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 Sujet du message : Vie réelle et anecdotes.
Message Publié : Mer Jan 11, 2017 12:54 pm 
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Localisation : Altepetl ; République du Tlaloctlitlal
Ici seront publiées quelques tranches de vie de la population. Mais aussi des éléments d'histoire ou autre qui n'auraient pas leur place dans mon encyclopédie.

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"Yet when I felt myself to be in the Presence I was afraid. And I cast
myself face down in the sand and begged, "O Galloping Goddess, forgive me that
I did not know you, and do not send me forth to eat lunch with your ancient
foe, the Purple Oyster of Doom. For he will force me to eat pizza with
pepperoni and mushrooms, and I shal be most afflicted.""

-Livre de la Prophète April, Chapitre 1, verset 9.


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 Sujet du message : Re: Vie réelle et anecdotes.
Message Publié : Mer Jan 11, 2017 8:10 pm 
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Localisation : Altepetl ; République du Tlaloctlitlal
Au Tlaloctlitlal, on utilise des critères particuliers pour diviser les différentes aires dans le monde. Une des manière les plus répandue de voir le monde ici, est issue de cartes qu'on retrouve nottament dans les manuels scolaires et qui catégorisent les territoires selon divers critères. Géographiques, culturels, linguistiques et historiques. Voici un des exemples les plus représentatifs et les plus répandus :

[+] Carte
Image
En plus grand.


En rouge : Extrême occident.
En bleu : Occident.
En rose : Septentrion.
En jaune : Algarbe/Méridion.
En vert : Orient.
En orange : Extrême orient.

On remarquera que les Tlaloctlictec tiennent absolument à marquer une différence claire entre eux-même et l'occident. (Occident qui, dans un contexte purement géographique, est parfois résumé au sein de l'ensemble "orient", pour ce qui est de la partie Dytolienne par exemple, située bien plus à l'est).

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 Sujet du message : Re: Vie réelle et anecdotes.
Message Publié : Sam Jan 14, 2017 10:47 pm 
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Localisation : Altepetl ; République du Tlaloctlitlal
Le XVIIIème siècle a été marqué au Tlaloctlitlal par de grandes avancées technologiques qui ont à cette époque permit de finir de combler le retard qui séparait le Tlaloctlitlal des états occidentaux. Ce progrès certain a eu une grande influence dans la culture du pays. Car jusque là la menace occidentale était une peur constante profondément ancrée dans l’esprit des Taloctlictec. Le fait de pouvoir désormais rivaliser avec certaines puissances Dytoliennes eut pour effet d’atténuer ces craintes -bien qu’elles soient toujours présentes dans l’imaginaire collectif actuel- et de les remplacer dans certains cas par un mépris grandissant. Mépris teinté d’un racisme certain que l’on a retrouvé de manière assez flagrante dans les écrits de l’époque.

Il était en effet de bon ton dans les milieux intellectuels à cette époque, surtout durant la deuxième moitié du siècle, de casser du sucre sur le dos des blancs. L’un des exemple le plus représentatif de ce qui se disait alors est ce célèbre texte de Acamapichtli Xochipepe. Sobrement intitulé : Traité sur les peuples de Dytolie et/ou des groupes envahisseurs issus de l’orient septentrional, sur leur morphologie et sur leurs mœurs et sur toutes les races qui les composent de chaque côtés de l’océan.

Voici un des extraits dont le manuscrit original est conservé au Musée de l’Histoire des sciences humaines d’Altepetl :



Citer :
« Les blancs forment une peuplade à l’apparence bien particulière et reconnaissable. Bien que variée au point où on peut facilement les diviser en différentes races. Leur morphologie cependant est adaptée à l’environnement Dytolien, terre marécageuse et froide aux sols improductifs. Dans sa nature comme dans son corps, le blanc s’est donc développé en fonction de ce territoire hostile et peu propice à l’émergence de civilisations autres que primitives.

De manière assez paradoxale, bien que de grande taille et adepte de la violence, le blanc manque en règle général de charpente et de vigueur, du fait du manque de nourriture et des émanations toxiques des eaux stagnantes de Dytolie. Les blancs, en particulier les mâles, luttent efficacement contre les températures peu clémentes de ces terres en se couvrant de poils aux couleurs exotiques -certains ont un pelage jaune, voir orange- à la manière des grands singes d’Algarbe. La plupart montrent également une pilosité faciale hypertrophiée, dont on ignore encore quelle est l’utilité. Certains comme le biologiste Mecamictl Xaxatecel pensent qu’à la manière des paons ils l’exhibent pour attirer les femelles en période de chaleur. Une autre hypothèse veut qu’elle serve à retenir la chaleur qui sinon s’échapperait trop facilement par leur bouche. Laissant leur cerveau fragile exposé au froid.

Mais tous sont loin de s’adapter parfaitement et l’on retrouve de nombreux individus ratés, même selon les faibles critères moyens de ces peuples. L’on dit que dans certaines régions de Dytolie certains blancs se regroupent en troupeau du même sexes et partent vivre reclus. Selon certains c’est une manière d’honorer leur dieu morne et solitaire. Mais cela n’explique pas pourquoi les mâles perdent leurs cheveux sur le haut du crâne, en même temps que toute virilité et ardeur pour leurs semblables. Il en va de même pour leurs femelles qui se vêtissent le plus souvent de noir et sont incapables de désires même entre elles-mêmes.

De manière générale les blancs manquent d’ardeur sexuelle, ce qui est à mettre sur le compte de leur constitution fragile. Cependant ils compensent en maximisant le potentiel de chaque accouplement. Les dernières études montrent qu’une femelle peut mettre bas à une portée de trois à six petits. Ce qui leur permet de se multiplier de manière invasive, à la manière des rats avec qui ils partagent une forte parenté. »


Bien que risible de nos jours, ce traité représente cependant l’état d’esprit d’une partie de la population, souvent haut-placée. Ce qui explique que la Dytolie ait eu si mauvaise presse au XVIIème et XIXème siècle. Jusqu’à la sortie d’un fameux recueil de carnets de voyage en 1825, et que nous avons tous eu l’occasion d’étudier en cours : Xitloli cihuapiltzintle traduit en Dytolie mon amour. Et qui va radicalement changer la manière dont les Tlaloctlictec vont voir l’occident. Menant pour la première fois à une vision admirative et surtout fantasmée de la Dytolie. Ce qui a contribué à former notre imaginaire collectif actuel quant à l’occident. Mélange de crainte, de mépris et d’affection.

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 Sujet du message : Re: Vie réelle et anecdotes.
Message Publié : Lun Mars 06, 2017 1:13 pm 
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Localisation : Altepetl ; République du Tlaloctlitlal
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Paltezcoy Cahuittlacl



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Itztaca Quetzalxochitl




"-C'est une blague j'espère ?"

Le Tlatleuctli Paltezcoy fronçait les sourcils alors que ses yeux courraient le long du communiqué du Saint-Siège, que les affaires étrangères lui avaient transmis. Il reposa le papier sur la table de pierre à laquelle il était assis, dans son bureau du palais de la république. Face à lui se trouvait la Haute-Tlacatl, Itztaca Quetzalxochitl. Les deux collègues, devenus grands amis au cours de leur mandat, avaient pris l'habitude de prendre une tasse de xocoatl à cette heure, en milieu d'après-midi. L'air mi-courroucé mi-inquiet, Paltezcoy touillait nerveusement sa tasse de chocolat. Ça n'était pas particulièrement utile mais ce geste routinier le détendais.

"-Le pape, au Tlaloctitlal. On aura tout vu.

-Ce n'est pas la peine de se mettre dans ces états là.
Dit doucement Itztaca. Je ne vois pas ce que ça pourrait apporter de mal.

-Je sais que je n'ai pas de raison valable de m'inquiéter. Mais je pense que je n'arriverai jamais à éliminer toute méfiance sur ce sujet."

Un léger silence s'installa, les deux comparses burent chacun une gorgé.

"-Je ne sais pas à quoi joue cet Aurélien. Reprit Paltezcoy en écorchant le nom du patriarche. Mais depuis quelques temps il s'intéresse un peu trop à nos catholiques. Ça et les bigots qui s'agitent en Dytolie et en Soverovie, ça augure un peu trop de ferveur chrétienne pour moi."

La Haute Tlacatl reposa sa tasse avec un léger soupir. D'habitude c'était elle que Paltezcoy devait calmer. Elle n'était pas très à l'aise une fois les rôles inversés.

"-Le Tlaloctitlal n'est plus la poudrière qu'il était au début des années 2000. D'autant que la catholicité est un milieu bien plus sain dans le pays de nos jours. Le pape a félicité le journaliste le plus pacifiste de la carta abuerta. Et il sera accueilli chez nous par Alvaro. Il a fait du très bon travail en tant qu'évêque du Cuitlalpan. Tu le connais bien, fais lui confiance pour guider nos citoyens catholiques.

-Hmm...

-Avec un peu de chance il sera même nommé à la tête d'un tout nouvellement créé archévêché du Tlaloctitlal. Ce serait une bonne chose non ?

-J'imagine que ça l'aiderai à répandre ses idées de cohabitation religieuse pacifique...

-Exactement.
Acquiesça Itztaca. De toute façon pas la peine de se faire du mauvais sang. Les leader terroristes et leurs larbins encore en vie sont soit en prison, soit en liberté mais trop vieux pour faire grand chose. Et même s'ils ressortaient de l'ombre, plus aucun de nos chrétiens ne seraient prêts à reprendre leurs stupide croisades."

Au tour de la Haute Tlacatl de touiller son xocoatl. Paltezcoy quand à lui regardait les murs sculptés de son bureau, les yeux dans le vague.

"-Et dire que pendant les élections certains m'avaient accusés d'être trop proches des catholiques et trop Hispanophile.

-Tu étais l'ami de l'évêque du Cuitlalpan et il t'enseignais le latin et l'espagnol. Je comprends leurs soupçons."

Le Tlatleuctli eut un léger sourire, ses yeux d'onyx suivant l'entrelacs complexes de la pierre taillée qui habillait les murs de la pièce d'un maillage aussi ésotérique qu'ancien. Mais peu à peu son sourire s’effaça.

"-Je sais que c'est idiot de toujours se méfier autant après tant d'année mais... Mon frère me manque."

Itztaca soupira en regardant sa tasse, sa gourmandise envolée.

"-On a tous perdu des proches à l'époque. On connaissait tous quelqu'un qui s'était retrouvé au mauvais endroit au mauvais moment. Ça ne sert à rien de se morfondre dans le passé. On a fait en sorte que ce genre de choses n'arrivent plus."

Elle posa sa tasse.

"-Du moins c'est ce que je me dis. Il faut éviter de trop regarder derrière sois parfois."

Un silence pesant s'installa. Itztaca triturant sans y penser son médaillon de Quetzalcoatl mordant sa queue. Après une petite minute Paltezcoy reprit la parole.

"-Désolé de te déprimer avec ma paranoïa. Tu as raison, je devrais essayer de me débarrasser de ma rancœur.

-Ne soit pas désolé.
Répondit presque sèchement la Haute Tlacatl en quittant son siège. J'ai fait mon deuil il y a longtemps et je te le souhaite aussi... Je te laisse, on a du travail."

Elle quitta le bureau, laissant derrière elle son xocoatl déjà tiède. Paltezcoy vida le sien d'une traite avant de saisir son vieux téléphone de bureau et de composer le numéro d'Alvaro Quineltocaya. Ils avaient des choses à organiser.

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 Sujet du message : Re: Vie réelle et anecdotes.
Message Publié : Jeu Avr 06, 2017 10:26 pm 
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Localisation : Altepetl ; République du Tlaloctlitlal
[+] Personnage récurrent présent
Ilhicamina Xihuicuintli :
post301331.html#p301331
post303464.html#p303464



18 Octobre 2032
Quand le maître rattrape l'élève. (1)


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Les doux rayons de Septembre perçaient ça et là la dense canopée de la jungle Tlaloctlictec. Comme d’épars fils dorés chutant des lourdes et hautes branches qui surplombaient les sols luxuriants de cette forêt tropicale.

Slalomant entre ces centenaires géants de bois, une route cabossée ouvrait un passage plus ou moins praticable, à la manière d’un long serpent boueux. Sans doute ce chemin avait-il connu des jours plus glorieux. Des jours peut-être pas si éloignés au vu des débris qui la couvraient. Reliquats de récentes et violentes crus.

Dans les faits, les rares routes qui traversaient la jungle centrale de l’île étaient soumises à une constante rénovation, la pluie en emportant souvent de belles parties. Fâcheuse coïncidence entre un emploi du temps rigide et une météo capricieuse, il se trouvait donc que plusieurs véhicules cahotaient désormais sur le chemin défoncé. Le sort ayant fait que leur trajet les avaient amenés à emprunter cette voie avant les équipes de rénovation.
Deux solides tout-terrains encadrant un fourgon, tous noirs (Seul un fou ou un touriste aurait osé traverser la jungle dans un véhicule blanc) circulaient sur le chemin boueux, évitant les plus grosses flaques autant que possible.

A l’intérieur de l’imposant mais agile fourgon, deux personnes patientaient dans l’habitacle arrière. L’un assis face à l’autre, séparés par un long coffre fermement sanglé afin de ne pas bouger ne serait-ce que d’un pouce. Sur la banquette de droite, Ilhicamina Xihuicuintli gardait ses yeux résolument fixés sur le réceptacle. Vérifiant une énième fois que toutes les attaches étaient bien fixées et qu’aucun mouvement inopportun ne venait agiter le précieux bagage.

Lui faisait face un grand homme, qui, s’il ne couvait pas lui aussi le coffre du regard, ne pouvait retenir une petite grimace crispé à chaque secousse. L’air bonhomme et bon enfant, sa corpulence laissait deviner une consommation de chocolat peut-être plus abusive que la moyenne. Son visage rond était souriant. Et le gris de ses tempes comme les rides au coins de ses yeux en amandes témoignaient d’un certain âge ainsi que de sourires fréquents.

« -Tu peux le lâcher des yeux tu sais ? A priori il ne va pas s’enfuir. »

Ilhicamina, dans un effort de volonté, leva son regard et rendit à son interlocuteur son air amusé.

« -Tu ne m’en voudra pas Moxilotl, mais je ne pense pas que mon stress soit assez rationnel pour être calmé »

La jeune femme avait travaillé presque cinq mois durant sur cette œuvre d’art antique et quasi-légendaire. Avec toute la délicatesse du monde, elle laissa ses doigts effleurer le froid métal du coffre. Une légère caresse, comme si un plus lourd contact risquait de briser le solide habitacle.

Même si le trésor qu’il renfermait était dérobé à son regard, Ilhicamina pouvait encore visualiser le moindre de ses détails, pour l’avoir inspecté, réparé, restauré, millimètre par millimètre. Elle voyait encore chacun des délicats disques d’or, chacun des précieux et anciens tissus. Et elle se souvenait de jusqu’à la dernière des majestueuses plumes de cet inestimable artefact. Le panache des Huey-Tlatoani de l’empire Huehuetlactec.

Le jeune femme avait encore du mal à croire qu’elle avait été choisie, avec Moxilotl, pour restaurer cette œuvre. Le pilier de l’art et de l’artisanat Huehuetlactec. Il était pourtant connu que le musé des arts impériaux était extrêmement regardant au sujet de ses employés. C’était comme vivre un rêve. Ilhicamina espérait simplement pouvoir un jour travailler à nouveau sur un objet d’une telle envergure historique. Mais pour l’heure elle n’avait que pour mission d’accompagner ce véritable trésor. Le musé des arts impériaux, basé à Cuauhtlotli, avait accepté de laisser le musé républicain d’Altepetl exposer le panache durant quelques mois, en échange bien entendu d’une généreuse contribution. Bien que cahoteux, le transfert n’était à priori pas risqué, seuls Ilhicamina et Moxilotl savaient ce que ce convoi transportait réellement. Sans compter bien entendu les directeurs des deux musés impliqués dans l’échange. De plus, en passant par la voie directe à travers la jungle, ils avaient peu de chance de croiser qui que ce soit.

La jeune femme tenta de se placer aussi confortablement que possible sur sa banquette. Le voyage complet durait une dizaine d’heure. Et ils n’avaient pour le moment parcouru qu’une petite moitié du chemin. Ilhicamina aurait très bien pu se perdre à nouveau dans la contemplation du coffre à leurs pieds, mais la discussion lui semblait un moyen plus facile de faire passer le temps. Moxilotl fut ravi de la voir sortir de son mutisme. Durant leurs travaux conjoints de restauration ils n’avaient eu, au final, que peu d’occasions de parler d’autre chose que de problèmes techniques, aussi avaient ils beaucoup de choses à se dire. Tant pour mieux se découvrir l’un l’autre que pour partager leur passion pour l’art antique des Huehuetlactec. Ilhicamina avait découvert ce domaine presque par hasard, au fil de ses recherches artistiques, et cela avait été pour elle un véritable coup de foudre. A partir de ce jour elle avait su qu’elle construirait sa vie autour de cette culture si ancienne et délicieusement complexe. Quant à son collègue, il s’était très tôt senti attiré par cet art, ayant grandi à Cuauhtlotli, seule ville d’envergure au Tlaloctlitlal où la langue Huehuetlactec était encore parlée couramment par une majorité de la population. Sa famille était originaire du Necuiltonoloya, mais il s’était toujours senti Huehuetlactec dans l’âme, et ses capacités artistiques l’avaient naturellement mené vers le domaine de la restauration de l’artisanat impérial.

La conversation allait bon train, seulement ponctuée par les sursauts malvenus du fourgons sur la route cabossée, au bout de plusieurs minutes cependant, le véhicule freina. Sans raison apparente. Les deux collègues échangèrent un regard interloqué, puis après une minute de silence plus que suspecte, la jeune femme se décida à se lever. Décidée à aller voir ce qui pouvait bien se passer dehors.

Alors qu’elle tendait la main vers la poignée de la porte arrière du fourgon, plusieurs coups de feu retentirent. Ilhicamina se stoppa immédiatement dans son geste. Alors que des voix étouffées par le lourd métal de l’habitacle du véhicule retentissaient à l’extérieur, la jeune femme s’éloigna vivement de la porte, chuchotant vivement à son collègue.

 « -Moxilotl ! Ton téléphone ! »

Le cuauhtloltec était déjà en train de fouiller ses affaires pour en extraire son vieux cellulaire. La téléphonie n’était pas un secteur très développé au Tlaloctlitlal, aussi n’avait il à sa disposition qu’un vieux modèle à clapet. Il y avait bien entendu peu de chance de capter quoi que ce soit dans la jungle, mais la fébrilité de l’instant ne laissait pas de temps au pessimisme.

« -Pas de réseau… »

-Mictia...
Pesta Ilhicamina. Il y a une radio mais dans la voiture de tête. Comment on va... »

La porte du fourgon s’ouvrit à la volée. Plusieurs hommes se tenaient à l’extérieur, mitrailleuses pointées sur les deux occupants du véhicule. Aussitôt ils levèrent les mains, Moxilotl lâchant son téléphone à contrecœur.

« -Eemel ! Aboya l’un de leurs agresseurs.»

Ilhicamina reconnut là la langue huehuetlactec, elle ne la parlait pas tout à fait mais le message était clair, ils devaient sortir du véhicule. Les jambes tremblantes, les deux collègues ne firent pas d’histoire et descendirent rapidement du fourgon, les pieds dans la boue. Deux hommes grimpèrent à l’intérieur, tandis qu’un troisième les maintenaient en joue. Maigre protection, le bruit des sangles en train de céder se fit vite entendre. La jeune femme retint un tressaillement, l’idée que ces rustres puissent vandaliser le résultat de tant d’heure de travail la crispait au plus haut point. Il ne lui fallut qu’un rapide coup d’œil pour se rendre compte que Moxilotl était tout aussi livide qu’elle.

Avec une efficacité travaillée, les ‘’bandits’’ avaient libéré le coffre de son carcan de sangles et le poussèrent jusqu’à l’extérieur du véhicule. Leurs complices réceptionnant tant bien que mal le lourd butin. Un peu trop lourd peut-être car ils ne purent l’empêcher de cogner contre le sol défoncé de la route, avec un bruit sourd qui fendit le cœur de la jeune artiste. Moxilotl, lui, ne put ne se retenir, s’exclamant en huehuetlactec.

« -Bons dieux faites attention ! Vous allez...

Un coup de feu retentit et il s’effondra, son visage en miette se fondant dans la boue visqueuse du chemin. Ilhicamina recula de quelques pas fébriles, les mains devant sa bouche pour retenir un hurlement qui ne parvenait pas à dépasser sa gorge nouée. Le tueur rechargea, le visage voilé en un masque de froid désintérêt. Derrière lui ses comparses s’affairaient à transporter le coffre, sans porter attention à ce qui venait de se passer.

Le regard tremblant de la jeune femme passait fiévreusement du corps étendu, au canon désormais pointé sur elle. Jamais. Jamais elle n’avait vu ça. Jamais imaginé que tout pouvait s’arrêter si vite, qu’il suffisait d’une seconde, d’une simple pression sur une gâchette. Et tout ce sang. Non, jamais. Jamais elle n’avait voulu voir ça.

Ses lèvres s’agitèrent, mais ses paroles privées d’air ne laissaient ses prières résonner que dans son esprit. Que dans son crâne où retentissaient seulement le battement sourd du sang contre ses tempes.

« -Quetzalcoatl, ô grand soleil. Laisse moi te voir encore un jour poursuivre ta course... »

Le précieux panache fut emmené par les hommes d’armes, le son du coffre que l’on entreposait, et d’un véhicule qui démarre plus loin sur la route parvint à ses oreilles sans qu’elle l’entende. Quelqu’un aboya des mots qu’elle ne connaissait pas, ce à quoi l’homme qui la tenait dans sa ligne de mire répondit d’un cri bref. Le cœur d’Ilhicamina se remit à battre quand il baissa son arme. Il sortit un morceau de tissu d’une de ses poches et le fourra dans les mains de la jeune femme. Perdant son air glacial, une expression de mépris se peignit sur son visage et il lui cracha en tlaloctlictec.

« -Raconte aux tiens ce qui s’est passé aujourd’hui. Que toi et les autres engeances d’esclave de ton espèce se souviennent de qui sont leurs vrais maîtres.

Et avant qu’elle ne puisse dire un mot il abattit la crosse de son arme sur son visage, laissant la jeune femme chuter, inconsciente. Il suffit de quelques minutes, et elle était seule. Évanouie près du corps encore chaud de Moxilotl. Avec pour seule compagnie les gémissements des moteurs du convois encore en marche. Les mains déjà rigides des conducteurs crispées sur les volants des véhicules désormais immobiles. Les doigts fins d’Ilhicamina n’enfermant qu’un bout de tissu. Un vieux drapeau sortit du passé, comme la promesse d’un futur en branle.

[+] Kʼamik sahkil tumen Chiauhtlaya ka suut
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 Sujet du message : Re: Vie réelle et anecdotes.
Message Publié : Dim Juin 25, 2017 2:05 pm 
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Inscription : Jeu Sep 01, 2016 9:16 pm
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Localisation : Altepetl ; République du Tlaloctlitlal
14 juin 2033
Deus lo vult. (1)


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Il n’y avait pas à dire, il faisait tout de même bien beau. Et surtout bien chaud. Peut-être même un peu trop. Les jours chauds du mois d’Août approchaient à grand pas, et on le pressentait encore plus dans les vallées du Cuitlalpan, loin de l’humidité du centre de l’île.
Matilda s’éventait tant bien que mal avec sa main. Il était encore très tôt mais le soleil avait rapidement chassé la fraîcheur nocturne qui emplissait jusqu’alors les rues. Il avait pourtant plu durant la nuit. La vieille dame grommela pour elle même, elle aurait du prendre son éventail.

Mais bon, c’était pour la bonne cause. Longeant les murs ombragés qui bordaient la rue principale du petit village de Las Altas Tixlacta, Matilda ignora les protestations de ses vieux genoux fatigués. Il lui fallut parcourir encore une petite centaine de mètre avant d’atteindre la lisière de la petite bourgade. Seule une petite poignée de passants circulaient déjà ici, saluant jovialement cette petite mamie qu’ils voyaient faire le même trajet chaque matin.
Là où la route se terminait, deux grandes bâtisses se faisaient face, de chaque côté du chemin. A droite, un temple de l’Atzlanti, un vieux bâtiment carré aux murs parcourus de reliefs usés par le temps. A gauche, une petite église, clairement plus récente. Matilda se souvenait encore de la nuit, où, trente et un an plus tôt, l’ancienne église du village était partie en fumée avec ses occupants. Le coupable en fuite s’était rapidement fait coincer par les habitants en colère. Avant même qu’il s’égosille et se vante de son méfait, tout le monde avait déjà compris que le but de l’incendie était de punir le curé de l’époque qui avait eu l’audace d’accueillir dans sa paroisse une famille de fidèles de l’Atzlanti, qui avaient fuit leur village mis à sac par les combats entre catholiques et polythéistes.

Quelques années plus tard, une fois les conflits terminés, il avait été décidé quasi-unanimement de construire la nouvelle église juste en face du vieux temple. Certains s’étaient inquiétés de possibles rixes, mais au final tout s’était très bien passé. Les deux lieux de culte avaient même mis en commun leurs récoltes de dons, une dizaine d’années auparavant, pour aider la commune à remplacer le vieux matériel obsolète de l’école primaire locale.

Oui, décidément, Matilda était bien contente de son village où tout le monde s’entendait à peu près. C’était en tout cas déjà mieux que ce que sa cousine lui racontait quand elle venait prendre le xocoatl à la maison. Elle qui vivait à Bajas Tixlacta, où les deux communautés n’hésitaient pas à copieusement se cracher dans le dos l’une de l’autre.

Toujours était il que depuis près de vingt ans, Matilda Antoñez se rendait à l’église tous les dimanches matins pour aider le curé à préparer la messe. Le prêtre et elle se connaissaient depuis leurs six ans, âge auquel ils s’étaient retrouvés dans la même classe, devenant dès lors deux inséparables amis. Avant d’entrer dans l’église, la vieille dame salua de la main la prêtresse qui ouvrait son temple à la même heure, une jeune femme charmante et radieuse qui n’oubliait jamais de souhaiter le bonjour à Matilda chaque dimanche, depuis l’autre côté de la rue. La vieille chrétienne se rappela qu’elle lui avait promis quelques caimito de son jardin, elle rangea ça dans un coin de sa tête, espérant ne pas l’oublier.

Poussant les lourdes portes de bois, Matilda se réfugia dans la fraîcheur de l’église. Appréciant la protection qu’offraient les murs de pierre contre les cruels rayons du soleil. Remontant le long de la nef, entre les rangés de bancs, elle fit résonner sa voix douce mais fatiguée dans la bâtisse pleine d’échos.

’’-Ernesto, vieille canaille ! Viens donc ici ! La messe commence bientôt et rien n’est prêt, je suis sûre que tu as encore oublié de passer le balais hier… Ernesto ? ‘’

Matilda hâta le pas, il devait être dans un recoin quelconque. Un matin elle l’avait retrouvé endormis sur une chaise, il lui avait suffit de s’asseoir une minute pour s’assoupir.

’’-Ernesto ! Aboya-t-elle. Avant de grommeler. Raaah, Sólo hay nahui itzcuintli, il n’y a donc personne ici ? On a passé l’âge de jouer à las escondidas, Ernesto, sors de ta cachette !

Vociférante, la vieille dame continua son enquête. Où pouvait donc bien se cacher ce petit malin ? C’était bien son genre, tiens, toujours aussi immature à presque quatre-vingt ans. Bien décidé à lui tirer les oreilles, Matilda traversa le Transept de ses petits pas rageurs, tournant au coin d’une des chapelles axiales et

’’-OH MON DIEU ! ERNESTO !’’

Perdu dans les plis d’une soutane ensanglantée, le visage usé et livide du curé était crispé en une grimace de surprise et de douleur. Un filet rougeâtre s’échappait de sa bouche grande ouverte, se mêlant à une large flaque écarlate qui entourait le corps sans vie. Matilda poussa un hurlement bref et déchirant, reculant de quelques pas. Plaquant ses mains tremblantes sur sa bouche, elle détourna le regard de ce visage qu’elle connaissait bien trop pour supporter de le voir sans vie. Vite, la police, les urgences ! Il fallait qu’elle fasse quelque chose ! Elle savait qu’un téléphone avait été installé dans l’église mais elle ne savait pas s’en servir. Malgré la douleur de ses vieux os, elle courut à toute allure, hurlant au secours à qui pouvait l’entendre. Ecartant les portes par lesquelles elle était entrée avec une force qu’elle ne se connaissait pas, elle s’élança à toute vitesse vers le temple de l’autre côté de la rue, où des fidèles se réunissaient déjà pour les rituels du matin.

Ce n’est fut que plus tard que l’on remarqua un détail que Matilda, dans sa terreur, n’avait pas relevé. Clouée dans le dos du curé, se trouvait un bout de carton tâché de sang sur lequel on pouvait tout de même lire.

Tu ne fraiera pas avec les païens et tu ne partageras pas ton pain à leur table.

_________________
"Yet when I felt myself to be in the Presence I was afraid. And I cast
myself face down in the sand and begged, "O Galloping Goddess, forgive me that
I did not know you, and do not send me forth to eat lunch with your ancient
foe, the Purple Oyster of Doom. For he will force me to eat pizza with
pepperoni and mushrooms, and I shal be most afflicted.""

-Livre de la Prophète April, Chapitre 1, verset 9.


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 Sujet du message : Re: Vie réelle et anecdotes.
Message Publié : Dim Sep 03, 2017 4:44 pm 
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Simpoballes :

Un petit dessin d'un nouveau genre, inventé par Ilcahzili Xochtlepan, jeune étudiante en graphisme de 20 ans. Faisant partie de la petite partie de la population rurale dotée d'une connexion internet, elle poste régulièrement sur son blog rédigé en Tlaloctlictec (et traduit en briton par un ami à elle) ces dessins nommés countryballs. le but étant de représenter comiquement des événements récents ou passés de la géopolitique mondiale en personnifiant les pays sous la forme de petites balles.

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"Yet when I felt myself to be in the Presence I was afraid. And I cast
myself face down in the sand and begged, "O Galloping Goddess, forgive me that
I did not know you, and do not send me forth to eat lunch with your ancient
foe, the Purple Oyster of Doom. For he will force me to eat pizza with
pepperoni and mushrooms, and I shal be most afflicted.""

-Livre de la Prophète April, Chapitre 1, verset 9.


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 Sujet du message : Re: Vie réelle et anecdotes.
Message Publié : Mar Sep 05, 2017 10:38 pm 
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15 Janvier 2034
Quand le maître rattrape l'élève. (2)


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La nuit est tombée depuis plusieurs heures déjà sur Cuauhtloli. Mais la cité millénaire n’est jamais silencieuse. Partout quelques irréductibles piétons continuent de circuler dans les vieilles artères de la ville, battant les pavés que des milliers de pas ont déjà foulé. Mais ce soir le chef lieu du Chiauhtlalli sera le théâtre d’une transaction historique. L’ancienne capitale d’empire a eu son lot d’événement majeurs, mais cette nuit signera la mise en marche d’une vaste machinerie dont personne ne perçoit encore les rouages.

-C’est là ?

Les sonorités trébuchantes de la vieille langue Huehuetlactec remplissent un air où elles sont devenu trop rares. Fixant sa montre, un gros-bras à l’air peu commode répond à son camarade tout aussi patibulaire, qui garde les mains crispées sur le volant de sa camionnette.

-Pas de doute, j’étais déjà venu repérer à l’avance. C’est dans l’entrepôt vert tout au fond.

Les deux armoires à glace s’extirpent de leur véhicule. Pas très loin, des claquement de portières leur indiquent que leurs collègues se sont joint à eux. Ils sont à présent une dizaine, engoncés dans des costumes qu’ils n’ont visiblement pas l’habitude de porter. Plusieurs d’entre-eux gardent le haut de leur chemise déboutonnée, laissant apparaître les lanières de holsters. Ils sont armés et semblent tous sur le qui-vive.

Les deux passagers de la camionnette se dirigent à l’arrière de leur véhicule, avant d’en sortir une caisse métallique qu’ils déposent aussi délicatement que possible sur un transpalette.

Toute la troupe se met en marche, entourant le précieux fardeau, l’œil alerte et scrutant les moindres coins sombre de la zone industrielle de Cuauhtloli. Rien ne vint les troubler à part un vagabond un poil éméché qui crut bon de venir remettre en question l’honneur de leurs génitrices. Le trublion fut intercepté par un des membres du groupe qui eut tôt de lui asséner un peu d’amour filiale dans la figure, ainsi qu’une petite salade de phalanges.

Une fois arrivée à destination, la troupe se retrouva face à un entrepôt de bonne taille, tout de tôle et de poutres d’acier. Ils longèrent le bâtiment, toujours avec une grande prudence, jusqu’à trouver une porte faiblement éclairée par une lampe fatiguée. Un panneau digital brillait à droite de la solide porte. L’un des gardes s’avança et tapa rapidement les chiffres nécessaires, jusqu’à ce qu’un claquement métallique satisfaisant se fasse entendre.

Ils circulèrent quelques dizaines de mètres à l’intérieur de l’entrepôt, zigzaguant entre plusieurs containers au contenu mystérieux. Le bâtiment semblait désert, à l’exception d’un seul endroit où l’éclairage était encore en route malgré l’heure tardive. Placés aux centre de l’oasis lumineux se trouvaient environ une dizaine d’hommes. L’un deux, habillé d’un costume sur-mesure, se tenait au milieu de ses confrères, droit, les mains croisées dans le dos. Autour de lui le reste des hommes présents avaient pointés leurs fusils-mitrailleurs sur les arrivants.

-N’avancez plus ! Laissez votre chargement et reculez ! Aboya l’un deux sur un ton sans appel.

Les nouveaux venus s’exécutèrent docilement, déverrouillant et laissant la caisse sur son transpalette avant de s’éloigner aussitôt.

L’un des gardes armés s’avança vers le coffre, gardant ceux qui l’avaient apporté dans sa ligne de mire. Avec une extrême prudence, il ouvrit la caisse, vérifia que rien de potentiellement mortel n’y était dissimulé.

-Rien à signaler, c’est ce qu’on attendait.

Les gardes baissèrent leurs armes, sans pour autant retirer le doigt de la gâchette. L’éclaireur se saisit de la poignée du transpalette avant de tirer son fardeau jusqu’à l’homme en costume qui arborait un air satisfait. Deux autres gardent virent ouvrir le coffre, avant de s’écarter dans une courbette.

Tendant la main, le chef de la troupe vint laisser courir ses doigts sur la délicate parure qui reposait au fond du coffre.


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Xibalba Qaho'lom, prétendant au trône impérial de Chiauhtlaya.



-Je n’imaginais pas avoir l’occasion un jour de mettre la main là dessus. Mais les Dieux me sourient.

Xibalba savoura encore un instant la douceur des plumes d’émeraudes. Obtenir ce trésor lui avait causé bien des tracas. Savoir où et quand intercepter le convoi censé l’acheminer jusqu’à Altepetl avait été suffisamment compliqué. Il avait ensuite fallu trouver le moyen de le ramener jusqu’à lui sans se faire prendre.

Mais la satisfaction de posséder enfin ce qui lui revenait de droit valait bien toutes ces péripéties. Cette coiffe lui appartenait, le sang des empereurs qui l’avaient portée coulait dans ses veines, pur et conservé en droite ligne patrilinéaire, sa Maison y avait veillé.

Cette coiffe n’était qu’une des innombrables pièce d’un vaste mécanisme qui finirait bientôt par broyer tout ce que le pays avait connu jusque là. Son camp avait placé ses pions, il lui fallait désormais les avancer avant que ses adversaires se soient rendu compte que la partie avait commencé. Affichant un large sourire, l’héritier referma le coffre, avant de se retourner vers ses sbires.

-Messieurs, j’ai une nouvelle mission à vous confier...

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