisation du Nod, considérée comme le point faible de Temürkhan. Les « dirigeants » du pays s'étaient donc réunis à sa demande, dans son bureau, au siège même du KhAD.

Jalaluddin Akhtar Abdur : Bien. Alors si je vous ai tous convoqué ce soir...

-le roi se racle la gorge-

Jalaluddin Akhtar Abdur : ...euh, je voulais dire si Sa Majesté, et moi-même, avons réuni ce conseil extraordinaire... c'était pour que nous puissions ensemble, appréhender une menace particulière, si dangereuse qu'elle est susceptible de remettre en cause la sûreté de nos intérêts vitaux. Il s'agit de la saisir pour la détruire.
Comme vous le savez le Shakhanat est déjà sous la menace de diverses insurrections bien connues, dont trois en particulier, celles de l'Amarat, Emirat islamique, du PRDK branche ML, marxiste-léniniste, et du Syirkhanat, soulèvement ethnique « mongol ».
Eh bien chers collègues, permettez-moi de vous dire qu'il en existe une quatrième, représentant une faction à elle seule... en la personne de Temürkhan.


Général McNeil : Vous voulez parler de cette minable secte dans l'Altaï ?

Jalaluddin Akhtar Abdur : Non, ceux-là sont des sous-hippies du Quart-Monde, c'est pas eux le problème. Je veux parler ici d'un homme, le chef de leur renseignement. Un personnage unique en son genre, introuvable, imprévisible et insaisissable, qui dispose d'informations sensibles au sujet du KhAD, et par conséquent... eh bien... sur vous tous.

Général McNeil : C'est une plaisanterie j'espère ? Vous voulez dire qu'en plus du fait qu'un vieux schnock du Nord soit parvenu à mettre en échec vos services, ceux-ci stockent des informations sur nous et notre vie privée ?!

Jalaluddin Akhtar Abdur : Connaissez-vous l’expérience du chat de Schrödinger, général McNeil ? Nous sommes prisonniers d'une guerre asymétrique et de ses poisons.
Dans ce contexte, personne n'est digne de confiance. Pas même moi ou sa majesté le Shakhan. C'est une logique implacable mais indispensable en temps de guerre asymétrique. Une fatalité sur laquelle on ne peut marchander ou faire d'exceptions. Vous les militaires vous avez vos blancs d'un côté, vos noirs de l'autre, un front clairement défini, un temps de guerre, d'armistice ou de paix. A l'instar de vulgaires machines classiques, vous êtes formatés pour évoluer dans des contextes bornés et simplistes, faisant de vous des êtres ridiculement prévisibles. Vous êtes formatés par la physique classique.
Dans une guerre asymétrique, il n'y a pas de front délimité. Le front est partout et nul part, dans les armes, le porte-monnaie et les consciences de chacun. Il n'y a pas de « temps de paix » qui succède à un « temps de guerre ». C'est un peu comme la physique quantique : il y a interposition des états. Nous sommes à la fois en guerre, en paix, et les deux en même temps. Le chat peut être mort... vivant... et les deux à la fois.
Vous devriez le savoir, général, en tant qu'anti-communiste d'expérience formé à la contre-insurrection.

Quoiqu'il en soit, au constat de nos problèmes de fuites d'informations... ce... Temürkhan, dispose d'agents, actifs ou dormants, infiltrés jusqu'à nos propres services. Il détiendrait des informations vitales, qui pourraient mettre en cause la survie de tous nos espions sur le terrain. En clair, il peut nous rendre aveugle face à l’Amarat (certes en position difficile au Sud mais plus menaçant que jamais), au PRDK-ML (qui cherche à assassiner le roi) et au Syirkhanat (qu vient de nous narguer en appelant à l'unité de tous les peuples touraniens).
Temürkhan serait à lui seul, le responsable des échecs de toutes nos opérations militaires ou de sabotage contre ces trois factions.


Général McNeil : Très bien. Alors qu'attendez-vous pour l'éliminer ?

Jalaluddin Akhtar Abdur : Si nous avions pu, croyez-vous qu'il serait toujours en vie ? Pensez-vous qu'il est plaisant pour moi ici ce soir de vous dévoiler l'existence de failles dans mes propres services ?
Vous comprenez donc qu'il nous est impossible de l'assassiner. Cet homme est introuvable, insaisissable, imprévisible. Mais, nous avons d'autres moyens à notre disposition pour l'atteindre.


Shakhan : Je vous écoute.

Jalaluddin Akhtar Abdur : Je sais que cette solution ne plaira pas à tout le monde -il pense à la princesse Mamta, fille du Shakhan-, mais je ne vois qu'elle pour tuer le monstre dans son œuf avant qu'il n'éclose. Il s'agirait de détruire la secte qu'il protège, la communauté de Turgaï. Rasons là, exterminons tous ses fidèles illuminés, et le moral atteint chez notre cible prioritaire, le fera commettre des erreurs qui le rendra vulnérable à nos tentatives jusqu'alors infructueuses de filature, de capture ou d'assassinat.

Général McNeil : Je peux lancer notre première division aéroportée avec l'appui d'un support de raids aériens massifs, dès demain soir, votre Majesté. Le plein de kérosène vient de s'achever hier. Mes troupes n'attendent plus que vos ordres formels.

-court silence-

Shakhan : Je... je vais y réfléchir.

Le soir venu, de retour au Palais, le Shakhan informa sa fille qu'il songeait à autoriser McNeil à lancer un raid destructeur contre une communauté pacifiste désarmée du Nord-Est.

Mamta Ismaïla Khan se souvînt des étranges avertissements du vieux brahmane agonisant. La veille, un cauchemar l'avait même tourmenté. Mais à son tour, elle doutait d'elle. Elle se demandait encore si elle n'était pas sous l'influence d'un fou : après-tout les aides soignantes l'avaient déclaré comme tel, et sans doute était-il déjà mort. Peut-être fallait-il supprimer une menace majeure, le plus tôt possible pour le bien de la nation ? Ne faut-il pas casser des œufs pour... ?
Son esprit chercha donc la voie la plus sage, juste, à suivre. Elle rompit alors avec la loi de Machiavel « quand l'acte accuse, le résultat excuse », et dit à son père avec conviction :

Mamta Ismaïla Khan : Vous allez faire une grave erreur, père. Cette communauté est connue pour son pacifisme, il n'y a aucune arme là-bas et par conséquent que des civils, des villageois innocents. J'insiste sur ce qualificatif puisqu'ils ne font même pas partie de la guérilla communiste. Ils n'y participent aucunement... excepté certes, son service de renseignement dirigé par cet homme qui obsède tant monsieur Akhtar Abdur. Je suspecte d'ailleurs ce dernier d'avoir des intentions malhonnêtes, personnelles, dans cette... « guerre » qui l'oppose à ce Temürkhan.
De toute évidence, un tel massacre, non-seulement n'éliminera pas le danger que représente cet homme, mais attisera plus encore l'hostilité de ces peuples marginaux du Nord à l'égard du Sud riche et « connecté ». La tragédie humaine que réclame le KhAD sèmera la rancœur et favorisera les révoltes intérieures. Je suis intimement convaincue qu'il faut y renoncer et trouver une autre solution.


Après un silence qui dura de longues dizaines de secondes...

Shakhan : Laisse moi seul, s'il te plaît, Mamta.

Mamta sort, en espérant que son père prendra en compte ses commentaires. Mais elle découvre McNeil, qui semblait presque en train d'écouter aux portes.

McNeil : Alors ma beauté, on se mêle encore de politique ?

Mamta : Partez, vous n'avez rien à faire au Palais royal. Votre simple présence ici, et votre manque de respect flagrant envers la princesse héritière fait de vous un étranger au royaume, un parvenu et un hors-la-loi.

McNeil : Ne soyez pas si catégorique. Moi hors-la-loi ? Conseiller du Shakhan et sauveur de la Monarchie ? Je suis votre protecteur, votre altesse....

Il se rapproche d'elle, l'empêche d'avancer, et cherche à l'accoster... elle le repousse. Il s'énerve.

McNeil : Vous changerez d'avis à mon sujet. Une fois que j'aurai botter le cul à ces fichus sectaires communistes, je reviendrai couvert de gloire, adoubé par votre père. Et vous tomberez amoureuse de moi. Vous verrez !

Mamta ne savait pas de quoi avoir le plus peur... de l'ambition du général karmalo-briton... ou des prophéties du brahmane sur les conséquences d'un raid contre le Nod.

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 Sujet du message : Re: La Vérité au Karmalistan
Message Publié : Ven Nov 03, 2017 8:10 pm 
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La mort du Shakhan

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Akhtar Abdur, puissant chef du KhAD - Mukhammad Barakzaï, chef d’état-major du Qurol Qutchlar (armée karmali)

Appel téléphonique le 29 juin 2034, au soir.

[...]

Mukhammad Barakzaï : Confirmez-vous la présence du Shakhan demain, aux horaires que vous m'avez transmis ?

Jalaluddin Akhtar Abdur : Je confirme, l'opération peut se dérouler comme prévu.

Mukhammad Barakzaï : Et la princesse ?

Jalaluddin Akhtar Abdur : Absente évidemment.

Mukhammad Barakzaï : Évidemment ?! Vous m'aviez promis sa perte !

Jalaluddin Akhtar Abdur : Je vous l'ai déjà dit : elle ne peut subir le même sort pour les raisons déjà évoquées. Une mort trop hâtée fera d'elle un symbole qui compliquera notre tâche.

Mukhammad Barakzaï : Et pourtant elle devra tomber.

Jalaluddin Akhtar Abdur : Son heure viendra, je vous l'assure. Avant de l'éliminer, nous allons la défaire. Sa mort sera plus cruelle encore, puisqu'il s'agira d'une déchéance. Une déchéance publique, démocratique.
-le ton froid de sa voix rocailleuse, laisse s'échapper un air ironique et satisfait-

Mukhammad Barakzaï : Vous avez vos plans pour la suite des évènements ?

Jalaluddin Akhtar Abdur : L'Histoire s'écrit à l'avance, au KhAD, croyez-moi. Si l'on avance méticuleusement, sans perdre notre patience, tout se déroulera comme prévu. Dites-moi, combien de temps subsistera une reine hindouïste au sein d'une monarchie défaillante, officiellement islamique et sous la pression d'un gouvernement islamiste ?
-la réponse était dans la question...-

Mukhammad Barakzaï : Très bien, nous vous faisons confiance.

Jalaluddin Akhtar Abdur : En retour, j'espère que vos hommes sont fiables, et qu'ils se tiendront à la hauteur.

Mukhammad Barakzaï : Ce sont des servants du Djihad, de vrais guerriers musulmans, aussi féroces qu'expérimentés. Volontaires, ils combattront tous jusqu'à la mort, soyez-en certains.

Jalaluddin Akhtar Abdur : Avez-vous bien reçu les hommes des services spéciaux privés du Caskar ?

Mukhammad Barakzaï : Ils sont arrivés hier. Tout est en place.

Jalaluddin Akhtar Abdur : Très bien. Alors à l'avenir !

Mukhammad Barakzaï : A l'avenir. Qu'Allah (exalté soit-Il) nous guide.

Le patron du KhAD raccroche le combiné, avant de se parler à lui-même :

Jalaluddin Akhtar Abdur : Ébloui sous le feu des projecteurs, tu n'es plus rien. Le pays tout entier te traquera, et tu tomberas avec ta secte au fond d'un kourgane.
Je te tiens, maintenant, Temürkhan !

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 Sujet du message : Re: La Vérité au Karmalistan
Message Publié : Mar Nov 07, 2017 9:28 pm 
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CONTRE-ATTAQUE

A Daharpur, une femme, brune bien-sûr, élégante marquée au front d'un humble tilak/bindi, demande à entrer dans un couloir interdit du siège de la Banque Abkadi. Entrée tenue par deux hommes de corpulences inégales, le très crédule daharo-briton Ambud et l'intimidant daharo-algarbien Nathaniel.

Ambud : Désolé ma petite dame, vous n'avez pas accès à ce secteur.

La femme : Je dois parler à votre patron de toute urgence de vive voix et en privé. C'est très important.

Ambud : Fallait prendre rendez-vous. Alors, cassez-vous.

La femme : Tenez. -elle leur tend un badge-

Ambud : Oh, merci. C'est du vrai ? De l'or ? Et ici, regarde Nath., un rubis ! Ça doit valoir un paquet de tengis !

La femme : Mais...?! Ce n'est pas pour vous !

Ambud : Euh... très bien : si ce n'est pas pour moi, alors qu'est-ce que vous voulez que ça me foute ?

La femme : Il s'agit de mon passe-droit, pour entrer !

Ambud : Mais oui... et moi je suis la reine du Karmalistan ! Mouhahaha ! -rit grassement avec son collègue-

Nathaniel : Passe-moi le badge Ambud, je veux voir le rubis ! Et maintenant barre-toi la mégère !

La femme : Si vous me renvoyez, je m'engage personnellement à vous faire licencier, tous les deux. Appelez-le, vous verrez.

Dans son bureau, l'interphone du bureau du plus riche banquier karmali sonne.

Shaul Khairajul : -se réveille après un quart d'heure de sommeil, les pieds posés sur son bureau- Oui, qu'y a-t-il encore ?

Ambud : Il y a une personne qui souhaiterait vous parler.

Shaul Khairajul : Je suis occupé là. Dites-lui qu'il prenne rendez-vous, comme tout le monde. Pour les micro-crédits vous savez qui il faut emmerder, alors laissez-moi tranquille.

Nathaniel : On dirait que c'est quelqu'un d'important mais je saurai pas dire qui précisément.

Shaul Khairajul : Mais qu'est-ce que vous me chantez ? Il ressemble à quoi ce type ?

Ambud : C'est une femme hindou. Elle est... plutôt jolie, mais vraiment très chian...

Shaul Khairajul : Elle s'est trompée de client. On est pas chez McNeil ici ! -il raccroche et s'apprête à se rendormir, avant que le téléphone ne sonne à nouveau-

Ambud : -la voix hésitante- Euh... désolé patron mais elle insiste. Elle menace de nous envoyer en prison et dit que c'est au sujet de... d'un certain... Temour-kan.

Shaul Khairajul : -ramène à la hâte ses pieds sous le bureau- Pardon ? Qu'est-ce que vous dites ?! Temürkhan ?
...Hum, dites-moi, elle n'aurait pas un badge avec un tigre et un éléphant ?


Ambud : Euh... si, pourquoi ?

Shaul Khairajul : BANDE DE CRÉTINS ! LAISSEZ-LA IMMÉDIATEMENT ENTRER ! VOUS NE SAVEZ PAS A QUI VOUS AVEZ A FAIRE ! MÊME UN SEUL DE SES CHEVEUX VAUT PLUS QUE VOS CERVELLES D'ABRUTIS !

Ambud et Nathaniel pâlissent, puis ouvrent précipitamment la porte afin de laisser passer leur souveraine. Perdant son équilibre sous le choc de la nouvelle, le premier manque même de se viander.

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Mamta : Shaul Khairajul, comme on se retrouve.

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Shaul Khairajul : Eh bien... votre majesté, en voilà une surprise ! Asseyez-vous, je vous en prie !

-elle reste debout et le fixe d'un regard froid, méprisant et menaçant-

Mamta : D'abord je veux des explications. Ensuite je demande que vous rachetiez votre faute.

Shaul Khairajul : Euh... des explications vous dites ? Une faute ? A propos de... ? -dit-il, plein d'hésitations-

Mamta : Vous êtes un odieux personnage. On m'avait prévenu qu'il ne fallait pas vous faire confiance.
Vous avez magouillé avec le KhAD dans ce coup d’État qui ne dit pas son nom : vous m'avez trahi. Un coup de poignard dans le dos. Et ça vous allez me le payer.


-Très embarrassé, Shaul lance un regard perdu en direction de son bureau, l'air honteux-

Shaul Khairajul : Comprenez-moi, votre Majesté, je suis impuissant à mon tour, pris en otage... ma vie est en danger, ainsi que celle de ma famille et...

Mamta : C'est votre problème. Et vous en aurez un autre, lorsque je dévoilerais au KhAD l'aide que vous fournissez à Temürkhan. -elle jette sur son bureau une fiche détaillant quelques transactions financières et d'armement...-

Shaul Khairajul : COMMENT ?! NON ! Non, par pitié... mais comment vous...

Mamta : Oui, je n'ai pas encore perdu la partie. Et je suis plus informée que vous ne l'imaginez.

Shaul Khairajul : C'est d'accord. C'est d'accord par pitié de me dénoncez pas, je suis prêt à réparer mes fautes. Ce que j'ai fait est impardonnable, mais cela prouve en quelque sorte que je peux justement faire machine arrière. Simplement, pour protéger nos vies, cela demandera un certain temps et plusieurs précautions. Je vous remercie d'ailleurs d'avoir pris la première d'entre-elle, à savoir venir me parler en personne.

Mamta : Si vous me trahissez à nouveau en faveur du KhAD, de Mukhammad Barakzaï ou de je ne sais quel groupe terroriste, je vous assure que vous tomberez avec moi.

Shaul Khairajul : Je vous le promet, cette fois-ci je n'ai pas le choix, je suis à votre service. Laissez-moi juste quelques jours.

-Il explique alors à la reine son stratagème, dont l'action principale consistera tout simplement à acheter le maximum de députés du Majlis. Puis il brouillonne quelque chose sur un papier.-

Shaul Khairajul : GÉRARD ! MOULOUD !

Ambud et Nathaniel se précipitent vers le bureau du patron.

Shaul Khairajul : Vous irez me chercher ceci -il leur tend le papier- au conteneur n°431b du port.

Ambut : Mais patron, vous aviez dit que jamais...

Shaul Khairajul : JE SPEEK BRITONISH PAS ASSEZ GOOD POUR VOUS ? ALLEZ ME CHERCHER CE QUE JE VOUS DEMANDE, IDIOTS !

Les deux compères se rendirent donc avec la clé au conteneur en question...

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 Sujet du message : Re: La Vérité au Karmalistan
Message Publié : Ven Nov 17, 2017 4:34 am 
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LE COMMUNISME AU KARMALISTAN

Le Karmalistan ne compte en fait que deux grandes organisations à proprement parler marxistes.

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_ PRDK : organisation se revendiquant communiste, laquelle oscille entre une voie "trotskisante" (bien que ce terme n'existe pas dans le pays) et le réformisme social-démocrate.
Son journal officiel, "Parcham", soutient à demi-mots la Reine Mamta... ce qui en fait clairement, dans les faits, un parti de la gauche socdem réformiste, malgré son apparence radicale. De facto, ils sont franchement naïfs : pacifistes, hostiles à la lutte armée, ils veulent participer à la démocratie naissante karmale, et cherchent surtout à lutter contre la pauvreté et l'injustice sans s'en prendre aux causes fondamentales de ces tragédies. Ils n'ont rien contre, du moins à titre temporaire, à l'établissement d'une nouvelle monarchie, davantage sociale et progressiste. Ils adhèrent à ce qu'ils appellent le "socialisme à visage humain". Toutefois, cette mouvance n'est pas dénuée de courage, puisque son leader est en prison et qu'elle cherche à abattre (pacifiquement, ou via des grèves) le régime islamique conservateur et capitaliste actuel. Il est très méfiant vis à vis de la religion musulmane et certains de ses membres sont trop élitistes et condescendants pour être réellement appréciés du peuple.
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_ PRDK-ML : organisation communiste plutôt hétéroclite mais d'inspiration générale clairement maoïsante. A ce titre, elle prône la révolution par la guerre populaire, l'alliance avec la paysannerie, et même une franche solidarité avec les opprimés de sensibilité ethnique ou religieuse (Syrikhanat, qarlouks naqshdanbi...).
Son leader Khalq-Ata, malgré son âge désormais très avancé, pourrait très bien être une sorte de Mao turc-oriental (ouzbek/ouïgour). Cette branche qui a scissionné du PRDK voilà plusieurs décennies, a décidé de lancer une insurrection armée dans les zones reculées du pays, espérant s'étendre avec le temps, ou saper la résilience du gouvernement à terme. Sans succès pour le moment, certes. Mais le fait est que, dans les cœurs (surtout des Syirs et des Qarlouks), le PRDK-ML est parvenu à faire insuffler un sentiment de révolte profond. Il inspire donc l'espoir chez beaucoup de pauvres gens au nord du pays, pourtant et malheureusement incapable d'exprimer leur colère à cause du contexte (travailler pour survivre, famille à aimer et protéger, surveillance du KhAD, menaces du malik -chef de village-, etc...).
Très aimé de ses partisans, Khalq-Ata a lutté presque toute sa vie pour la cause, renonçant au confort matériel et même à un prestige national formel (tentations des offres de paix du gouvernement, toujours rejetées avec courage). Humble, ascète mais toujours chaleureux, il est dans le peuple comme un poisson dans l'eau. Vieux et malade, il s'apprête à mourir -armes à la main- dans les hautes steppes arides de son bastion territorial. En somme, il est ainsi devenu pour beaucoup d'humbles de Transkormalie (Nord), un véritable héros révolutionnaire.
En revanche, il est relativement inconnu et davantage ignoré au Sud du pays, dans la région très prospère du Dahar. Chez ceux dont le nom de "Khalq-Ata" leur dit encore quelque chose, il n'est qu'un ringard frustré "de bons principes" mais qui a fait son temps : la croissance économique stimulée par l'ouverture du Canal d'Ashurdabad permettra au pays de sortir en douceur de son état de sous-développement féodal, et d'entrer dans l'âge de la Civilisation, celui d'une démocratie libérale avancée, d'un "capitalisme à visage humain". Du moins tel est le mirage qui fait rêver les jeunes daharans... riches et pauvres.
Alors que Khalq-Ata se meurt avec ses belles idées, le Karmalistan lui, se tourne vers la "prospérité" : son organisation lui survivra-t-elle ?

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Toutefois, le Karmalistan compte une troisième branche dans cette catégorie, donc résolument communiste, mais atypique. Et c'est un euphémisme.
De plus, elle est encore bien trop effacée pour compter en tant que tel dans l'échiquier de la guerre civile.

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_ Confrérie du Nod : secte ou religion, elle prône l'instauration d'une véritable théocratie communiste. Elle est menée par un mythique Qobyl (dont l'existence est remise en cause : il prétend être la réincarnation de Caïn).
Si certains courants (plus ou moins radicaux...) s'affrontent en interne, c'est toujours dans le plus absolu des secrets. Secrets qu'elle cultive jalousement pour ses innombrables activités souterraines à travers une bonne partie du pays, toutes agencées grâce aux compétences de son "dirigeant en second", le froid et sombre Temürkhan.
Fondamentalement, elle est une sorte d'effervescence savonarolienne d'inspiration philosophique hégéliano-marxiste : à mesure qu'avance l'Histoire et l'affrontement productif de ses contradictions, un "Grand Esprit" incarnation de la matière en évolution, prend conscience de lui-même. Il "s'éveille", pour libérer l'Humanité.
Malgré sa tendance au fanatisme, elle subordonne -voire soumet- son action politique à une sorte d'expérience communale (rurale), le Tchinggins Ardyn, véritable îlot anarco-communiste et pacifiste en plein cœur des steppes du Nord-Est du Karmalistan. Celui-ci la met d'ailleurs en relation (pour l'instant cordiale) avec le PRDK-ML et le Syirkhanat.
En clair, la Confrérie du Nod souffre de trois obsessions maladives :
_ la défense de la juste cause des opprimés, leur communion égalitaire, et la lutte implacable contre leurs oppresseurs,
_ l'accélération du progrès en général, et surtout du progrès technique,
_ la "Dignité révolutionnaire", soit le total abandon de soi-même pour le seul Être Suprême.

[HRP : PS à tous ceux qui me connaissent pas encore personnellement : cette secte ne représente absolument pas mes idées IRL. Merci d'avance.]
*le nez de Vlad s'allonge* Bon certes, quelques rares points de convergence... *Vladinocchio transformation !* ...d'accord, un certain nombre... OK, BEAUCOUP, OUI.
Mais aussi et surtout des oppositions fondamentales. Sans parler bien-sûr des délires ésotériques. Rassurés ?

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 Sujet du message : Re: La Vérité au Karmalistan
Message Publié : Ven Nov 24, 2017 9:46 am 
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UNE DERNIÈRE CHANCE POUR LE KARMALISTAN : L'AIDE DE NAZAR BABÜR

L'Emir édicte ses décisions ou publie ses missives désormais au nom de ce qu'il appelle le "Karmalistan islamique", un nouveau terme qu'il emploie de façon formelle pour désigner le pays (prenant soin de retirer son attribut "Shakhanat" !). A la tête de l'armée, avec le soutien indéfectible des religieux (Shura-e Molloi) et maintenant du Majlis, Mukhammad Barazkaï était le nouveau maître incontesté du pays. Il ne lui restait plus que de la patience, attendre la désagrégation de cette vieille monarchie moribonde, afin de la remplacer par une... République islamique. Une république autoritaire certes, mais "démocratique", avec élections -officiellement- "libres". Lesquelles n'existent en l'état (Shakhanat hérité d'Ismaïl V) que pour le pouvoir législatif (alors relativement faible). L'assemblée de cette République religieuse gagnerait en pouvoir politique, mais ne serait absolument plus laïque : elle se reconvertirai en une sorte d'unique Grande Shura, parlement monocaméral islamique.
Ce prochain obscur "Émirat républicain" signerait un traité de paix avec les islamistes radicaux de l'Amarat, restaurerait une Sharia digne de ce nom dans la société karmale, et traquerait sans pitié les infidèles syirs et communistes. Les chrétiens, les hindous, les chiites, les musulmans modérés, peu pratiquants, et les soufis, seraient taxés (jizya), discriminés, persécutés, jusqu'à l'effacement, cela au profit d'un "islam pur", en droite ligne des éléments les plus radicaux de l'école de jurisprudence (madhhab fiqh) hanafite [HRP : proche du déobandisme des Talibans IRL].

Quant à la reine, elle craignait pour sa vie. Et en effet, un sombre avenir l'attendait. Cela au point que certains proches lui conseillèrent vivement de fuir en Eashatri, à l'appel discret mais généreux de ce pays.
Bien que tentée, elle refusa. Une telle fuite est inacceptable pour son titre, pensa-t-elle. Malgré son attachement profond pour la culture janubienne, elle aimait plus encore son pays natal et comptait y rester fidèle, jusqu'à la mort.
Cela, tandis que tout espoir n'était pas encore perdu. Le Majlis n'avait apporté son soutien à la Shura (conseil religieux), et donc à l’Émir pour son coup de force, qu'à coup de billets verts. Et la Reine avait frappé fort et juste en s'attaquant au riche -mais vulnérable- banquier Shaul Khairajul. Mieux, elle fut soutenu dans cette initiative par un Oerleuk, général de l'armée de terre particulièrement hostile aux islamistes radicaux, un certain Nazar Babür : un qarlouk et musulman sunnite soufi, de l'ordre de Naqshband (un soufisme lui-même très austère, le plus populaire dans le pays, surtout chez les turcs qarlouks). C'est lui qui l'informa des relations extrêmement troubles et sensibles que le riche et burlesque banquier du Dahar entretenait avec la Confrérie du Nod, qui s'avéra être un précieux moyen de pression.
Toutefois, l'origine de cette troublante information, détenue par un simple Oerleuk et pourtant inconnue du KhAD, faisait planer le doute sur les accointances politiques secrètes de ce Nazar Babür. Mais la reine était cernée : elle fît le choix (forcé) de lui faire confiance, vraisemblablement au péril de sa vie.

Presque sorti de nulle part, ce "petit général" roturier trentenaire est un homme compétent, humble et généreux, qui refuse les honneurs, les manières et les salaires excessifs dus à son titre. Haï des maliks (chefs féodaux qui le suspectent d'être lié secrètement au Syirkhanat et au PRDK-ML), il est également méprisé des autres officiers généraux, pour son attitude fort peu conventionnelle dans ce milieu (il préfère la proximité fraternelle à l'arrogance hiérarchique, dans son rapport avec ses soldats, d'où son surnom de "petit oerleuk"). Fin stratège très informé, mais parfois rustre et très maladroit dans son attitude quotidienne, ce fils de tapissier à l’ascension fulgurante, qui mène -avec d'autres officiers de son rang- la guerre contre l'Amarat en Ala-Tau, était le tremplin idéal pour la reine dans sa quête de restauration monarchique. Mais elle s'en méfiait, à raison.
C'était la première fois seulement qu'ils se rencontraient (résidence secrète à Karagol). Le premier contact s'étant déroulé par l'intermédiaire d'une correspondance unique et spéciale, dévoilant par écrit les secrets du banquier et conseillant l'attitude à adopter pour le faire plier. Lorsqu'il vînt au point de rendez-vous, la reine était déjà là, avec ses fidèles gardes du corps royaux qui le scrutaient de leurs regards menaçants, leurs armes à la main "au cas où".
Mamta Shakhan avait raison d'être suspicieuse : Nazar Babür était d'une autre faction (inconnue) dont les intérêts ne faisaient que "momentanément converger". Plus drôle encore, la réserve était réciproque. L'oerleuk avait conscience des risques encourus en venant la voir personnellement, se sachant suspect à ses yeux, connaissant sa force de caractère forgée par sa nouvelle détermination politique et une colère encore enfouie. Sa grande beauté n'arrangeait pas l'inconfort de sa situation d'homme célibataire rustre, maladroit, et particulièrement pieux et engagé !

Après s'être agenouillé comme le veut l'usage, Nazar Babür exprima en dépit d'une certaine maladresse discursive -mais en toute sincérité-, son profond respect, et la félicita pour la périlleuse mission qu'elle avait accomplie auprès du banquier sous ses conseils. Il lui exposa, sous un silence pesant, une courte liste des actions et attitudes à adopter pour court-circuiter l’Émir dans les jours à venir. Malheureusement, tout ceci ne fit rien pour calmer une atmosphère extrêmement tendue, et il le savait.

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Mamta : -dépitée, exprimant un certain dégoût- Comment vous faire confiance, oerleuk ? comment faire confiance au complice des assassins de mon père, à savoir cet immonde banquier ?

Nazar Babür : -cherchant à lui redonner confiance, mais d'une voix basse et fort peu enthousiaste- Votre majesté, vous devez savoir que Shaul Khairajul fut pris à la gorge par le KhAD et les fanatiques de l'Amarat qui menacèrent la vie de son épouse et de ses enfants. S'il est un opportuniste prétentieux et cupide en apparence, au fond c'est un benêt au bon cœur, presque aussi vulnérable que vous en ces heures sombres. Je pense qu'il était sincère lorsqu'il vous a promis de réparer ses fautes commises sous la menace. Quant aux "terroristes" qu'il soutient secrètement dans l'Altaï et l'assassinat de votre père... cette affaire est plus complexe que vous ne le pensez.

Mamta : Plus complexe ?! Quelle faction vous servez ?!

Nazar Babür : -s'attendant au pire, il répond péniblement- Je... je ne peux... je ne peux rien vous dire de plus pour l'instant, votre majesté. Je suis profondément navré de devoir vous l'admettre, mais en tant que serviteur militaire du peuple karmal, notamment contre l'Amarat désormais de mèche avec l'Emir, je dois préserver certaines informations. Vous n'êtes pas encore prête, veuillez me pardonner.

Garde armé : Son crime de lèse-majesté révèle son intrinsèque malhonnêteté.

Mamta : -la colère qu'elle cumule depuis des années après tant de mensonges, de manigances politiques et davantage encore après les meurtres successifs de son jeune mari et de son père, commence à s’extérioriser- Dites-moi pour qui vous travaillez ! Je vous ordonne de dévoiler tout ce que vous savez à propos du meurtre de mon père !

Nazar Babür : -gardant son calme, il cherche à raccourcir l'entrevue en faisant quelques pas en arrière- Je... je ne peux pas. -dit-il maladroitement-

-les gardes l'attrapent aussitôt, le mettent à genoux, l'un d'eux le frappe au visage avec la crosse de son fusil d'assaut, puis Mamta l'arrête immédiatement lorsqu'il s'apprête à frapper une seconde fois.-

Mamta : -s'adresse au pauvre Nazar Babür- Vous êtes un salaud comme tous les autres. Vous servez une énième faction qui cherche à m'instrumentaliser. Vous finirez par semer le chaos dans notre pays... et mon devoir est de tout faire pour l'en empêcher. Votre précieuse aide pour faire plier Khairajul est la seule chose qui m'empêche de vous déchoir avant de vous jeter en prison. Soyez sûr d'une chose : si je tombe, vous tombez.

Nazar Babür : -à terre, le visage légèrement ensanglanté...- Vous révéler de telles informations si tôt ne feraient que nuire à nos deux causes respectives. A défaut de me faire confiance, je vous prie d'accepter au moins notre alliance objective temporaire.

Le plus violent des deux gardes, discrètement à l'oreille, lui suggère d'aller plus loin afin qu'il se repente et crache le morceau. Mais en dépit de sa colère, la reine n'était pas une tortionnaire. Qui plus est, elle lui était reconnaissante pour ce premier gage de confiance (affaire Khairajul-Temürkhan), aussi petit soit-il.
Elle le relâche donc. Avant de repartir, Nazar Babür pris soin de s'agenouiller à nouveau devant sa souveraine, de lui promettre une imminente victoire au Majlis, et de lui assurer de son soutien total dans son projet de restauration du Shakhanat.

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 Sujet du message : Re: La Vérité au Karmalistan
Message Publié : Mar Déc 12, 2017 4:34 am 
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Rappel : http://www.simpolitique.com/post321117.html#p321117

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Ambiance musicale

Le 22 juin 2034
22 juin 2034, au soir, à Sujawal (une cité aisée près de Daharpur, au Sud, une semaine avant l'assassinat du roi Ismaïl V Shakhan)

Au Palais Madhuri, résidence privée et ancien centre du pouvoir colonial de la ville, quelques hautes personnalités de la noblesse du Dahar (nawab, gouverneurs), des amiraux, des commandants des forces aériennes, des hommes (et femmes) d'affaire et autres élites libérales rajan, s'étaient réunis pour assister à un grand évènement. Une fête à vrai dire : sous des lustres clinquants, les invités masculins en costumes nœuds-de-papillon, mesdames en robes de soirée, domestiques servant du champagne...
Parmi cette cohorte de nantis, deux invités manquaient : la princesse Mamta avait refusé catégoriquement l'invitation, la considérant (à juste titre) comme une provocation, une blague de mauvais goût, voire une humiliation à la suite de la décision du Shakhan, qui avait refusé d'écouter ses conseils (au profit de McNeil). Le banquier Shaul Khairajul de son côté, avait timidement prétexté une douleur à l'ongle de l'orteil gauche... pour rester avec sa famille ce soir là.
Régnaient alors quatre personnalités :
_ l'hôte propriétaire des lieux, l'influente et ambitieuse Madhuri Banerjee, nawab (gouverneure) de Sujawal et impitoyable femme d'affaire rajan,
_ Sharkar Shivaji, l'Amiral en chef et "Raj" (prince) du Dahar,
_ el famoso Jack McNeil, général à la tête de la flotte aérienne du GDI (avions modernes du Karmalistan),
_ et le jeune nawab d'Ormara Vijay Prasad, conjoint non-officiel de la première.

Ces deux derniers ont reçu l'honneur d'ouvrir les festivités.

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Vijay Prasad, nawab d'Ormara [HRP : j'espère que sa tronche n'est pas déjà prise sur simpolitique]

« Bonsoir à tous,
Je tiens d'abord à remercier madame Banerjee, pour nous avoir réuni ici, dans sa superbe demeure. [...]

S'il n'en a pas l'apparence, ce 22 juin est un grand jour pour le Dah... Karmalistan.
 »
-rires-
« Je vous prie maintenant, de bien vouloir accueillir notre héros... le général... Jack Mac NEEEEEEEEEIL !!! »

-vifs et longs applaudissements-

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Général Jack McNeil, grand-conseiller militaire, commandant des forces aériennes du GDI

« Ouais, ouais... merci, merci à tous [...] Bon, vous me connaissez, les formules de politesse, c'est pas mon fort. »
-rires-
« [...] Si le temps joue en notre faveur et que l'avenir est déjà tout tracé par notre croissance prometteuse et grâce à nos innombrables victoires militaires, ne nous reposons jamais trop longtemps sur nos lauriers : enfonçons le couteau sous la plaie à tous ces mauvais perdants, brisons tout espoir à nos ennemis islamistes et communistes ! »
-applaudissements-
« Comme je le dis toujours : il y a une chose que j'aime plus que tout au monde... GAGNER ! »
-rires et applaudissements-

Après le discours, on papota avec un raffinement digne de l'aristocratie britonne (bien que celui de McNeil faisait défaut, comme à son habitude), entre quelques jolis verres de champagne.

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Nawab Madhuri Banerjee, l'hôte, gouverneure libérale et femme d'affaire

« Alors, comment va notre chère jolie princesse ? Elle boude ? » -elle esquisse un sourire moqueur-

Vijay Prasad : « Voyons mon amour... tu sais bien qu'elle est humiliée. »

Madhuri Banerjee : « Oooh, la pauvre petite ! Elle ne peut même plus se réfugier dans les bras de papa ! »

Général Jack McNeil : « Laissons-la chialer. Je la consolerai le moment venu. »

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Amiral Sarkar Shivaji (futur Raj du Dahar) (qui a conservé son uniforme militaire)

« Toujours aussi ambitieux, hein McNeil ! »

Général Jack McNeil : « Je serais le prochain Shakhan, ce n'est qu'une question de temps ! »

Vijay Prasad : -rit- « Vous avez tout notre soutien, mon général, cela va de soi. »

Amiral Sarkar Shivaji : « Mais diable, qu'est-ce qui peut bien motiver notre future souveraine à contester chacune de nos manœuvres militaires ? Jusqu'à s'attirer le mépris de tous, et s'isoler chaque jour davantage ? »

Madhuri Banerjee : « Cette femme n'a aucun sens pratique. Elle est dans son petit nuage. Elle choisi très mal ses conseillers. Bref, naïve et idiote, comme son père. »

Vijay Prasad : « Tout de même, un peu de respect pour Sa Majesté Ismaïl V, qui accède à chacune de nos demandes, contre les opinions de sa propre fille ! ...Ah, ce pur bonheur ! »

Amiral Sarkar Shivaji : « En effet, malgré des apparences de despotisme éclairé, Ismaïl V est un roi faible. C'est une bénédiction pour nous à court terme certes, mais un risque majeur à long terme. »

Vijay Prasad : « Quoiqu'il en soit, l'héritière est pire. »

Amiral Sarkar Shivaji : « Ses croyances religieuses poseront d'insurmontables problèmes juridiques et institutionnels. Son pouvoir ne sera jamais ni stable, ni absolu, rassurez-vous. J'en suis même navré pour le général. »

Général Jack McNeil : « Ces barbares du Nord, qu'ils soient islamo-conservateurs, islamistes, communistes, syirs ou membres de cette secte de chrétiens illuminés du Nod... ils ne me font pas peur. Ils ne me feront pas reculer sous prétexte que ma future épouse sera hindouiste. Tous ces salauds ont juste besoin qu'on leur botte le cul. »

Madhuri Banerjee : « Entre la civilisation [Sud, Dahar] et la barbarie [Nord, Transkormalie], j'ai l'impression que fille-à-papa a choisi le mauvais camp. Elle pourrait même fricoter avec les cocos ou le Syirkhanat... cette garce. »

Amiral Sarkar Shivaji : « Non, non... n'exagérons rien. Elle n'est qu'une pauvre naïve entravant notre projet : pour autant, jamais elle ne traitera avec des terroristes. Mamta est une simplette... elle n'est pas dangereuse, et nous devons la traiter comme tel. »

Vijay Prasad : « Mais mon Amiral, on ne peut nier qu'elle a en quelque sorte trahi le Sud pour servir le "Nord" ? »

Amiral Sarkar Shivaji : « Choix inhérent à sa fonction d'héritière à Karagol ! Cernée par les ennemis politiques, décrédibilisée par son père, humiliée au Dahar, haïe chez les islamo-conservateurs, menacée de mort par les islamistes, son père par les communistes... cela après l'assassinat de son mari il y a quelques années... Ce n'est pas pour la défendre mais... que voulez-vous qu'elle fasse de plus, la petite ? »

Général Jack McNeil : « Qu'elle se résigne enfin à m'épouser, la salope ! »

-tous s'esclaffèrent, McNeil le premier-

On informa McNeil que les appareils étaient arrivés sur les lieux. Il imposa le silence, et monta le volume de sa radio pour que tout le monde puisse entendre. La salle s’obscurcit, et depuis le projecteur, les images d'une caméra fixée sur drone. Quoique de piètre qualité, on reconnaissait de nombreuses habitations (yourtes, temples, troupeaux environnants...), à la lisière de forêts sur un flanc de montagne.
Une explosion retenti, un panache de fumée, puis une deuxième, et ainsi de suite pendant près d'une longue minute. Le spectacle était grandiose.

Mission accomplie, en plein dans le mille ! On les a renvoyé six pieds sous terre ! Nous rentrons à la base !

Les lampes furent rallumées, et tous manifestèrent bruyamment leur satisfaction.

Parce que telle était la raison de cette soirée mondaine : assister à la décapitation d'une organisation communiste, en cette nuit du 22 juin 2034. Curieusement, celle-ci ne représentait nullement un danger : éloignée à des centaines de kilomètres, pacifiste et désarmée, elle était une cible facile. Mieux, cette opération n'était qu'un raid aérien d'ampleur, parmi tant d'autres par le passé, consistant à affaiblir des insurrections isolées et marginales de quasi-"va-nus-pieds" (le Syirkhanat et le PRDK-ML ne menaçaient alors que des régions limitées à l'extrême Nord du pays).
Toutefois, ce jour n'en demeurait pas moins exceptionnel, par son caractère symbolique : les avions du GDI venaient de frapper au cœur la communauté de Turgaï (dont fait partie la Confrérie du Nod), organisation syrio-communiste, qui malgré son pacifisme, gagnait chaque jour en popularité dans la zone.

Le décompte fut quatre fois plus élevé que les chiffres présentés par les journaux d'opposition : les bombardements firent ce jour-là, à Turgaï, sept mille cinq cents quatre-vingt-dix morts, dont plus des deux tiers sont des femmes et des enfants.

...Temürkhan n'est pas l'un d'eux.
Le dragon s'est éveillé.

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